[Blog] Que les bracelets soient

Par dans Life Style il y a 1 mois.

Romain MonteCarlo
J’emprunte les mots de mon collègue vietnamien poète pour le titre de mon premier blog. J’ai envie d'écrire la belle histoire du Team Winamax comme celle d’un groupe soudé, au sein duquel chacun pioche à droite, à gauche, et apprend les uns des autres. Ainsi, je me sers parmi les illusions et les rêves de Pierre, à défaut de le suivre dans les boîtes et les soirées aux quatre coins du monde. Mais promis, je fêterai les résultats avec lui, selon ses désirs.

Je suis assis au beau milieu du grand salon de notre villa à Vegas, accompagné de Sylvain, Volatile, Davidi et Ivan et quelques autres très bons amis. J’ai eu la chance de les rencontrer au cours de deux années fantastiques vécues sur le circuit professionnel, au terme desquelles j'ai intégré le Team Winamax. La joie et la fierté exprimées sur les réseaux sociaux sont impossibles à coucher sur le papier. Les félicitations, les sourires et les fêtes partagés avec mes proches resteront des émotions gravées dans ma mémoire.

Je partage ma chambre avec Louis Linard, un de mes meilleurs amis dans le monde du poker. Il m'explique que passer quarante jours à Vegas est une aventure intense, éprouvante mentalement et physiquement. Il est donc très important de s’entourer des gens dont on se sent proche. Il me reste une heure avant le début de mon tout premier WSOP et l’excitation est (forcément) présente. Il me tarde de monter de belles piles de jetons, comme celle que je ne pouvais voir que sur Youtube ces sept ou huit dernières années.

Avant toute excitation, il y a surtout de la préparation. Dans ce billet, je vais vous présenter mes objectifs au sein du Team et dévoiler les détails qui peuvent faire la différence pour décrocher un résultat... Lire la suite

[Blog] Dreaming Las Vegas

Par dans GénéralLife Style il y a 6 mois.

Durant les dix-huit derniers mois, l'excitation des premiers moments en tant que joueur sponsorisé, couplée à une réussite sur le circuit live, m'ont largement contenté, tant moralement que financièrement. Il y a un an, j’écrivais l'article Méthodologie du grind online, dans lequel j'exposais mon approche du jeu sur Internet. Et comme je l’ai dit dans un article précédent, mes deux seules obsessions sont 1/ la quête d'un titre majeur et 2/ le maintien de mon train de vie. Avec la disparition du circuit EPT et son relatif déclin sous sa nouvelle appellation – le PokerStars Championship Bahamas a enregistré des affluences plutôt faibles – ainsi qu'un contrat revu à la hausse cette année qui me permettra de jouer de plus nombreux Events, les World Series of Poker sont devenus mon objectif principal. J'ai déjà les yeux tournés vers Vegas.

pierre_calamusa_wsop_2016

Mes deux étés dans le Nevada ont été catastrophiques, avec une seule petite place payée sur une épreuve Turbo à 1 000 dollars, malgré trente tournois joués et 40 000 dollars de buy-ins dépensés. J'ai donc profité de mon hiver pour commencer ma longue préparation pour les World Series, tout d’abord en analysant les raisons de mes échecs précédents, avant de dresser un premier bilan et évaluer mes forces et faiblesses dans cette quête de bracelet. Ne restait plus qu’à mettre en place les solutions envisagées, pour arriver aussi compétitif que possible en juin.

Les raisons d'un échec

J'ai connu un fort succès sur le circuit EPT avec cinq places payées en douze participations, dont un Day 4 et une table finale. Surtout, j'ai souvent réussi à monter des tapis confortables sur ces tournois, avec une impression de force et un sentiment de maîtrise que je n'ai jamais connu aux WSOP... Lire la suite

[Blog] Jouez là GTO... derrière les fourneaux !

Par dans Life Style il y a 8 mois.

Comme beaucoup de joueurs de poker j'ai eu des variations de poids très importantes. À 20 ans, je n'avais aucune connaissance en nutrition, et je suis passé sans m'en rendre compte de 73 à 85 kilos. Je me sentais mal dans ma peau, et cela se ressentait dans mon niveau de jeu qui a commencé à baisser. Aujourd’hui encore, lorsque je discute avec mes amis joueurs, je me rends compte que très peu d'entre eux maîtrisent vraiment le sujet, et j'entends souvent des énormités.

Dernièrement, un de mes amis m'expliquait vouloir maigrir. Sa méthode : ne plus faire qu'un repas par jour et aller courir quotidiennement comme un dératé. Alors oui, son plan va être efficace, il va perdre du poids rapidement. Mais sur le long terme il va simplement se bousiller la santé, perdre du muscle et avoir la silhouette de mon arrière-grand-mère de 93 ans. Donc si vous voulez vraiment changer vos habitudes pour mieux vous sentir et, in fine, mieux jouer au poker, suivez le guide.

Balance énergétique et métabolisme 

Pour pouvoir bien se nourrir il faut d'abord comprendre comment fonctionne notre corps. Comme une voiture a besoin d'essence pour rouler, notre organisme a besoin d'énergie pour fonctionner. Cette énergie, comptée en calories (kcal), est utilisée de deux façons : 

Assurer le fonctionnement de vos besoins vitaux : digestion, respiration, régulation de votre température etc... C'est le métabolisme de base.

Permettre l'activité physique : vous brûlez des calories lorsque vous marchez, faites du sport, même lorsque vous réfléchissez !

Lorsque vous additionnez le nombre de calories utilisées par votre organisme pour assurer ces deux fonctions, vous obtenez votre métabolisme total, ou... Lire la suite

[Blog] Plus loin, plus haut, plus fort ?

Par dans Life Style il y a 9 mois.

Joué à haut niveau, le poker peut aisément être qualifié de sport mental. Cette expression n'est que peu utilisée dans nos contrées, mais chez les Anglais, le terme mind sport fait partie du langage courant pour définir des jeux tels que les échecs, le go, le bridge... La concentration, la capacité d'analyse ainsi que l'endurance mentale sont des facteurs clés pour être performant dans ces jeux, et au poker. Que ce soit en tournoi ou en cash-game, les enjeux financiers sont parfois plus importants que dans certaines compétitions de sport ultra-médiatisées. Des compétitions où, ce n’est pas un secret, le dopage est présent... Dans une moindre mesure, et avec beaucoup moins d'impact médiatique, on retrouve aussi le dopage dans le poker.

La nouvelle mode des smart drugs

Selon ce que j'ai entendu sur le circuit ou autour de moi ces dernières années, l'Adderall serait la substance la plus utilisée par des joueurs de poker désireux de booster leurs performances. Ce médicament est assez facile à se procurer aux États-Unis, car largement prescrit pour traiter l'hyper-activité et les troubles de l'attention (attention deficit disorder, ou ADD) De nombreux étudiants américains y auraient recours, notamment en période d'examens, pour rester concentrés pendant de longues heures. C'est justement ce que recherchent la plupart des grinders : pouvoir jouer de très longues sessions sans baisse de concentration, avec un stress moindre. Si sur le papier cela semble attirant, il ne faut pas oublier que ce produit contient des amphétamines, pouvant entraîner des risques importants d'addiction, avec des effets secondaires assez inquiétants.

Autre exemple qui laisse songeur, celui de Martin Jacobson. Vainqueur du... Lire la suite

[Blog] Joueur pro : plus qu'un métier, un style de vie

Par dans Life Style il y a 9 mois.

Lorsque les résultats commencent à arriver et les euros à pleuvoir, plus d'un joueur de poker s'est déjà posé la question suivante : "Et si le moment était venu de passer pro ?" Une interrogation légitime, mais qui implique des changements de mode de vie assez radicaux. Il faut savoir peser le pour et le contre et ne pas se lancer sur un coup de tête. Voici quelques pistes de réflexion.

Des avantages certains

Être son propre patron
Avoir des horaires libres, se réveiller quand on le souhaite, décider le matin même de passer la journée avec des amis plutôt que d’aller travailler sous les ordres de son boss : tout le monde en a rêvé. Être joueur de poker c’est tout ça, mais il faut néanmoins savoir s’imposer un minimum de rigueur de travail, sous peine de rapidement déchanter.

Vivre de sa passion
Il est toujours plus facile de se lever lorsque c’est pour faire ce que l’on aime, plutôt que quelque chose qui nous est imposé. Vivre de sa passion est une grande chance dont jouissent tous les joueurs de poker. Et quand l'entrain disparait, c'est qu'il est signe de passer à autre chose.

Voyager aux quatre coins du monde
Lorsque l’on parcourt le circuit live, on a la chance de pouvoir se balader un peu partout dans le monde. Et même en tant que joueur online, on a toujours la possibilité de voyager. Il y a beaucoup de tournois qualificatifs en ligne pour des étapes live qui se jouent dans des lieux souvent très sympathiques : capitales européennes, stations balnéaires et autres grandes villes touristiques.

Gagner gros et rapidement
Combien de métiers peuvent vous permettre de gagner des milliers d’euros en une soirée ? Un joueur de poker peut gagner l’équivalent d’un an de salaire -... Lire la suite

[Blog] Réussites, erreurs et perspectives

Par dans GénéralLife Style il y a 9 mois.

Alors que s'est achevée en août ma première année sous les couleurs de Winamax et que – bonne nouvelle ! – une autre a déjà débuté, il me parait opportun de faire le bilan de mes douze premiers mois en tant que joueur sponsorisé.

I - Une première année réussie

Sur le plan comptable, difficile de ne pas être satisfait de mes premiers résultats. Issu du jeu online et n'ayant que peu d'expérience en live, j'avais réellement peur de faire une année blanche sans perf’ significative. Il est bien entendu compliqué de tirer des conclusions sur un échantillon si faible, mais mon ressenti global sur le poker live en tournoi est très positif. Je me suis toujours senti à l'aise aux tables et j’ai l'impression de maitriser dans l'ensemble mon sujet.

Regardons mes chiffres :

 Tournois live joués : 37
 Places payées : 4
 Total des buy-ins : 85 840 €
 Gains bruts : 318 000 €
 Bénéfices : 232 760 €
 Retour sur investissement : 307%

Cela va sans dire, j'ai bénéficié d’une excellente dynamique sur ces tournois. Je suis néanmoins satisfait du niveau de jeu et surtout heureux de voir que la stratégie "high variance" que j'appliquais online fonctionne très bien en live. Les sommes en jeu étant bien plus importantes, beaucoup de joueurs sont trop conservateurs dans le but de gagner des paliers, ce qui m'a permis de monter de gros tapis à l'approche des bulles et chaque fois qu'un gros palier arrivait.

Autre point positif, j'ai beaucoup appris aux côtés de mes coéquipiers, notamment auprès de Davidi Kitai. Il est probablement le meilleur dans plusieurs domaines. Beaucoup de joueurs accordent trop d’importance à la technique pure. Pas lui ! En live, bien d'autres paramètres rentrent en... Lire la suite

[Blog] Mes 7 péchés capitaux

Par dans Life Style il y a 10 mois.

Chers amis, l'heure est aux confessions intimes. Car oui, j'ai péché. Et pas qu'une seule fois.

La paresse

Quand on se déplace sur un événement, l'objectif est d'y jouer un maximum de tournois, histoire de rentabiliser au mieux les frais de déplacement parfois (souvent) élevés. Prenez la PokerStars Caribbean Adventure aux Bahamas, par exemple. Le billet d'avion ? 1 000 euros au bas mot. L'hôtel ? 3 000 minimum pour dix jours. Le buffet ? 80 dollars... par personne ! Finalement, le Main Event (la raison de notre venue) semble bien raisonnable en comparaison : 5 300 dollars ! En gros, vous avez presque déjà dépensé le double du prix d'entrée avant même de participer. Ce qui devient moins grave si vous prenez part à de nombreux Side Events, pour réduire le ratio buy-in/frais.

Mais voilà, aux Bahamas, c'est dur. En tant que passionnée de faune sous-marine – je vous ai déjà dit que j'ai fait un mémoire sur la reproduction des bulots (ce n'est pas un bluff) ? – j'ai tendance à me laisser distraire sur ce tournoi au milieu des Caraïbes. Entre l'eau à 32 degrés, les toboggans qui vous font passer au milieu de requins-tigres et les raies manta traversant le lobby de l'hôtel, je vous avoue avoir plutôt tendance à enfiler palmes, masque et tuba plutôt que mon écharpe pour cacher ma carotide. Et si on se met à siroter un Bahama Mama ensemble, je ne réponds plus de rien.

L'orgueil

En 2013, j'ai réalisé ma pire année sur le circuit. Ce n'était pas facile à accepter car, pour mon entrée au sein du Team Winamax en 2012, tout m'avait réussi ! Je devais tourner à plus de 50% de places payées, avec notamment trois ITM en autant de tournois à Vegas dont ma dixième place sur le Main Event ! L'année... Lire la suite

[Blog] Malaga, c'est plus fort que toi

Par dans Life Style il y a 10 mois.

Mon passage à Malaga restera à tout jamais gravé dans ma mémoire. Cette période de ma vie fut à la fois la plus belle des aventures et le pire des cauchemars. Le hasard a fait que j'y ai vécu mes émotions les plus intenses, un pan de vie durant lequel mon cœur a battu plus vite et plus fort.

Des débuts chaotiques

J'avais une vingtaine d'années, et sortais d'une année clé à Toulouse. On m'avait vendu l'ESC (École Supérieure de Commerce) comme un paradis, j'y ai trouvé un enfer. Quatre heures de cours de comptabilité par semaine, j’ai vraiment besoin d’en dire plus ? Allez, "Out de tout ça," je me barre. Forcément, ma maman n’a pas été ravie d'avoir payé 10 000 euros pour un tout petit mois d’école. Sans rien à faire de mes journées je me suis retrouvé à regarder la série How I Met Your Mother et à jouer online. Ted Mosby essayait de trouver sa future femme, et moi je saignais les Sit&Go. Je faisais n’importe quoi mais toujours moins que mes advesraires. Au bout de quelques mois, j'avais monté une bankroll de 30 000 euros. J’ai remboursé mes parents, joué deux Heads-up à 5 000 contre Yevgeniy Timoshenko - un très bon joueur online Ukrainien - et me suis retrouvé avec 5 000 euros. L'été est alors arrivé et je suis rentré à Grenoble.

À mes débuts, j'ai eu la chande de découvrir Grenoble Poker, une association composée à 99% d'amateurs. Une belle bande de copains qui se réunissent tous les premiers dimanches du mois pour taper le carton et partager un bon moment. Parmi ceux-là, trois étudiants eux aussi en délicatesse avec les études, et désireux de partir à l'aventure : Léo, Alban et Antoine, étudiants en troisième année de Licence d'Histoire. Mes futurs compagnons de fortune et d'infortune. On s'est... Lire la suite

[Blog] Demain est souvent le jour le plus chargé de la semaine

Par dans GénéralLife Style il y a 11 mois.

Mardi 30 août, 16 heures. Alors que je suis rentré de Barcelone depuis deux jours (pas une grande réussite avec un seul ITM en neuf tournois, mais là n’est pas le sujet), je n’ai toujours pas écrit la moindre ligne du billet que je dois envoyer au coach avant la fin du mois. Cela fait pourtant une dizaine de jours que j’ai reçu le rappel (« Salut Guillaume, j’attends ton blog d’ici la fin du mois, merci ! »), un rappel bien utile puisque depuis ce moment-là trottent dans ma tête des phrases comme : « Tu devrais commencer à écrire ce blog maintenant, histoire d’être dans les temps et d’avoir l’esprit tranquille ». Mais, à ce moment-là, il y aussi une partie de moi qui se dit : « Ça serait quand même plus cool d’aller boire un verre avec les potes plutôt que de rester tout seul derrière un ordinateur à réfléchir pendant quatre heures pour écrire un blog de quarante lignes. Allez tant pis, je commencerai mon blog demaaaain !! » Ce demain dure depuis maintenant dix jours. Mais, sur le moment, ça ne dérangeait pas le moins du monde cette partie de moi qui veut simplement s’amuser et profiter du moment présent, sans considération du passé ou des conséquences futures. Allons donc boire un verre !

Et voilà comment je me retrouve le 30 août (comme le 30 de tous les deux mois, car je dois écrire un blog tous les deux mois) à être obligé de me fixer une dead-line en disant à Steph : « Je te le rends demain au plus tard ! ». A partir de ce moment-là, cette petite phrase déclenche en moi le mode « panique » et le réveil du panic monster : je n’ai plus le choix que de la rendre demain puisque je me suis engagé. Mon cerveau ne pense soudain plus à rien d’autre qu’a écrire cet article, peu importe que... Lire la suite

[Blog] La tête dans les étoiles (chapitre 1)

Par dans GénéralLife Style il y a plus d'un an.

L’hiver a enfin cédé sa place au printemps. La période s’étalant de décembre à mars est toujours délicate pour moi : ce sont chaque année les mois durant lesquels je perds le plus. L’hiver 2016 restera à ce titre comme un cru exceptionnel, avec des pertes avoisinant les 100 000 euros.

Le 24 avril au soir, je boucle ma valise. Direction les Alpes-Maritimes et Opio pour le séminaire annuel du Team Winamax – mon premier. Le train est à sept heures du mat’, et ça ne loupe pas : je suis tellement fracasse après une nuit quasi blanche que je me goure de train. Huit heures me seront nécessaires pour faire le trajet Grenoble-Nice… A peine arrivé, je rejoins Gaëlle, Michel et Guillaume au bord de la piscine. Bonne nouvelle : au Club Med, l’open bar est de mise. On se relaxe en sirotant quelques verres de vin blanc, le moment est agréable. Les nuages ont progressivement laissé place à un soleil radieux. Je profite de l’instant en compagnie de mes coéquipiers qui sont maintenant devenus des amis chers. Les downswings et soucis divers semblent déjà loin.

Après une bonne nuit de sommeil, on rentre dans le vif du sujet, avec une initiation au golf durant laquelle j’ai perdu toutes mes balles dans la forêt. Ce sport est absolument nul : soit tu loupes la balle, soit tu l’envoies dans les bois. Et bonne chance pour la retrouver au milieu des ronces et orties. L’après-midi est consacré à un debriefing d’une grosse table finale jouée en ligne. Les échanges sont vifs et constructifs. Quelle chance de pouvoir bénéficier de l’expérience des meilleurs. J’en profite pour critiquer toutes les mains jouées par Fedor Holz que je déteste depuis que je l’ai vu faire la bise à Gaëlle durant une pause de l’EPT Barcelone. True... Lire la suite