[Blog] Les affaires reprennent

Par dans Général il y a 4 jours.

Pierre Calamusa
Il a fallu se retrousser les manches et se remettre au travail. Après tout, les nouvelles n’étaient pas si mauvaises. La préparation physique draconienne à laquelle je m’étais soumis et ma retraite forcée des tables en début de saison laissaient augurer de bonnes choses.

Forcément raccourcie, ma saison se jouera donc sur huit mois seulement : je vais pouvoir jouer plus cher que les années précédentes. Prêt, je le suis, en tout cas physiquement. Ma préparation de ce côté a été intense. Techniquement ? C’est moins sûr. Car trois mois éloigné des tables, c’est une véritable éternité à l’heure où le poker évolue sans cesse et à toute vitesse.

Du coup, il me fallait rattraper le temps perdu. Première étape : s’échauffer avant le WSOP Circuit Paris. Après avoir passé quelques coups de fil, histoire de me renseigner sur les parties de cash-game juteuses du moment, je jette mon dévolu sur Estoril. Autrement dit la banlieue chic de Lisbonne.

La game dont on me vante les mérites semble être de taille idéale : ni trop petite, ni trop grosse. Une 2€/4€ qui, dans les faits, ressemble plutôt à une 5€/10€, tant la taille des relances préflop est énorme. Inutile de booker un vol retour : je ne reviendrai que lorsque je serai prêt.

Première partie : Lisbonne

24 heures plus tard, me voilà assis à table. De nouveau dans le grand bain. On ne m’a pas menti : la partie est très belle. Je m’en rends compte très vite : elle tourne principalement autour d’une dame d’un certain âge que nous surnommerons ici Mamie Gâteau.

Mamie Gâteau est tout simplement la pire joueuse qu’il m’ait jamais été donné d’affronter. Mamie Gâteau a tout d’abord un leak enorme, enfin un leak beaucoup plus gros que ses autres leaks : elle pense jouer contre... Lire la suite

[Blog] Thats me, that's poker !

Par dans Général il y a 10 jours.

Salut tout le monde !

Je suis ravi de commencer une nouvelle aventure avec Winamax et de devenir l’ambassadeur d'un jeu que j’aime tant. Grâce à ma passion, j’ai tout simplement le plus beau job du monde ! Je me sens vraiment chanceux car je n’ai reçu que de belles choses du poker : amour, amitiés, respect et soutien. Sans ce jeu de cartes et sa communauté, je ne serais pas l’homme que je suis aujourd’hui : un peu bizarre, un peu crazy, mais that’s meThat’s poker.

Grâce au poker, j’ai eu la possibilité de rencontrer énormément de gens qui sont devenus des amis dans le monde entier. J’ai l’impression d’être chez moi partout, et tous les lieux que j’ai la chance de visiter me manquent dès que je dois les quitter. Il y a aussi des endroits où j’ai besoin de me rendre au moins une fois par an : par exemple, je ne pourrai jamais me lasser d'une promenade et d'une pizza margherita sur le port de Naples. Cliché, je sais, mais c'est comme ça que je suis.

OneDrop
Voilà pourquoi je suis autant reconnaissant envers le poker. Il m’a offert trop de cadeaux en me permettant de faire le tour du monde et en me confrontant avec des cultures si différentes de la mienne. C’est en se confrontant qu’on grandit : chaque nouvelle rencontre nous apprend quelque chose et nous permet également d’enseigner en retour. Notre société nous fait croire que la priorité, c’est d’avoir le plus de choses possibles, mais je pense que c’est seulement quand on arrive à donner aux autres que l’on se sent vraiment heureux.

J’ai toujours eu le besoin de communiquer avec les gens, de partager mon expérience et mon point de vue. Je me rappelle encore la frustration que je ressentais à la table, entouré de mes amis professionnels américains, lorsque je ne parlais... Lire la suite

[Blog] Le plus gros bluff de ma carrière

Par dans Général il y a 1 mois.

Blog Sylvain Loosli Facebook

Avec ce titre, je suis sûr d’avoir attiré votre curiosité. Je vous vois déjà en train d'imaginer un énorme bluff contre Fedor Holz lors du 111 111 € High-Roller for One Drop que je viens de disputer à Rozvadov. Désolé de vous décevoir, mais il ne sera ici pas vraiment question de poker. J'ai choisi une anecdote qui remonte à déjà près de dix ans ! Je me la suis rappelée suite à un entretien pour une interview pour Capital.

Nous sommes en 2008, et je suis alors étudiant en école de commerce en année de césure, c’est à dire en année de « coupure » pour effectuer un stage en entreprise. Je passe la première moitié de l'année en stage dans une startup londonienne qui développe des applications mobiles (au passage, mon tout premier déménagement à Londres), et je travaille sur la partie business development et marketing. Le stage ne se passe pas aussi bien que prévu car le dirigeant de l’entreprise est très spécial et "exploite" plus ou moins ses employés et stagiaires, tout en faisant preuve d’un comportement détestable. Cependant, le fait d’être dans une petite structure de moins de dix personnes offre l’avantage de recevoir plus de responsabilités.

Dès que j’ai du temps libre, je multi-table la NL50 / NL100 et cela se passe plutôt bien, même si j’aimerais pouvoir consacrer plus de temps au poker et monter une meilleure bankroll. C’est d'ailleurs pendant cette période que j'entrevois pour la première fois l’idée d’une carrière de joueur de poker.

Après quelques mois de stage au sein de l’entreprise, le boss doit partir rencontrer de potentiels investisseurs et partenaires lors d’une conférence à San Francisco. Il veut lancer une application mobile pour commander un taxi depuis son téléphone, une sorte de... Lire la suite

[Blog] Le poker pour la vie ?

Par dans GénéralLife Style il y a 1 mois.

Guillaume Diaz
Depuis le jour où j’ai pris la décision d’arrêter mes études afin de me consacrer pleinement au poker (c’était il y a six ans, déjà !), une question m’a très souvent été posée de la part de mon entourage – OK, soyons honnêtes, elle vient le plus souvent de ma mère :

« Mais jusque quand tu comptes faire ça ? Pas toute ta vie, tout de même ! »

Tout joueur dont le poker est le métier a déjà eu à se poser cette question. Et beaucoup de ceux que j’ai croisés au cours de ces six ans ont un avis similaire : la carrière de joueur de poker n’est qu’une étape dans la vie. Un moyen de gagner de l’argent rapidement… afin de  pouvoir faire autre chose après. Sauf qu’évidemment, tout le monde ne pense pas comme cela.

Beaucoup sont animés par la passion. La passion de gagner des compétitions. La passion de trouver la meilleure solution à un problème donné, puisque, après tout, une partie de poker n’est qu’une suite de problèmes à résoudre. Ou, tout simplement, la passion du jeu en lui-même. Peu importe sa nature : c’est elle qui pousse nombre de joueurs à continuer, à travailler chaque jour pour être le meilleur, même après vingt ans de pratique quotidienne, et même après avoir atteint tous les objectifs financiers/compétitifs qu’ils s’étaient fixés.

Personnellement, la réponse a changé de nombreuses fois durant ma « carrière ». Juste après avoir arrêté le cours, je me souviens avoir lâché à mes parents, rempli de naïveté et d’ambition : « Je vais jouer quatre ou cinq ans, gagner assez d’argent pour acheter une maison et investir dans un projet, puis j’arrêterai. » Hé bien, a priori il va falloir patienter un peu ! A ce moment-là, je voyais le poker comme un jeu qui me passionnait en plus, cerise sur le gâteau, d’avoir le... Lire la suite

[Blog] Comment j'ai bullé Secret Story

Par dans GénéralLife Style il y a 1 mois.

Pierre Calamusa Secret Story
Nous sommes le 14 juin 2017. Je me prépare tranquillement à vivre l’été classique d’un joueur de poker pro : les World Series of Poker ont commencé depuis deux semaines à Las Vegas, elles n’attendent plus que moi. Ce rendez-vous incontournable va clôturer ma deuxième saison au sein du Team Winamax, après quoi je partirai en vacances dans le Sud de la France pour quatre semaines : à moi le Lavandou ! A ce moment, je sais déjà que l’aventure avec le logo au W rouge se poursuivra quels que soient mes résultats à Vegas, car mon contrat vient d’être prolongé d’un an. Je peux donc me projeter à moyen-terme : en août, je partirai à Barcelone pour le Main Event des PS Championship et le Highroller à 10 000 euros, puis, fin septembre, en route pour le Winamax Poker Open de Dublin. J’ai évidemment une tendresse particulière pour cet événement, à la fois mon premier tournoi et ma première victoire sous mes nouvelles couleurs il y a deux ans.

Mais au beau-milieu de cet après-midi de juin tombe une notification de nouveau message Facebook. Expéditeur inconnu. « Bonjour Pierre, je suis journaliste et j’aurais une proposition à vous faire dans le cadre d’une émission de télévision. Vous serait-il possible de me joindre par téléphone au 06… ? » Allez, rien à perdre, je compose le numéro. Je tombe sur une directrice de casting du groupe Endemol. Quelques recherches sur Google m’apprennent qu’il s’agit d’une grosse boîte qui gère de nombreuses émissions de télé-réalité.

Dans ma tête, le déclic : deux ans plus tôt, je participais à La Maison du Bluff, le pendant poker de ce type d’émissions. Réticent à l’époque, j’y avais finalement vécu une des expériences les plus kiffantes de ma jeune vie. Je me souviens avec délice des... Lire la suite

[Blog] Oser être meilleur

Par dans Général il y a 2 mois.

« N’aie pas peur de faire le lâche », m’a un jour balancé Davidi, alors que j'étais en train de réfléchir à une décision qui me paraissait standard. Sur le coup, ça m’avait fait marrer, sauf que quelques jours après, sa réflexion me faisait encore réfléchir. Pourquoi l’avis des autres est-il si important dans ce milieu ? Comment correctement évaluer son niveau réel, et comment progresser mentalement ? Autant de questionnements auxquels je vais tâcher d’apporter des réponses ici. Ce billet n’est pas à lire comme une leçon que je donne, mais plutôt comme un point de vue sur ces sujets qui me taraudent depuis plusieurs années. Bonne lecture !

Qui ne s’est jamais retrouvé dans la situation délicate où l'on a envie d’écouter ce que notre instinct nous dicte, mais où l'on finit par rendre sagement notre main au croupier, par peur de l’avis des autres, de se tromper, de sembler ridicule ou tout simplement de sortir de nos rails ? Cela m’est malheureusement souvent arrivé, et lorsque mon adversaire me claque un bluff, un drôle de sentiment interfère dans mes pensées. Ça chauffe, je me sens coupable de m’être planté alors que j’ai pourtant certainement déjà dû bosser sur la question et que je ne devrais pas me prendre la tête. Il va falloir m’y remettre et pourquoi pas me remémorer le fameux billet « Prends-en de la graine, fiston » de ValueMerguez afin de me remotiver. La progression au poker se fait sur le long-terme, et il faut avant tout accepter ses erreurs et reconnaître qu’on n’est pas forcément le meilleur.

Bonheur
Le poker doit être une des seules disciplines compétitives où l’on ne peut pas exactement situer le niveau objectif d’un joueur. Même si certains classements existent, comme le GPI (Global Poker Index), nos... Lire la suite

[Blog] La poursuite du bonheur

Par dans Général il y a 2 mois.

Il y a maintenant deux ans, lors d’une soirée en boîte à Bruxelles, j’ai rencontré une fille qui a changé le cours de ma vie. Vous la connaissez sans doute déjà pour son super-pouvoir d’appeler les cartes : l’As à la rivière, c’était grâce à elle. Je parle bien sûr de mon porte-bonheur Caroline. Au début du mois de septembre, nous sommes passés à l’acte en nous mariant à Monaco, avant de fêter ça avec plus de 200 amis. Une ambiance indescriptible et une bonne dose d’émotion qui ont fait de ce week-end le plus beau souvenir de mon existence. Dès le lendemain, nous nous sommes envolés pour une lune de miel dans un paradis sur Terre : les Seychelles. Autant dire que j’étais (et que je suis encore) sur un petit nuage. La vie est belle, et je suis le plus heureux des hommes.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que j’ai mis du temps à trouver mon âme sœur. À force de voyager à travers le monde et de jouir d’une indépendance totale, j’ai fini par prendre goût à cette liberté et je me suis satisfait pendant de longues années de mon statut de célibataire. J’ai même cru que c’était le seul statut qui pouvait me correspondre. 

AsAsAs
J’ai aujourd'hui diamétralement changé d’avis. Lorsqu’on connaît l’amour, les contraintes de la vie de couple deviennent naturelles et ne représentent plus un sacrifice sur notre liberté quotidienne, puisqu’on les partage avec la personne dont est amoureux. C’est encore plus vrai pour les petits moments de bonheur que la vie peut nous offrir. Je pense notamment à un coucher de soleil dans un décor magnifique, une journée passée à la plage ou une promenade dans un coin romantique. De nombreuses petites choses que je n’avais pas forcément l’habitude de savourer lorsque j’étais seul.

Quant au poker, il est... Lire la suite

[Blog] L'ego, un ami qui nous veut du mal

Par dans Général il y a 2 mois.

AladinReskallah
J’ai toujours trouvé étonnant qu’il soit si difficile pour beaucoup de joueurs de poker de reconnaître qu’un adversaire puisse être meilleur qu’eux. Que celui qui ne s'est jamais fait traiter de fish à une table de poker me jette la première pierre ! Pourtant, dans d’autres disciplines comme les échecs ou l’athlétisme, par exemple, ce genre d'aveu semble poser moins de soucis. C’est peut-être parce qu’avec de l’argent impliqué, il est plus délicat d’avouer son infériorité par peur de passer pour le pigeon de la table ? Peut-être aussi que la part de hasard inhérente au poker empêche de distinguer le niveau réel des joueurs ? Ou est-ce tout simplement un refus inconscient de se sentir moins bon que l’autre ?

Déjà, que signifie exactement être le meilleur ? Parle-t-on de tournois ou de cash-game ? S’agit-il de celui qui maîtrise le mieux le jeu GTO ou au contraire de celui qui exploite le mieux ses adversaires ? À moins peut-être qu’on se place simplement du côté des gains purs, ou du plus gros one-time ? De mon point de vue, toutes ces nuances rendent la question floue et prouvent qu’elle n’est pas forcément pertinente, car pas si cruciale dans le fond. C’est sur cette idée que je voudrais m'attarder.

J’ai plongé de plain-pied dans le poker principalement à cause de son aspect compétitif. Lorsque j’ai mis un terme à ma carrière sportive (qui fût, soit dit en passant, largement moins brillante que celle dont je rêvais en regardant les Jeux Olympiques de Barcelone à la télévision), je me suis retrouvé orphelin de l’adrénaline que procure une compétition importante et l’entraînement qui l’entoure.

En effet, je suis véritablement habité par l’envie de gagner, et j’exècre donc la défaite. Je fais partie de cette... Lire la suite

[Blog] Prends-en de la graine, fiston

Par dans Général il y a 2 mois.

Ivan Deyra
- Ecoute bien ce que je vais te raconter, petit. Si tu veux un jour devenir un champion de poker, il va falloir suivre mes conseils. Je te fais une petite intro, histoire de mettre les choses en place.

- Balance la purée, coach !

- Même si il faut disposer de base de quelques qualités, et que certaines capacités sont innées, le travail reste l’élément le plus important pour réussir. Quand tu vois Messi et Ronaldo, par exemple, les mecs sont déjà des génies de base. Mais c’est grâce à un énorme travail en parallèle qu’ils ont pu atteindre l’excellence. C’est ce qui fait la différence entre eux et des mecs comme Marvin Martin, Benoît Pedretti, Sébastien Puygrenier… T’as envie de finir joueur de Ligue 2, ou tu veux disputer la Champions League ?

- Honnêtement, j’adore Pallois, Jourdren, Diabaté…

- Arrête-toi là tout de suite, ça suffira. Bon, on dirait que la tâche s’annonce compliquée. Tu saurais me citer quelques exemples de qualités indispensables pour réussir ?

- Yes. Patience, concentration, compréhension du jeu, gestion de ses émotions…

- Ha, là tu me fais plaisir. OK avec tout ça. Il existe une part d’inné qui fait que certains disposeront de plus de facilités que le commun des mortels. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de s’améliorer en travaillant. Au-delà du talent naturel, il faut bosser son jeu, étudier les stratégies, et perfectionner en permanence son mental : il n’y a pas d’autre moyen pour réussir, et perfer régulièrement dans le milieu du poker. Tiens, dis-moi : toi qui joues maintenant des tournois à gros buy-in et te confrontes aux meilleurs, tu as remarqué quelque chose ?

- Je me suis rendu compte que pour parvenir à les battre, il faut bosser à mort. Ça se voit que... Lire la suite

[Blog] Aller de l'avant

Par dans Général il y a 2 mois.

Loosli1
Lorsque l'on vit de sa passion, on n'a jamais vraiment l'impression de travailler. C'est un des principaux avantages de la vie de joueur de poker professionnel. En revanche, il est plutôt compliqué (et surtout rare) de parvenir à se couper complètement du poker, même pour juste une semaine. Afin de rester au meilleur niveau et d'être compétitif, il faut jouer et « penser poker » de manière presque quotidienne. La seule période de répit pendant laquelle on parvient réellement à « déconnecter » dure un mois, juste après la fin du Main Event des WSOP et avant la reprise du circuit à Barcelone.

A l’inverse, les Winamax Series correspondent à une période de grind et de réfléxion intensive. En plus d’être une belle opportunité de gonfler sa bankroll, c’est le meilleur entraînement possible pour mettre en place des stratégies, réfléchir à un grand nombre de spots qui reviennent régulièrement ou encore prendre un maximum de notes sur le jeu de nos adversaires dans différentes situations. Si l’intensité des Series peut s’avérer épuisante avec un grand nombre de soirées à enchaîner (douze au total), il n’y a pas de meilleur moyen pour faire progresser son poker que d’envoyer un gros volume, puis d’analyser après coup ses décisions.

C’est également une excellent façon de tester son mental. En effet, il arrive souvent que l'on ressente une grande frustration en cas de série de mauvais résultats ou de places décevantes (notamment les demi-finales rapportant quelques buy-ins seulement, à deux doigts des gros payouts…), jusqu’à ce que la variance soit finalement de notre côté. A ce moment-là, il s’agit alors d’être prêt à dégainer son A-game en oubliant tout ce qui s’est passé auparavant. N’oubliez pas la fameuse maxime que... Lire la suite