[Blog] Bien choisir son sizing

Par dans Analyse de mainsCash Game Online il y a 29 jours.

alexandreluneau
Lorsque j’ai commencé le poker en 2007, les sizings n’avaient guère d’importance. En ce qui concerne la taille des mises, tout le monde ou presque suivait la tendance : miser trois blindes avant le flop et deux tiers du pot sur tous les tours d’enchères suivants. Les sizings semblaient être juste un détail et on n’y réfléchissait pas trop. La seule chose qu'on retenait à l'époque était que si un joueur déviait de la tendance générale, il avait de grande chance d’être un fish !

Evidemment, au fil des années, tout cela a évolué. Avec l’augmentation du niveau général et l'emploi généralisé de la game-theory comme outil, les sizings sont maintenant un aspect du poker indispensable à maitriser pour tout joueur ayant une approche sérieuse du jeu.

Dans ce blog, je vais faire une approche rapide, mais forcément incomplète, car on pourrait écrire des centaines de pages sur le sujet.  Gardez en tête, par exemple, que si l'on vise un jeu optimal, il faudrait penser à cinq sizings au moins pour chaque tour d’enchères, à ajuster selon les actions des joueurs et les textures du board.

Je vais aborder le sujet d’une manière théorique. Comme toujours, choisir des ajustements "exploitant" est évidemment la meilleure option, mais il faut savoir pourquoi on fait ce choix car dès qu’on suit la voie exploitante, on ouvre la possibilité de se faire exploiter en retour. Gardez aussi en tête qu’en comprenant mieux les équilibres de chaque spot, on pourra exploiter de manière plus efficace nos adversaires selon les reads qu’on a sur eux ou sur le field qu’on affronte. 

Sizings : une histoire de cote 

math
Avant tout, les sizings tournent autour des cotes du pot, celles que vous vous donnez pour vos bluffs et celles que vous donnez à votre... Lire la suite

[Blog] Six ans de online à la loupe

Je suis un joueur autodidacte qui favorise la pratique à la théorie. J’ai commencé au début de l’ère du online quand les livres, les vidéos, et les programmes n’existaient pas. Et même si, pour m’adapter et rester au niveau, j’ai parfois dû travailler mon jeu, je reste convaincu que la meilleure manière de progresser est de jouer. Plus on joue, plus on accumule de l’expérience et on parvient à reconnaitre ce que l’on fait de bien ou de mal.

On dit que le facteur chance peut être combattu. C’est vrai. La variance inhérente au poker peut devenir insignifiante sur le long terme, mais elle peut se ressentir beaucoup plus intensément en ligne, selon les compétences de chacun et le volume de jeu que l’on effectue. Le online a été une révolution à ce niveau-là, grâce à la rapidité à laquelle les mains se jouent, la possibilité de jouer 24h/24 et la facilité de multitabler.

J’ai toujours considéré le online comme une sorte d'entrainement pour le live, un moyen :

 d’analyser de plus près notre propre jeu, de se remettre en question 

 d’expérimenter des moves et des patterns profitables 

 de repérer les tendances de ce qui se fait et d’observer ce qui fonctionne ou pas

 de s’inspirer des bons réguliers du site

 de prendre la température sur son niveau de jeu en fonction de ses résultats 

Au départ, le online était pour moi un moyen de gagner de l’argent de manière régulière, avant de devenir un tremplin pour avoir accès à des parties plus faciles mais plus chères, en cash game ou en tournoi. Un joueur gagnant en ligne a beaucoup de chances de le devenir en live, alors que l’opposé est plus rarement vrai.

Avec le temps je l’ai compris : mon truc c’est les MTT. C’est ma passion, et depuis dix ans j’y... Lire la suite

Comment gérer une montée de limite

Par dans Cash Game Online il y a plus de 2 ans.

Lorsqu’on joue en cash-game, au-delà du plaisir procuré, l'objectif est bien sûr de gagner. À travers mes challenges et les conseils donnés dans la Poker School Winamax, vous avez déjà quelques éléments clés pour progresser et devenir un joueur gagnant en basses limites. Il reste néanmoins un élément auquel on ne vous a pas préparé : gérer les montées de limite.

Qui n'a jamais eu cette petite boule au ventre au moment de débarquer sur une table aux blindes inconnues ? Où la taille d'une relance correspond à celle d'un ancien 3-bet et où un simple bluff raté peut vous coûter ce qui représentait deux caves durement gagnées !

Il n'y a pas un joueur qui ne soit pas passé par là. Mais il ne faut pas pour autant se cantonner à sa limite si on souhaite progresser. En respectant une bonne gestion de bankroll, en ayant l'audace de sortir de sa zone de confort et en appliquant les conseils donnés ci-dessous, vous pourrez aborder avec plus de sérénité cet exercice nerveusement difficile qu'est la montée de limite.

L'importance de la gestion de bankroll

Avant toute chose, un bref rappel concernant la gestion de bankroll, car si vous ne maîtrisez pas ce concept, il est inutile d'espérer devenir un joueur gagnant. Gérer son capital alloué au jeu, c'est essentiel. Si vous avez déjà de bonnes notions, je vous conseille d'avoir un minimum de 30 caves pour attaquer une nouvelle limite. Ainsi, si vous avez 50€, ne jouez pas plus haut que les tables dont les blindes s’élèvent à 0,01/0,02€ et où la cave est de 2€. Cela vous permettra de mieux gérer la variance qui vous voit parfois perdre plusieurs caves consécutives, mais aussi d'acquérir de l'expérience sur chaque limite avant de grimper.

Ce tableau... Lire la suite

En constant apprentissage

Par dans Tournois LiveCash Game Online il y a plus de 3 ans.

J'ai commencé à jouer au poker durant l'été 2005, je venais de prendre la décision d'arrêter les jeux vidéo et je n'avais pas encore commencé la fac. J'avais donc trois mois libres devant moi et je les ai passés à me familiariser au poker en cherchant des informations sur Internet, en intégrant les stratégies de base et en essayant de les mettre en application en play money, ce qui est comme beaucoup d'entre vous le savent très très rock and roll parfois. Me sentant prêt début septembre, j'ai déposé dans un premier 5 dollars que j'ai perdus dans la journée même après être monté à 50 dollars et avoir perdu full max contre carré en NL50. Je venais de prendre ma première leçon essentielle : gérer sa bankroll, c'est important.

Deuxième essai le lendemain avec trois dollars cette fois-ci, un peu limite pour grinder les cash games 0,01$/0,02$, mais c'était le max que ma carte bleue étudiante avait bien voulu me donner. Un petit peu de chance et pas mal de hit and running des tables m'a permis de monter à 35 dollars dans la journée et j'étais sauvé. Rien ne pourrait plus m'arrêter de grimper de limites, j'allais mettre les heures qu'il fallait et les gravir une à une pour finir au top, j'en étais sûr. En janvier 2007, soit un peu plus d'un an plus tard, je m'installais en 10$/20$ avec une bankroll de plus de 100 caves.

Si je vous raconte cette histoire, c'est car j'ai compris comment j'avais su perdurer au top pendant toutes ces années. Si vous analysez les joueurs de 10$/20$ de janvier 2007, vous constaterez qu'ils ont tous plus ou moins disparu de la circulation, la plupart sont broke car ils n'ont jamais su s'adapter ou évoluer aux nouvelles techniques et tendances qui viennent révolutionner... Lire la suite

Hé oui, c'est la reprise...

Par dans GénéralTournois LiveLife StyleCash Game Online il y a plus de 3 ans.

Les vacances sont terminées, l'heure est venue de vous sortir le classique blog de début de saison sur les objectifs !

Pour ce qui est de mes vacances, rien de spécial. J'ai d'abord passé quelques semaines dans la grisaille londonienne car, oui, il fait également gris l'été à Londres, le mois d'août s'avérant être le plus pluvieux de l'année tandis qu'il faut venir en septembre, octobre, avril, mai et juin pour (espérer) passer entre les gouttes.

Je suis ensuite parti une semaine à Ibiza, c'était moins reposant mais quand même très fun. Histoire de ne pas trop me dépayser, j'ai rapidement enchaîné à mon retour à Londres avec le festival de musique électro de Clapham (SW4).

J'ai également pu profiter du carnaval de Notting Hill, plutôt contre mon gré puisqu'il avait lieu sur le pas de ma porte, et je peux vous dire que c'est vraiment le truc le plus trash que j'ai jamais vu de ma vie. Je suis sorti vers 23 heures le dernier soir pour aller chercher un truc à manger et les scènes d'apocalypse auxquelles j'ai assisté seront censurées dans ce billet.

J'ai ensuite terminé ma préparation de rentrée avec un challenge cash game en basses limites sur Winamax. Certains d'entre vous ont peut-être eu le temps de le suivre, pour les autres, session de rattrapage avec mes comptes-rendus.

Cette semaine de grind, bien qu'en basses limites, m'aura servi et préparé pour les tournois à venir, essentiellement mentalement. Passer quatre heures par jour à jouer les basses limites sans craquer est clairement un exercice de résistance et de maîtrise de soi. J'ai quand même un peu déjoué le mercredi et cela m'a aussi permis de tester et de travailler ma récupération et mes techniques pour enrayer le... Lire la suite

Never give up

Un des avantages d'habiter à Londres est de pouvoir assister aux exploits des plus grands sportifs contemporains, des Jeux Olympiques à Wimbledon, des matchs de Premier League à d'occasionnelles confrontations UFC ou NBA. Ce que je trouve préférable à l'atmosphère sportive parisienne obnubilée par les gestes d'un footballeur suédois...

Mais l'évènement dont je voudrais parler aujourd'hui nous emmène loin du gigantisme des stades pour nous plonger dans l'atmosphère tendue et feutrée des tournois d'échecs. Fin mars se tenait ce qui est sans doute le plus important tournoi du jeu d'échecs de l'histoire : le tournoi des candidats, un affrontement au sommet entre huit des meilleurs joueurs du monde, dont le vainqueur obtient le droit d'affronter le champion du monde pour le titre.

Cet évènement était exceptionnel pour deux raisons : le niveau moyen des joueurs n'a jamais été aussi relevé au sein du même tournoi avec huit génies de leur discipline au palmarès impressionnant s'affrontant et, surtout, c'est la présence au départ du norvégien Magnus Carlsen qui a passionné les foules échiquéennes.

Carlsen a vingt-deux ans et est déjà numéro un mondial. Il a battu récemment le record de classement ELO de Garry Kasparov et gagne presque tous les tournois auxquels il participe. Son avance au classement sur le numéro 2 mondial est déjà quasiment irrattrapable. C'était sa première participation au tournoi des candidats et tous les observateurs l'érigeaient en grand favori. Carlsen est un cas à part dans le milieu des échecs, un diamant scandinave brut qui scintille au milieu des sept perles de l'ex-union soviétique.

Quand un tel phénomène se produit dans une discipline bien établie, je me pose... Lire la suite

Top Shark : du rêve à la réalité

Par dans Tournois OnlineCash Game Online il y a plus de 4 ans.

Résumer une aventure comme la Top Shark Academy n'est pas une chose simple, ceux qui l'ont vécu avec moi pourront le confirmer. Je tiens d'ailleurs en premier lieu à les féliciter pour leur parcours, particulièrement Phildar10, x BABURSS et tinmar30 qui m'ont accompagné en finale. Ce sont les adversaires coriaces qui rendent une bataille plus belle, et celle-ci fut particulièrement intense. L'ambiance a toujours été au top entre nous, j'ai apprécié le soutien et le temps passé à discuter. Merci à vous.

J'ai commencé les qualifications pour Top Shark remonté et motivé comme jamais. Je suis un homme de défi, mes plus belles réussites résultent des challenges que je me suis lancés, et je voulais vraiment venir à bout de celui-ci. J'avais suivi de très près la saison précédente et je m'étais régalé. Intégrer l'Academy peu avant la trêve de Noël fut absolument euphorique, et je suis incapable de dire ce que j'ai reçu comme cadeau tant j'étais concentré sur le plus beau de tous : ma qualification !

Pendant la trêve, j'ai essayé de suivre mes futurs adversaires et d'étudier leur façon de jouer, sans même savoir que cela me servirait dès la première épreuve : des heads up entre élèves. Je n'ai pas forcément brillé, mais assuré l'essentiel en me classant sur le podium. Une copie brouillonne me classe en milieu de tableau sur la seconde épreuve, mais c'est suffisant pour ne pas être nominé.

Sauvé par la communauté

Les épreuves de la cinquième semaine auraient pu m'inquiéter... Faire fructifier une bankroll de 100€ en cash game ! Certes, ce n'est pas mon domaine de prédilection mais j'adore ce type d'épreuve parce que ça représente un réel défi, un pour lequel... Lire la suite

En coulisses du WiPT




Depuis la fin du mois d’Octobre, le Winamax Poker Tour sillonne les routes de France pour le plus grand plaisir des joueurs amateurs.


En tant que membre de l’équipe pro Winamax, je représente le Team sur certaines étapes. Après avoir pendant plusieurs années monopolisé Toulouse et Bordeaux, mes villes familiales, je me suis rendu cette année à Biarritz et Nice. Beaucoup d’entre vous sont ravis de rencontrer les pros du Team et en profitent pour poser de nombreuses questions, parmis lesquelles une assez marrante qui revient toujours : ça ne vous gonfle pas trop d’être là ?


Pour être très honnête avec vous, participer au tournoi en lui-même, distribuer les cartes, etc., ça ne me fait pas personnellement vibrer, même si j’aimerais bien un jour faire un gros deep run sur une étape… Le premier côté intéressant, c’est de rencontrer des passionnés qui ne sont pas là pour rien : ils ont galéré à se qualifier et jouent au poker depuis plusieurs années dans des clubs locaux. C’est toujours un plaisir de leur donner deux/trois conseils ou de partager quelques anecdotes.


Il y a également les challenges iPad où je me prends toujours au jeu... Objectif : vous battre en disputant quatre heads up simultanément. Donc pour répondre à votre question : non, ça va, cela ne nous fait pas trop chier d’être là.


Et je ne vous ai décrit que la partie visible de ce qui se déroule durant un WiPT. Le plus sympa, c’est bien entendu la suite… le “off the records“. Je vais vous prendre l’exemple de Biarritz. J’arrive en voiture avec des amis de Toulouse où je me suis posé quelques heures plus tôt quand Matthieu (le Boss du WiPT) me téléphone et me demande notre... Lire la suite

Sur la route

Par dans Tournois LiveCash Game Online il y a plus de 4 ans.

Au poker, on parle souvent d'objectifs, qu'ils soient de moyens ou de résultats. J'ai longtemps été un farouche opposant à l'idée même de se fixer des objectifs de résultats, préférant ceux de moyens. Mais avec le temps (le coaching mental, la thérapie et les engueulades avec mes amis), j'ai compris que sans objectifs de résultats, on ne pouvait pas mettre en œuvre de manière efficace des "moyens".

Ici, nous ne sommes clairement pas en train de savoir si la poule était là avant l'œuf : sans objectifs définis, il n'y a pas de moyens. Après, on s'avoue ou non ses objectifs. C'est le problème de beaucoup de personnes et pas seulement des joueurs de poker.

Si on se fixe pour objectif de jouer 50,000 mains à une certaine limite juste « pour voir comment on s'en sort », l'objectif non avoué est de battre la limite mais on ne le verbalise pas par peur de l'échec.

Du coup, on ne l'avoue pas publiquement et on ne se "mouille" pas. Ainsi, on se met moins de pression pour réussir, et on s'en tient à un objectif de moyen alors qu'on aurait pu tout mettre en œuvre pour atteindre l'objectif de résultat non avoué.

La peur de l'échec, c'est aussi et surtout la peur du regard des autres, et non pas la peur de s'auto-décevoir comme beaucoup pensent. Si on met tout en œuvre pour atteindre un objectif et qu'on échoue, on en retire toujours une forme de satisfaction qui durera bien plus longtemps que la brève déception. Et on aura en plus une réponse quant à notre capacité ou non à réussir.

Le vrai problème, c'est le regard des autres au sens large mais aussi le regard de nos proches. Il est très important d'être soutenu par notre entourage et je sais - comme beaucoup d'entre vous - qu'il est parfois... Lire la suite

Ça se passe comme ça... chez Winamax

© Laurent Clément / Winamax

Depuis l'EPT Deauville, je n'ai pas vu le temps passer ! Tout va très vite lorsqu'on fait partie d'une équipe comme le Team Winamax... Après le bizutage du Winamax Poker Tour dans des destinations de rêve bien françaises telles que Saint-Etienne et Auxerre (note pour plus tard : proposer les étapes dans les DOM-TOM, je me ferais un plaisir d'y participer !), j'ai pu prendre deux semaines de vacances au ski pour me requinquer.

Retour à Malte en pleine forme et, après deux semaines de grind, je me suis lancée en avril dans un challenge cash game, qui consistait à monter une bankroll en partant de 100€. Me voilà partie pour 13 jours de grind intensif en partant de la NL5. Ce fut pour le moins éprouvant avec plus de 95 000 mains jouées et une bankroll s'élevant à 664,29€ à l'issue du challenge (si vous n'avez pas suivi le défi, vous pouvez toujours retrouver mon parcours en cliquant ici).

Mais pas le temps de souffler, à peine le challenge terminé, décollage pour Marseille direction l'EPT Monte Carlo. Pour le dépaysement, c'est réussi ! Après 13 jours à grinder les plus petites limites de Winamax, me voilà sur le point de jouer l'un des tournois les plus prestigieux du circuit. J'ai vraiment hâte de jouer ma première finale EPT et c'est avec un peu d'appréhension que je rejoins les autres joueurs dans la magnifique salle des étoiles pour participer au day 1. A cet instant, je repense à tout mon parcours, à ce que j'ai accompli ces cinq dernières années pour me retrouver aujourd'hui ici en compagnie des tout meilleurs. Et je me dis que finalement, ce n'est que le début d'une nouvelle aventure et qu'il reste tant de choses à faire.

Non loin du Main Event, la table finale du... Lire la suite