[Blog] WSOP : Dans la Tête d'un Qualifié

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Dimanche 20 mai 2012, tard dans la nuit, onze joueurs décrochent sur Winamax un package pour aller à Las Vegas jouer les WSOP... et j’en fait partie ! Organisé par Davidi Kitai et Tristan Clémençon, la promo Trip to Vegas promettait d'envoyer au minimum sept joueurs à Sin City. Face au succès de l’offre, ce chiffre a donc grimpé à onze et heureusement pour moi car ce fut exactement ma place finale. Encore étudiant et joueur amateur à l'époque, j'ai franchi les différentes étapes qualificatives à 10 et 50 € pour accéder à la phase finale à 300 €.

Une fois le package en poche, impossible pour moi de trouver le sommeil. Je passe par tout un tas d’émotions, ému dans un premier temps de cet accomplissement puis surexcité à l’idée d’aller à l’autre bout de la Terre pour jouer au poker. Un flot continu d'images envahit mon esprit : ma tête est déjà de l'autre côté de l'Atlantique, marchant dans l'enceinte du Rio avant de brandir un bracelet de Champion du Monde ! Aller à Las Vegas est un rêve pour n’importe quel joueur amateur et je n’ai plus que quelques semaines à attendre avant de le voir se réaliser. Après avoir repris mes esprits, je partage la nouvelle aux autres joueurs de mon association de poker, presque aussi contents que moi. J'ai tellement hâte d’y être.

Papers, please

VoitureAprès être redescendu de mon nuage 24 heures plus tard, la réalité me rattrape. Une petite formalité est de mise pour ce pèlerinage : le passeport. Le timing est serré et un joueur de mon association, Denis, soumet l'idée de préciser que j’en ai besoin pour les Championnats du Monde de poker afin d'accélérer le processus. Peu convaincu que l'argument fasse mouche auprès de la mairie, pour qui l'intérêt pour le poker doit être aussi grand que le mien pour le curling, je préfère ne pas tenter ce semi-bluff mais récupère tout de même le précieux sésame dans les temps !

Niveau famille mon père n'est pas chaud du tout pour que j'y aille. Je l'entends encore me dire que je vais revenir ruiné et perdre tout ce que je possède. J'étais pourtant du côté nit de la force niveau gestion de bankroll mais les préjugés ont la vie dure. Je finis quand même par avoir le dernier mot et il se laisse convaincre. Il faut dire qu’il n’avait pas vraiment d’autre choix.

HôtelPasseport et billet d'avion en poche, direction Sin City. Premier choc à mon arrivée, il y a des machines à sous à peine débarqué à l’aéroport ! Elles sont PAR-TOUT sur place, jusque dans les toilettes de certains établissements. Le ton est donné, on est bien dans la ville du jeu. Tout juste le nez dehors je prends une vague de chaleur dans la face. Deuxième choc : bienvenue dans le désert du Nevada. Mais les 35/40 degrés sont vite oubliés : un chauffeur privé m'attend pour m'amener jusqu'à mon hôtel (photo ci-dessus). Il est cool ce package ! Par souci d'économie, j’ai réservé un hôtel situé un peu à l'écart des grands casinos mais qui s’avèrera tout de même plus que correct, le Palace Station (photo ci-contre).

Un Français en Amérique

FontainesAprès une première nuit sur place, je descends sur le Strip et découvre notamment les fontaines du Bellagio avant de me diriger vers le Rio. Sur place, je me promène dans ces longs couloirs parsemés de machines à sous (décidément) avant d'atterrir dans les salles de poker des WSOP. Les différentes "rooms" ont quelque chose de magique : chaque pièce est immense et le bruit des jetons est assourdissant et ne s’arrête jamais. J'ai des étoiles plein les yeux et du bruit plein les oreilles. Une Américaine recrutée par Winamax m'aide à finaliser mon inscription et me donne également un téléphone pour que je puisse la contacter.

Sur le chemin du retour, je joue mon premier tournoi sur le sol américain, une boucherie à 50 $ en guise d'apéritif avant d’attaquer le plat principal. À peine assis, le croupier me dévisage et me demande mon passeport. Je plonge la main dans ma poche mais l’entend finalement dire "Nevermind it's fine" ("Laisse tomber c'est bon")... pour mieux réitérer sa demande quelques minutes plus tard. Du haut de mes 21 ans et 3 mois je fais figure de tout jeune parmi les autres joueurs. Cet échauffement ne donne rien et je rentre à mon hôtel avec une seule hâte : passer au lendemain et jouer ce premier Event WSOP.

La grande première

François PiraultNous y sommes ! Mon premier tournoi WSOP et mon premier à 1 000 $ qui plus est. L'excitation monte et c'est parti, shuffle up & deal. Je perds rapidement une bonne partie de mes jetons après avoir notamment hésité à payer un 3-barrel assez tôt dans le tournoi. Un joueur de la table a appelé le time et j’ai fini par fold tout au bout de la minute donnée. Dans l’ensemble, je vis un enfer pendant la première moitié de la journée, où je descends jusqu'à un tiers du tapis de départ avant de connaître un énorme rush pour une remontada de folie. Je termine à la 12e place au chipcount du Day 1A, quelques places devant Phil Ivey. Je me crois dans un rêve.

Malgré la fatigue qui pointe le bout de son nez, l'adrénaline me tient éveillé et je paie pour pouvoir utiliser trente minutes d'Internet sur un des ordinateurs prévus à cet effet dans les couloirs du Casino, afin de narrer mes aventures du jour sur le forum de mon association. Oui, 2012 était une toute autre époque, bien moins connectée qu’aujourd’hui. Je reçois sous ce post énormément de messages de soutien qui me donnent un énorme coup de boost avant le début du Day 2.

Radio Star

Multiplex PokerJe peine à trouver le sommeil, m'imaginant déjà en table finale alors que les places payées sont encore loin ! Au buffet de mon hôtel pour le Day 2 je croise Yann Del Rey (futur Top Shark), lui aussi qualifié, et avec qui je partage un taxi pour le Rio.

Nous sommes invités à passer à la radio Winamax : le légendaire Multiplex Poker. À cette époque, je l'écoute tous les dimanches et quelle joie de découvrir en chair et en os les trois protagonistes, Harper, Benjo et Jay Pee, pour un passage court mais intense. Je me souviens avoir partagé mes doutes quant au fait d'assurer l’ITM ou de continuer à jouer normalement avec mon gros stack. L'ambiance est vraiment au top, j’en garde un excellent souvenir. Cerise sur le gâteau, Ludovic Lacay passe par là et j’en profite pour prendre une photo. Je croise aussi le très grand Erik Seidel un peu plus loin, pour un autre cliché de qualité so 2012.

Si loin, si proche

Ludo LacayPassons tout de suite au résultat : je termine 107e sur 4 620 entrées pour 3 659 $. Si je ne peux pas m’empêcher d’être déçu d’avoir raté de peu le Day 3, je reste très content d'avoir eu la chance de deep run aussi loin. Sur les conseils avisés de Yann, mon plan initial d'aller voir un spectacle du Cirque du Soleil et de tester des restaurants lors des jours restants se transforme vite en grind sur les fameux tournois Daily du Rio.

En jetant un œil après coup aux photos prises par les reporters Winamax, je découvre que j’ai joué à la table d'Huck Seed, gros joueur de l'époque [vainqueur entre autres du Main Event 1996 NDLR] alors que je n’avais aucune idée de qui il était !

Erik SeidelIl n’y aura pas d’autres deep run et mon bilan de la semaine sera d’environ + 2 000 $. Avant cette édition 2021 sous les couleurs du Team Winamax, je suis retourné à Las Vegas en tant que professionnel en 2017 et 2018 mais sans parvenir à faire aussi bien sur le plan financier. Jusqu’à récemment, ce premier ITM restait mon meilleur résultat sur le territoire nord-américain, mais comme vous le savez peut-être, j’ai eu l’occasion de me rattraper cet automne avec cette belle 15e place à 43 000 $ sur le Millionaire Maker. Et je ne compte pas en rester là ! Au total, j’ai prévu entre 60 000 et 70 000 $ de buy-in, avec bien sûr en point d’orgue le magnifique Main Event à 10 000 $.

En espérant vous y voir sur place maintenant que les États-Unis ont enfin rouvert leurs frontières. See you!

Les pages à suivre

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On_The_Road

Sa deuxième tentative sur la Top Shark Academy s'est soldée par un high score monstrueux. Le Nantais est un vrai guerrier !

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