[Blog] Voyage initiatique

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Guillaume Diaz Voyage Initiatique

Au moment de partager le dernier blog hilarant de Gaëlle Baumann - courez le lire si pas encore fait ! -, Stéphane a choisi un proverbe souvent attribué à tort à Montaigne [issue en fait du Dictionnaire universel de Furetière, voilà pour le cours de littérature, NDLR] et auquel j’adhère complètement : « Les voyages forment la jeunesse. » Je crois en l’idée que découvrir des cultures différentes, parler et échanger avec des personnes qui ont un vécu différent du nôtre est un des meilleurs moyens de se développer intellectuellement. Tout en permettant d’améliorer la compréhension et la tolérance envers l’autre en général.

Mes premiers souvenirs de voyage remontent à mes 5 ans, quand mes grands-parents maternels m’embarquaient pour un road trip entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche à bord de leur caravane. Depuis, j’ai toujours rêvé de pouvoir parcourir le monde, de découvrir des paysages autres que mes montagnes natales, avec l’envie de ressentir le plus souvent possible ce sentiment de liberté totale propre au voyage.

L’évidence pour moi était donc de trouver un travail qui me permette de voyager au maximum. Vous l’avez compris, c’est une des raisons, parmi tant d’autres, qui m’a donné envie de devenir joueur de poker. C’est d’ailleurs durant un voyage en particulier, que j’ai imaginé pour la première fois vivre un jour du poker. Clairement un des un des événements qui a eu un impact majeur sur le début de ma carrière. Séquence nostalgie…

Vegas Calling

Le Bac en poche depuis peu et alors que je n’ai pas encore 18 ans, je pars rejoindre pendant trois semaines ma sœur et son mari à Vancouver, où ils sont expatriés depuis près d’un an. C’est la première fois que je vais sur le continent américain très heureux à l’idée de pouvoir découvrir cette ville, considérée comme l’une de celles où la qualité de vie est la meilleure au monde. Je ne suis pas déçu : ma sœur habite à cinq minutes en bus du centre-ville et à dix minutes de la plage. La ville regorge d’immenses parcs où se côtoient écureuils et canards, et est entourée de montagnes truffées de balades menant à des points de vue incroyables.

Vancouver

Vancouver vu du ciel
Crédit photo : tourismvancouver.com

Pour rendre le séjour encore un peu plus parfait, un de mes meilleurs amis vient me rendre visite à l’improviste pour une dizaine de jours. Au programme de nos vacances : visite de la ville et ses alentours, quelques sorties pour vérifier si le Canada possède lui aussi des boîtes nulles et chères - pour info Pierre, il y en a plein, il n’y a même que ça pour sortir après 23 heures - mais surtout une petite virée de quatre jours à Las Vegas ! Rien que d’en parler, nous avons des étoiles plein les yeux. Enfin, nous allons découvrir cette ville mythique, lieu de toutes les folies et de tant d’histoires incroyables.

Direction donc l’aéroport de Seattle où, après quelques péripéties pour passer la sécurité, nous parvenons à avoir notre vol in-extremis. Nous voici à bord, avec une ambiance déjà très festive. À côté de moi, deux Américains d’une quarantaine d’années assis se sont visiblement fixés comme objectif d’être complètement saouls avant d’atterrir, et enquillent les verres de bourbon plus vite que deux Irlandais en plein concours de descente de Guinness ! Et devant, un petit groupe d’une dizaine de femmes partent pour un enterrement de vie jeune fille – tellement original - et poussent des cris proches de l’orang-outan en chaleur lorsque le pilote annonce le début de la descente. Aucun doute, on est bien en route pour la ville la plus délirante au monde. 

Je regarde par le hublot au milieu de l’obscurité du désert et vois se dessiner au loin le halo de lumière émis par les milliers de lumières qui parcourent toute la ville. Alors que notre destination se rapproche, je commence à discerner le Strip et ses hôtels : Luxor, Bellagio, MGM… mais surtout le Rio, légèrement à l’écart, avec sa forme si particulière et ses couleurs rouge et bleu. Justement l’hôtel que ma sœur nous a choisi comme point de chute. Cela ne fait que quelques mois que je joue au poker, et encore moins longtemps que je sais qu’il s’agit de l’hôtel qui accueille les fameux Championnats du Monde.

Le début de l’aventure

Minuit. Nos valises sont tout juste posées que nous décidons avec mon ami de descendre dans le casino au rez-de-chaussée. L’envie est trop forte de partir à la découverte de cet endroit grouillant de touristes, la plupart venus pour tenter leur chance à la roulette, au blackjack ou au craps. N’ayant pas 21 ans, nous n’avons pas le droit de jouer et partons nous balader direction le Strip... à pied. Chose que je vous déconseille fortement si vous allez un jour à Vegas. Entre la courte distance en trompe-l’œil, la lourde chaleur du désert et la dangerosité du chemin, mieux vaut dépenser 8 dollars pour un taxi ! Transpirants mais sains et saufs, nous débarquons sur le Strip, arpentant les casinos et les longs couloirs entre le Bellagio et le Caesar Palace. Comme tout bon touriste, nous passons par les mythiques fontaines le temps d’assister au spectacle et rentrons à l’hôtel. On a bien essayé entre temps de prendre quelques verres de whisky dans les bars le long du Strip, mais à moins de 21 ans, c’est compliqué.

Ivey - Guillaume Diaz

Bien des années plus tard, à côté de la légende Phil Ivey

En rentrant, nous passons par une porte différente et apercevons de loin la poker room du Rio. Je prends note en me promettant de venir jeter un coup d’œil plus tard à ce que peut être une partie de poker dans un casino. Pour l’instant il est 4 heures du matin et nous sommes exténués par le voyage et la chaleur du désert. Direction notre chambre, la plus grosse que je n’ai jamais vu de ma vie : 60m² et avec deux immenses lits. Mais malgré le confort, j’ai du mal à dormir tant l’excitation d’être ici est grande.

Nous consacrons nos quatre jours à visiter le Strip et downtown - le vieux Vegas - en long et en travers, profitant de toutes les activités que Vegas a à offrir quand on a moins de 21 ans - il y en a, je vous le promets ! Spectacles, pool-parties, attractions et bons restaurants : le programme est bien rempli et nous ne rentrons à l’hôtel que rarement avant le lever du soleil. Sans oublier, avant de monter dans la chambre, de jeter un coup d’œil à la poker room, où les mêmes touristes que la veille s’échangent des piles de dix jetons de 5$ rangés minutieusement.

Chaque fin de soirée, nous restons un peu plus longtemps à regarder, fascinés par la taille des pots, pouvant monter jusqu’à 2 000$. Une somme énorme pour nous ! Je connais alors peu le poker et me considère comme un débutant mais j’ai l’impression que je peux rivaliser avec eux, qu’ils ne sont pas si fort que ça, malgré les sommes qu’ils jouent - ce qui était probablement faux vu mon faible niveau de l’époque ! Pour la première fois, je vois de mes yeux ce qu’est une vraie partie, avec un croupier et des règles strictes, et cela ne me donne qu’une seule envie : revenir un jour dans cette ville et jouer des milliers de dollars à cette table.

Guillaume Diaz Vegas

L'été dernier, en finale du tournoi Crazy 888$

Dans l’avion qui nous ramène à Vancouver, je ne pense qu’à ça, m’imaginant en train d’écumer les casinos de Vegas et du monde entier, de gagner de l’argent à un jeu amusant et stimulant. Je regarde alors mes premières vidéos de poker, notamment les Poker After Dark, et je découvre ce monde complètement fou où des sommes à six chiffres s’échangent en une seule main. Lors de nos derniers jours à Vancouver, nous passons la majeur partie du temps à l’appartement à enchainer les épisodes, à essayer de comprendre comment jouent les meilleurs du monde.

La révélation fut telle que, de retour chez moi, je décide d’acheter mes premiers livres de poker - Super System de Doyle Brunson et Harrington on Cash Games - et commence à m’intéresser sérieusement à la technique et à la stratégie de ce jeu. Trois mois plus tard, le jour de mes 18 ans, je vais jouer une partie de cash game au casino d’Uriage, à une dizaine de kilomètres de chez mes parents. Mes premiers frissons du live, tout en gardant dans un coin de ma tête l'envie de retourner à Vegas une fois atteints mes 21 ans.

Aujourd’hui encore, j’ai toujours un petit pincement au cœur à chaque fois que je passe à côté de ces tables dans un coin du Rio. Tables où d’ailleurs je ne me suis jamais assis, trop occupé par la frénésie des WSOP qui se déroulent de l’autre côté de l’hôtel. Mais je me suis promis d’aller y faire un tour un jour ou l’autre !

Quant à mon prochain voyage, ce sera à Dublin dans quelques jours pour le Winamax Poker Open. J’espère vous y voir nombreux ! En attendant, prenez soin de vous et profitez à fond si vous avez la chance de partir en voyage.

Peace !


Guillaume Diaz

Le vainqueur de la troisième Top Shark Academy possède l’un des plus beaux palmarès de Winamax.

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