[Blog] Usual Jean-Michels

Par dans

Créa blog Aladin
Enfin ! Les WSOP ont débuté à Las Vegas, et après de trop longs mois d'attente, j'ai pu me rendre à Sin City. Il était temps : cela faisait un an et demi que j'étais “bloqué” en Asie du sud-est, au Cambodge plus précisément, et je vous avoue que je commençais à trouver le temps long. Même si je vivais bien entouré de mes potes de grind, ne pas voir ma famille devenait un peu pesant. Bien entendu, l'appel des jetons et des cartes, le retour au jeu en brick and mortar, comme ils disent ici, résonnait aussi dans mon esprit. J'espérais juste que cette fois, la grand-messe ne serait pas annulée au dernier moment... Mais maintenant c'est clair, c'est la bonne !

Durant cette période post-WSOP, j'ai pu me concentrer sur le jeu online et en profiter pour progresser un maximum techniquement. Je pense m'être bien amélioré sur beaucoup de compartiments du jeu. Sauf qu'à Las Vegas, surtout sur les tournois les moins chers, il faut un peu oublier la théorie et le jeu GTO. Ouais, on va souvent jouer contre Joe du Michigan ou Jack le Texan avec son chapeau... Vous me direz, ils ont sûrement regardé quelques vidéos de Doug Polk et consorts, et ils ont probablement une meilleure connaissance des aspects théoriques qu'il y a dix ou vingt ans. Mais tentons tout de même de mettre en lumière les différents profils de joueurs amateurs que l'on retrouve en live à Vegas, et les adaptations que l'on peut mettre en place pour les affronter. 

Jean-Michel Ultra-Tight

Tight

Lui, il ne joue que les premiums. Il faut être réaliste : cette espèce un peu en voie de disparition... mais il se peut que l'on retrouve cette tendance chez quelques participants aux tournois à 1 000 ou 1 500 dollars. Même si les généralités sont à proscrire, il s'agit assez souvent de personnes d'un âge vénérable. Évidemment, il faut faire très attention car le risque est grand de se tromper dans son appréciation. Mais le poker reste un jeu de probabilités et on doit tenter de raisonner en conséquence. Ainsi, il faudra apprendre à manœuvrer post-flop contre une range spécifique selon l'adversaire, un exercice particulier car moins naturel après cette longue période de parties en ligne.  

Jean-Michel Limp

Limp
Pareil que pour le profil ultra-tight : est-ce que ce joueur existe encore en 2021 ? En tout cas, j'en croisais encore pas mal avant la pandémie, que ce soit à Las Vegas et Montréal, où j'ai pas mal grindé en live. Contre Jean-Michel Limp, on peut alors avoir le réflexe d'isoler systématiquement après son call. Mais il faut tout de même prendre garde à ne pas isoler de manière trop loose avec des mains dominées post-flop, comme par exemple J9s qui sera dominée par JT, QT ou JK. 

Il faut également bien faire attention à différencier les joueurs qui ont une range de limp ainsi qu'une range de raise (ils limp leurs mains mergées de force moyenne, et raisent leurs mains fortes) par rapport aux joueurs qui limp toute leur range. Ces derniers sont plus rares, mais existent quand même. Ils peuvent alors se retrouver avec des mains comme AK ou AQ que l'on pourrait avoir tendance, consciemment ou inconsciemment, à retirer de la range standard de limp. 

On portera également une attention particulière aux sizings, surtout s'il y a beaucoup de limpers, d'autant plus si nous sommes plutôt au début du tournoi. Les joueurs auront alors tendance à vouloir absolument voir le flop, et n'auront peut-être pas conscience du nombre de grosses blindes qu'ils investissent préflop, se disant que cela ne représente pas beaucoup par rapport au montant total de leur stack. Il faut alors s'adapter et oser augmenter les sizings que l'on ferait habituellement. De 4x ou 5x, on passera alors à 7x ou 8x par exemple, et même davantage si les adversaires sont vraiment "collants".

Jean-Michel Fold-Jamais-Une-Paire

Papy
“C'est difficile en Texas Hold'em de faire une top paire : ce n'est pas pour la lâcher quand ça arrive." Voilà ce que peuvent se dire certains joueurs qui vont donc avoir du mal à abandonner, d'autant plus s'il ont touché ladite top paire. 

L'adaptation paraît alors assez triviale : il faut oublier les barrels en bluff contre ces joueurs, d'autant plus si la texture du board ne change pas et que peu de tirages ont manqué. Contre ces profils, la stratégie que l'on pourrait privilégier serait alors de valoriser à fond les top paires avec un bon kicker ou mieux contre les mains contenant une simple paire chez l'adversaire. 

Ceci ne révolutionne pas le poker mais c'est tout de même important de se le rappeler. Franchement, combien de fois vous vous êtes dit : "Je savais que je n'aurais pas dû bluffer ce spot contre ce joueur !" Le fait de l'évoquer et de le mettre à l'écrit peut aider à ne pas commettre cette erreur une fois assis à table.  

Jean-Michel Ultra-Loose


Rudolph
Christian Rudolph, maniaque parmi les maniaques, comme le confirme Davidi Kitai


Ce joueur a un VPIP très élevé, il va être impliqué dans beaucoup de coups. Il va par exemple call 89o en milieu de parole contre une relance UTG. OKLM. Ce style est typique du joueur qui part en vacances à Las Vegas durant les WSOP. Le live c'est long, alors c'est ennuyeux de folder... Surtout en début de tournoi, ce joueur aura tendance à vouloir être impliqué dans beaucoup de coups. 

Ici, il y a donc deux façons de voir les choses, d'autant plus lorsque ces joueurs sont en position sur nous : soit on décide de resserrer un peu notre range pour jouer avec un éventail de mains fortes, ou alors on décide d'y aller franco et de maximiser la value dans les coups contre ce joueur qui aura une range faible. 

Jean-Michel Trop-Honnête-Post-Flop


McEvoy
Tom McEvoy, vainqueur old-school du Main Event des WSOP, c'était en 1983


Quand j'ai touché, je continue ; quand j'ai pas touché, je fold. 

J'ai une hypothèse sur ce phénomène aux États-Unis. C'est une des explications que j'ai trouvées, elle vaut ce qu'elle vaut et cela n'engage que moi : j'ai l'impression que culturellement, le fait de mentir, de bluffer, bref d'être un peu filou est quelque chose d'assez mal vu aux USA. Socialement, ce n'est pas bien accepté, encore plus là-bas qu'ailleurs. Certains joueurs amateurs exerçant des métiers "traditionnels" auront cela en tête cela et seront alors un peu moins portés vers le bluff que dans les pays latins par exemple. 

Attention, comprenons-nous bien, cela ne veut pas dire qu'aucun Américain ne va jamais bluffer. Mais je suis assez confiant dans cette perception : les Ricains bluffent moins que les Euros. Il faudra alors s'adapter et folder un peu plus que d'habitude lorsque nos amis du pays de l'Oncle Sam mettent des jetons dans le pot en étant l'agresseur

J'espère que tout cela aura pu vous éclairer sur la manière d'appréhender les différents adversaires aux WSOP, encore plus si vous êtes parmi les chanceux qui font le voyage outre-Atlantique. Bien sûr, le poker étant un jeu complexe, ce ne sera jamais tout noir ou tout blanc et certaines caractéristiques d'un profil peuvent se retrouver chez un autre profil. De la même façon, il n'est pas exclu qu'un même joueur puisse changer de style au cours d'un même tournoi, et passer de l'un à l'autre en fonction de la phase du tournoi, de ses adversaires, de son humeur ou de ses émotions. À vous de gérer...
 

Abonnez-vous pour suivre notre héros aux WSOP ! Et bonne chance Aladin !


WSOP : suivez le Team sur le coverage Winamax


Aladarrrrr

Premier joueur à remporter deux fois la Top Shark Academy, le Lyonnais est devenu une véritable machine à gagner sur les tables online !

Suivez Aladarrrrr sur FacebookSuivez Aladarrrrr sur TwitterSuivez Aladarrrrr sur Instagram