[Blog] Un Vegas pas comme les autres

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Pierre Calamusa Blog

Beaucoup de choses ont changé ces derniers temps dans ma carrière de joueur de poker. Étant issu du online, j'avais toujours pensé que la technique pure était l'unique composante pour perfer, tant sur la toile qu'en live. Pourtant, après quatre années passées à grinder le circuit live, je me suis rendu compte que d'autres facteurs tout aussi importants rentrent en ligne de compte pour arriver à être performant. C'est d'autant plus vrai à Vegas, pendant les WSOP.

Après la PCA, j'ai commencé par changer de fond en comble ma préparation pour les gros tournois live. J'étais arrivé aux Bahamas sans aucune préparation physique ni mentale, ce qui avait conduit à une prestation catastrophique sur le Main Event. Certes, j’ai terminé 25e, mais j'avais une occasion en or d'atteindre la finale. À force de répéter les erreurs, arrive un moment où elles deviennent des choix. J'ai donc investi énormément de moyens pour aborder cet été à Vegas de la meilleure des manières.

Construire la Dream Team

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Plus t'en mets, plus t'en as.

La première chose a été de soigneusement choisir les personnes avec lesquelles j'allais passer mes six semaines de WSOP. Tout naturellement, j'ai contacté Tony Miles, joueur et personne que j'admire tout particulièrement et qui excelle dans le domaine sportif. Il allait pouvoir m'apporter cette routine absolument cruciale pour arriver à rester performant sur une période aussi longue. Il sait où et comment s'entraîner, comment s'alimenter et comment organiser ses journées pour dérouler sur des tournois aussi longs que le Main Event. Pour compléter l'équipe, nous avons intégré Quinn, son meilleur ami qui est préparateur physique, et Victor Choupeaux, un de mes meilleurs amis sur le circuit. Un gars chill sur qui on peut toujours compter, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Après les personnes, le lieu. Passer plus d'un mois dans une chambre d'hôtel dont les fenêtres ne s'ouvrent pas... non merci. Nous avons loué une villa vraiment superbe à deux pas du Rio, proche d'un supermarché et d'une salle de gym. Encore une fois, tous ces petits détails comptent. Le sacrifice financier était conséquent puisque la location de cette maison coûtait... 20 000 $ ! En complément, j'ai travaillé régulièrement, disons deux à trois fois par semaine, avec une préparatrice mentale. À chaque moment de doute ou d'euphorie, elle était là pour m'aider à gérer mes émotions et arriver toujours plus motivé, tournoi après tournoi.

La deuxième composante que j'avais sous-estimée est l'importance d'avoir une bankroll confortable. Auparavant, dès que j'attaquais un tournoi à 2 000 € ou plus, j'étais "en shot", c'est à dire plus ou moins hors budget. Forcément, lorsqu'un buy-in de Main Event EPT ou WSOP représente 10, 20 voire même 30% de votre bankroll, il est difficile d’aborder ces événements avec sérénité. J'ai pu mesurer l'importance de ce paramètre en observant Victor : chaque bust avait l'air de lui faire mal car chaque tournoi représentait un énorme investissement financier par rapport à son capital personnel. De mon côté, mes places payées sur le PSPC et le Main de la PCA ainsi que de gros gains en paris sportifs m'ont permis d'encaisser avec beaucoup de calme les mauvais résultats de mon début de Vegas. Pendant ce temps, et contrairement aux autres années, je savais que j'allais faire une table finale sur un tournoi majeur.

Une finale en récompense

Pierre Calamusa

Cette prémonition s'est vérifiée après un mois de grind puisque j'ai atteint la table finale du 5 000 $ 6-handed des WSOP, celui remporté par João. J'étais et reste très heureux de la partition rendue et surtout, ce gain de 220 000 $ était mon premier résultat significatif sur le sol américain. Parmi les éléments à classer également parmi les motifs de satisfaction, je n'avais pas, à mon grand soulagement, répété ce schéma qui m'avait fait si peur au PCA. J'ai joué solide, relâché et, malgré un maigre tapis pendant les demi-finales, j'ai réussi à tirer mon épingle du jeu pour terminer quatrième.

D'un point de vue financier, ce Vegas a été le plus high variance que j'ai connu, avec des variations de bankroll complétement folles. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais j'ai été ultra agressif avec mon argent. Pour vous donner un ordre d'idée, j'ai perdu plus de 100 000 € en staking entre le Main Event et le High Roller à 100 000 $... En paris sportifs, je suis passé tout près de gagner 150 000 € sur Winamax sur un seul match de tennis. J'avais lâché une praline de mutant sur Pauline Parmentier contre Maria Sharapova à Wimbledon ! Malheureusement, cette dernière me l’a faite à l’envers, en abandonnant dans le dernier set alors qu'elle était menée 5-0…

Malchanceux Pierrot ? Rassurez-vous, il a quand même profité de la Coupe du Monde féminine pour se faire quelque sous... au mépris de tout patriotisme !

Dans tous les cas, je suis toujours émerveillé de voir la folle vie que je mène et ce Vegas 2019 restera un cru que je n'oublierai jamais. Entre le coaching de Tony l'an dernier, ma table finale cette année et tous ces swings émotionnels et financiers, je me réveille chaque matin des étoiles plein les yeux. La prochaine étape, c'est l’EPT Barcelone fin août. En espérant perfer pour la première fois sur ce festival comme je l'ai fait à Las Vegas cette année !


LeVietF0u

L'enfant terrible du Team Winamax a remporté les plus gros tournois W et fait souvent parler la poudre en live. Un talent ravageur, à la table comme sur les réseaux sociaux.

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