[Blog] Un tour du monde express

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Après m’être déplacé aux Bahamas pour le grand rendez-vous poker de début d’année, j’avais décidé d’enchaîner directement sur Melbourne. C’était la première fois que je pouvais retourner en Australie (j’y avais passé un mois en 2012) pour aller jouer les fameux « Aussie Millions » dont on m’avait dit beaucoup de bien.

En effet, l’étape de Deauville ayant été supprimée du calendrier EPT, l’Australie s’offrait enfin à moi fin janvier ! Finie la morosité du climat de la Normandie en hiver, et place au soleil de Melbourne (en alternance avec la pluie de temps en temps, tout de même…), qui accueille pour mon plus grand bonheur l’Open d’Australie au même moment !

Bad run aux Bahamas

Après avoir fait l’impasse sur le PCA l’an dernier pour des raisons personnelles, je dois avouer que j’étais assez excité à l’idée de retourner sur Paradise Island au beau milieu de l’hiver. Pour des raisons météo, bien sûr, mais surtout parce que l’organisation de l’EPT avait prévu un énorme festival de tournois, avec de nombreux buy-in élevés (5000$ et plus). Même si les frais sur place sont exorbitants, on a le sentiment d’être en vacances sur cette île assez paradisiaque, et le fait de pouvoir jouer beaucoup de tournois « High-Stakes » compense quelque peu les frais.

La première mauvaise nouvelle, c’est que le buy-in de l’EPT avait été divisé par deux, et malgré tous les satellites organisés online, le nombre de joueurs inscrits sur le Main Event fut assez décevant : à peine plus que l’an passé. La « bonne nouvelle » c’est que ça ne m’a en rien affecté puisque je n’ai réussi qu’à survivre quelques heures durant le Day 1 ! Pas de quoi s’affoler toutefois, vu le nombre de side events au programme. J’ai donc enchainé pas moins de dix tournois (en presque autant de jours), mais malheureusement le « badrun » qui me suit depuis Prague a décidé de m’accompagner un peu plus longtemps. Peut être aurais-je dû écouter les conseils de Davidi et manger davantage de kiwis !

Nous arrivons donc au dernier jour du programme, et ces « vacances » aux Bahamas commencent à ressembler à une jolie petite cagoule. J’ai notamment sauté à une dizaine de places de l’argent sur le High-Roller à 25,000$ la veille, sur une main où je ne suis pas très content de ma décision river…


Un call compliqué

Peu importe, la variance est inhérente au format MTT et je suis bien conscient que cette longue série de tournois sans résultats est tout à fait « normale ». Je me sens toujours bien et prêt à jouer mon A-Game. Dernier jour, dernier gros tournoi: un High-Roller 6max Turbo à 10,000$, le format parfait pour perfer ! La structure est assez deep au début du tournoi, ce que j’affectionne particulièrement, et je sais que mes adversaires feront davantage d’erreurs à ce moment là. Je décide donc d’arriver assez tôt et de ne pas « late reg ».

Ca ne rate pas, nous jouons depuis moins d’une heure à table, Ole Schemion relance au bouton, je 3bet QQ en BB et il call. Nous avons environ 60BB de stack effectifs. Flop Roi-Valet-4 sans couleur, je check/call logiquement sur une mise d’un peu moins de la moitié du pot. Turn : un 9 qui amène un tirage couleur à carreau (je n’ai pas la dame de carreau). Je check de nouveau et je fais face à une mise à tapis de plus d’une fois et demie le pot ! Sa ligne ne fait pas beaucoup de sens, au flop on peut estimer sa range de value à AJ, un Roi ou 44, il n’a donc que très peu de mains en value qui peuvent shove ce turn, et je bloque des combos de KQ et Q-10 dans sa range. Il est assez évident qu’il a toujours un draw ici et qu’il essaie de me faire fold une main moyenne. Je call donc logiquement et fais face à Q8, pour un flush draw et une gutshot trouvés au turn : mes Dames restent en tête ! Le play de Schemion me paraît assez mauvais car il n’a pas vraiment intérêt à utiliser ce sizing au turn avec sa range de value. En gros il représente une range de value beaucoup trop thin, et je ne pense pas qu’il utilise le même sizing avec une main comme AK/KQ/K9 ou QT.

Je gère ensuite bien mon tournoi, puis j’ai assez de chance pour gagner un gros coup avec AJ>AK, et j’arrive à la bulle avec un stack très confortable. J’aurai un peu moins de réussite en table finale, mais je finis tout de même à une sympathique quatrième place, synonyme d’un gain de 65,000$. Le séjour est donc sauvé ! La pression redescend et je peux savourer ma dernière journée aux Bahamas …

Changeons d'hémisphère

Six heures de décalage horaire dans un sens, dix heures dans l’autre sens, et un trajet total de près de 24 heures depuis Londres, autant vous dire que le « jetlag » s’est bien fait ressentir à mon arrivée à Melbourne… Pas le temps de trop dormir pour autant, l’autre grand rendez-vous de ce début d’année à Melbourne ayant déjà démarré. Je veux bien sûr parler de l’Open d’Australie ! J’avais réservé des places à l’avance pour aller voir quelques matchs des tours préliminaires dès le lendemain de mon arrivée, avec un ami sur place. Et je n’ai pas été déçu par la mythique Rod Laver Arena qui est probablement l’une des plus belles enceintes dans laquelle j’ai pu assister à un match de tennis.


 

Rod Laver Arena

Après avoir observé Ana Ivanovic ou Andy Murray à l’oeuvre, il était temps de reprendre les choses sérieuses dès le lendemain, avec un joli tournoi au programme, le High-Roller à 25K des Aussie Millions. La bonne nouvelle c’est que le tournoi était cette année joué en 6-max, la moins bonne c’est que la structure du Jour 1 était un peu turbo et que je ne réussis pas à gagner beaucoup de showdowns. Tombé en dessous d’une vingtaine de blindes après quelques heures, j’ai perdu un banal coin-flip avec As Roi contre une paire de 8 pour mettre fin à mon tournoi.

Je profite donc des jours suivants pour explorer rapidement la ville et pour jouer un peu de cash-game au Crown, cet immense complexe hôtelier/casino en plein coeur de Melbourne où se déroulent le festival. Puis arrive le jour 1 du Main Event, au buy-in fixé à 10,000 dollars australiens. A ma grande surprise, je ne reconnais pas un seul joueur à ma première table, et j’identifie rapidement un seul joueur vraiment compétent… Je me croyais presque revenu à Vegas pour jouer le Main Event (un vrai paradis) Malgré le niveau très faible, je dois m’armer de patience, faute de recevoir des mains jouables ou de toucher des boards pendant un long moment. Malgré le peu d’opportunités pour monter des jetons, j’adopte une stratégie plus agressive en fin de journée sur une autre table, ce qui me permet de conserver un stack correct avant de perdre le fameux coinflip  QQ/As-Roi.

Mes rêves de succès en terre Australienne s’achèveront donc  prématurément, mais cela signifie aussi que mes vacances allaient donc démarrer plus tôt ! Au programme : Tasmanie, Sydney, Brisbane, Moreton Island

Il y a tellement de matière pour écrire qu’il me faudrait plusieurs articles ! Une chose est sûre, il fait bon vivre en Australie et notamment en Tasmanie, l’un de mes coups de coeur du séjour. Cette île peu connue de nous autres européens, qui abrite les cousins de Taz (les fameux diables de Tasmanie !), a de nombreux atouts touristiques : une histoire particulière (ancienne terre d’accueil de prisonniers de l'Empire Britannique), de nombreux parcs nationaux aux paysages époustouflants, des plages vierges désertes, une excellente gastronomie ou encore une production viticole en plein essor ! Comme les images parlent parfois mieux que les mots, voici un aperçu de la Tasmanie en images…
 



Voilà à quoi ressemble une plage qu’on accède après 3 heures de randonnée !




Chemin de rando avec vue



Un diable de Tasmanie



Dégustation de vin avec vue



Dauphins sauvages à Moreton Island (pas si sauvages!)


Loosli

En 2013, Sylvain est rentré dans l’histoire du poker tricolore en accrochant la 4e place du Main Event des championnats du monde. Le début d'un parcours d'exception au sein du Team Winamax.

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