[Blog] Tous les signaux sont au vert

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[Blog] Tous les signaux sont au vert

Salut à tous !

Je profite d'une de mes rares journées "off", en plein milieu de mon périple annuel dans la frénésie des WSOP, pour tirer un premier bilan de mon été dans ce nouveau blog, tout en en profitant pour remettre à plat mes objectifs. C'est déjà mon cinquième voyage dans cette folle ville, pour autant de championnats du monde, et je sens que tous les éléments sont réunis pour passer un été parfait, voire même pour enfin décrocher le bracelet tant convoité.

À commencer par l'immense villa à l'écart de l'agitation du Strip que je partage avec une bonne partie du Team et quelques joueurs bien connus du circuit, dont Sonny Franco ou encore le poteau Victor Choupeaux. L'ambiance est studieuse, mais détendue. Notre quotidien est rythmé par des petits dejs' copieux devant la Coupe du Monde (avec souvent un Pierre Calamusa qui transpire pour ses potentielles pertes en paris sportifs), des matches de ping-pong, de billard, de basket ou de toute autre activité propice à parier (encore une fois souvent contre Pierre), et des fins de journées animées par des discussions techniques endiablées.

La dynamique de groupe est très positive depuis le début de l'été, avec de nombreux deep-runs et tables finales, dont évidemment la superbe deuxième place de Romain sur l'Event 13 pour 193 000 $. On se tire tous vers le haut, dans les bons comme les mauvais moments, et cette atmosphère d'entraide est particulièrement plaisante et motivante.

Séminaire
Tout est allé très vite depuis notre fameux séminaire à Sophia Antipolis, à la fin d'avril. La chance de nous être rapprochés des "petits" nouveaux que sont les monstres Mustapha, Adrián, João et Léo nous a mis dans un nouvel état d'esprit axé sur le positif et le partage. Avoir de nouveaux points de vue pour alimenter les échanges est toujours précieux, d'autant plus lorsqu'il proviennent de joueurs de leur calibre. S'en est suivie mon épopée monégasque, avec cette victoire de rêve sur l'EPT National qui a achevé de booster ma confiance. Je n'ai d'ailleurs pas été le seul à perfer : João a pris la cinquième place du 25 000 € et Mustapha a terminé runner-up du 10 000 € Turbo. Adrián a enfoncé le clou en remportant le Main Event du SISMIX une semaine plus tard, juste après qu'Ivan, Davidi et moi atteignions la table finale du High Roller. Bref, le Team était chaud !

Deux bonnes semaines de repos avec ma copine, d'abord à Grenoble, puis à Barcelone, m'ont permis de recharger les batteries et de profiter à fond de mes proches, famille et amis, avant de les abandonner pour un mois et demi. J'avais lu un tweet d'un joueur pro qui expliquait que le mois de mai est décisif pour un joueur de MTT live : réaliser un bon mois permet d'arriver en pleine forme pour la période la plus importante de l'année, celle des WSOP. Je peux officiellement vous annoncer que je viens de vivre le plus beau mois de mai depuis mon entrée dans le Team. Plutôt de bon augure, non ?

D'année en année, je me sens de mieux en mieux au moment d'aborder un festival ou une longue série de tournois, surtout ce marathon que sont les WSOP. J'ai appris à gérer mon énergie, à prendre du recul sur les périodes sans ITM, et à surtout jouer quoi qu'il arrive mon A-game (ou B, au pire) avec constance et solidité sur la durée. Mon expérience personnelle et, surtout, celle que je partage avec tous les membres du Team au quotidien, est vraiment mon atout majeur pour être au top mentalement, pour améliorer ma résilience et pour atteindre la fameuse "zone" plus facilement.

Guillaume WSOP
En bref, vous l'aurez compris, c'est avec une confiance et un enthousiasme gonflés au maximum que j'ai décollé pour Las Vegas le 7 juin. Bon, je n'y suis arrivé que le 9, la faute à un avion qui est finalement revenu à la case départ et qui s'est retrouvé décalé de deux jours, mais ce n'est pas une petite galère de transport qui allait me faire redescendre de mon nuage (et puis, on ne peut pas toujours run good dans l'avion, NDR). C'est donc avec 48 heures de retard que j'ai atterri à Vegas, quelques heures trop tard pour assister à la finale du fratus rLewis, mais plus motivé que jamais en voyant l'atmosphère de folie qui régnait à la villa à mon arrivée.

Depuis, deux semaines se sont écoulées et il est temps pour moi de prendre un peu de recul sur cette première quinzaine, ainsi que de mettre au clair mes objectifs pour la suite. J'ai toujours adoré les récaps' pleins de franchise de Daniel Negreanu à chaque fin d'année. Je me suis donc basé dessus pour livrer un bref mais explicite résumé de ces quinze derniers jours.

Allons-y gaiement :

14 jours à Las Vegas, dont deux jours de repos
15 tournois joués
58h30 passées à table
3 places payées, dont une table finale
24 600 $ de buy-in en tout
42 800 $ de gains en tout
18 200 $ de profit
74 % de retour sur investissement (ROI)

Le premier constat est plus que positif : pour la première fois en cinq ans, je suis dans le vert à mi-parcours des World Series. Même si les résultats impactent de moins en moins mon état mental, c'est toujours plus facile d'enchaîner quand on a déjà plusieurs deepruns au compteur. Ce day off arrive d'autre part à point : j'ai déjà joué un grand nombre de tournois et passé beaucoup d'heures par jour à la table. Enfin, un choix de programme plus judicieux en termes d'espérance de gains et de ROI ont fait baisser ma mise moyenne par tournoi (autour de 1 800 $) par rapport aux années précédentes. Ça m'a permis d'une part de moins subir la variance et également d'éviter de "plomber" mon résultat net. Ceci dit, ce point devrait changer dans les semaines à venir, avec de gros tournois comme le 5 000 $ et 10 000 $ 6-max en perspective, sans oublier bien sûr le Main Event.

D'ailleurs, le petit bouleversement du planning des WSOP et notamment le déplacement du coup d'envoi du Main au 2 juillet aura un impact majeur sur mon programme. Selon ma réussite dans le tournoi, je pourrai très bien jouer dix tournois de plus ou... aucun (le scénario que je préfère). La réalisation de certains de mes objectifs sera donc directement dépendante du tournoi le plus beau de l'année.

Guillaume WSOP 2
Mon objectif principal reste, et restera toujours, de remporter un bracelet. C'est à mes yeux le trophée le plus prestigieux pour un joueur de poker, et chaque tournoi WSOP prend une saveur particulière grâce à cette précieuse breloque. Je m'étais d'autre part fixé de faire deux tables finales au cours de l'été et, ayant déjà accompli la moitié du travail, j'ai décidé de hausser la barre à trois, dont une sur un tournoi WSOP, d'ici à la fin du séjour.

Du côté des finances, mon objectif était d'atteindre 70 000 $ de buy-ins en tout. Je devrais normalement le réaliser, à moins de deeprun le Main Event, ce qui ne serait pas la pire des nouvelles, mais je vais y revenir. En termes d'ITM, j'ai fixé la barre à 200 000 $, et j'en suis encore loin. Mais je reste confiant dans ma capacité à exploser cet objectif, vous pouvez compter sur moi.

La fin justifiant les moyens, je me suis imposé une routine en deux temps :

- garder un bon rythme du début à la fin, en me couchant à des heures régulières (même en cas de day off le lendemain, pas de soirée jusqu'au petit matin), et manger sainement (enfin, plus ou moins, disons) ;

- faire un bilan de mon état physique et mental tous les matins, afin de savoir si je suis en condition de tout donner sur le tournoi que je prévois de jouer. Si ce n'est pas le cas, mieux vaut late reg ou carrément faire l'impasse, plutôt que jouer dans des condition sous-optimales.

J'ai respecté ces règles à la lettre jusqu'à aujourd'hui et je ne compte pas les enfreindre, exception faite de la Players Party de Winamax avec les qualifiés, qui sera l'occasion de faire un break et de déconnecter du poker quelques jours avant le Main Event.

Victoire EPT National
Enfin, mon ultime objectif est sans doute celui de la plupart des joueurs de poker : THE Main Event. Je partage l'espoir de Davidi de pouvoir jouer ce tournoi chaque année de ma vie, même lorsque je ne serai plus un joueur pro. Absolument tout y est incroyable : l'ambiance, l'atmosphère, le show et bien entendu le prizepool.

Malheureusement, en quatre participations, je n'ai jamais fait mieux qu'un milieu de Day 2, encore très loin des places payées. Je n'ai pas encore vécu cette période magique de la bulle ou eu l'espoir d'aller loin, et c'est un objectif sur lequel je souhaite vraiment me concentrer cette année. La structure est incroyable et le niveau plutôt faible, les moyens d'influer sur la variance sont donc plus nombreux que sur d'autres tournois, surtout au même buy-in. Je vais mettre le paquet sur mon "plan de jeu" et arriver dans les meilleures conditions physiques et mentales, pour enfin atteindre les places payées du plus beau tournoi du monde.

En attendant la grand messe du Main Event, j'ai encore pas mal de jolis tournois à jouer, dont le Monster Stack à 1 500 $ qui risque d'accueillir plus de 6 000 joueurs avec, petite surprise, les caméras de Dans la Tête d'un Pro derrière mon épaule pour vous le faire vivre à mes côtés.

A très vite, pour un nouvel épisode….


Guillaume Diaz

Le vainqueur de la troisième Top Shark Academy possède l’un des plus beaux palmarès de Winamax.

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