[Blog] Réjouissantes turbulences

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Guillaume Diaz
C’est le moins qu’on puisse dire : pour moi, le mois qui vient de s’achever fut sacrément intense et agité ! Entre mon premier séjour à Macao, une victoire Winamax Series remportée à bord du vol retour, et une petite quinzaine passée dans le sud de la France pour l’enchaînement séminaire/WSOP Cannes/PSC Monte Carlo, je n’ai pas vu le temps passer !

Je profite donc d’une petite pause de quelques jours dans notre nouvelle collocation à Londres - je viens de m’y installer avec plusieurs potes du poker - pour faire le point sur ce début d’année avant de repartir sur la route, pour le SISMIX et surtout pour le traditionnel pèlerinage de plus d’un mois à Las Vegas pour les Championnats du Monde.

Du côté du live, c’est bien en avril que l’année a réellement commencé pour moi. Je n’avais joué qu’une dizaine de tournois au cours des trois mois précédents : j’en ai joué le double depuis ! Sur cette vingtaine d’épreuves jouées en avril, j’atteins les places payées quatre fois « seulement ». Malgré de belles places à Macao et Monaco sur des tournois à petit buy-in, mon résultat net sur l’année est pour l’instant négatif de 45 000€. La majorité des pertes vient des Highrollers à 25 000$ et 10 000$ joués là-bas, et comme ces tournois représentent mon objectif majeur pour 2017, il va me falloir inverser la tendance rapidement – même si il n’y a clairement rien d’alarmant à ce stade : je n’en ai encore joué que très peu.

Pour ce qui est de mon objectif chiffré, je suis sur la bonne voie pour atteindre le seuil de 400 000€ de buy-ins que je me suis fixé pour 2017 : j’en suis déjà à près de 100K€ d’entrées, avec au moins autant à venir à Vegas cet été ! Evidemment, les Highrollers cités plus haut y sont pour beaucoup : ce fut d’ailleurs une grande satisfaction et un réel plaisir de jouer le 25 000€ sur trois jours à Monaco. Les fields sont assez particuliers : les meilleurs joueurs du monde qui se croisent toute l’année se mélangent à de riches joueurs récréatifs, avec au milieu quelques réguliers des « middle buy-ins » qui tentent leur chance pour la première ou seconde fois sur ces niveaux de buy-in très élevés. Les stratégies mises en place sont donc souvent très différentes des autres tournois, de par la volonté des « top regs » d’exploiter au maximum les joueurs récréatifs ou les pros moins à l’aise sur ces buy-ins. En me voyant à table, les réguliers de ces tournois me placent probablement dans cette dernière catégorie : il m’appartenait donc de mettre en place la meilleure « contre-stratégie » possible pour exploiter mon image perçue. Il me reste évidemment beaucoup de travail à faire pour perfectionner ma stratégie sur ces tournois, mais je pense être sur la bonne voie, et espère m’y sentir complètement à l’aise rapidement.
 

Avec Romain Lewis à Macao
A Macao avec Romain Lewis

 

Passons maintenant au secteur le plus réjouissant de ce début d’année : le online ! Comme souvent en MTT, y compris en ligne où le volume est conséquent, un seul et unique tournoi fera bien souvent une énorme différence entre une année moyenne et une année excellente ! Et l’épreuve Highroller des Winamax Series (1 000€ l’entrée !) fait bien entendu partie de ces tournois. Cette victoire (et les 72 845€ qui vont avec) représente de très loin mon meilleur résultat online, dépassant mon précédent record établi il y a un an tout juste sur le Main Event Winamax. Gagner un Winamax Series était un objectif affiché depuis très longtemps : y parvenir sur le plus gros buy-in du festival (et donc sur l’une des épreuves online les plus relevées de l’année, en particulier la table finale) est une satisfaction énorme.

Et comme si l’histoire n’était déjà pas assez belle, il a fallu que je remporte ce tournoi… à bord de l’avion qui me ramenait en Europe depuis Macao ! C’est la première fois que je profitais d’une connexion wifi en plein vol pour jouer au poker. Vu le nombre de joueurs qui m’en ont reparlé à Cannes et Monaco, je me suis dit qu’il fallait que je revienne brièvement sur cette histoire complètement surréaliste.

Lors de mon dernier jour à Macao, plutôt que jouer les derniers tournois turbo au programme du PSC, j’ai lancé la session du dimanche depuis ma chambre d’hôtel. Assurément le tournoi le plus excitant de la soirée online, le Highroller des Series était programmé sur deux soirées : sachant que mon vol décollait le lendemain et qu’il m’était impossible de le reporter, il me fallait vérifier que j’allais pouvoir me connecter à bord. Sinon, aucun intérêt à monter des pions le Jour 1 pour se retrouver bêtement sit-out le Jour 2 ! Chance : le statut de mon vol indique bel et bien la présence d’un wifi pendant le vol, comme à l’aller. Du coup, aucune hésitation : je m’inscris et six heures plus tard, me voilà qualifié pour le Jour 2 avec un gros tapis de 80BB.

Dans l'avion
Il reste encore 45 joueurs et je vais me coucher en prenant le temps d’annoncer sur les réseaux sociaux que ce Jour 2 sera joué à 30 000 pieds d’altitude. En me réveillant le lundi, je découvre des dizaines de messages de potes, tous alarmés. Décale ton vol ! C’est suicidaire de compter sur une connexion potable à bord d’un avion ! Le changement de billet ne coûte rien en comparaison avec l’enjeu du Highroller ! Etc. J’en discute avec mes collocs de Macao, Romain Lewis et Paulo Tedeschi : eux aussi ne sont pas très rassurés, mais je n’ai vraiment pas le choix, je dois absolument prendre ce vol et rentrer en Europe ce jour-là ! De leur côté, les services de SwissAir m’assurent que leur wifi fonctionne très bien. Je n’ai d’autre choix que de les croire sur parole : c’est parti pour presque onze heures de vol pour rejoindre Zurich depuis Macao. Cela fait deux heures que nous sommes dans les airs lorsque le tournoi reprend : à ce moment, j’ai déjà eu le temps de vérifier que la connexion tournait à merveille, et de vider le plateau repas après une petite sieste. Au boulot ! C’est parti pour six heures de grind. Je vous épargne les péripéties extra-poker du vol, comme la batterie de l’ordi qui s’épuise et me force à basculer vers la tablette branchée sur le port USB de mon siège, ou encore la connexion qui s’arrête brutalement car j’ai épuisé le forfait de données allouées par la compagnie – les cinq minutes nécessaires pour acheter un nouveau forfait m’ont paru très longues !

Avance rapide : une petite heure avant l’arrivée à Zurich, je conclus un deal avec Denilo93, mon dernier adversaire et termine le heads-up en quelques mains grâce à un beau setup. Enfin, je mets la main sur un titre Winamax Series ! L’impression est bizarre : intérieurement, j’exulte, mais il m’est difficile de célébrer le moment en temps réel : il est cinq heures du matin, nous sommes au-dessus de l’Allemagne, à peu près tous les passagers de l’avion sont en train de dormir ! Je laisse éclater ma joie sur Messenger et Skype auprès des potes qui m’ont suivi jusque très tard. Le temps de faire un petit Facebook Live pour remercier tout le monde pour le soutien reçu, et voilà l’avion qui entame déjà sa phase d’atterrissage. Il m’a paru passer beaucoup plus vite que d’habitude : je sais déjà que je viens de passer mon plus beau moment à une table de poker, l’un de ceux que je ne risque pas d’oublier de sitôt !

De façon plus terre à terre (si je puis dire), ce résultat change la donne en ce qui concerne mes objectifs en ligne : je m’étais fixé pour but d’atteindre 70K€ de gains nets sur l’année. Me voilà déjà à plus de de 80K€ après 370 tournois joués depuis le 1er janvier 2017. Forcément, je me fixe un nouvel objectif : passer la barre des 100K€ et 500 tournois joués avant mon départ pour Vegas début juin. J’ai clairement envie de profiter de cet excellent début d’année (où la variance a été résolument de mon côté) pour me fixer des objectifs très ambitieux, et tout faire pour réaliser l’année la plus complète possible en ligne. Dans ce sens, une autre motivation est le classement Sharkscope : même s’il est faussé par les changements de pseudo, il reste un bon indicateur personnel et, comme pour le classement Global Poker Index, l’aspect classement/compétition est source de pas mal de motivation chez moi. Mon objectif est donc simple : finir 2017 dans le Top 5 des joueurs les plus profitables sur Winamax, en sachant que je suis actuellement 13ème de ce classement. A moi la belle étoile dorée !

Il n’y a plus qu’à espérer que le mois de mai sera aussi radieux et agité qu’avril, histoire d’achever en beauté la préparation pour la période la plus importante de l’année : Vegas et ses World Series of Poker ! D’ici là, rendez-vous dès le mardi 16 mai au bord de la piscine et des tables 6-max de l’hôtel Es-Saadi pour une nouvelle édition du Sismiiiiiix !


Guillaume Diaz

Le vainqueur de la troisième Top Shark Academy possède l’un des plus beaux palmarès de Winamax.

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