[Blog] Quantité ou qualité ?
Par dans Life Style
Sympa ce WPO Bratislava, non ? J'espère que le vôtre s'est bien passé, si vous aviez la chance d'y être. C'était, comme toujours, un bonheur de retrouver autant de monde sur un festival Winamax. Pour ma part, il a eu un goût spécial, car j'ai enfin remporté mon premier titre estampillé Wina après huit années passées au sein du Team ! Ce n'était pas le plus gros tournoi, nous n'étions que 64, mais, finalement, quand on a vraiment envie de gagner et après avoir vécu une période compliquée, un "petit" chèque de 18 000 € est bien plus satisfaisant qu'un gain nettement plus important.
On en revient à l'importance de ce qui se passe dans notre tête, le côté mental du jeu qui me passionne tant. J'en ai déjà pas mal parlé dans certains de mes blogs, mais cette fois, je vais comparer le rapport entre quantité et qualité de jeu à différents moments de notre apprentissage. S'il y a bien une chose qui me fascine depuis toujours dans le milieu du poker, c'est que les résultats à table, ceux à court terme, censés subir une variance énorme, ont l'air corrélés à notre état de bien-être mental.
Ainsi, la question à laquelle j'essaie de répondre est : pourquoi devoir privilégier la quantité d'heures ou de tournois joués au début de notre carrière alors que l'on a tendance, au fil du temps, à préférer la qualité ?Nouveauté rime avec quantité
Au début d’une carrière professionnelle de joueur de poker, il est crucial de privilégier la quantité. Cette approche a plusieurs avantages. Tout d’abord, elle permet d’accumuler une précieuse expérience. Le poker est un jeu complexe qui requiert des compétences mathématiques, psychologiques et stratégiques. En jouant de nombreuses mains, on rencontre une grande variété de situations qui aident à intégrer les bases, découvrir les dynamiques du jeu et affiner son style.
Plus on joue, plus on développe des réflexes et des intuitions. Ces deux choses sont essentielles pour rapidement comprendre les différentes stratégies, les thinking processes, identifier les styles de joueurs et ajuster les décisions en conséquence. Au-delà de l'adaptation stratégique, il est primordial de bien se connaître et de savoir comment on réagit aux nombreux coups durs que l'on encaisse. On évalue si l'on est capable ou non de supporter les swings inhérents à ce jeu.
En parlant de variance, il faut à tout prix comprendre que seul un volume élevé de parties permet de la réduire. Dans le poker, même les meilleurs joueurs peuvent perdre à court terme à cause de la "chance". En jouant beaucoup, on lisse les fluctuations aléatoires, ce qui permet d’obtenir des résultats plus fiables et de distinguer si l’on gagne grâce à ses compétences ou si l'on perd tout simplement. Ce n'est pas un problème de perdre, car c'est difficile de gagner sur le long terme, ça prend forcément du temps. Privilégier la quantité contribue aussi à construire une discipline et une résilience mentale, indispensables pour affronter les défis émotionnels que l'on rencontre en poker de tournoi.Expérimenté avec qualité
Cependant, à mesure que l'on progresse et acquiert de l'expérience, il devient plus pertinent de pencher vers une approche qualitative. Prioriser la qualité plutôt permet non seulement d'améliorer la performance globale, mais aussi de préserver le bien-être personnel. Dans la deuxième partie de notre carrière, cet équilibre est primordial. Un volume élevé de parties risque d’engendrer de la fatigue mentale, affectant la concentration, la prise de décision et la capacité à lire les autres joueurs, et risque de déborder sur notre vie en dehors des tables. À un niveau plus avancé, les petits edges peuvent avoir un impact considérable sur les résultats.
Pour certains, la qualité se mesure par le choix des déplacements ou des tournois online. Pour d'autres, elle dépend davantage de leur état intérieur. Pour ma part, c'est un mélange des deux. Si une approche qualitative permet de maintenir un équilibre de vie sain, en évitant le burnout et en accordant du temps au développement personnel, elle nous sert forcément lorsqu'on revient aux tables.
Le succès à l'arrivée
Cette idée mûrit en moi depuis un certain temps, et je peux maintenant affirmer que, non seulement cette année est l'une des meilleures que j'ai vécues, mais que mon plaisir aux tables est resté le même, que ce soit sur un tournoi à 500 € à Bratislava ou Marrakech, ou sur un 25 000 $ aux Bahamas. Ce qui n'était pas le cas lorsque je cherchais avant tout à "faire du chiffre".Ce qui me surprend en revoyant mon année, c'est que, pour la première fois en dix ans de live, je suis revenu de chacun de mes déplacements en bénéfice. Il n'y en a peut-être eu que sept, mais que ce soit à Marrakech, Paris, Monaco, Vegas ou Bratislava, je suis ressorti à chaque fois dans le vert – et même bien dans le vert si l'on se fit aux buy-ins joués. Variance me diriez-vous ? C'est certain que je n'ai pas bad run, mais j'aime cette nouvelle approche sans tournois "forcés".
C'est ainsi que je vois la suite de ma carrière de joueur de poker : toujours essayer d'être pleinement dans le moment présent et, quand je participe à un festival, y être à 100%. Le prochain gros déplacement, je vous en parlerai sûrement lors du blog suivant. Je vais essayer d'aller chercher un bracelet en plein hiver, sous le soleil des Bahamas. Il me tarde de vous raconter tout ça.
Jusque-là, bonne chance aux tables et dans la vie !








