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Objectif Bahamas
En ce moment, la mode est aux tournois Highroller. Les buy-ins à 10 000 ou 25 000 sont devenus légion, et leur fréquentation semble augmenter au fil des saisons. Il n’y a qu’à regarder le Team : avec le staking et une gestion de bankroll qui évolue, plus nombreux sont les joueurs pouvant se permettre de non seulement jouer les Highrollers, mais également d’y re-entry une voire deux fois sans pour autant mettre en péril leur BR. Auparavant réservés à une certaine élite, ces tournois sont donc en plein essor. Comme les tournois à petit buy-in, d’ailleurs !

En ce qui me concerne, il m’est plus difficile de jouer ces fameux Highrollers. Pour une raison simple, qui tient à l’évolution de ma situation personnelle. L’an passé, j’ai fait le choix de revenir en France, et donc de déclarer mes gains. Je dépends du régime autoentrepreneur et déclare mes recettes en BNC (bénéfices non commerciaux). Ce qui veut dire que, comme n’importe quel autre autoentrepreneur, je déclare mes gains et mes pertes, je tiens une comptabilité, et suis imposée sur mes bénéfices au terme de l’année fiscale.

Dans ce contexte, il m’est difficile de vendre des parts de mon action à d’autres joueurs. Pourquoi ? Parce qu’il faudrait alors :

1/ Prouver la transaction à l’administration fiscale, au moyen d’un accord écrit entre les deux parties qui fera office de justificatif.
2/ Que les transactions apparaissent sur les comptes.
3/ Et aussi – et ce n’est pas une mince affaire – que le staker accepte que ses gains soient imposés, le cas échéant.

Bref, staker un joueur résidant en France devient quelque chose de compliqué, mais surtout peu rentable. Pour cette raison, j’ai pris la décision de jouer moins de tournois que la plupart des membres du Team… mais en conservant 100 % de mon action à chaque fois ! Evidemment, cette approche présente quelques limites : moins on fait de volume, moins on se donne de chances de multiplier les grosses perfs. Pour ma part, ce n’est pas si gênant : avec une vie de famille bien remplie, je ne peux de toute façon pas me permettre de voyager autant que certains de mes coéquipiers. Je préfère donc limiter mes déplacements, tout en jouant le maximum de tournois sur un festival donné. C'est cette façon de fonctionner qui convient le plus à ma situation actuelle.

Gaëlle Baumann
Jusqu’à présent, je m’étais donc limitée aux tournois avec un buy-in maximum de 10 000 dollars ou euros, avec une seule exception : un tournoi de Heads Up à 25 000 $, début 2013. C’était le NBC HU Championship, un tournoi sur invitation rassemblant 64 joueurs. La structure était du genre turbo, et tous les matchs étaient joués en une manche, mais l’exposition médiatique importante et le prestige de l’épreuve (NBC, c’est plus ou moins l’équivalent de TF1 ou France 2 aux States) ont fait pencher la balance en la faveur d’une participation.

Je me souviens avoir passé le premier tour non sans mal, contre une Liv Boeree super agressive. En revoyant les images de ce duel, je me rends compte que le stress, le manque d’expérience et la hauteur du buy-in m’avaient fait faire beaucoup d’erreurs ! J’ai été paralysée par la peur de mal faire et l’enjeu, alors que j’entamais tout juste ma deuxième année sur le circuit pro, dans la foulée de ma grosse perf à Vegas en 2012.


Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. J’ai acquis beaucoup d’expérience en live, mon jeu a évolué, progressé, s’est adapté et affûté au fil du temps. C'est pourquoi je me sens aujourd'hui prête à remettre le couvert sur un 25K. Et quel tournoi plus beau et excitant que le PSPC, qui se tiendra aux Bahamas début janvier ? Avec une dotation minimum garantie de 9 millions de dollars (dont un million ajouté à la première place) et plus de 300 joueurs s’étant qualifiés gratuitement tout au long de l’année (via diverses promotions live et online), ce tournoi s'annonce véritablement incroyable et unique. On sait déjà qu’au moins 130 des premiers inscrits ont un total de gains inférieur au prix d’entrée du tournoi !
 

Bahamas
La bien nommée Paradise Island aux Bahamas


Reste à savoir comment aborder cette épreuve si particulière. Un tournoi très cher avec un max de joueurs amateurs, ce n’est pas courant. Même s’il ne sera probablement pas difficile de s’adapter à ces joueurs, il ne faudra pas oublier que les meilleurs joueurs de tournoi du monde seront aussi présents : globalement, le field sera tout de même bien au-dessus de la moyenne. Il y aura de tout : des amateurs au niveau très faible et n’ayant jamais joué de gros tournoi, mais aussi des top regs qui passent l’année à jouer les Highrollers. En somme, une sorte de mini Main Event des WSOP. Mais au fur et à mesure que le tournoi avancera, le niveau va forcément augmenter.

A noter que, contrairement à la plupart des tournois à 25K, celui-ci sera joué en freezeout, sans re-entry possible. Cela confère un avantage aux amateurs peu habitués à ces buy-ins, puisque les gros pros aux poches pleines n’auront pas la possibilité de retenter leur chance une fois, deux fois, trois fois (ils ne se seraient pas privés de le faire !) Et comme on pouvait s’y attendre, la structure sera à la hauteur de l’évènement, avec 300 blindes en guise de tapis de départ et des niveaux d’une heure, le tout avec la désormais traditionnelle BB Ante.

Bref, à l’image du Main Event des WSOP, ce PSPC sera un tournoi où il faudra arriver à l’heure, dès le coup d’envoi : hors de question de « late reg » et de potentiellement passer à côté des premières erreurs, potentiellement très lucratives, que vont immanquablement commettre les joueurs amateurs.

En ce qui me concerne, comptez sur moi pour arriver en pleine forme aux Bahamas ! Le problème du jetlag est d’ores et déjà réglé : une semaine avant le coup d’envoi, je débarquerai non loin de l’archipel, en Floride, pour quelques jours de repos et de tourisme. Puis il sera temps de m’envoler vers Nassau, ses plages de sable fin, ses cocotiers, ses toboggans et ses aquariums à requins… Que j’espère voir le moins possible, donc !

En attendant, je vous souhaite à tous une belle fin d’année, autour des tables comme dans la vie.

Gaëlle « O RLY » Baumann
 


O RLY

Une des premières vraies terreurs au féminin de la nouvelle génération. Un talent fou de choc et de charme !

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