[Blog] Mon année en chiffres

Par dans

[Blog] Mon année en chiffres

¡Hola amigos!

Je profite de mes dernières heures à Prague, où nous sommes allés faire un tour avec tout le Team pour participer au PS Championship, afin d’écrire mon ultime blog de l’année 2017, synonyme, comme chaque mois de décembre, de bilan de l’année écoulée.

Mais cette fois-ci, au lieu du traditionnel bilan « comptable » et de l’analyse de la réussite ou non de mes objectifs fixés en début d’année, j’ai décidé de vous présenter cela un peu différemment. Inspiré par l’excellent blog qu’avait fait Gaëlle pour résumer son année 2014 en GIF, mais étant beaucoup moins créatif qu’elle, je vais vous résumer mon année 2017 en dix chiffres clés. Je vous rassure, il ne sera pas uniquement question de ROI (retour sur investissement) ou de résultats nets, même s’il est impossible de résumer ces douze derniers mois sans en parler du tout. Je souhaite surtout partager ici quelques chiffres qui illustrent au mieux ce que peut être la vie d’un joueur de poker pro.

Alors c’est parti pour le bilan de cette année riche en émotions et en souvenirs. Histoire d’être un peu organisé, faisons cela par ordre croissant : 

0 : Commençons un chiffre tout sauf réjouissant puisqu’il désigne le nombre de titres que j’ai remportés en live en 2017. Pire, le dernier trophée que j’ai soulevé remonte à janvier 2014, avec une victoire sur un tournoi annexe de l’EPT Deauville, pour mon premier festival avec le W sur la poitrine. Certes, ce chiffre n’a rien d’alarmant en soit, puisque je joue uniquement des tournois entre 200 et 8 000 joueurs, à quelques exceptions près. Mais tout de même, j'ai oublié la délicieuse sensation de terminer un tournoi live avec tous les jetons, d’avoir l’excitation d'aller au bout d'une table finale et d’un heads-up pour le trophée. Un cruel manque que je compte bien combler en 2018.

10 : Les villes différentes dans lesquelles je me suis rendu pour participer à un tournoi du circuit en 2017 (hors WiPT donc). Voici la liste exhaustive : Los Angeles, Las Vegas, Dublin, Marrakech, Barcelone, Paris, Cannes, Monte-Carlo, Prague et Macao. Parmi ces destinations, deux seulement ont constitué une première (Macao et Los Angeles), et je n’ai malheureusement fait aucune place payée dans trois d’entre elles (Los Angeles, Cannes et Prague).

71 : le nombre de buy-ins que j'ai investis lors de ces déplacements (en comptant les re-entries), soit une vingtaine de moins qu’en 2016. Une baisse qui s’explique principalement par le fait que j’ai joué beaucoup moins de tournois durant la période des WSOP, pour un chiffre qui représente tout de même à peu près un tournoi tous les cinq jours. Néanmoins, avec seulement dix places payées sur toute l’année (soit sept de moins que l’année dernière), mon pourcentage d’ITM est loin d’être glorieux (j’y reviendrai plus loin).

157 : le nombre de nuits que j'ai passées dans un hôtel, un appartement loué à plusieurs ou une villa. En somme, le nombre de nuits passées dans un lit qui n’est pas le mien. Que ce soit pour les tournois live, les différentes étapes du WiPT ou les week-ends parisiens à l’occasion des Twitch / Multiplex Poker, je découvre à chaque fois un nouvel hôtel, une nouvelle chambre et me crée une nouvelle routine éphémère.

Au contraire de ma première année où j’étais très souvent seul en hôtel, je préfère maintenant partager mon logement avec un ou plusieurs amis très proches du circuit, coéquipiers du Team inclus, comme cette année lors de notre pèlerinage à Las Vegas. Nous avons ainsi loué une villa à une petite dizaine, dans laquelle nous avons passé des moments de vie mémorables. Entre les parties de billards endiablées, les paris complètement fous autour de la piscine ou encore des petits déjeuners tous ensemble sur la terrasse à parler de tous les bracelets que l’on allait pouvoir ramener dans cette villa (sic), chaque moment fut un vrai plaisir et j’espère que nous arriverons à refaire la même chose en 2018.

Macao
Idem lors de notre voyage Macao où nous avons partagé une chambre d’hôtel avec Pierre (Calamusa) et Romain (Lewis), avec quelques photos dossiers à la clé – dont vous pouvez avoir un très léger aperçu sur le compte Twitter du VietF0u – et beaucoup de fous rires ainsi que pour cette semaine à Prague où nous avons pris un appartement avec Romain, Louis « labrik » Linard et Victor Choupeaux. Bref, à chaque fois, c’est comme si nous partions entres potes en vacances sauf qu’au lieu de visiter la ville, nous passons notre temps dans un casino pour jouer à un jeu de cartes qui nous passionne, nous fait vibrer, qui est devenu notre métier et nous permet de gagner notre vie. Qui plus est, nous avons tous la même envie de donner le meilleur de nous-même, de ramener un trophée à la maison et le même plaisir de pouvoir partager ces objectifs ensemble.

73 188 : En euros, le montant de la première place du High Roller des Winamax Series d’avril que j’ai remporté en jouant le Day 2 à 12 000 mètres d’altitude, dans l’avion qui m’a ramené de Macao. Sans aucun doute le moment le plus what the fuck et le plus mémorable de mon année. Autant par la somme remportée, par le prestige du tournoi et évidemment par les circonstances insolites, ce fut une victoire particulière et un moment absolument incroyable dont je vais me rappeler pendant très longtemps. J'y avais d'ailleurs logiquement consacré un billet sur le Blog du Team.

Je me souviens du moment où j’ai vu que la connexion fonctionnait parfaitement et que j’allais en effet pouvoir jouer. Du moment où mon ordinateur est tombé à 2% de batterie et où j’ai supplié une hôtesse de me laisser charger mon ordinateur en première - ce qu’elle refusa catégoriquement. Bien évidemment, je me souviens parfaitement du moment où j’ai finalement gagné ce tournoi, recevant des centaines de messages de félicitations et exultant intérieurement alors que tout le monde dans l’avion dormait. Et enfin, je me souviens de Veunstyle qui m’écrit : « Mec tu dois absolument faire un Facebook live, c’est incroyable cette histoire ! », ce que je me suis empressé de faire. Et j’ai bien fait puisque l’histoire fut reprise par tous les médias poker – et au-delà – et que l’on m’en reparle encore très souvent. D’ailleurs, au cas où vous vous posez la question : non, je n’ai pas rejoué dans un avion depuis !

84 766 : Toujours en euros, le montant de mes bénéfices en 2017 sur Winamax (au 17 décembre). C’est ma plus belle année online mais, dans le même temps, il y a tout de même un gros point négatif. Ce bénéfice provient majoritairement de ma victoire sur le High Roller dont je viens de vous parler et mes résultats depuis sont inquiétants. Je suis positif de 2 400 € en huit mois et 520 tournois, avec un buy-in moyen à 114 € : cela fait très peu. Les explications sont assez claires pour moi : j’ai clairement eu une baisse de motivation online, principalement due au fait que je ne me sois pas fixé d’objectifs assez ambitieux après cette victoire sur le HR. Mon but était de dépasser les 100 000 € de bénéfice sur l’année, ce qui en soit était très motivant – on n’atteint pas les six chiffres tous les ans –, mais puisque j’avais déjà fait 80% du chemin et qu’il me restait huit mois, je ne me suis pas assez concentré. Je me retrouve mi-décembre à me battre pour cela alors que j’aurais dû y parvenir depuis longtemps.

RailCrazyEights
86 888 : En dollars cette fois, le montant de mon plus gros gain live en 2017. C’était cet été, à quelques jours de la fin des WSOP, lorsque j’ai terminé huitième du Crazy Eights, un tournoi à 888 $ ayant rassemblé 8 120 joueurs (je sais, ça fait beaucoup de 8). Sans nul doute l’autre moment le plus marquant de mon année. Bien sûr, une table finale des championnats du monde est forcément mémorable, mais celle-ci restera particulière pour deux raisons assez paradoxales. D’abord, pour l’ambiance qui a régné dans le rail durant tout le Day 3, où les colocs de la villa, les coéquipiers et les amis du circuit se sont succédés tout au long de la journée pour m’encourager et mettre une ambiance de folie autour des tables - merci encore à tous pour avoir rendu cette journée si particulière. Ensuite, car je pense avoir beaucoup appris de l’erreur qui a provoqué mon élimination et des raisons psychologiques qui m’ont poussé à la commettre. Je sais qu’à terme, cette erreur et les leçons que je vais en tirer me permettront de prendre les bonnes décisions lorsque je me retrouverai à nouveau en finale d’un tournoi majeur.

110 120 : En kilomètres, la distance cumulée effectuée en avion pour me rendre d'un festival du circuit live ou d'un événement Winamax à un autre. Soit près de trois fois le tour de la terre au niveau de l’Équateur. Après quelques recherches, j’ai compté 64 vols pris dans l’année (hors vacances perso), dont une majorité de court-courriers. J’adore voyager : être toujours dans un endroit différent est quelque chose que j’affectionne particulièrement, mais, comme beaucoup de personnes, je suis loin d’être un fan des vols en avions (à part quand je gagne un Winamax Series dedans évidemment !). Mais avec le temps et l’expérience des aéroports, je passe de moins en moins de temps inutilement dans un aéroport et mes vols sont souvent synonymes de sieste, ce qui rend les trajets moins ennuyeux.

130 422 : De nouveau en dollars, le total de mes cashs en live en 2017, soit quelques milliers de plus qu’en 2016. En revanche, mon nombre de buy-ins a explosé et je termine donc l’année live dans le rouge puisque j’ai dépensé en tout pour à peu près 200 000 dollars. Une très mauvaise année donc. La différence s’est clairement faite sur les gros buy-ins. Sur mes cinq tournois les plus chers, j’ai perdu 73 400 $, avec aucune place payée. J’étais conscient en janvier que les tournois à 10 000 $ ou plus seraient décisifs pour la réussite ou non de l’année. Le seul regret que je peux avoir est de ne pas avoir pu en jouer plus afin d'engranger de l’expérience et de la confiance face à ces fields relevés, et peut-être réduire cette addition salée. Je compte jouer un maximum de tournois de ce type en 2018 : ce sera mon objectif principal en live. Je vous donnerai plus de détails dans mon prochain blog.

5 : Oui, je sais, je casse la règle de l’ordre croissant que j’avais fixée au début de ce blog, mais c'est pour une raison bien précise : je vais resigner pour une cinquième année chez Winamax, et cela constitue pour moi une étape importante, comme l’ont été les 10 ans du Team que nous avons fêtés cette année. 

GuillaumeWiPT2
Quand je regarde la Top Shark Academy qui se tient en ce moment, cela me rappelle qu’il y a quatre ans j’étais à la place des candidats, rêvant de ce que pourrait être ma vie si je rentrais dans cette équipe si prestigieuse. Avoir eu la chance de sortir vainqueur de cette promotion, de découvrir le circuit live et le monde du poker dans son ensemble m’a apporté énormément. Bien sûr, cela m’a fait progresser au poker, mais aussi en tant qu’humain. J’ai rencontré et pu discuter « d’égal à égal » avec des personnes incroyables, de tous les horizons, de toutes les nationalités et religions, avec des métiers et des parcours totalement différents, certains d’entre eux devenant ensuite des amis très proches. J’ai vu des tables qui réunissaient des gens ayant des croyances (pas seulement religieuses) et des valeurs totalement opposées mais qui s’amusaient et discutaient ensemble, réunies par ce jeu qu’on aime tous.  Jamais dans ma courte vie je n’aurais imaginé jouer au golf à Las Vegas à 6h du matin avec Michel « Il Padrino » Abécassis ou encore échanger pendant de longues heures avec un certain rappeur dont j’écoutais les morceaux depuis l’âge de 10 ans. 

Cette année 2018 s’annonce incroyable pour Winamax et le monde du poker français en général avec l’ouverture du marché européen et je suis très fier et heureux de pouvoir continuer au sein d’un Team qui devient de plus en plus impressionnant et compétitif, et d’une marque qui va probablement continuer de s’étendre comme elle le fait depuis des années. Voir Adrián et Mustapha jouer les tournois les plus chers du monde et être au top des classements mondiaux est une motivation incroyable, et pouvoir échanger au quotidien avec eux est très enrichissant. Je compte bien tout faire pour pouvoir aller un jour les titiller au sommet de ces classements.

Mais d’ici-là, la route est encore longue et je dois continuer à mettre en place de nouveaux moyens pour atteindre mes objectifs et intensifier mes efforts pour y arriver, ce qui sera l’objet de mon prochain blog. En attendant je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes. Prenez soin de vos proches et de vos familles, et on se retrouve début janvier pour le WPT Berlin avec une bonne partie du Team.

La bonne bise.


Guillaume Diaz

Le vainqueur de la troisième Top Shark Academy possède l’un des plus beaux palmarès de Winamax.

Suivez Guillaume Diaz sur Twitter