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[Blog] Ma botte secrète en MTT

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Blog Davidi Kitai - Mon arme secrète en MTT
J'ai envie d'aborder une notion trop souvent délaissée par les joueurs et les coachs. Un concept qui fait pourtant la force de pas mal de joueurs de live expérimentés, qui fait partie intégrante de la stratégie des joueurs tricky (« retors » en VF), et qui est bien entendu pris en compte par les meilleurs pros du circuit.

La plupart des joueurs de poker savent s'adapter à leurs adversaires... Exploiter les faiblesses de l'autre, ou à l'inverse éviter d'aller le chercher sur ses points forts : c'est la base. En revanche, plus rares sont les joueurs capables de tirer profit de leur image, telle qu'elle se reflète chez l'adversaire.

Ce concept, je l'appelle... (roulement de tambour, le public retient son souffle)...

L'exploitation de sa propre image

Partons du postulat suivant : la plupart des joueurs vont tenter d’exploiter vos faiblesses. Très rares sont ceux qui ne le feront pas, préférant jouer de la même façon tout le temps, peu importe l'adversaire en face (je décris ici un hypothétique joueur "pur GTO à 101 %"...). Ce postulat simple s'applique dans toutes les parties de poker, peu importe les tarifs auxquels vous jouez.

Si on a une idée de la stratégie de l'adversaire, alors on pourra la contrer en faisant l'inverse de ce qu'il attend que l'on fasse. Grosso modo, si votre adversaire se dit que vous allez trop bluffer, alors vous allez moins bluffer, et préférer faire des « value bets » avec un éventail de mains plus large. Et inversement si votre adversaire pense que vous ne bluffez pas assez.

Caroline Darcourt
Combien de fois ai-je croisé des joueurs trop serrés, des « nits » comme on les appelle, qui ne tiraient jamais profit de leur image « serrure » ? Pourtant, face à eux, les adversaires vont souvent « over fold », c'est-à-dire se coucher beaucoup plus souvent qu'il ne le faudrait. Dans ce contexte, sur-relancer light ou envoyer des petits bluffs sur la rivière rapporterait tellement d'argent ! Malgré cela, ces joueurs serrés ne savent pas en profiter.

Exploiter sa propre image : cela paraît être très facile sur le papier... En réalité, c'est un concept assez dur à mettre en pratique !

Un concept autant psychologique...

Car exploiter sa propre image requiert des qualités difficiles à enseigner. Cela demande des facultés presque innées ! Des facultés qui sont d'ailleurs plutôt liées à notre éducation et notre environnement qu'à un travail conscient d'apprentissage. Exploiter sa propre image, cela réclame une bonne dose d'intelligence émotionnelle, et beaucoup d'empathie pour l'adversaire, afin de comprendre/anticiper ce que les autres joueurs à table pensent de vous.

... que technique !

Pour beaucoup de joueurs, il n'est pas évident de sortir de sa zone de confort, et de s'aventurer à jouer un style de jeu avec lequel on est moins à l'aise. Se transformer tel un caméléon selon notre image, alterner sans effort entre un jeu très agressif et un jeu très passif : cela requiert des bases techniques très solides, afin de pouvoir dévier très facilement de nos tendances naturelles, en ajoutant/enlevant des mains dans nos ranges GTO selon les situations.

Si on maîtrise aussi bien la psychologie que la technique, c'est-à-dire si l'on a conscience de notre image perçue et qu'on possède les outils pour en tirer profit, alors dans de nombreuses situations, il ne sera plus nécessaire de jouer équilibré. La déviation de la norme pourra même être extrême... avec (par exemple) 100 % de bluffs dans un spot donné, ou 0 % dans un autre ! Tout cela, bien sûr, à condition de savoir se réadapter derrière en fonction des nouvelles informations reçues.

Votre range vs votre range perçue

La plupart des joueurs se contentent de raisonner en termes de range. Ils oublient de raisonner aussi en termes de range perçue. J'ai souvent entendu ce genre de phrase venant de regs du circuit pro : « Ici, ma range c'est 20 % de bluff et 80 % de value, comment il peut me call, sérieux ? » À chaque fois, j'ai envie de leur répondre : « On s'en fout de ta range, ton adversaire ne la connaît pas, et tu as une image de cinglé, il doit penser que tu as 80 % de bluff et 20 % de value. Donc ton bluff est pourri, mec. » Au lieu de ça, la plupart du temps je me contente de lâcher un « C'est clair bro, il est sick ce coup, pas de bol. »

Range percue vs ma range
Il est essentiel de raisonner en terme de range perçue plutôt que simplement de range. La range qui compte le plus, ce n'est pas la vôtre, c'est celle que votre adversaire vous attribue. Si on arrive à la deviner (ou au moins à bien l'estimer), on pourra l'exploiter super profitablement.

Si on maîtrise l'exploitation de notre image, on pourra même s'amuser avec nos ranges pour tromper nos adversaires, en racontant des histoires qu'ils ne s'attendent pas à entendre. Par exemple, en décidant de 3-bet des mains que notre adversaire s'attend à nous voir call... ou de call avec des mains qu'il pense que nous allons 3-bet. Cela vous rendra complètement illisible tout au long de la main, ce qui provoquera inévitablement des erreurs dans la stratégie exploitante de vos adversaires.

Alleeeeez saluuuuuut, COAD !

Kitbul


KitBul

EPT, WPT, WSOP : pas un circuit majeur n’a résisté à l’appétit de victoire du Belge du Team Winamax, qui n’est pas pour autant rassasié.

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