[Blog] Le prix du succès

Par dans

Blog Adrián Mateos

Comme beaucoup d'entre vous le savent déjà, une grande partie de mes tâches en tant qu'ambassadeur Winamax consiste désormais à me mettre devant mon écran pour participer à des sessions en direct sur Twitch dans le cadre du Stream Gang espagnol. En plus de me permettre de partager certaines de mes expériences, cela me permet d'interagir avec la communauté et de faire face à de nombreuses questions... certaines plus originales que d'autres. Autant vous dire que beaucoup concernent ce fameux coup contre Johnny Lodden à l'EPT Monte-Carlo.

Blague à part, il y a quelques semaines, un viewer m'a posé une question qui m'est longtemps resté en tête... au point d'en faire le sujet de ce nouveau blog. "Qu'as-tu dû sacrifier pour devenir un joueur de poker professionnel ?" Une excellente question, qui nécessite bien plus qu'une simple réponse entre deux mains pendant un stream. Car pour dire vrai, et même si je suis pleinement satisfait de la décision que j'ai pris il y a des années, j'ai comme tout le monde dû faire quelques sacrifices pour en arriver là où je suis. Mais comme on dit au poker et en dehors (du moins je crois) : qui ne mise pas ne gagne pas !

London Calling

Bien sûr, le premier sacrifice qui me vient à l'esprit, ce sont mes études. Sans doute à cause du petit drame qui a eu lieu chez moi quand mes parents ont appris la nouvelle. À l'époque, j'étais en fac d'économie et je me souviens avoir fait asseoir mes parents (pour éviter qu'ils ne s'écroulent) pour leur dire que j'avais l'intention d’arrêter mes études et de me consacrer à plein temps à ma carrière de joueur de poker... tout en déménageant à Londres afin de poursuivre mon rêve.

Adrián Mateos WSOP-Europe

Le premier bracelet et le premier gain à sept chiffres, à seulement 19 ans.

Aujourd'hui, après toutes ces années et en regardant mes résultats depuis, on pourrait croire que cette décision était évidente, facile, mais il ne faut justement pas être result oriented, ni au poker ni dans la vie. Mieux vaut juger les choses avec un minimum de recul et sans tenir compte de la façon dont les choses se sont terminées. D'ailleurs, c'était d'autant moins une décision banale que je me lançais dans l'inconnu avec énormément de variables qui pouvaient influer sur les événements futurs. Que se serait-il passé si je n'avais pas gagné mon premier bracelet aux WSOP-Europe (photo) ? Que se serait-il passé si je n'avais pas rencontré si tôt le succès en ligne ? Que se serait-il passé si la variance s'était retournée contre moi à la place ? Il est vrai que lorsque j'ai pris cette décision, je venais de gagner deux tournois à Madrid, j'avais donc un peu d'argent de côté. Mais personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer lorsque je suis parti à Londres. En cas d'échec prématuré, peut-être aurais-je dû retourner à Madrid, reprendre mes études où je les avais laissées. C'est en tout cas ce que stipulait l'accord tacite passé avec mes parents en cas de première année infructueuse.

Loin des yeux, près du coeur

Un autre sacrifice important que j'ai dû concéder se situe sur un plan plus personnel. J'avais 18 ans lorsque j'ai fait ma valise pour partir au Royaume-Uni. À cet âge-là, un adolescent "normal" veut sortir avec ses amis, faire la fête bref, profiter des bons moments typiques de cette période. Moi en revanche, j'ai choisi de m'éloigner d'eux afin de faire le premier pas vers mon rêve. Ce n'était pas rien. Il est vrai qu'aujourd'hui, avec les nombreux moyens de communication à notre disposition, on ne perd jamais le contact avec ceux qu'on aime, mais cela ne veut pas dire que cela n'a pas été un dilemme important. Je me séparais non seulement de mes potes, mais aussi de mes proches.

Adrián Mateos Foot

Les yeux rivés sur l'objectif.

Quand on veut devenir le meilleur dans un domaine, comme j'en ai fait mon objectif depuis quelque temps, on sait qu'il faut mettre en jeu certaines choses pour pouvoir en gagner d'autres. Ces dernières années, j'ai manqué de nombreux anniversaires d'amis et de membres de ma famille, soit parce que je participais à un tournoi quelque part dans le monde, soit parce que j'étais dans ma bulle londonienne à étudier ou jouer en ligne. Je ne m'en cache pas, je suis une personne très ambitieuse : j'aime gagner, que ce soit au poker, au tennis ou à une simple partie de billard. Mais dans la plupart des cas, le prix à payer pour gagner est élevé et difficile à mesurer.

Si vous êtes un joueur de poker, ou que vous aspirez à le devenir pleinement, vous devez vous habituer à estimer le prix des choses. Si je fais ça et que je gagne, combien je gagne ? Si je fais ça et que je perds, combien vais-je perdre ? Combien vais-je risquer ? Cela vaut-il la peine de prendre ce risque ? Ce que je veux dire par là, c'est qu'il est évident que j'ai dû renoncer à tout un tas de choses ces dernières années, mais il serait malvenu pour moi de me plaindre : ma position et ma trajectoire sont celles d'une personne privilégiée, je le sais et je l'admets. Cependant, au cas où quelqu'un penserait le contraire, oui, j'ai aussi dû faire des sacrifices.

Cela dit, et avec le recul, je suis comblé par mes décisions et la façon dont elles ont façonné mon parcours. La chose la plus importante de toutes est que je suis heureux d'être là où je suis, avec le désir de continuer à apprendre chaque jour de ce qui m'entoure et de ceux qui m'entourent. Car la vie, comme le poker, est un processus d'apprentissage continu.

Les pages à suivre :

t @Winamax


in @Winamax


f Winamax


wtv Winamax TV


wtv Wam-Poker


Amadi_17

À 25 ans seulement, la nouvelle recrue espagnole possède déjà trois bracelets de champion du monde et plus de 17 millions de dollars de gains.

Suivez Amadi_17 sur FacebookSuivez Amadi_17 sur TwitterSuivez Amadi_17 sur Instagram