[Blog] Le poker est-il vraiment individualiste ?

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Ivan

Le commencement

Je me suis sérieusement intéressé aux tournois de poker il y a quatre ans, en 2013. Je n’ai donc malheureusement pas connu l’âge d’or : l’époque où il suffisait de se baisser pour ramasser de l’argent. J’ai au contraire plongé la tête la première dans un océan peuplé de nombreux requins aux dents bien aiguisées. J’ai alors vite réalisé que travailler son jeu de manière régulière était indispensable pour gagner à ce jeu.

Loin d’être un grand lecteur, j’ai pourtant dévoré tous les bouquins touchant de près ou de loin au poker. J’ai également visionné tout ce que je trouvais comme vidéos stratégiques. La machine était en route : in dans tous les buy-in 50 euros et moins !

Mon premier mois m'a réservé une jolie surprise puisque j'ai terminé positif de 30 000 euros ! Evidemment, je ne me suis tout simplement pas rendu compte que mon run était plus fluide qu’un centre de Tremoulinas, et, lors des mois qui suivirent, Mr Downswing vint frapper à ma porte…

Je n’arrivais plus à gagner d’argent et mon moral en prit un sacré coup. Je grindais en mode robot sans prendre de plaisir. Mais quelles en étaient les causes ? Principalement une absence de travail mental : beaucoup de mal à appréhender la variance et un manque de périodes de breaks pour me remettre en cause.

Sismix
Surtout, au bout d’un an à jouer, lorsqu’on me demandait qui je connaissais dans ce milieu, c’est tout juste si je pouvais citer quelques pseudos tels que LeVietF0u, Tons26 ou Kitbul. Enfin, si, il y avait Patrick Bruel, Daniel Negreanu, Doyle Brunson et Phil Ivey aussi. Mais sinon, personnellement, est-ce que j’avais des potes ? Eh bien, à part ma souris d’ordinateur, pas grand monde.

J’arrivais au stade où bosser mon jeu et grind tout seul atteignait simplement sa limite. Personne dans mon entourage avec qui échanger, partager mes deepruns ou apporter du soutien mutuel dans les périodes compliquées.

J’avais bien sûr la chance d’avoir une famille soudée derrière moi pour me donner de la force et il y avait aussi ce bon vieux Benoît Méric, qui me soutenait que "les Heads-Up Deglingos, c’est bien plus facile que les MTT".

De toute façon, abandonner n’était pas le projet. Il était plutôt temps de s’intéresser au live : in dans tout sat’ pour le WPO Dublin !

Bien plus que de simples rencontres

WPO
Bingo : je décroche mon paquetage. Avec mon billet Bordeaux-Dublin en poche, je pars en mode solo, ultra-déterminé. Alors que je suis d’un naturel plutôt timide et réservé de nature, je réalise vite que la plupart des joueurs sont coolos, abordables, passionnés et avant tout là pour kiffer.

Je fais vite la connaissance de quelques "artistes" du jeu, dont le jeune bordelais Adrien Delmas. Il finira d’ailleurs quatrième au WPO cette même année. Nous commençons à beaucoup échanger. Nous sommes sur la même longueur d’ondes, avec des ambitions similaires : la volonté de progresser et de faire de notre passion un métier.

Un peu plus tard dans l’année après quelques tournois live, notamment du côté de Gujan-Mestras, une fine équipe girondine se met en place. En tête de gondole, on retrouve Saber Hazazzi, Benoît Méric, Jonathan Therme et un certain Romain Lewis. Notre groupe de discussion commun fourmille de hand histories, de discussions stratégiques et surtout de vannes en tout genre.

Nous sommes déjà en 2016 : il est temps de s’attaquer au .com et de se confronter aux meilleurs joueurs online du monde.

ivandeyra
Direction le Royaume-Uni, avec un paquet d’heures de grind et de travail au programme. Quelques bons résultats nous font comprendre qu’Adrien, Romain et moi sommes en train de franchir un cap.

Tout se passe très vite, jusqu’à se retrouver à jouer le circuit EPT ! Un rêve pour nous, comme pour tout joueur. C’est aussi l’occasion de nouvelles et très belles rencontres à chaque live, tandis que notre bande est de plus en plus soudée.

Un nouveau groupe de travail se met en place, composé de Davidi Kitai, Sylvain Loosli, Guillaume Diaz, Romain, Adrien et moi. Il porte rapidement ses fruits et les perfs’ se font de plus en plus régulières au fil du temps.

Aujourd’hui, j’ai même la chance de faire partie du Team Winamax et de partager ce blog avec vous. Cette folle progression est-elle due à ces rencontres, ces amitiés ? Comment tout cela a impacté mon jeu et mon niveau ?

Plus forts ensemble

J’en tire une leçon importante : pouvoir échanger, discuter régulièrement avec des personnes qui partagent ma passion et vivent les mêmes choses est une chance et un avantage. Se soutenir dans les périodes compliquées ou au contraire savourer nos victoires ensemble est génial.

Cela permet de garder notre confiance en nous et de persévérer afin de pouvoir réaliser nos rêves. Il est primordial d’avoir des rêves et tout faire pour parvenir à les réaliser.

Rail
Une conversation avec Adrien et Romain ressemblait souvent à ça :

« - Imagine, un jour on joue le Grand Tournament ! »
- Jouer quasiment un SMIC dans un seul tournoi ? T’es fou ou quoi ? »

Puis :

« - Imagine on joue un EPT !
- Je les mate sur mon ordi et je vibre de malade. En jouer un, ce serait de la folie… »

Puis :

« - Imagine, un jour on rentre dans le Team Pro Winamax !
- Je vais déjà essayer de passer le Stade 2 de la Top Shark Academy, ça sera un bon début. »

Mais, revenons à nos moutons. À propos des bienfaits du travail de groupe, il est par exemple bien plus intéressant d’avoir plusieurs avis et des approches différentes lorsque l’on review des hand histories ou des MTT. Nous avons tous notre propre style de jeu et notre thinking process pour justifier nos prises de décisions à la table.

Dans notre groupe, chacun apporte sa pierre à l’édifice : Romain va avoir sa fougue et sa capacité de caler des gros bluffs ; Adrien raisonne plus mathématiquement et sur les constructions de ranges ; Sylviano Loosli est l’as du GTO et du jeu deepstack avec son expérience de joueur de cash-game ; Davidi est le meilleur pour déceler les tells (ai-je vraiment besoin de le préciser ?) ; Guillaume a son talent qui lui permet de gagner, même au-dessus des nuages ; et enfin votre Merguez, au point sur le plan mental, la préparation et la rigueur. Ajoutez à cette fine équipe le reste du Team Winamax et  son coach : on va vraiment être au top du top.

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Mettre en commun toutes ces compétences spécifiques va nous permettre de corriger certains leaks. C’est une complémentarité essentielle en vue de se rapprocher petit à petit de l’excellence. Cependant, pour exploiter pleinement ce potentiel collectif, un travail personnel en amont est indispensable : fixation d’objectifs, remise en question permanente, persévérance, détermination et confiance en soi. Autant de thèmes passionnants que j'aborderai dans mes prochains billets.

C’est loin d’être un hasard si les meilleurs joueurs du monde travaillent en groupe. Je pense notamment aux Allemands et aux Suédois. Gare à vous, les frenchies débarquent en force.

Et pourquoi pas vous ?

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La conclusion que je veux vous donner : foncez ! Donnez-vous les moyens d’arriver à vos fins. N’hésitez pas à prendre un coach et à échanger avec des joueurs de vos limites. À titre personnel, mes rencontres dans le poker m’ont aidé à m’épanouir, mûrir, progresser et tout simplement kiffer la vie.

Je vais clore ce blog avec une petite citation de Shurik’n :

 « Regarde nous maintenant, toujours ensemble, plus forts, réalisant nos rêves, comme un minot découvre un trésor, alors s'il faut recommencer, j'irai, sauf si ce n’est pas avec les mêmes personnes. Rares sont ceux qui ont des amis sur qui compter, et puis, tout seul ça sera moins bien, c’est sûr : je préfère de loin y aller avec les miens. »

Je vous retrouverai sur Winamax après les WSOP ! La bise, les fratus, signé Merguez.


ValueMerguez

Ivan a tout gagné sur les tables de Winamax, mais il a encore faim.

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