[Blog] Le grand bouillon de culture

Par dans

Blog Aladin Reskallah
¡A por ellos!: génèse d’une expression et considérations d’ordre culturel

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être remarqué que cela fait déjà un moment que je ponctue mes messages avec l’expression ¡A por ellos!, paraphrasant ainsi Adrian Mateos, pour qui la méthode semble fonctionner à merveille.

Superstition ou coïncidence : aussitôt après l’adoption de ce mot-clé, j’ai deep-run à Monaco, avec un ITM dans le National HR et une frustrante mais encourageante 13e place sur le Main Event. La finale et les gros sous étaient à portée de main : ce résultat n’a fait qu’augmenter ma motivation, me permettant de réaliser que la grosse perf’ était quelque chose d’envisageable, de tangible, et non un rêve inaccessible.

Oui : trois petits mots répétés comme un mantra peuvent favoriser la motivation et la concentration, au même titre que d’autres routines qui aident à se mettre dans le bain de la compétition. Mais, voulant aller au-delà de ce qui était au départ une simple blague, j’ai voulu creuser un peu et en comprendre le sens. Grâce à Leo Margets, je me suis rendu compte que ces mots étaient ancrés dans la culture espagnole. ¡A por ellos! On peut traduire cela par « Let’s go get them! » en anglais, ou « Allons se les faire ! » en français.
 

L’expression fut popularisée (ou plutôt remise au goût du jour) durant les années 2000, lors des épopées espagnoles à l’Euro et la Coupe du Monde de football. Mais il faut savoir qu’elle est clivante : certains lui trouvent une connotation violente. On a pu par exemple l’entendre dans les manifestations qui ont émaillé l’histoire récente de l’Espagne. On peut donc dire qu’utiliser cette expression nous fait plonger au cœur du pays de Cervantès.

Mais derrière cet emprunt linguistique se cache quelque chose que j’essaie de travailler au quotidien. Chaque jour, je m'efforce d’être curieux et d’apprendre au contact des autres : sur leurs habitudes, leurs coutumes, leurs parcours, en résumé leur culture.

Cette façon de faire, je ne l’ai peut-être pas choisie. La vie a fait en sorte que je naisse en France avec des origines algériennes et ukrainiennes, avant de me promener pour habiter successivement au Canada, au Brésil et au Cambodge.

Les cultures, les modes de vie, les langues étrangères et les autres façons de penser m’ont toujours intéressé. Quand je suis quelque part, les habitants, leur façon de vivre et d’appréhender le monde m’intéresse toujours plus que les activités touristiques incontournables listées dans les guides de voyage.

Il est d’ailleurs assez triste de constater une certaine uniformisation et un nivellement par le bas de l’expression culturelle, dévoyée par le pouvoir de l’argent et du capitalisme dans sa version la plus outrancière. Une majeure partie de la population mondiale écoute la même musique et regarde les mêmes films. On retrouve partout les mêmes chaînes de restauration rapide qui nous empoisonnent avec leurs produits de piètre qualité (avec en tête, une certaine boisson gazeuse sucrée de couleur brune). Et la mode vestimentaire fait qu’on s’habille de la même façon tout autour du monde, c’est-à-dire à l’occidentale.

Mais là n’est pas le sujet, en tout cas pas aujourd’hui : plutôt que de m’attarder sur les méfaits de la mondialisation, je vais plutôt me concentrer sur le positif. 

Aujourd’hui, il est facile de voyager, encore plus facile d’apprendre sur l’autre. Tout en ayant conscience qu’il est périlleux de tirer des généralités sur des populations entières, j’ai tout de même envie de tenter d’identifier les éléments intéressants que j’ai pu rencontrer dans les différents pays ou régions du monde que j’ai été amené à visiter. Evidemment, les descriptions qui suivent ne se retrouvent pas uniquement dans telle ou telle partie du globe, et – avertissement qui va de soi - ma vision, purement personnelle, n’engage que moi !

Débat, philosophie et intellectualisation
Culture française

Sylvain Loosli
En France on aime réfléchir, penser et débattre. L’engagement politique est ancré dans la culture : tout est sujet à remise en question. C’est une bonne qualité pour un joueur de poker. Un bon joueur, c’est un joueur qui confronte ses points de vue et qui accepte de remettre en question ses certitudes pour avancer et progresser. S’améliorer, cela passe par la compréhension de ce qu’a fait l’adversaire : plutôt que de balayer d’un revers de la main sa façon de jouer, en criant à qui veut l’entendre qu’il est nul, il vaut mieux se demander s’il n’y a pas là matière à apprendre.

Partage, entraide, chaleur humaine
Culture maghrébine

Karim Bennani Smires
Au Maghreb, les rapports humains sont primordiaux. Afin de lutter contre les vicissitudes de la vie, les liens avec les proches sont renforcés et souvent, on s’entraide pour ne pas sombrer. Dans le poker, s’entourer, se constituer un réseau est aussi de la plus haute importance : les amis proches sur qui vous pouvez compter vous soutiendront dans les moments difficiles, et vice-versa. Pas de place pour la jalousie : même si c’est un sentiment naturel, il ne peut que freiner votre progression et entamer votre bien-être.

Ouverture d’esprit, enthousiasme, positive attitude
Culture nord-américaine

Samuel Chartier
En Amérique du Nord (plus particulièrement au Canada), les mœurs sont libérées : la société est ouverte et les personnes différentes de soi sont moins systématiquement jugées. On se montre plus volontiers enthousiaste et positif vis-à-vis de son prochain : il est plus facile d’obtenir des encouragements et les projets sont plus volontiers soutenus, quand bien même ils sont risqués et/ou novateurs. Inutile de préciser que dans une discipline fluctuante comme le poker, si dure au jour le jour, si vous ne voyez pas les choses du côté positif, vous risquez de traverser des périodes difficiles. L’enthousiasme doit être maintenu haut ! Aussi, en vous montrant ouvert envers autrui, vous aurez plus de chances d’obtenir la même chose en face. Peut-être alors que votre interlocuteur comprendra plus facilement votre hobby/activité qui, soyons honnêtes, n’a pas encore véritablement acquis ses lettres de noblesse dans la société dite « civile ».

Fête, créativité, joie de vivre
Culture brésilienne (et par extension sud-américaine et caribéenne)

Felipe Ramos
Au Brésil on adore sortir, faire la fête, profiter de la vie. Bonne humeur et joie de vivre semblent ainsi plus accessibles, et après avoir passé de longues heures à table, souvent enfermé et sans fenêtres aux murs, savoir profiter de la vie ne peut pas être un mal. Sans doute que le soleil est la température perpétuellement fixée à 30° y sont pour quelque chose…

Discipline, rigueur, minutie
Culture allemande

Christoph Vogelsang

Impossible, enfin, de passer sous silence les allemands, ce sont eux les joueurs d’Outre-Rhin qui m’ont le plus inspiré ces derniers mois. J’admire leur côté rigoureux, leur organisation, leur efficacité. La Deutsche qualitat est connue et respectée internationalement. Dans le foot, ils jouent les premiers rôles dans à peu près toutes les compétitions internationales. Quand ils fabriquent des véhicules, cela donne Mercedes, BMW et Porsche. Et au poker aussi, ce sont les meilleurs, ayant réussi à transposer leur discipline et leur minutie dans notre jeu de cartes favori.

En guise de conclusion, je dirais qu’il faut essayer de piocher tout ce qu’on trouve de positif dans toutes les cultures qu’on rencontre. Je suis convaincu que cela nous permettra de devenir les meilleurs êtres humains possibles et, accessoirement, les meilleurs joueurs de poker possibles.

Et n’oublions pas le plus important…

¡A por ellos!

Aladin "Tm4Betlight" Reskallah

[En plein immersion dans la culture catalane, Aladin Reskallah attaque aujourd'hui le Day 2 du Main Event de l'EPT Barcelone. A suivre grâce à notre reportage sur place !]
 


Aladarrrrr

Premier joueur à remporter deux fois la Top Shark Academy, il a rempilé au sein du Team et compte bien profiter de 2020 pour tout casser sur le circuit !

Suivez Aladarrrrr sur FacebookSuivez Aladarrrrr sur TwitterSuivez Aladarrrrr sur Instagram