[Blog] La voie express(o)

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Blog Alexane Najchaus
J'attendais avec impatience de pouvoir rédiger mon premier article pour le blog du Team. Je vous écris depuis la capitale anglaise, où je viens de jouer mon tout premier tournoi EPT. On dit que les premières fois sont inoubliables : je vous l’avoue, je ne suis pas près d’oublier le sentiment éprouvé après avoir posé 5 000 livres pour m’inscrire au Main Event. En fixant le reçu que l’on m’a tendu, je me suis rappelé qu’il y a seulement quelques mois, je jouais des parties mille fois moins chères ! Je pourrais vous dire comment j’ai réussi à bust durant le Day 1 sans que cela entache ma bonne humeur, ou ce que ça fait de croiser tous les deux mètres les meilleurs pros du circuit. Mais à la place, je vais vous raconter comment je suis arrivée là, avec des étoiles plein les yeux.

J’aime me dire que mon excitation innocente restera à jamais intacte, et que mon parcours si rapide me permettra de garder ad vitam eternam un regard neuf et enthousiaste sur ce qui m’entoure. Pour que vous compreniez, il me faut revenir un peu en arrière…

Une affaire de famille

AlexaneJ’ai toujours été une personne posée et studieuse. Après un parcours universitaire relativement classique, mon chemin semblait tout tracé : avec deux Masters en psychologie, j’allais poursuivre cette carrière passionnante… même si en y repensait aujourd’hui, elle semblait un peu trop conventionnelle à mon goût. C’était tout l’inverse de mon frère Virgile, qui courant 2017 arrêta brutalement ses brillantes études d’ingénieur pour tenter un pari fou : devenir joueur de poker professionnel, et vivre la vida loca. J’ai toujours admiré l’anticonformisme et la détermination de mon frangin, donc je dois l’avouer : il a souvent été un modèle pour moi. Au sein de ce milieu encore stigmatisé qu’est le poker, Virgile a œuvré contre l’avis général, et n’a jamais cessé de croire en sa réussite.

Courant 2020, alors qu’il était déjà installé sur les plus gros Expressos et qu’il grindait confortablement sous le soleil caribéen, il m’a envoyé un message sur-excité. « Alex, ça fait quelque temps que Winamax a lancé un nouveau format, il est génial, et on bosse dessus comme des fous. Il y a une tonne d’argent à se faire, ça te dirait que je te coache pour que tu me rejoignes ? » Imaginez ma surprise à l’époque, sachant que je n’avais jamais touché un jeton de ma vie et que j’étais incapable de faire la différence entre une quinte et une couleur. Le monde de Virgile m’étant en tous points étranger, j’avais du mal à y voir ma place. J’ai tank un bon moment… mais il a finalement réussi à éveiller ma curiosité en appuyant sur mes cordes sensibles : mon envie d’apprendre de nouvelles choses, et mon besoin constant de sortir de ma zone de confort. C’est ainsi que le 1er septembre 2020, j’ai lancé mon tout premier Expresso sur Winamax, pour la (très) modique somme de 25 centimes. J’étais loin d’imaginer que 2 ans plus tard (jour pour jour !), j’allais signer un contrat m’intégrant à l’équipe la plus flamboyante au monde...

Première session, premier jackpot

Pour l’heure, je prenais mes premiers cours de poker. C’est seulement armée d’un bloc de ranges (et d’une confiance absolue en mon aîné) que j’ai débarqué dans ce nouvel univers. Pour être tout à fait franche, je m’attendais à trouver l’exercice – apprendre le poker en Expresso - super rébarbatif. Au lieu de ça, il m’a fallu seulement quelques dizaines de parties pour me rendre compte que je venais en fait de découvrir le jeu le plus cool du monde. Et c’est à peine quelques heures plus tard je tombais, surexcitée, sur mon premier gros multiplicateur : un x100 !  On ne pouvait pas espérer plus beau départ… et peu après Virgile me dira que mon apprentissage du format avançait à pas de géant. C’est un fait : les objectifs hebdomadaires que je m’étais fixés et ses encouragements bienveillants, couplés à mon envie de progresser, m’ont fait aller très vite.

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Je l’avoue : je n’étais pas trop sûre au début de savoir de quoi il parlait quand il mentionnait les termes « IP » et « OOP », ou en quoi un c-bet pouvait au fond être bien différent d’un donk bet. Pourtant - ne me demandez pas comment ! – je m’en suis plutôt bien sortie. L’agressivité étant le maître mot du format Expresso, je me suis vite transformée en la plus degen des degens (mais chut ! Ne le répétez pas à mes adversaires) et, armée d’une bankroll culminant désormais à 100 €, j’ai grimpé une limite, puis une autre, au rythme de mes coachings journaliers avec mon top reg de frangin. Trois mois après mes premières parties, je m’installais aux tables à 10 €. Pleine d’espoir pour l’avenir.

Cent mille dollars au soleil

Bien installée en petites limites, pouvant me permettre mes premiers cashouts, je me suis envolée pour le Mexique. Direction Playa del Carmen, bien déterminée à vivre le package complet de tout joueur de poker qui se respecte ! C’est les pieds dans l’eau et dans un décor de carte postale que j’ai continué à jouer et me faire coacher. On ne va pas se mentir : il y a eu des moments plus difficiles que d’autres. D’intenses périodes de bad run qui vous font douter de vos compétences, et des swings qui vous font regretter votre tranquille job de bureau. Mais jamais je n’ai questionné mon choix, ne serait-ce qu’une seconde. Pas même quand, de passage en Afrique du Sud, mes sessions sur 15 tables à la fois étaient trop souvent interrompues par des coupures de courant généralisées pour être lucratives. Pas non plus lorsque j’ai traversé ce grand classique qu’est la période de stagnation, une phase qui a failli être mortelle à moi qui ai eu l’habitude de progresser sans heurts. De retour en France pour l’été, j’ai continué à m’accrocher. 8 mois après le début de mes aventures, mon acharnement s’est soldé par une belle récompense : une table dorée étincelante en plein milieu de mes tables bleues, rouges et vertes. Le jackpot à 100 000 € ! Quelques minutes plus tard, 80 000€ s’étaient ajoutés à ma bankroll, et c’est légèrement sous le choc que j’ai repris ma session matinale.

Expresso 100 000 €
Inutile de dire que ce gain inattendu a décuplé ma motivation. C’est le cœur léger que j’ai retrouvé les plages du Mexique. Je m’en sortais assez bien pour pouvoir grind en sécurité. Tellement en sécurité que j’ai vite senti le besoin... de me mettre un peu plus en danger ! Au milieu d’une communauté de regs aguerris, j’ai eu la chance de pouvoir m’initier à de nouveaux formats. Je ponctuais mes sessions d’Expresso avec des virées nocturnes au casino local, au cours desquelles je touchais au cash-game en compagnie de mes meilleurs amis de l’époque. À côté de ça, les freerolls mensuels du programme fidélité Red Diamond – car oui : j’avais déjà assez joué pour atteindre le plus haut statut VIP de Winamax ! - et les tournois hebdomadaires en équipe du KING5 m’ont initiée aux MTT. Sans expérience du format et sans bagage théorique (mon frère m’avait simplement recrutée dans son équipe de top regs), je me suis retrouvée dans une configuration vraiment inconnue, avec un seul seul conseil : « Ne joue pas autant de mains qu’en Expresso, choisis les meilleures ! ».

Le soir du premier Stade 1 du KING5, j’ai demandé à Virgile comment changeait la stratégie quand on était 6 à table, et ce que j’étais censée faire avec autant de jetons. Sans réponse immédiate de sa part, un rapide calcul m’a convaincue qu’avec un stack 10 fois plus gros que d’habitude, il était tout à fait logique de multiplier mes sizings d'autant. Par 10, donc ! Évidemment, j’avais tout faux... et je pense que beaucoup de mes adversaires ont dû me coller la pastille « fish » ! C’est seulement un peu plus tard, équipée de meilleures bases, que j’ai pu réfléchir aux stratégies et commencer à trouver ce nouveau format intéressant. À partir de là, j’ai attendu avec impatience chaque session KING5 du mardi. Une fois l’aventure finie, j’ai voulu continuer.  J’en ai parlé avec Virgile, mais il était réticent à m’encourager, tant il ne jurait que par les Expressos et savait ce qu’ils représentaient comme gain financier ! À ses yeux, me disperser ne serait qu’une perte de temps… et d’argent. Pourtant, je gardais l’idée dans un coin de la tête, tout en bossant silencieusement çà et là, grâce au contenu sur mes chaînes préférées. J’ai profité autant que possible des freerolls auxquels j’avais le droit grâce à mon statut. Dès que je me suis sentie prête, j’ai commencé à sauter sur les tournois payants à la fin de mes sessions Expresso.

Madrid, le déclic

Alexane
J’ai été ravie d’apprendre qu’en qualité de joueurs Red Diamond, nous étions invités par Winamax sur leurs festivals live. Celui de Madrid allait être le premier depuis le début de la pandémie. Surexcitée à l’idée de jouer mon tout premier tournoi live, j’ai booké illico mon séjour pour l’Espagne et je me suis envolée vers une nouvelle étape de ma carrière, sans savoir sur le moment que celle-là serait la plus déterminante. Une fois arrivée, encore sonnée par le jet lag, c’est pleine d’entrain que je me suis assise à ma place assignée dans la grande salle du Casino Torrelodones. Coïncidence complètement folle, sur les centaines de joueurs présents sur le Main Event du WPO, mon voisin de droite se trouve être… Virgile. La symbolique d’avoir mon frère à mes côtés pour ma toute première fois en live était forte, et a contribué à faire de cette semaine une aventure à part. J’ai fini par bust durant le dernier niveau du Day 1… mais je ne me suis pas départie de ma bonne humeur. Je me connaissais assez pour savoir que je venais de mettre les pieds dans une ambiance survoltée complètement faite pour moi : des tournois dans tous les sens, de l’action en veux-tu en voilà et de l’adrénaline à n’en plus finir. Je suis rentrée à Paris convaincue que je devais inclure les tournois et le live dans ma vie, et que toucher aux deux formats en même temps serait la recette de mon bonheur personnel. Ainsi j’ai redoublé de sérieux dans ma progression, et j’ai ajouté du travail MTT à mon planning Expresso. J’ai souhaité très fort que mon expérience poker soit la plus excitante possible et j’étais loin de m’attendre à ce que la réalité dépasse (de beaucoup) mes espérances.

Car quelques semaines plus tard, j’étais contactée par Winamax. Je me suis rendue dans leurs bureaux pour une série d’entretiens qui leur ont permis de découvrir mon profil, mon parcours et mes ambitions. La suite, vous la connaissez : il me fut proposé d’intégrer la plus prestigieuse équipe de poker au monde et d’en porter l’étendard ! C’est ainsi qu’après plusieurs mois d’intensification de mon grind et de mes coachings, j’ai participé à mon deuxième WPO. Cette fois comme membre de la Team !

Une communauté à part

Alexane et le Team Winamax
Une fois à Bratislava, j’ai foncé tête baissée dans ce que ce nouveau monde avait à m’apporter. Je savais que chaque étape à venir dans mon parcours surpasserait encore la précédente et que tant que je porterais le W rouge, l’aventure ne serait jamais ennuyeuse. Arrivée en Slovaquie, j’ai rencontré les autres membres du Team. Ils m’ont fait me sentir immédiatement comme une des leurs. J’ai aussi pu parler avec beaucoup d’entre vous, et moi qui m’étais habituée au grind solitaire, j’ai retrouvé le plaisir d’être entourée d’autres passionnés. Je venais de mettre les pieds dans une communauté complètement à part, au sein de laquelle le sentiment d’appartenance est si fort qu’il vous fait vous sentir en famille. Dans cette atmosphère unique, j’ai enchainé les tournois tous les jours et créé de nouveaux liens à chaque occasion, sans ressentir le besoin de me poser une seule seconde. Je me suis donné à fond à chaque instant, et c’est dans la joie et la bonne humeur que j’ai été gratifiée de ma première ligne Hendon Mob, avec un beau deep run sur le High Roller.

Après un court passage à Paris, je me suis dirigée vers Londres. Arrivée à bon port je me suis installée à table au Day 1B du Main Event, et j’ai mesuré l’ampleur du chemin déjà parcouru. J’ai eu un flashback, des mois plus tôt, quand j’ai vu passer sur Winamax l’annonce du début de la Top Shark Academy. L’idée d’un contrat doré offert à un joueur, certes trié sur le volet mais relativement inconnu du grand public, n’existait nulle part ailleurs et je n’ai pas cessé de penser que j’étais dans un monde dans lequel tout était possible. J’ai été séduite par l’idée qu’un joueur comme vous et moi puisse par sa détermination et son acharnement être sélectionné au cours de sa carrière par la meilleure des équipes, et se retrouver du jour au lendemain à passer de son grind habituel, aux grosses tables du circuit live. C’est à table au Main Event, en plein milieu d’un call foireux ou j’ai perdu brelan vs full, que j’ai eu ce flashback. J’ai perdu une bonne partie de mon stack, mais j’avais le sourire aux lèvres parce que je me suis souvenue qu’un jour, j’ai été cette joueuse subjuguée à la seule idée de pouvoir un jour vivre cette folle expérience : nous y voilà… et ce n’est que le début !

On m’a posé des centaines de questions depuis mon arrivée dans le Team… mais il y en a une qui revient toujours : « Tu n’es pas super stressée d’être dans cet environnement nouveau, et sur des fields si relevés ? ». Oui : j’ai conscience que le défi à relever est de taille, et que ma marge de progression est énorme tant j’ai encore à apprendre. Mais du stress ? Pas vraiment ! Parce que je mesure réellement à chaque instant que l’opportunité qui m’a été donnée est folle et que la vivre avec une joie teintée d’angoisse, serait un gâchis phénoménal. J’ai hâte de voir ce que l’avenir me réserve, et j’apprécie chacune de mes erreurs parce qu’elles contribuent à faire de moi la joueuse que je serai demain. Je me challenge en permanence sur des terrains nouveaux et j’espère que vous serez aussi excités que moi de suivre les aventures qui m’attendent !

La suite ? Après le lancement du WiPT à Paris, direction Las Vegas pour la plus grosse étape World Poker Tour de l’année. En attendant, toujours le même mindset : work hard, run good (hopefully) and have fun !


LaSirenita

Spécialiste des Expresso, la jeune francilienne possède tous les atouts pour se faire un nom sur la scène du poker mondial. En commençant par les tournois live…

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