[Blog] La vie rêvée de Volatile38

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Guillaume DiazSi vous lisez régulièrement le blog du Team, cela n’a pas pu vous échapper : pour nous autres joueurs pro, le début de chaque année est l’occasion de dresser notre liste d’objectifs pour les douze mois à venir. C'est un exercice important ! Définir des objectifs permet de se donner une ligne de conduite afin de maximiser nos chances d’atteindre nos buts qui, souvent, seront plus ambitieux que ceux de l'année période précédente. Mais pour se forger la motivation et avoir l’implication suffisantes pour réaliser toutes les tâches nécessaires à ces objectifs, il y a quelque chose qui motive toutes nos décisions et nos actions. Ce quelque chose sera le thème de cet article : il s'agit du rêve.

Je parle ici du rêve au sens littéraire, celui d’un enfant de six ans qui vous dit : « Quand je serai grand, je serai astronaute/pompier/médecin ! » Peu importe le domaine : si l'on se fixe des objectifs ambitieux, si l'on envisage d'y consacrer une grande partie de son temps et de son énergie, on doit être motivé par un rêve. Quelque chose qui nous donnera envie de nous lever chaque jour pour donner le meilleur de soi-même, même dans les moments où l'on sera fatigué, malade ou distrait. Plus ce rêve et ses retombées représentent quelque chose d’important à nos yeux, plus on sera motivé pour tout donner à court, moyen et long terme. C’est ainsi que l'on mettra toutes les chances de notre côté.

L'espace, le golf : mes premiers rêves

Comme sûrement à peu près tout le monde, j’ai eu des rêves très différents au cours de ma courte vie. Cela n’a rien d’original, mais je me souviens qu'à l'âge de huit ans, je me serais bien vu... astronaute ! Néanmoins, mon envie de voir la Terre depuis l’ISS n’était pas assez forte pour me donner envie de consacrer une bonne partie de mon enfance à être premier de la classe à chaque trimestre. Et puis, j’avais déjà peur des manèges a sensations fortes, alors être dans une fusée propulsée à des milliers de kms/h… Bref, ma volonté d’atteindre ce rêve n’était clairement pas assez forte.

Même chose lorsqu’à 15 ans, alors que je joue au golf depuis mes 10 ans, je commence à avoir un niveau plus que correct pour mon âge et me prends à rêver de gagner le Masters d’Augusta ou de rentrer le putt décisif qui ferait gagner l’Europe durant la Ryder Cup, en France. Je regarde alors tous les tournois à la télé, lis des magazines de golf et joue même aux jeux de golf sur console, tout en rêvant d’y figurer un jour au casting, aux côtés de Tiger Woods bien sûr.

Guillaume Diaz - Golf
À ce moment-là, le rêve est puissant. Je m’éclate à jouer au golf, j’aime la compétition sous toutes ses formes depuis tout petit et j’adore l’idée de pouvoir voyager à travers le monde en suivant le circuit pro, pour jouer sur les plus beaux parcours du monde. Je commence donc à jouer sérieusement, à m’entrainer plusieurs fois par semaine, seul ou avec un coach, quelle que soit la météo, et à participer aux compétitions amateurs dans toute la France les week-ends.

Mais après quelques années à jouer au golf quasi chaque jour, je me rends compte que le travail que je fournis, bien qu'intense, n’est malgré tout pas suffisant pour me permettre de me battre contre les meilleurs. Mes envies du moment, à savoir profiter de mes premières années d’indépendance pour voyager librement, ne sont pas compatibles avec mon rêve de devenir golfeur pro. En parallèle, le poker commence à prendre de plus en plus de temps dans ma vie. J’abandonne donc mon rêve et arrête presque entièrement le golf.

La motivation a fait la différence

Guillaume Diaz
Si je n’ai pas réussi à atteindre ces deux rêves, c’est en grande partie parce qu’ils n’étaient pas assez puissants pour moi à ces moments-là. L’écart était trop grand entre la représentation que j’avais des bénéfices et du bonheur qu’aurait pu m’apporter leur réalisation, et les efforts et aspects négatifs qu’impliquerait la quête de ces rêves. Je n’étais pas prêt. Je n'avais pas assez envie.

Depuis mes 19 ans, âge auquel j’ai commencé à jouer très régulièrement au poker, mon rêve professionnel (j’ai évidemment des rêves personnels en parallèle, mais ce n’est pas le sujet) n’a pas changé : jouer les plus gros tournois à travers le monde et faire partie des meilleurs joueurs. La construction de ce rêve fut similaire à ce qu'il s'est passé quelques années plus tôt avec le golf : je regardais les finales WSOP, WPT et EPT à la télé, j’ai commencé à lire mes premiers livres de poker en partant en vacances avec mes amis ou en allant au travail, et je lisais les frasques d’Anthony Lellouche et de Ludo Lacay via le blog du Team (celui-là même ou j’écris maintenant !).

Sauf que ce rêve était clairement plus puissant que n’importe quel autre. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être parce que la route et les récompenses possibles me motivaient davantage. Peut-être que cela correspondait plus à mes envies et à ma manière d’être du moment. Ou alors juste d’une addition de facteurs plus ou moins contrôlables. Quelles qu’étaient la/les raison(s), j’étais plus motivé et déterminé que jamais. J’étais prêt à faire des choses que je n’envisageais pas quatre ou cinq ans plus tôt pour le golf : dédier une grosse partie de mon temps à cette discipline, décliner telle soirée ou tel voyage pour jouer une session, être entouré au quotidien de gens qui partagent la même passion, me fixer des objectifs, etc. Même lorsque j’ai repris les études en 2013 après huit mois de voyage, que ma bankroll était à zéro et que j’avais passé très peu de temps à étudier ou même à jouer durant cette période, mon rêve restait le même. Je continuais à regarder les tables finales des plus grands tournois avec les mêmes étoiles dans les yeux. J’étais prêt à repartir du bas de l’échelle et à jouer tous les soirs en rentrant des cours pour avoir une chance d’atteindre un jour ce rêve.

Phil Ivey et Guillaume Diaz
Aux côtés d'un certain Phil Ivey, durant les WSOP 2014

Aujourd’hui, j’ai l’immense chance d’être plus prêt que je ne l’ai jamais été... même s’il me reste énormément de chemin à parcourir pour pouvoir être au niveau des meilleurs joueurs mondiaux ! Au sein du Team, certains font déjà partie de cette élite : c’est évidemment une grande chance de pouvoir les côtoyer au quotidien sur les tournois live et de pouvoir s’inspirer de leur travail. Mon rêve est donc plus puissant que jamais et je n’ai jamais été aussi heureux et enthousiaste à l’idée de dresser mes objectifs de l’année qui, je l’espère, m’aideront à franchir une marche supplémentaire. Il ne tient qu’à moi de mettre en place tous les moyens nécessaires pour atteindre mes objectifs et continuer à rêver.

D’ailleurs, l’un de mes buts pour 2019 est de réaliser plus de 100 000 € de bénéfices sur Winamax. Vous me croisez donc régulièrement sur le lobby et autour des tables au cours des douze mois à venir ! La bonne bise, plein de bonheur à tous et surtout, que vos rêves se réalisent !

Guillaume "volatile38" Diaz


Guillaume Diaz

Le vainqueur de la troisième Top Shark Academy possède l’un des plus beaux palmarès de Winamax.

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