[Blog] J'y vais ou j'y vais pas ?

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Leo Margets Blog

Le 30 septembre débuteront les World Series of Poker. Je ne sais pas si vous l'avez ressenti avec cette simple phrase, mais je ne suis pas vraiment au top de l'enthousiasme. Je m'explique.

En temps normal, j'adore préparer mon séjour à Las Vegas pour jouer les WSOP. Je suis aussi impatiente qu'une petite fille qui s'apprête à aller à DisneyLand, je rêve éveillée en pensant aux tournois que je vais jouer - surtout le Main Event - et ma valise est prête presque un mois avant mon départ ! J'aime aussi passer du temps à choisir soigneusement mon logement. Les dernières années, j'ai opté pour des appartements au Palms Place, parce qu'ils sont pratiques et tranquilles, que leur salle de sport est bien équipée et que l'endroit est situé tout près du Rio. J'y suis allé plusieurs fois à pied : cela me prenait exactement 17 minutes de la porte de ma chambre à l'entrée de l'Amazon Room, dont 10 en intérieur et donc seulement 7 à essayer de ne pas fondre sous le soleil de Vegas. Supportable. C'est même une "promenade" que j'appréciais, qui m'aidait mentalement à me mettre dans le bon état d'esprit avant d'aller jouer.

En 2020, comme vous n'êtes pas sans le savoir, les WSOP ont été annulés à cause de la pandémie et, cette année, ils ont été décalés à l'automne pour éviter toute précipitation liée au contexte de la pandémie. Pour nous joueurs, la décision est toujours plus facile à prendre quand il n'y a qu'une seule option possible. L'an dernier, le Covid-19 s'est chargé de tuer dans l'œuf tout débat. Mais cette année : j'y vais ou j'y vais pas ?

Jusqu'ici tout va bien

Leo Margets ChatL'organisation des WSOP a imposé comme prérequis la vaccination pour les joueurs souhaitant participer. Tout débat moral mis à part (pour ça, je vous renvoie vers Twitter, vous trouverez de quoi lire pendant des journées entières), j'ai coché cette case. Je m'y suis d'ailleurs pris assez tôt puisque je me doutais que cela finirait pas être mis en place. Pour l'instant tout va bien, on joue la sécurité.

J'étais également contente d'apprendre que les tournois disputés au Rio se joueront sans masque. C'est un point très important pour moi puisque, pendant le Circuito Nacional de Poker au Grand Vía Madrid, qui imposait lui le masque, je me suis senti oppressée. En tant que joueuse de poker, qui a donc travaillé 100% du temps à la maison, je me considère très chanceuse d'avoir pu vivre sans masque durant toute cette pandémie, à part pour aller faire mes courses. Il m'est donc plus difficile d'en supporter un durant de longues heures, je n'y suis pas habituée.

A priori tout va bien non ? Eh bien en fait, non, pas tout. Comme je disais, les joueurs devront obligatoirement être vaccinés pour avoir le droit d'être là... mais pas les croupiers. [NDLR : pour faire simple, le droit du travail américain interdit de le leur imposer.] Personnellement, ça me paraît être une expérimentation risquée mais ça ne m'atteint pas au point de me faire manquer mon rendez-vous préféré de la saison.

Tempête sous un crâne

Leo Margets MasqueNous voici donc à l'élément crucial. Mi-septembre, au moment où je vous écris ces lignes, les États-Unis n'admettent pas de touristes provenant de l'Espace Schengen, à moins qu'ils ne passent, avant d'entrer sur le territoire, 14 jours au sein de l'un des pays "autorisés" (comme le Mexique, le Canada ou la République Dominicaine). Ça c'est un gros problème.

Mon plan initial était de partir pour Las Vegas le 23 octobre et de rester jusqu'à la fin des WSOP, soit le 22 novembre. Je ne pouvais pas y aller plus tôt avec le reste de l'équipe Winamax pour raisons familiales mais ça ne me dérangeait pas tant que ça : un mois à Sin City c'est la durée parfaite pour se donner à fond sans avoir besoin de prendre une pause au milieu du séjour pour recharger les batteries. Reste qu'avec cette histoire de "quatorzaine", tout se complique. Si je pars le 23 disons, pour le Mexique, et que je m'installe pour deux semaines à Playa Del Carmen par exemple, je ne pourrai pas être à Vegas avant le 6 novembre... soit le jour du Day 1C du Main Event !

Je n'aime pas pleurnicher, surtout pour des choses qui peuvent paraître aussi triviales, mais quand même ! Vous parlez d'un stress. Heureusement, un Day 1D a été rajouté au calendrier cette année. Sauf que jouer le tournoi le plus important de la saison en luttant contre le jet-lag est loin d'être optimal. Et puis passer deux semaines juste avant les WSOP dans un grand complexe hôtelier, aussi charmant soit-il, toute seule et stressée, ça ne me branche pas des masses.

Voilà, j'en suis là. Je ne sais pas quoi faire, comme paralysée. Je n'ai toujours pas de vol ni de logement et je suis incapable de commencer à faire ma valise. Je ne peux faire qu'une chose : croiser les doigts pour que les États-Unis lèvent cette obligation de quatorzaine pour les voyageurs étrangers [NDLR : ce que l'administration de Joe Biden a fini par faire le 20 septembre, en annonçant une réouverture des frontières pour "début novembre", sans plus de précisions pour l'instant.] Je me prépare simplement à envisager une deuxième année consécutive sans WSOP. Seul maigre lot de consolation : cette fois, je pourrai encourager depuis chez moi mes nombreux amis qui seront partis les jouer.

Bon, et puis dans le pire des cas, il nous restera toujours Rozvadov...

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Leo Margets

Révélée par un mémorable deep-run sur le Main Event des WSOP, la Barcelonaise est l’une des figures emblématiques du poker Ibérique.

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