[Blog] Fabulous Villa Las Vegas

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[Blog] Fabulous Villa Las Vegas

La migration annuelle des joueurs de poker étant terminée, laissez-moi vous parler un peu de l’environnement de travail du Team Winamax pour les WSOP. L’an dernier déjà, l'équipe avait décidé de louer une villa afin d’être dans les meilleures conditions possibles pour ship un bracelet à Vegas. Je ne faisais malheureusement pas partie de la fête, ayant préféré louer une maison en famille. Ce n’est pas tant cette bande de joyeux lurons qui m’effrayait, mais plutôt ma petite alarme nocturne de deux ans, qui aurait certainement été moyennement appréciée au sein des troupes...

Cette année, pas d’enfant dans les valises, je me lance ! Petit astuce pour dénicher la villa de vos rêves à Vegas : réservez le plus tôt possible, dans l'idéal au moins six mois à l'avance. C'est ce que nous avons fait cette année et le résultat a été au-delà de nos espérances : un petit paradis au milieu du désert. On ne va pas se mentir, c'est quand même bien plus simple de sauter d'un tournoi quand on retrouve de telles conditions en rentrant à la villa : potes, piscine, jacuzzi, salle de sport, billard... La pilule est tout de suite plus facile à avaler.

J’ai toujours pensé qu'une colocation avec des joueurs de poker était un vrai plus pour un joueur professionnel. Il est beaucoup plus facile d’échanger sur des mains ou de se motiver quand on voit les colocs qui enchaînent les perfs' et, inversement, de partager ses doutes lorsque rien ne semble aller dans le bon sens. On le sait tous : le poker est un jeu mentalement épuisant et très individuel. Avoir la possibilité de partager aussi bien les aspects positifs que négatifs confère au jeu une dimension collective vraiment appréciable.

Team
C'est précisément ce que j'ai adoré dans cette villa. Lorsque l'on ne joue pas, on passe notre temps à échanger sur des mains, sur la stratégie de tournoi, sur l'implication personnelle de la vie de joueur pro, ou encore l'impact que peut avoir la confiance en soi sur les résultats (et inversement)... Autant de discussions qui permettent de rester focus et motivé tout au long des WSOP. Et quand on a besoin d'un break pour se couper du poker, on se retrouve entouré de gens qu'on apprécie et avec qui on peut discuter de tout un tas d'autres sujets passionnants.

J'ai joué cette année plus de tournois que les années précédentes : 23 au total, en comptant les reentries, pour six places payées. C'est un bilan plus que satisfaisant au regard du pourcentage d'ITM. La motivation qui est née au sein de la villa n'y est pas étrangère. L'année précédente, lorsque je voyais ma fille qui me suppliait chaque jour de rester à la maison au lieu d'aller jouer, ma motivation était plus vacillante. Pas cette fois : voir tout le monde se préparer et être à fond chaque jour m'a motivée au plus haut point. Être entourée d'excellents joueurs vous tire forcément vers le haut.

Le bilan financier n'est pas positif cette année, mais ce n'est pas ce qu'il faut retenir. À un coup près, la balance aurait pu basculer largement de l'autre côté. J'ai réalisé deux deep runs et notamment une 31e place sur 696 joueuses sur l'Event Ladies des WSOP. La main décisive m'a laissée un goût amer : paire d'As contre paire de Six, le tout à tapis avant le flop. Un tableau TT6 plus tard, et je me suis retrouvée shortstack au lieu d'être en tête avec deux fois le tapis de la deuxième en jetons. Ce qui m'a touchée, ce n'est pas tant le bad beat en lui-même, mais plutôt la conviction que j'avais de m'imposer si jamais je remportais ce pot. J'ai ainsi vraiment eu l'impression d'être passée tout près d'un bracelet. Et ça, c'est grâce à la confiance accumulée à la villa.

Gaelle Harper
Cet état, je l'ai également ressenti lors d'une session en ligne disputée dans notre "petit" chez-nous. Portée par l'émulation de mes camarades, j'ai décidé de participer à un Event à 3 200 $ online, une grande première pour moi. Il s'agit d'une épreuve des WSOP permettant d'obtenir un bracelet, au même titre que les tournois joués au Rio. Pour s'inscrire, il faut d'ailleurs se rendre dans l'hôtel-casino : plutôt étonnant et amusant de devoir donner des billets à une vraie caisse, pour ensuite jouer un tournoi en ligne ! Il me fallait un pseudo pour jouer sur WSOP.com, et je n'ai pas choisi « O RLY » mais « LaGazL », en référence à mon surnom au sein de l'équipe : gazelle. J'ai d'ailleurs un chant à mon nom qu'il me tarde d'entendre résonner dans le rail d'une table finale : « Oh Gazelle Baumann, she runs in the savane ! She's afraid of noone ! »

Je me suis retrouvée confrontée aux meilleurs regs américains, mais, dès le début du tournoi, je me suis sentie concentrée, détendue et en mesure de jouer mon A-Game. La gazelle était lancée dans la savane. J'ai rapidement monté des jetons, entourée d'Adrien, Ivan et Romain qui jouaient à mes côtés. C'est dingue la différence que peut avoir sur votre jeu le fait d'être en confiance. Un call gagnant que je n'aurais pas fait de peur de me tromper, un bon spot de 3-bet repéré, mais pas pris... Sauf que là, ce n'est pas le cas : j'ai monté des jetons, claqué des high-five aux potes et, finalement, même si je me suis inclinée avec une paire de Rois contre As-Dame dans un gros pot, c'est à nouveau la satisfaction qui a primée.

Gaelle
Quelle fut la suite de la soirée ? Un moment de vie comme seul le Team sait vous en procurer. Imaginez-vous vivre ces instants privilégiés avec vos meilleurs potes, qui sont également vos partenaires de boulot et les personnes avec qui vous partagez et discutez de votre passion... Tous les ingrédients étaient en place pour un barbecue mémorable, où se sont mélangés chambrage, discussions techniques et narration des dernières conquêtes. C'est fou de se parler comme si on était potes depuis 20 ans, alors que, pour certains, on ne se connaissait même pas il y a encore un an ! C'est ce qui rend le poker magique : ses instantanés sont si intenses qu'ils se gravent dans le temps, vous marquent, vous forgent et vous habitent. Être dans la villa du Team m'a permis en un mois de remplir une pellicule de souvenirs comme jamais ce ne fut le cas.

Après ce séjour à Vegas, je suis quand même contente de retrouver mon propre foyer. Est-ce le fait de ne plus entendre Romain hurler sur un but d'Harry Kane à six heures du matin ? Celui de ne plus retrouver Pierre en charmante compagnie au milieu du salon à huit du mat' ? Le fait de ne pas voir le sol de la cuisine jonché de déchets ? Ou tout simplement de retrouver ma propre famille après quarante jours loin d'eux ? Sûrement un peu de tout ça. Ce qu'il y a de bien avec l'exceptionnel, c'est qu'on l'attend pour mieux le magnifier. Cette expérience, je suis ainsi déjà très pressée de la renouveler. Ma motivation est à son paroxysme, ma confiance à son maximum, je suis contente de mon niveau de jeu et prête à redoubler d'efforts pour tutoyer les sommets.


O RLY

Une des premières vraies terreurs au féminin de la nouvelle génération. Un talent fou de choc et de charme !

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