[Blog] Excellent !

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Ivan Deyra Blog

Depuis mon enfance j’ai toujours été perfectionniste. Il ne fallait pas que ça déborde lors de la session coloriage. Pourquoi ? Sinon, gros déchirage de feuille et on recommence tout depuis le début. Surpris, mes parents se demandaient ce qu’il pouvait bien se passer. "Et bah, qu’est-ce qui ne va pas Ivan ?!" "Z’ai débodé." (J’ai débordé) (complètement crétin c’gamin)

Alors comme tout le monde l’écrit si bien sur son CV, ouais, mon pire défaut c’est celui-là, perfectionniste. Et ouais, c’est aussi l’une de mes qualités. Ouais, carrément, ouais ouais ouais...

Oublier la perfection

Sauf que dans le poker, tout faire de manière parfaite est impossible. Malgré leur intelligence hors du commun, même les bots, les solvers et Franck Ribéry n’y arrivent pas. Il y a trop de paramètres à prendre en compte (profil adverse, sizing, moment du tournoi, etc…) pour prendre à chaque fois la décision qui génère le plus d’EV.

Lors de mes premières années professionnelles, j’ai fixé la barre haut : des objectifs très élevés, et beaucoup d’attentes quant à mes résultats. Je voulais réaliser des grosses perfs rapidement, prouver à tout le monde de quoi j’étais capable, pouvoir appliquer ce que j’avais durement appris. Sauf qu’à ce jeu, on rencontre plus de déceptions et de places d’honneur que de victoires. C’est d’autant plus vrai en live, où il faudrait jouer l’équivalent de sept vies pour avoir un échantillon de tournois représentatif (d’accord, j’exagère peut-être un peu). Comme l’a dit Cristiano Ronaldo dans un reportage : "Quand on travaille plus que les autres pour y arriver, c’est plus dur de perdre." Ddommage pour lui ceci dit, Messi reste meilleur (désolé Naza).

Alors comment réagir à cela ? D’abord, il faut comprendre que le processus d’apprentissage peut être plus long que prévu. L’astuce est d’oublier la perfection, d’abandonner les attentes irréalistes. Seulement là peut-on commencer à lâcher prise, à relâcher la pression. Et puis franchement, quelqu’un sans défaut, ce doit être insupportable. On ne pourrait pas le critiquer, le juger : quelle horreur ! Ce serait surtout l’ennui total pour tous les Français, experts réputés en ce domaine.

Le fait d’admettre ne pas pouvoir (ni vouloir) être parfait nous donne le droit à l’erreur. On fait ainsi disparaître la peur de ne pas être à la hauteur. Exiger de soi la perfection est néfaste dans le sens où l’on se dévalorise constamment par rapport aux autres. On se compare, on exprime des jugements qui sont parfois faux et inutiles. Notre confiance en nous en est directement touchée.

Souhaitez "juste" être le meilleur possible, fixez-vous un objectif élevé, tout en sachant que ne parviendrez peut-être pas jusqu’au sommet. Soyez plus indulgent avec vous-même et donc plus enclin à réussir ce qui vous tient à cœur. Le plus important n’est-il pas d’être heureux, épanoui dans notre vie de tous les jours ? Vous avez quatre heures. Thèse, antithèse, synthèse, parenthèse, prothèse, ça pèse, maintenant il faut que je me taise.

Changer vos habitudes, visez l’excellence

Ivan Deyra

Au lieu de vouloir être parfait, visez l’excellence ! J’avais gardé cette citation très très fluide de côté, signé je ne sais plus qui : "Chercher à gagner 1 cm d’évolution chaque jour sans se soucier des résultats. L’excellence se construit ainsi, pas à pas, jour après jour, et ce de manière régulière. L’excellence est un art que l’on atteint que par l’exercice constant. Nous sommes ce que nous faisons de façon répétée. L’excellence n’est donc pas une action mais une habitude."

Comment donc développer l’excellence ?

Exercice : Pensez à un domaine de vie qui compte à vos yeux et fixez-vous un objectif. Pour le poker, cela pourrait être : souhaiter être numéro 1, gagner un certain nombre de trophées, etc. Autres objectifs possibles de vie : monter son entreprise, être propriétaire, faire 50 burpees, 20 pompes, 150 jumping jacks, 75 squats en moins de 30 minutes les yeux bandés et sur une jambe. Imaginez ce qu’il se passera quand vous aurez réussi, ce que vous ferez, direz, ressentirez. Visualisez tous ces progrès effectués. Mettez tout cela au présent par écrit pour que cela semble plus réel. Mettez-vous dans la peau de cette personne qui se dit : "On y est bordel, ça fait un bien fou ou pas, oh ?!"

Maintenant que vous connaissez votre objectif, divisez-le en plusieurs activités à mener dans un délai imparti. Séparez chaque activité en une série d’habitudes ou de petits projets quotidiens. Arrêtez de vouloir mener vite vos missions à terme dans l’espoir de réaliser l’objectif rapidement. À l’inverse, persévérez calmement, en gardant en tête votre ensemble de tâches et de sous-tâches et restez patient. Comme on dit à Clermont-Ferrand, step by step.

Ivan Deyra SISMIX

En pleine réflexion sur le sens de ma vie.

Puis vient le temps d'enchaîner les questions. Parmi les choses que je fais quelles sont celles qui sont inutiles ? Qu’est-ce que je peux enlever ? Qu’est-ce que personne d’autre ne peut faire à ma place ? Je pense à ma routine journalière et hebdomadaire : dans quel(s) domaine(s) certaines de mes habitudes me desservent ? Quelles sont-elles ? Quel changement, si petit soit-il, aurait le plus d’effet ? Je passe ensuite en revue les choses que je fais toujours, que j’estime devoir faire, ou que je ne fais jamais, pour essayer de procéder différemment. Certaines habitudes sont ennuyeuses, peuvent vite faire basculer dans une sorte de routine négative. Comme lorsque l’on se met à tout repousser au lendemain, à chercher la simplicité. Des habitudes qui peuvent en plus être néfaste pour la confiance. Un peu comme ce sentiment de lendemain de soirée, quand on galère en mode loque : gueule de bois, impossible de se rappeler de toutes les péripéties de la veille, pourtant Dieu sait qu’elles étaient nombreuses et variées. Ne fais pas semblant, tu vois très bien ce que je veux dire mamen.

Que se passerait-il si, à la place je faisais des choses nouvelles ? Plus instructives, plus positives, plus créatives. Les plaisirs de la vie sont souvent dans les choses simples. Un petit pique-nique par-ci, une petite pêche des familles par-là, un gros barbeuc’ bien fumant ici, le tout avec les gens qu’on aime : c’est ça la vie bordel ! La souplesse dans votre emploi du temps et vos habitudes mène à la liberté. Plus vous serez capable de vous adapter, moins vous subirez la pression de la perfection.

Je vous conseille de répondre à toutes ces questions et de consulter ensuite régulièrement vos réponses, histoire de se remettre tout ça en tête et d’analyser vos progrès.

Sinon, en ce qui me concerne les frères, prochaine étape: l’EPT Monaco, précédé par un séminaire de feu avec tout le Team. J’ai hâte ! D’ici là prenez-soin de vous, la bonne bise.

Cordialement,

Guezmer


ValueMerguez

Ivan a tout gagné sur les tables de Winamax, mais il a encore faim.

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