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[Blog] Bad run : comment s'en sortir

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Blog Davidi
J’étais bien optimiste après les résultats satisfaisants de l’année passée. Pourtant, 2023 ne débute pas sous les meilleurs auspices. Et ce, malgré une quatrième place au début du festival PCA aux Bahamas sur un tournoi à 2 000 $, pour 50 000 $ de gains. Car derrière, je n'ai pas atteint les places payées sur sept autres tournois plus chers : je termine finalement mon séjour perdant de 40 000 $. J'ai ensuite enchaîné à Paris avec l’EPT et le WiPT, où j’ai "blank" sur 10 tournois supplémentaires (re-entries inclus). 17 tournois sans ITM : cela pique un peu, mais ce n’est pas plus inquiétant que ça pour un joueur de MTT. Presque tous ont déjà connu cette situation, même si c’est plus courant en ligne qu’en live. Avec mon jeu plutôt « low variance », ça m’arrive un peu moins souvent que les autres, mais cela reste quelque chose de standard quand on a choisi ce métier de joueur pro. Et il existe aussi la variance positive : des périodes de rush où on run vraiment good, même si on le remarque moins quand on est du bon côté de la barrière.

Souvent, quand je perds, je me remets beaucoup en question, et je prends mes responsabilités sur des erreurs à corriger. Ici en l'occurrence, même si j'ai bien entendu fait quelques petites erreurs, la variance a été vraiment cruelle avec moi. J’ai perdu des coins flips super importants, j’ai pris des rivers assassines, et j’étais du mauvais côté des setups. Avec mon expérience, je sais faire face à cela. Même si cela me touche sur du court terme, je l’accepte rapidement sans que cela altère mon jeu sur les prochaines mains ou les tournois suivants.

Justement, je voulais écrire ce blog pour partager avec vous les ficelles pour apprendre à mieux gérer ces périodes noires.

La variance, la chance, le hasard - appelez ça comme vous voulez - est un facteur qu’on rencontre au quotidien dans notre vie courante. En tant que joueur de poker, on l’apprivoise plus facilement que les autres, car on l’affronte aussi à chacune de nos sessions, sur chaque main que l’on joue. On ne peut pas la contrôler, donc il est essentiel de vivre avec sans se stresser, sans se prendre la tête si cela ne va pas dans notre sens. Accepter la variance, pour un joueur de poker, c’est la base. Sinon, si on pète un plomb dès que l'on prend un bad beat, et on risque la crise cardiaque à un jeune âge !

Variance : attention, danger

Davidi
Sur des périodes de bad run plus longues, cela reste plus difficile à gérer mentalement, Il y a plusieurs autres risques :

Le risque de tilt : parfois, sans même s’en rendre compte, on joue moins bien.
Le risque de perte de confiance : on commence à douter de notre façon de jouer, et on dérègle notre jeu.
Le risque de perte de motivation : le poker est plus amusant quand on gagne, alors si on vit une série de défaites, on risque de ne plus avoir envie de jouer.

C’est important de se remettre en question constamment en tant que joueur de poker, que l’on gagne ou perde. Tout le monde fait des erreurs et a des marges de progression, Le but est de toujours vouloir s’améliorer, en apprenant de ses erreurs.

En même temps, il est important d’accepter la variance inhérente au poker, et de ne pas douter quand les résultats ne suivent pas. On peut parfois gagner en jouant mal et perdre en jouant bien ; c’est le paradoxe du poker et ce qui rend difficile l’auto-critique de notre propre jeu.

Beaucoup de joueurs se cachent derrière la variance pour expliquer des mauvais résultats, et quand ils gagnent c’est du « talent » . Ce n’est pas comme cela que se passe,.

Avoir un niveau de jeu constant, dans les bons comme dans les mauvais moments, est super important pour les joueurs de tournois. Car le but recherché est de ne jamais se broke, jusqu’à ce que la grosse perf, le one time, arrive et nous mette à l’abri pour un temps : quelques mois, quelques années, où même jusqu’à la fin de notre carrière. Il est donc important d’avoir une certaine régularité dans son jeu, de respecter l'ICM, et de s'astreindre à une gestion de bankroll cohérente.

Mais la réalité est que la plupart des joueurs jouent un peu mieux quand ils sont dans un bon rush et un peu moins bien quand ils sont dans un mauvais cycle. C’est normal : la confiance est un aspect super important dans la performance optimale de tout athlète.

Je conseille souvent aux joueurs qui passent par une période plus difficile de redescendre de limite, et de mieux sélectionner les tournois qu’ils jouent, en privilégiant les tournois avec la plus grande EV, mais aussi ceux où ils s’amusent le plus. Ceci dans le but de retrouver le plaisir de la win et ainsi regagner en confiance.

Soyez heureux !

Kitai blog
L’autre aspect psychologique que je développe pour essayer de relativiser une période plus difficile, est d’entretenir une certaine gratitude vis-à-vis de mon statut de joueur de poker professionnel, même si vivre du poker n’est pas facile tous les jours. Il faut savoir affronter tout cela :

Faire face à la variance, qui peut parfois être cruelle.
Difficulté à gérer son argent de manière optimale, car c’est difficile de prévoir notre taux horaire en terme de retour sur investissement.
Être souvent déconnecté de la réalité, socialement parlant.
Ne pas avoir les avantages d’un salarié : soins de santé, retraite...

Malgré les difficultés, il ne faut pas oublier l’essentiel : le poker est un jeu. Beaucoup de monde voudrait avoir un métier qui consiste à jouer aux cartes !

Cela marche aussi pour le foot, le sport en général, les jeux vidéo... Il y a donc beaucoup d'appelés pour peu d’élus : seul un très petit pourcentage de gens qui jouent ont la chance de vivre de ces activités.

Prenez conscience de votre privilège et redoublez d'efforts pour y arriver, car le niveau augmente constamment. Il faudra vous améliorer plus vite que les autres pour rester compétitif.

Si vous n’êtes pas prêt à tous ces sacrifices, ou si vous avez naturellement une aversion au risque, cela voudrait peut-être dire que vous n’êtes pas fait pour cela. Un métier plus traditionnel vous conviendrait mieux.

Quant à moi, je reste super motivé et confiant sur les prochains rendez-vous, comme l’EPT Monte-Carlo : je joue à domicile, et je m’y sens bien. Et si ce n'est pas pour celui-ci, ce sera pour un prochain tournoi L’important est de continuer à bien jouer : la perf' finira bien par tomber.

Beêeeee allez salut, on en reparle vraiment soon. Comme on a dit !


KitBul

EPT, WPT, WSOP : pas un circuit majeur n’a résisté à l’appétit de victoire du Belge du Team Winamax, qui n’est pas pour autant rassasié.

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