[Blog] 2019, une année en trompe-l'oeil

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Davidi Kitai Blog Facebook

Comme la tradition l’exige et avec un petit peu de retard, voici mon compte-rendu de l’année écoulée et mes projets pour l’année à venir !

2019 fut exceptionnelle pour moi d’un point de vue personnel, mais mon année poker a été plus compliquée : c’est ma troisième année perdante depuis que j’ai débuté les tournois live en 2007. Rien de catastrophique non plus, jugez plutôt :

Résultats de mes tournois live

Total de mes buy-ins : 459 887 €
Total de mes gains : 333 436 €
Résultat net = - 126 451 €
ROI (retour sur investissement) : - 27% 

Même si cette perte peut paraître élevée, elle est à relativiser : en effet, l’échantillon de tournois joués en une année n’est pas suffisant pour pouvoir en faire un constat définitif. 

J’ai joué 76 tournois, en incluant les re-entries, pour un total de 17 ITM (22%), ce qui représente mon record en terme de places payées sur une année. Même si cette statistique prouve une certaine régularité dans mon jeu, elle n’est pas particulièrement positive car je n’ai concrétisé aucun de ces ITM avec une victoire ou un classement proche d’une victoire : je n'ai jamais fait mieux que 8e, un rang atteint à trois reprises. Certes, j’ai manqué le coche lors de mes deux deepruns sur les Highrollers à 25 000 $ des Bahamas, d’abord au PCA (8e pour 112 040 $) et ensuite au partypoker MILLIONS (11e pour 90 000 $). La faute à des confrontations inévitables qui auraient pu faire toute la différence sur le bilan financier de mon année...

Davidi
En dehors de la variance, ces statistiques peuvent aussi refléter un des problèmes rencontrés dans mon jeu cette année : d'être trop prudent à l’approche des places payées, et me se retrouver short stack trop souvent. Cela diminue mes chances d’atteindre le Top 3 d’un tournoi, où se trouvent les plus gros prix. 

Le but premier d’un joueur de tournoi est de gagner le plus d’argent possible, et en ce sens, il est plus profitable de gagner un beau tournoi sur l’année plutôt que de compiler un grand nombre de place payées. Je l’avais compris à mes débuts, où j'appliquais ma philosophie du "Play to Win", ce qui peut expliquer le grand nombre de victoires obtenues dans ma carrière. Aujourd’hui, le poker a évolué et les calculs d’ICM sont plus précis, préconisant de prendre très peu de risques à l’approche des places payées ou en table finale quand il y a des gros paliers de gains. Néanmoins, je pense que ce calcul ne prend pas en compte suffisamment de facteurs, comme l’avantage d’avoir un gros tapis en fin de tournoi : si on dispose des facultés pour pouvoir en profiter, cela permet d’augmenter considérablement ses chances de gagner plus souvent. 

Le fait aussi d’avoir plus de responsabilités aujourd’hui, d’avoir une famille et les projets qui vont avec, a tendance à rendre mon jeu plus sérieux mais aussi un peu plus réticent au risque, ce qui doit aussi constituer une partie des explications à tout cela. 

Résultats de mes tournois online

Buy-in moyen : 198 €
35 % de places payées
Résultat net = + 106 568 € en 374 MTT sur Winamax.fr
ROI : 135% 

C’est ma meilleure année ever sur Winamax ! J’ai été particulièrement efficace lors des Winamax Series, avec 2 nouveaux titres, (6 au total durant ma carrière) et une table finale sur le 2 Million Event en avril (7e pour 28 049 €). 

Un bon exemple de session online prolifique !

Mon volume de jeu n’est pas énorme, car je joue sans tracker donc j’évite de trop multitabler. Comme je privilégie un jeu exploitant, il est essentiel de faire très attention à ce qui se passe sur mes tables, en observant et analysant comment mes adversaires jouent. Mon ABI (Average Buy-In) est assez élevé et pourtant mon ROI est meilleur sur les MTT 6-Max à 50 €.

De manière générale, les MTT joués en 6-Max sont ceux sur lesquels je me débrouille le mieux. Le tournoi qui me réussit le moins ? Le Battle Royale : il se joue dans un format Knockout que je ne maîtrise pas tout à fait. De plus, je late reg et re-entry tardivement trop souvent sur cette épreuve (à éviter dans les tournois avec bounties !). 

Contrairement au live, je pense que la variance est allée clairement dans mon sens cette année sur le net : le niveau global a beaucoup augmenté en ligne, et mes adversaires s’adaptent de mieux en mieux à ma façon de jouer. C’est à moi de trouver les armes pour toujours rester aussi compétitif

Online

Du positif à retirer

Paradoxalement, malgré mon année très moyenne, j’ai gagné beaucoup de confiance en mon jeu. Le poker a évolué énormément ces derniers temps, et je pourrais douter en voyant le nombre de jeunes joueurs qui deviennent aussi bons en à peine un ou deux ans. Je reste cependant convaincu qu’on peut encore survivre aux plus hautes limites sans devoir étudier la théorie. Je suis conscient d’avoir une approche atypique par rapport à la plupart des top regs du circuit. 

Tout le monde sait que l’approche classique d’aujourd’hui, qui consiste à travailler son jeu sur les solvers, est clairement le meilleur moyen de progresser. Pourtant je ne bosse pas sur les outils classiques comme PioSOLVER, Holdem Manager ou ICMIZER, qui ont pour but de résoudre mathématiquement certaines sphères du jeu. Mon choix est délibéré, d’abord par rapport à la gestion de mon temps : étudier la résolution optimale des infinités de spots existants, sur chaque street, avec des sizings différents... C'est un boulot de dingue ! Et puis tant que les joueurs dévieront du jeu GTO, je privilégierai le jeu exploitant. 

La théorie ne m’a jamais passionné. J’ai toujours appris plus rapidement dans la pratique : en jouant, en parlant avec des potes, ou en regardant beaucoup de vidéos de tournois live et des reviews de tables finales. J’essaie toujours de comprendre comment les gens raisonnent et de m’en inspirer dans mon propre jeu.

L’expérience est également un atout. Je joue sur le circuit live et sur les plates-formes online depuis plus de dix ans : j'en ai vu des spots ! J'ai tiré beaucoup de leçons de mes erreurs, et ces remises en question constantes m’ont permis de résoudre à ma manière beaucoup de situations. 

Team

J’ai la chance aussi d’être bien entouré, tout d'abord par le Team Winamax, constitué de joueurs solides qui partagent beaucoup et sont très ouverts. Et puis il y a mes amis belges et français principalement, qui m’aident à progresser constamment.

Plus que jamais, je préfère utiliser mon énergie et mon temps disponible au poker pour insister sur mes points forts, et ainsi accroître mon edge dans des secteurs du jeu très sous-estimés par la plupart des joueurs, comme l’aspect humain, le feeling, les tells, l’exploitation de sa propre image, la dynamique…

Mon approche logique, plutôt que mathématique, me permet de trouver d’autres chemins vers une même solution. Certes, mon jeu GTO sera moins précis que la plupart des gros bosseurs du circuit, mais mon jeu exploitant sera plus perfectionniste que le leur.

Même s'ils deviennent plus rares, il existe d’autres joueurs dans le monde des high stakes, qui parviennent à être très performants sans pour autant passer beaucoup d’heures à travailler tous les jours sur les logiciels. Je pense à des joueurs comme Bryn Kenney, ou encore à Benjamin Pollak, qui ont tous deux obtenus des résultats impressionnants ces dernières années.

Mes objectifs pour l’année à venir 

J’ai tiré des leçons de mon année écoulée. Mon objectif numéro 1 pour l’année 2020 est de faire un maximum de Tops 3 sur les tournois du circuit live. Je préfère des victoires bien sûr, mais ce n'est pas tout à fait contrôlable. L’objectif d'un titre majeur au cours de l’année est un objectif réalisable. 

Il est important que je parvienne à faire abstraction de mes attentes sur le court terme dans mes prises de décisions, et que je mette toutes les chances de mon côté pour viser la gagne ! La clef sera de mieux sélectionner les tournois que je joue, et d'y mettre le maximum de "volumes". Je vais donner la priorité aux tournois dans lesquels je me sens le plus à l’aise, et où mon edge est le plus élevé. Je pense aux différents Main Events compris entre 500 et 10 000 €. Je compte jouer plus de tournois moins onéreux, comme les WPT National ou les WSOP Circuit, et bien sûr les beaux tournois Winamax qui se jouent en 6-Max, le format que je maîtrise le plus. 

Davidi-famille
Le Main Event des EPT ou du circuit partypoker (5 000 à 10 000 $) sont magnifiques aussi, avec des prizepools très alléchants. Sans parler du Main Event WSOP bien sûr, qui reste le plus beau tournoi du monde. Je vais rester à Las Vegas plus longtemps que l’année passée, et donc y jouer plus de tournois, pour me donner toutes les chances de ramener un quatrième bracelet ! 

Au vu de la régularité de mes résultats sur les tournois Highrollers, je continuerai d’attaquer les épreuves de 10 000 à 25 000 $ l'entrée sur les gros circuits internationaux. J’attends notamment avec impatience le PSPC à 22 500 € de Barcelone fin août. Je jouerai aussi plus de Highrollers aux buy-ins de 1 000/2 000 $ sur les festivals les moins chers, car ils sont souvent beaux. 

Je limiterai les tournois Turbos sur un jour, ainsi que les tournois Knockout, et j’espère m’inscrire sur un ou plusieurs tournois Super Highrollers quand ils paraîtront bien profitables.

Merci de m’avoir lu, merci du soutien en général que je reçois sur les réseaux sociaux ou des cool interactions avec les joueurs amateurs. Cela me donne beaucoup d’énergie, et l’envie de bien faire. En 2020, j’espère vous faire vibrer avec de belles tables finales !

Beaucoup de projets, toujours des projets. Comme on a dit, allleeeez saluuuut !!! 

Kitbul

 En attendant ses premières perfs' de 2020, Davidi Kitai a tout de même réussi de belles choses en 2019, dont 3 places payées aux WSOP. Le Génie est d'ailleurs le premier héros de la nouvelle saison de Dans La Tête d'un Pro tournée lors des derniers Championnats du Monde à Las Vegas... Régalez-vous avec les deux premiers épisodes d'une longue série !


KitBul

EPT, WPT, WSOP : pas un circuit majeur n’a résisté à l’appétit de victoire du Belge du Team Winamax, qui n’est pas pour autant rassasié.

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