[Blog] 2017, l'année High-Roller

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Guillaume Diaz
27 février 2017. C’est mon dernier jour à Los Angeles. Je m’y suis rendu pour participer au LA Poker Classic, magnifique étape du World Poker Tour avec en point d’orgue un Main Event à 10 000$ l’entrée regroupant plus de 500 joueurs. C’est ce même tournoi où le Boss Patriiiick avait terminé en quatrième place il y a trois ans.

Hélas pour moi, après une dizaine de jours à enchaîner les tournois au Commerce Casino (dont ce fameux WPT en fin de séjour), je quitte la Californie sans aucune place payée en sept tentatives, et en ayant sauté du Main Event dès le Day 1 après une journée assez rocambolesque dont je vous passe les détails.

Le WPT, la Grande Finale du Winamax Poker Tour, Macao qui arrive à grand pas : la saison live est bel et bien lancée pour moi, et il est grand temps de poser les jalons 2017, avec le traditionnel billet posant mes buts pour l’année. Comme d’habitude, le fait de coucher sur papier mes objectifs et de les rendre publics me permet de les formaliser un peu plus précisément, et surtout de m’engager, envers moi-même mais aussi envers vous, amis lecteurs, à tout mettre en place pour les atteindre. Avant de vous les livrer ici, j’en ai préalablement discuté avec Pier Gautier, mon coach mental depuis trois ans, ainsi que mes coéquipiers au sein du Team et d’autres amis pros, ce qui m’a aidé à les intégrer complètement, à comprendre quelles sont les motivations qui me poussent à les atteindre, et quels sont les moyens pour y arriver.

Live : on augmente les enjeux

Le plus gros changement dans mes objectifs, par rapport à l’an passé, va concerner le poker en live : en 2017, je vais en effet faire appel au stacking de façon plus régulière, afin de pouvoir prendre part à des tournois à buy-in plus important tout au long de l’année sans sacrifier au concept cardinal du bankroll management. Dans le même temps, je compte jouer une quantité de tournois similaire à 2016 : fatalement, je vais donc devoir augmenter mon « chiffre d’affaire » cette année !

Mon objectif principal va donc être d’atteindre un total de 400 000$ de buy-in sur l’année (le double de 2016), tout en réalisant un retour sur investissement (ROI) supérieur à 50%. Que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’un véritable challenge pour moi, puisque cela signifie que je vais participer à beaucoup d’épreuves High-Roller. Je devrai donc y perfer régulièrement pour atteindre le seuil de rentabilité espéré. Ces tournois mêlent les grands joueurs mondiaux à quelques riches récréatifs : il me faudra me placer au niveau des meilleurs, que ce soit techniquement comme mentalement, pour pouvoir être performant sur la durée.

Autre gros objectif en live, et celui-là n’a pas changé depuis trois ans : remporter un titre majeur. Un bracelet WSOP, un titre WPT ou PSC, ou un High-Roller. Bien sûr, l’objectif de remporter un tournoi est par définition un objectif soumis à une variance énorme, mais c’est clairement celui qui me fait le plus vibrer et rêver : j’ai des frissons rien que d’en parler ! J’ai conscience qu’il est probable que, même avec toute la préparation du monde, ce besoin reste inassouvi, mais c’est bien cette poursuite qui me pousse à travailler mon jeu tous les jours et à jouer un maximum de tournois.

Enfin, je ne serais pas contre terminer l’année 2017 en ayant intégré le Top 50 mondial, ainsi que le Top 5 français, dans le classement Global Poker Index. A l’heure où je publie cet article, je pointe en 345ème place mondiale, et en 11ème place parmi les joueurs tricolores. Nous sommes donc assez loin du compte… Mais comme je l’écrivais à la même époque l’an passé, je suis depuis toujours un compétiteur dans l’âme : le fait de pouvoir comparer mes résultats à ceux de l’élite mondiale est une grosse source de motivation.

Online : faire aussi bien que l’an passé

Guillaume Diaz
En ligne, je conserve des objectifs similaires à ceux de 2016 :

Jouer un minimum de 1000 tournois dans l’année…
…Avec un buy-in moyen supérieur à 100 euros
…Et un ROI global supérieur à 70%.

Je sors d’une année où j’ai réussi à atteindre cet objectif en seulement cinq mois : j’espère bien entendu faire de même en 2017 !

Comment y parvenir ?

Pour maximiser mes chances, plusieurs moyens seront, ou sont déjà à ma disposition. En voici une liste non-exhaustive…

Comme indiqué plus haut, le stacking va me permettre d’accéder à de plus gros tournois sans mettre en danger ma bankroll.

Techniquement, il va me falloir être à jour, et développer le jeu le plus complet possible. Le travail fait en interne avec le Team tout au long de l’année sera primordial. Avoir la possibilité d’échanger et de débattre quotidiennement avec des joueurs aussi expérimentés et compétents dans leur domaine est une opportunité fantastique de progresser chaque jour, et procure un avantage énorme sur les joueurs plus « isolés ». Je compte bien tirer le maximum de cet avantage.

Guillaume Diaz
Dans le même ordre idée, je compte être plus actif qu’auparavant dans mes échanges avec les autres joueurs. Contrairement à mes premières années chez Winamax, durant lesquelles je discutais peu en dehors du Team, j’ai aujourd’hui la chance de fréquenter quelques-uns des meilleurs joueurs français, grâce aux rencontres et affinités développées avec le temps. Mais actuellement, je ne participe que très peu à ces échanges : à moi, donc, de me montrer plus actif de ce côté, que ce soit avant ou après mes sessions online.

Toujours dans le volet technique, il me faut utiliser de manière plus régulière les logiciels installés il y a quelques mois, dont PioSolver (pour les détails, je vous renvoie à l’excellent blog de Gaëlle à propos les outils pour progresser au poker). Ces logiciels « solvers » constituent aujourd’hui le moyen le plus efficace pour analyser et comprendre le jeu GTO, et ne pas les exploiter au maximum est clairement un handicap pour qui souhaite aller chercher les meilleurs joueurs sur leur terrain. Je vais donc m’imposer d’analyser entièrement au moins deux situations après chaque session en ligne, et pendant mes days off en live.

En ce qui concerne le mental, 2017 sera l’année du « cooldown ». Pardon ? Je vous rassure, il y a quelques mois, je ne connaissais pas ce terme non plus. En gros, appliqué au poker, le cooldown est la phase de transition qui suit une session (ou une partie live) où l’on fait le point de manière pragmatique sur tout ce que l’on a vécu, avant de faire le vide et passer complètement à autre chose. Cela permet à votre cerveau de se focaliser sur la qualité de votre performance (ai-je suivi mon plan ? Ai-je bien géré mes émotions? Ai-je joué mon A-game durant toute la session ? etc…) au lieu de s’égarer sur le résultat financier. Je compte bien me mettre dans cet état d’esprit de manière quotidienne, ce que je n’avais auparavant fait que lors de mes deep-runs en live, au travers des séances de débriefing avec Stéphane. J’espère que cela m’aidera à résoudre un des problèmes que je partage avec nombre de grands joueurs online : ce satané cerveau qui refuse obstinément de cogiter alors que la partie est terminée depuis trois heures !

Enfin, je souhaite recommencer un travail régulier sur le mental en compagnie de Pier Gauthier. Après 18 mois de travail ensemble, je n’ai pas fait appel à ses services pendant plusieurs mois en 2016, à tort il me semble. Le taf effectué sur, entre autres, l’analyse de mes comportements ainsi que la définition de mes rêves et objectifs avaient été des outils formidables pour être plus performant et stable mentalement, et cela a clairement été une erreur de ma part de ne pas continuer ce travail de fond.

Le plan pour 2017 est donc clair, et même si les deux premiers mois de cette nouvelle année ont été assez chaotiques, la confiance règne.

Y’a plus qu’à !


Guillaume Diaz

Le vainqueur de la troisième Top Shark Academy possède l’un des plus beaux palmarès de Winamax.

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