Un week-end presque toulousain

Par dans Winamax Poker Tour il y a plus de 4 ans.

Les yeux qui piquent, m'étant levé à 6h30 du matin, c’est vers 11h30 que je débarque à Paris pour un weekend toulousain. La nouvelle saison du Winamax Poker Tour a été lancée ici-même, il y a quelques semaines, à la Grande Halle de La Villette, laissant place ensuite aux étapes régionales. Pour moi ce sera Toulouse puis Bordeaux, un retour aux sources en quelque sorte.

Mais avant de déguster une saucisse bien toulousaine, il me faut sauter dans un taxi bien parisien : direction mon dentiste dans le 7e arrondissement. Je ne fais confiance qu’à lui et n’aurai pas vraiment le temps, ni l’envie d’aller me faire charcuter à Malte durant ces prochains mois. Une fois remplie cette première formalité, qui ne sera pas la plus douloureuse, il me faut maintenant déposer mes valises à l’hôtel et me rendre aux bureaux de Winamax pour une soirée « Tournoi du Comité d’Entreprise », la deuxième formalité sur ma liste, pas non plus la plus douloureuse.

Le field de la société est très hétérogène.  Il y a tout d’abord les traders ès paris sportifs, pour qui une performance dans le tournoi est secondaire, et qui sont bien plus intéressés par offrir des cotes à leurs collègues sur leurs chances de gagner le tournoi ou encore par proposer à un certain pigeon de miser sur le match Murray - Federer.

« Moi je sens bien Murray sur ce match, c’est la bête noire de Federer » me soufflera même l’un d’eux.

Il y a ensuite les employés de la première génération : Jean, Laurence, Willy, Tristan, etc. A leur actif, une cinquantaine de tournois du CE et... probablement aucune victoire. Ce ne sera pas pour ce soir non plus : ils sont plus là pour les parties de FIFA 15 et la distribution de bières que pour marquer des points au classement. C’est... Lire la suite

Ne nous fâchons pas

Par dans GénéralLife Style il y a plus de 4 ans.



Il est 14 heures à peine quand je me présente au comptoir du petit PC World installé au bout de ma rue. Le vendeur Pakistanais me reconnaît immédiatement :

« Hello, Sir, not good the keyboard ? »

Non : le clavier se portait bien, cette fois-ci c’était la souris, la deuxième en deux semaines.

« What’s wrong with the mouse ? It’s under warranty » me demande-t-il, mais hélas la dite garantie ne couvre pas les dégâts liés au lancer de matériel.  J’opte donc pour le modèle Razer. Avec un fil, cette fois : au moins je la retrouverai plus vite.

J’ai toujours été colérique. A Counter Strike, il m’arrivait fréquemment d’insulter mes coéquipiers tout en détruisant souris, clavier et casque à cause d’une stratégie mal exécutée. J’ai perdu un grand nombre de matches et de partenaires de jeu à cause de ça. La transition vers le poker n’a rien arrangé, quand on n’a plus personne à blâmer on est bien obligé de s’énerver contre soi-même, et ça c’est parfois pire.

Le point d’orgue de cette folie intérieure aura été atteint en 2008, lorsqu’à la suite d’un 3-outer à tapis sur le turn pour un pot énorme j’ai mis un grand coup de pied dans le mur en hurlant, avant de me rassoir immédiatement pour continuer à jouer. En principe, si l’on ne s’est pas vraiment fait mal, la douleur passe au bout d’une dizaine de minutes, mais dans ce cas précis je souffrais encore atrocement après vingt minutes. J’ai donc enlevé ma chaussette pour constater les dégâts et me suis retrouvé nez à nez avec l’os de mon gros orteil à la perpendiculaire de sa position habituelle. Je ne sais pas lequel de nous deux a été le plus surpris de rencontrer l’autre, mais j’ai quand même décroché le téléphone pour informer ma mère… et lui demander de venir à mon... Lire la suite

Courrier de vacances

Par dans Général il y a plus de 4 ans.

(Photo : Grégoire Camuzet)

« Mon ami,

Si je t’écris cette lettre aujourd’hui c’est que je n’ai pas trouvé d’autre solution pour me faire entendre. Entre tes nouvelles fréquentations et tes sautes d’humeur (on y reviendra), il est devenu impossible d’avoir une conversation avec toi. L’écriture est peut-être la solution.

Ces dernières années, je t’ai observé changer, évoluer. D’abord de manière bienveillante : tu as grandi au travers des expériences, en tant que joueur de poker et en tant que personne. J’ai ensuite été plus sceptique quant à tes relations, tes fréquentations, tes choix de vie et choix de nuit, mais tu as toujours été capable de discernement et d’intelligence, alors j’ai ravalé ma salive et fermé les yeux.

Aujourd’hui, je suis inquiet. Tu es le premier à dire que le talent n’est rien sans le travail, que tu n’as pas à être fier de tes capacités, mais pour autant tu travailles moins qu’avant et tu passes ton temps à te vanter.

Ton palmarès est au point mort, tes gains sur Internet stagnent depuis des mois, le Fisc te demande une fortune, et toi tu fais la fête !

Mais, tu fêtes quoi exactement ?

Attention : je ne suis pas en train de te dire qu’il ne faut pas s’éclater, je sais que tu as besoin de relâcher la pression de temps en temps. Mais il y a des façons de faire la fête, des gens avec qui la faire, des raisons de la faire, et surtout une fréquence à laquelle la faire.

Finir à dix heures du matin trois fois par semaine dans un état pathétique ce n’est pas s’amuser, c’est fuir, et ce n’est pas sans conséquences.

Ne me demande pas ce que tu fuis, je ne suis pas psy, mais quand tu pourrais sans problème être en train de te mesurer aux meilleurs joueurs de cash-game et de tournoi au monde, ne... Lire la suite

Hippies, tipis, et herbes folles

Par dans Tournois LiveLife Style il y a plus de 4 ans.

(Résumé de l’épisode précédent : Ludovic est invité au WPT Shooting Stars en Californie, Ludovic se ballade à San Francisco, Ludovic fait la fête, Ludovic tombe malade, Ludovic joue un tournoi de poker, Ludovic est de plus en plus malade, Ludovic décide de rester un peu en Californie…)

Le tournoi au Bay 101 étant terminé pour moi, je décide de retourner quelques jours sur San Francisco avant de me diriger vers la dernière étape de la boucle Californienne du World Poker Tour : le Rolling Thunder.

Ayant deux jours à tuer avant son retour en Europe, mon ami Fabrice Soulier décide de se joindre à moi, et en deux temps trois mouvements un hôtel est réservé, et un taxi nous dépose à Union Square, en plein centre-ville quoi. Il est quatorze heures, le temps est radieux, comme tous les jours en Californie, idéal pour une balade. Première étape : Lombard Street, l’iconique rue en zig-zag de Frisco, en haut de laquelle on peut admirer une vue incroyable de la ville, comme nous sommes de touristes nous payons vingt dollars pour y monter en Cable Car, histoire de pouvoir un jour le raconter à nos petits-enfants.



On continue notre ballade sur cette espèce de colline perchée au milieu de la ville avant de prendre un taxi pour le Golden Gate Park et, de là, rejoindre la plage à pied. Il est déjà dix-huit heures et le soleil est sur le point de se coucher sur la gigantesque étendue de sable, ici les gens viennent boire des coups, jouer de la guitare, jongler ou fumer des pétards. Il y a aussi des brasiers allumés tous les cinquante mètres, la population est un mélange de jeunes, de hippies et de junkies, une personne pouvant appartenir aux trois catégories. L’endroit est cool et j’aimerais bien voir à quoi ça ressemble un peu... Lire la suite

Pourquoi est-ce que je joue encore au poker ?

Par dans GénéralLife Style il y a plus de 4 ans.

« Pourquoi est-ce que je joue encore au poker ? » : c’est une question que je me suis posé plusieurs centaines de fois ces dernières années. Pour la plupart d’entre vous la réponse est facile : l’argent ou la passion du jeu.

Ce n’est ni l’un ni l’autre en ce qui me concerne. Non pas que je sois devenu riche, mais comme beaucoup de joueurs français, je suis dans l’attente du résultat d’un contrôle fiscal injuste qui pourrait tout me faire perdre. Et puis je pense que l’argent n’est pas vraiment une fin en soi dans la vie.

Pour ce qui est de la passion, le terme peut renvoyer au besoin de joueur au poker, à l’addiction au jeu, ce qui ne m’a jamais atteint. La passion pour moi est cette envie d’explorer toutes les facettes d’un domaine, de maitriser un maximum de données et d’essayer de comprendre le raisonnement de tous les joueurs que je croise. 

Si l’on utilise cette seconde définition, alors oui, la passion est encore une des raisons pour lesquelles je joue au poker, mais ce n’est plus la principale. J’ai passé tellement d’heures à travailler mon jeu que je ne pense  maintenant plus avoir de choses fondamentales à apprendre. Et quelques intenses séances de travail plusieurs fois dans l’année me suffisent à remettre mon jeu au goût du jour. Oui, je sais pertinemment que je n’ai aucune modestie, mais ne faites pas les surpris, vous le savez depuis bien longtemps !

Quel est donc le nouveau défi ?

Mon defi, c’est justement le défi. Ce serait un peu trop facile d’arrêter la, de s’endormir sur ses lauriers alors qu’en réalité je n’ai rien accompli d’incroyable. Durant les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, les commentateurs de la télévision française ont dû répéter une... Lire la suite

Pourquoi est-ce que je joue encore au poker ?

Par dans GénéralLife Style il y a plus de 3 ans.

« Pourquoi est-ce que je joue encore au poker ? » : c’est une question que je me suis posé plusieurs centaines de fois ces dernières années. Pour la plupart d’entre vous la réponse est facile : l’argent ou la passion du jeu.

Ce n’est ni l’un ni l’autre en ce qui me concerne. Non pas que je sois devenu riche, mais comme beaucoup de joueurs français, je suis dans l’attente du résultat d’un contrôle fiscal injuste qui pourrait tout me faire perdre. Et puis je pense que l’argent n’est pas vraiment une fin en soi dans la vie.

Pour ce qui est de la passion, le terme peut renvoyer au besoin de joueur au poker, à l’addiction au jeu, ce qui ne m’a jamais atteint. La passion pour moi est cette envie d’explorer toutes les facettes d’un domaine, de maitriser un maximum de données et d’essayer de comprendre le raisonnement de tous les joueurs que je croise. 

Si l’on utilise cette seconde définition, alors oui, la passion est encore une des raisons pour lesquelles je joue au poker, mais ce n’est plus la principale. J’ai passé tellement d’heures à travailler mon jeu que je ne pense  maintenant plus avoir de choses fondamentales à apprendre. Et quelques intenses séances de travail plusieurs fois dans l’année me suffisent à remettre mon jeu au goût du jour. Oui, je sais pertinemment que je n’ai aucune modestie, mais ne faites pas les surpris, vous le savez depuis bien longtemps !

Quel est donc le nouveau défi ?

Mon defi, c’est justement le défi. Ce serait un peu trop facile d’arrêter la, de s’endormir sur ses lauriers alors qu’en réalité je n’ai rien accompli d’incroyable. Durant les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi, les commentateurs de la télévision française ont dû répéter une... Lire la suite

Hippies, bountys, saunas & mouchoirs

Par dans Tournois LiveLife Style il y a plus de 4 ans.

Quand le célèbre arbitre Américain Matt Savage a publié la liste préliminaire des joueurs invités au World Poker Tour Shooting Stars organisé au casino Bay 101, dans la banlieue de San Jose (Californie), je n’ai pas longuement hésité avant de lui Twitter un petit message pour réclamer mon invitation, en me disant qu’après mon bon résultat dans le WPT Montréal fin décembre ((9ème sur 862, NDLR)) il y avait quand même moyen que je sois dans leurs petits papiers ! Bingo, moins d’une heure plus tard, Savage me faisait savoir que si je pouvais confirmer sur le champ ma venue, je serais une « Shooting Star » durant ce tournoi.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept, ce WPT est un tournoi comme tous les autres, avec un prix d’entrée de 7500$, sauf que les organisateurs ajoutent 50 bountys : 2000$ sur la tête de certains joueurs connus, et 10000$ pour le chip-leader de chaque Day 1. Bref, un tournoi classique mais avec une bonne dose de fun ajoutée. Fort de mon expérience sur les Kill the Pros, j’étais très remontée à l’idée d’être bounty dans ce tournoi où finalement très peu de gens me reconnaîtraient. Car la liste des « Stars » était impressionnante, dominée par les Nord-Américains évidemment (Negreanu, Hellmuth, Jason Mercier et compagnie), il me semble d'ailleurs que nous n’étions que quatre Européens au total.

J’ai donc décollé vers San Francisco juste après la finale du Winamax Poker Tour. J’avais deux jours pour en profiter avant de me rendre vers ma destination, San Jose, située à une heure de route. J’arrive en début d’après-midi et pose mes valises dans un charmant petit hôtel pas loin de Union Square, il fait beau, impossible de rester en place, je pars explorer les environs direct. Je suis... Lire la suite

Les trois fois où l’on m’a pris pour David Guetta…

Par dans Life Style il y a plus de 4 ans.

… Et où je n’ai pas nié.

Très peu d’entre vous seront surpris d’apprendre que l’on m’a plus d’une fois confondu avec le célèbre DJ et producteur electro Français David Guetta.

Bien qu’il soit plus vieux que moi (18 ans d’écart, une paille) et infiniment moins beau gosse, il paraît qu’il y a un air de famille et je suis au courant depuis longtemps. Ce qui est plus ennuyeux, c’est que ces dernières années Guetta est devenu une vraie star internationale, ce qui a eu pour effet de multiplier ce genre de confusions dans un nombre croissant de pays. (Note du correcteur : Vous croyez que David Guetta a déjà eu affaire à des fans transis de Ludovic Lacay croyant rencontrer leur idole ? Cela ne fait aucun doute pour nous.)

Je pourrais vous raconter toutes ces histoires, mais elles ne sont guère passionnantes. Contentons nous du Top 3 des fois où l’on m’a pris pour Guetta… Et où j’ai joué le jeu.

1/ Au restaurant à Marrakech

Nous sommes en 2008, cela fait déjà un petit moment que j’ai intégré le Team, et j’ai mes habitudes dans les parties de cash-game de la métropole Marocaine en compagnie de mon ami Antony Lellouche. Un vendredi soir d’avant-fête, nous nous rendons dans un superbe restaurant de la vieille ville, où nous sommes reçus comme des princes avec  nos potes. Un groupe de musique joue non loin de nous dans la cour intérieure, les danseuses virevoltent ventre à l’air, et notre table est immense et recouverte de pétales de fleurs.

Les plats traditionnels défilent, le vin coule à flots, la musique nous envoûte, bref ce dîner est parfait, et la soirée ne fait que commencer, il est temps de demander l’addition. C’est le moment que choisit le patron pour venir nous serrer la main, nous... Lire la suite

Récital à Montréal

Par dans Tournois Live il y a plus de 4 ans.

(Deuxième partie du blog Claque sur claque au Québec)

Day 2

Me voilà donc au départ du Day 2 du WPT Montreal. J’ai un tapis confortable qui me place dans le Top 30. Le classement importe peu mais il est toujours bien de savoir qu’on est devant à « la course ». J’opte pour une stratégie plus tight que d’habitude en début de journée en voyant que ma table risque de casser rapidement. Je n’y retrouve personne de connu si ce n’est Giacomo Fundaro, l’Italien le moins classe du circuit, et le directeur du Playground Club Spencer Stacey que je félicite pour son excellent travail… avant de l’éliminer sur un coinflip avec As-Roi contre deux Dames. Une grosse partie du field l’imite. Je suis alors déplacé à une table, qui selon mes calculs cassera après la bulle, et donc à laquelle je vais pouvoir jouer un peu plus au poker, mettre en place des read et une metagame favorable. Enfin ça, c’est le plan…

Et le plan fonctionne ! Je double pratiquement mon tapis après six niveaux de jeu, il reste 128 joueurs au moment où le directeur de tournoi annonce la pause dîner, et les places payées approchent. La pause est très courte, quarante-cinq minutes environ, car tout le monde peut commander à sa table le même menu qu’au restaurant. C’est vraiment pratique, chacun gère son alimentation et il est moins difficile de finir la journée que dans un EPT où tout le monde revient du diner avec comme seule envie celle de dormir. Je profite de la bulle pour prendre des gros risques, avec succès puisque j’atteins les places payées avec 360,000, l’équivalent de trois fois mon tapis de départ.

Une fois dans l’argent, la partie devient très chaotique : les joueurs se libèrent, les shortstacks font tapis dans tous les sens et moi, en pleine bourre, je me... Lire la suite

Claque sur claque au Québec

Par dans Tournois LiveLife Style il y a plus de 5 ans.

Quand on m’a parlé pour la première fois de l’étape World Poker Tour de Montréal, j’étais au bar du Light au Bellagio, à boire des shots de téquila Patron avec mes amis Québécois Marc-André Ladouceur, Pascal LeFrancois et Samuel Chartier. Sans surprise, je n’allais pas retenir grand-chose de la conservation que nous avons eue ce soir-là, en particulier une chose : à entendre mes compères, je n’avais pas le droit de ne pas faire le voyage au Québec, le tournoi allait être trop beau, et l’accueil royal garanti par mes futurs hôtes.

Au réveil le lendemain, je n’ai donc aucun souvenir. Oubliée Montréal, le bar du Light, les futurs swaps avec mes potes, et la demi-douzaine de déclaration d’amour et d’admiration mutuelles. Ce n’est que trois mois plus tard, à l’occasion de l’EPT Londres massivement envahi par les Québécois, que j’entendrai à nouveau parler du tournoi. La joyeuse bande avait réservé un appart’ supplémentaire dans leur immeuble, bref tout était organisé, il n’y avait plus qu’à prendre le billet. Ah, et acheter un manteau bien épais, aussi.

Après un vol de sept heures qui m’aura permis de découvrir les deux chefs d’œuvres, cinématographiques de l’année 2013 que sont The Hangover III et We are the Miller, j’atterris en pleine tempête de neige, la première de la saison me dira-t-on plus tard, et me dirige en taxi vers mon appartement situé dans le quartier Français de Montréal. Car comme me l’apprend mon chauffeur (francophone), plus de la moitié de la ville est anglophone, c’est en réalité à Québec que les francophones sont vraiment en majorité.

Il est tard, je suis éclaté et m’effondre sans avoir pris le temps de regarder... Lire la suite