« Miss, you don’t play well »

Par dans GénéralTournois Live il y a plus de 8 ans.

« Miss, you’re playing with stars of poker and you don’t play well. »

Cette phrase m’a été dite par un croupier. Un croupier du Rio à Las Vegas pendant les WSOP. Nous sommes encore 45 en course dans le 2,500$ 6 max et je viens de faire tapis avec un peu moins de 20 blindes. Voici le contexte.

Je suis, depuis plus de deux heures, en train de me bagarrer à une table difficile, trois gros stacks à ma droite et je navigue entre 15 et 25 blindes. Les deux joueurs directement à ma droite relancent quasiment tous les coups préflop et je ne vois pas de jeu. Je pousse pour me maintenir à flots (avec des mains très marginales) à chaque fois que j’en ai l’occasion. Le joueur en face de moi sur qui ça tombe plus de 7 fois ne me paye jamais mais me regarde à chaque fois très longuement. Je sens qu’il tilt. Qu’il tilt grave même. Puis arrive ce coup, où une fois encore ça tombe sur lui : je pousse mes jetons au milieu ( j’ai cette fois AK et un peu moins de 20BB, une très bonne situation pour qu’il call vu l’historique entre nous). Il réfléchit encore plus, excédé, et finit par fold non sans lâcher à son voisin un truc genre « stupid girl. » En tout cas quelque chose de court, de visiblement pas très aimable mais que je n’entends pas… Le croupier ( qui est depuis 5 minutes à notre table) voit que je tends l’oreille pour écouter ce qu’il dit et c’est là que sort cette phrase magique « Miss, you’re playing with stars of poker and you don’t play well » !

A ce moment là de la compétition, tout peut se jouer, le mental a une place primordiale et cette phrase est impardonnable. J’ai deux solutions : soit j’arrête le coup, je fais venir le responsable du tournoi, je... Lire la suite

La grande vie

Par dans Général il y a plus de 9 ans.

Mars a été riche en perspectives, en essais … en déceptions aussi. Mais le printemps il revient toujours, comme on dit !

Berlin d’abord où deux coups contre le même joueur me mettent à demi ko, la faim faisant le reste du boulot pour me mettre à terre.

Je 3-bet un joueur préflop avec QQ. Il paye. Le flop vient 10/J/4.

Je fais un continuation bet, mon adversaire me relance du minimum et je le 3-bet pensant qu’il peut me relancer avec un simple valet.

Quand il me paye, je ne suis plus certaine d’avoir la meilleure main et je préfère checker la turn pour contrôler la taille du pot. Quand il mise sur la rivière qui amène un second J, je ne peux que passer… il possédait J8 !

Un peu plus tard, je trouve enfin un brelan au flop avec ma paire de 8 en main. La turn et la rivière sont deux AS. Et je dois fold face à un carré d’AS de mon adversaire, mon full faisant désormais pâle figure …

Evian ensuite où j’affronte pour mon premier tête à tête un très jeune joueur de HU online : Basile Haiche, 18 ans, toutes ses dents (enfin je crois), un « mini johny001 » très doué.

Je fais des erreurs dans ce tournois mais je rencontre surtout un joueur malin qui m’envoi 10 000 tells à la minute et brouille ma lecture de son jeu. Il touchera aussi une quinte miraculeuse contre ma double paire, un full à la rivière … et moi rien … et en HU ça n’aide pas !

Mon second HU est contre Isabelle Mercier. On se connait de vue depuis 4 ans mais je n’avais jamais joué à sa table. Elle me dira à la fin de la partie « j’ai vraiment beaucoup touché » et c’est vrai ! A part deux bons calls avec 4e paire, je n’ai pas pu faire grand-chose : je voyais quand elle avait de bonnes... Lire la suite

En avoir ou pas...

Par dans Général il y a plus de 9 ans.

Je ne peux pas penser au tournoi de Deauville et à ma dixième place sans repenser à mes débuts au sein de l’équipe Winamax, aux premières vidéos des joueurs de l’équipe et aux conseils que j’ai reçus. Et à ma stupéfaction quand j’ai regardé pour la première fois une vidéo où Annette Obrestad jouait un tournoi online en cachant ses cartes sur l’écran à l’aide d’un scotch. Je ne comprenais pas comment cette fille pouvait jouer et gagner sans connaître la valeur des ses cartes. Sans comparer nos niveaux, je sais que j’ai intégré depuis quelques mois des notions fondamentales et que mon niveau de poker a nettement évolué. Parce que je ne recule plus devant une décision, même périlleuse, si je la pense juste.

Comment et pourquoi ? Je n’ai pas de réponse précise. Aucune fée ne s’est penchée sur mon sommeil avec sa pluie d’étoiles magiques. Mais je peux raccorder plusieurs éléments, oui.

Comme l’intuition que j’ai eu à la fin de l’été que je ne voulais plus jouer avec mes lunettes fumées. Pourquoi, alors que j’ai la réputation d’être impassible, me cacher au risque de dégager moins de force et de faire l’objet de plus de projections et de fantasmes ?

Perdre à la première main de mon day 2 à Prague a été une étape importante aussi. J’avais passé mon day 1 à m’amuser avec mon image, à essayer des choses et à monter des jetons. Et voir que oui je pouvais bust sur cette main m’a fait réaliser que je jouais désormais sans filet. Gagner le HU contre Guillaume de La Gorce et voir les regards de joueurs de l’équipe changer à mon égard, placer depuis Vilamoura des bluffs de plus en plus osés et chers, de nombreux 3bet light, sentir que je gagnais à... Lire la suite

En tête à tête

Par dans Général il y a plus de 9 ans.

   Prague m’a laissé un goût amer en bouche. Après une première journée assez folle, après des reads parfaits et de bonnes décisions, je quitte le tournoi sur ma première main du Day 2. Ironie de la journée, c’est une main que je suis à deux doigts de ne pas jouer. Je quitte mon hôtel d’un pas vaillant, coince mon talon de botte dans un rail de tram, « crac », repars à cloche pieds dans la direction de l hôtel le rire au bout des lèvres, change de chaussures et file, cette fois en courant, vers la salle du tournoi. Je m’apprête à regarder la liste des joueurs avec leur placement quand Paco, notre cameraman, me dit « vite, vite, ta table est là ! » et je cours m’asseoir pour découvrir, en même temps que j’enlève mon manteau, AK au bouton. Je raise, la petite blind me reraise et je décide de simplement call. Si je touche au flop, il ne mettra pas facilement sur cette main là. Les premières mains de la journée sont toujours plus difficiles à jouer : qui sont ces joueurs, leur parcours, leur motivations ... tout ce qui reste à éclaircir et qui au moment où je joue cette main me fait dire "pfffff j'aime pas jouer de gros pots la première heure sans historique"

Le flop est A-J-8 avec deux piques. Il bet 11000, je réfléchis et le raise à 25000.

Et il boîte ... il peut avoir un gros draw, un bon as, ne pas me voir avec une si bonne main vu que je ne l'ai pas 4 bet préflop. Pourquoi faire boîte s'il a brelan ? Il va faire fuir des mains qu'il domine très largement comme AQ que je représente facilement.

La décision est difficile. Je le regarde et je lui parle. J'empile mes jetons, je les compte et recompte, il ne bouge pas. Et je paye. Il dévoile JJ. Je n'espère même pas 10 Q... Lire la suite

Un grand ciel bleu dans l'âme

Par dans Général il y a plus de 9 ans.


Ca faisait longtemps que je n’avais pas joué un tournoi à l’ACF. Je m’y rends régulièrement pour les tournois « people » mais ce sont des tournois très particuliers : on y boit, mange, discute, rigole autant qu’on y joue aux cartes (et parfois, le moment le plus drôle est justement quand on joue aux cartes).

Je savais que je partais avec un handicap à cet event à 3000 euros (20 000 en jetons, niveaux 45min) : l’heure de départ et donc l’heure d’arrivée. La distribution des cartes est annoncée à 16 heures et la fin du day 1 est prévue vers 6H le matin. Pour la maman que je suis qui s’est levée tôt le matin, voir même une ou deux fois dans la nuit (« maman, y a un monstre qui me fait peur » et « maman, il est toujours là !»), ma condition physique allait être l’une des clés du tournoi.

Ma table est plutôt agréable : trois habitués du lieu, Paul Testud, et quelques jeunes agressifs. Je fold KK sur un flop 10/J/X.C’est une main que je tribet préflop et je sais à la tête du joueur quand il me raise au flop qu’il a trouvé ce qu’il cherchait et il me fera voir sa main JJ. Je remporte des petits pots, je fais sauter Paul : je reraise AQ après une relance d’un joueur très actif à table. Paul très short me fait boîte pour le double de ma mise, je paye, il retourne QQ et sort un AS.

A la pause dîner je me retrouve installée devant un confortable tapis de plus de 55 000 quant l’average est à 40. Je me permets deux trois moves à ma nouvelle table car je suis systématiquement attaquée par un jeune joueur assis deux sièges à ma droite. Vers 2H30 du matin, je perds JQv67 en poussant à la faute préflop un joueur short que je sens à bout. Mais... Lire la suite

Fortunes

Par dans GénéralTournois Live il y a plus de 9 ans.

Alexia Portal et Salim Kechiouche

Me voilà à Tours depuis mi juillet, depuis mon retour de Las Vegas.

Je tourne une mini série pour Arte « Fortunes » dont je tiens le rôle principal féminin.

Aujourd’hui est un jour chaud. Un de ces jours qui vous font regretter d’être obligée d’être chaudement habillé à cause de scènes « raccord » déjà tournées fin juin quand il faisait plus frais. On est en centre ville et on entend toute la journée les passants ou les curieux dire « quelle patience il faut ! » ou « mais pourquoi vous refaites encore ? » ou bien « alors, c’est vous la mariée ? » alors que non, pas du tout, mais tout le monde a voulu me marier aujourd’hui …

Tournage "Fortunes"

 






Las Vegas, mon Las Vegas me manque déjà. Je n’ai fait cette année qu’un petit tour aux WSOP, un seul tournois, le main event pour cause de tournage et d’enfant en bas âge.

Mes souvenirs se floutent. En day 1, rien ne passe. Je split AAvAA après une frayeur sur une turn offrant une possibilité de flush à mon adversaire. Nous jouons 5 niveaux de 2 heures, un niveau de plus que ceux qui ont débutés le tournoi les premiers jours. Jouer longtemps est une situation qui est souvent à mon avantage, mais là avec le décalage horaire, la dernière heure me coute cher. Alors que j’ai remonté un tapis confortable à 50 000 sans avoir de cartes, je perds deux fois AK et je me retrouve en dessous de l’average pour le day 2 avec 35 000.

 

Mon second jour de tournois commence très mal. Ma table est très difficile. Je me retrouve avec Raul Mestre et un autre jeune joueur très actif, je serre les dents et je fais preuve de patience. Je le squeeze dans la seconde heure avec 8/10 espérant un peu de respect mais devant sa résistance je lâche et... Lire la suite

Icônes

Par dans Général il y a plus de 9 ans.

Salut à tous,

En regardant le Picasso du dernier post d’Almira sur ce blog, j’ai eu envie de vous faire partager ma passion pour la photographie. Et pourquoi pas, vous raconter mon Vegas à moi à travers ces clichés.

3 voyages à Vegas. Déjà. Je commence à m’y sentir chez moi. Jouer là bas est le rêve de tellement de joueurs que je ne peux que me sentir privilégiée.

Vegas pour moi se résume en quelques mots : cartes, lumières, solitude et fantasmes.

Patrick Taberna

Dans l’immense salle du rio, je repense à chaque fois à un conseil que m’avait donné Patrick Bruel lors de mon premier séjour : ne regarde pas autour de toi, c’est trop immense, tu n’en verras pas le bout et tu auras le vertige. Il a raison. Et ce dont parle Almira, cette sensation de ne pas en voir le bout, c’est le lieu qui l’amène et pas seulement le type de tournois, main ou small event. Il faut résister c’est une machine à broyer.

Mais le plaisir de jouer pendant des heures, d’entendre « all in » ici et là, c’est comme un levé de rideau pour moi, un pied absolu. Et cette année, pour cause d’enfant en bas âge, je ne vais faire que deux tournois : le main event des wsop que je vais commencer le 6 juillet et le main event des mega stack du caesar palace. J’espère jouer suffisamment longtemps pour ne pas repartir frustrée. Et pourquoi pas faire mon 3ième itm de la saison après Londres et San Remo.

Gilles Coulon

L’année dernière, j’habitais dans la villa avec mes copains de la team et je découvrais les plaisirs de la collectivité made in usa. La wii n’avait plus de secret pour moi, pas plus que le supermarché du quartier. Ouvert 24H/24. Las Vegas c’est cela, des lumières et une vie... Lire la suite

Qui fait le coq ?

Par dans Tournois Live il y a plus de 10 ans.

Ceux qui me lisent le savent, jouer avec des femmes n’est pas ma configuration favorite !

Bien sûr, pour ce ladies event de Monaco (une cinquantaine de joueuses), l’idée était de jouer mon meilleur poker, de repérer les plus inexpérimentées et mettre une pression sans faille.

La structure du tournois, un bon vieux turbo des familles allait décider du reste puisqu’avec 3000 jetons et des niveaux de 20 minutes, il fallait, pour gagner, être là au bon moment pour les livraisons de début de tournois et avoir un tant soit peu les cartes entre la 3ème et 4ème heure de jeu pour ramasser les derniers jetons des plus petits tapis.

Dès le début de la partie, les deux joueuses les plus faibles à ma table sautent. Femmes de joueurs du circuit, elle sont là pour s’amuser mais ne connaissent pas vraiment les règles du jeu.

J’exagère ?

Une joueuse pose ses jetons un à un. La croupière la reprend et lui explique la règle. Deux tours après elle refait la même chose. Un peu vexée par les réprimandes, elle poussera ses presque 3000 jetons, en milieu de parole, aux blinds 50/100, avec JJ.

Mais AA se trouve derrière elle et elle saute sous l’œil très amoureux de son chéri, sûrement ravi de ne pas avoir à dîner seul.

Voilà les coups qu’il FAUT remporter en début de tournois. Dès que l’on arrive à monter des jetons, l’affaire est en partie gagnée.

En partie seulement. Car s’il y a bien une chose qui est fausse concernant les tournois femmes, c’est bien notre prétendue passivité. Au contraire quelle agressivité ! Gestuelle, verbale, il faut dire que de vrais talents se trouvaient à table.

Et nous voilà prises dans une bataille de coq, un catch à main nues qui font que les... Lire la suite

Et Elky laissa un vide …

Par dans Général il y a plus de 10 ans.

Salut à tous,

Je vais reprendre mes comptes rendus de tournois sur le blog en vous racontant mon tournois de Monte Carlo, dont la fin n’est pas glorieuse du tout, plutôt que mon Itm de San Remo.

Un besoin ce matin, de mettre sur papier, de coucher sur l’ordi la succession des événements tels que je les ai ressenti hier dans mon day 2 à Monte Carlo. L’envie de faire place nette pour les tournois à venir : le ladies event dans quelques heures et surtout Venise dans cinq jours.

Mais c’est promis, vous n’y couperez pas, vous aurez mon récit de ma 57 ième place et même de mon Day 1 ici à Monaco puisque ce n’est pas tous les jours qu’on bluff l’un des meilleurs joueurs du monde, John Juanda, 4 bracelets et une manière très raffinée de prendre son thé.

 

Je débute donc à midi le day 2 avec un stack correct de 65000, mieux que l average, de quoi jouer.

 

Mon mari regarde les tableaux de composition des tables pendant que je joue avec les enfants sur le parvis de la salle du tournois.

« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle »

« je suis à la table d’Annette ? »

«  non, tu as Elky … mais tu as la position sur lui »

 

Je garde le sourire, non pas pour l histoire de la position mais juste parce que j’aime beaucoup Elky et que notre historique de jeux est plutôt positive

 

La partie commence 

Les deux premières heures, je descend un peu, je remonte, deux joueurs sautent, à ma gauche un nouvel arrivant qui monte un gros stack sur un seul coup mais il me parait moins dangereux que d’autres. Elky (à ma droite donc) remonte bien, se montre agressif fidèle à sa réputation, et je reconnais à sa droite, un jeune joueur pokerstars déjà vu sur le circuit. Il... Lire la suite

2..9, c'est mieux que 2..8, non ?

Par dans Général il y a plus de 10 ans.

Salut à tous

Je m’y prends un peu tard certes mais j’ai encore quelques jours pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2009 !

Et que d’émotions en 2008 ! Un cruel bad beat à Monaco (depuis j’ai un taux de réussite affligeant avec KK … si si je vous assure), heureusement un peu de réconfort au Caesar's Palace Casino de Vegas, un automne tout en rondeur jusqu’à Londres avec ma 22ème place, une fin d’année sur le banc de touche à suivre les exploits des autres pour cause de maternité approchante, l’arrivée de Cathleen avant Noël, forcément la plus belle, de bons résultats sur Winamax sous vos encouragements (et c’est promis pour 2009, fini les secondes places !

La perspective de 2009 m’enchante : mes filles qui grandissent ( la plus grande : " oh maman regarde y'a trois piques comme tes cartes " !!), plusieurs tournages en perspective et surtout enchaîner San Remo, Monaco, retrouver le Team et revivre de grands évènements avec les joueurs si particuliers qui forment cette équipe, lire l’inquiétude, le désarrois, la niaque, la fierté sur leurs visages … le poker quoi !

Bref je vous souhaite le meilleur, sur Winamax et ailleurs…

A très vite


Alexia