Loosli

En 2013, Sylvain est rentré dans l’histoire du poker tricolore en accrochant la 4e place du Main Event des championnats du monde. Le début d'un parcours d'exception au sein du Team Winamax.

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[Blog] Le plus gros bluff de ma carrière

Par dans Général il y a 1 mois.

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Avec ce titre, je suis sûr d’avoir attiré votre curiosité. Je vous vois déjà en train d'imaginer un énorme bluff contre Fedor Holz lors du 111 111 € High-Roller for One Drop que je viens de disputer à Rozvadov. Désolé de vous décevoir, mais il ne sera ici pas vraiment question de poker. J'ai choisi une anecdote qui remonte à déjà près de dix ans ! Je me la suis rappelée suite à un entretien pour une interview pour Capital.

Nous sommes en 2008, et je suis alors étudiant en école de commerce en année de césure, c’est à dire en année de « coupure » pour effectuer un stage en entreprise. Je passe la première moitié de l'année en stage dans une startup londonienne qui développe des applications mobiles (au passage, mon tout premier déménagement à Londres), et je travaille sur la partie business development et marketing. Le stage ne se passe pas aussi bien que prévu car le dirigeant de l’entreprise est très spécial et "exploite" plus ou moins ses employés et stagiaires, tout en faisant preuve d’un comportement détestable. Cependant, le fait d’être dans une petite structure de moins de dix personnes offre l’avantage de recevoir plus de responsabilités.

Dès que j’ai du temps libre, je multi-table la NL50 / NL100 et cela se passe plutôt bien, même si j’aimerais pouvoir consacrer plus de temps au poker et monter une meilleure bankroll. C’est d'ailleurs pendant cette période que j'entrevois pour la première fois l’idée d’une carrière de joueur de poker.

Après quelques mois de stage au sein de l’entreprise, le boss doit partir rencontrer de potentiels investisseurs et partenaires lors d’une conférence à San Francisco. Il veut lancer une application mobile pour commander un taxi depuis son téléphone, une sorte de... Lire la suite

[Blog] Aller de l'avant

Par dans Général il y a 2 mois.

Loosli1
Lorsque l'on vit de sa passion, on n'a jamais vraiment l'impression de travailler. C'est un des principaux avantages de la vie de joueur de poker professionnel. En revanche, il est plutôt compliqué (et surtout rare) de parvenir à se couper complètement du poker, même pour juste une semaine. Afin de rester au meilleur niveau et d'être compétitif, il faut jouer et « penser poker » de manière presque quotidienne. La seule période de répit pendant laquelle on parvient réellement à « déconnecter » dure un mois, juste après la fin du Main Event des WSOP et avant la reprise du circuit à Barcelone.

A l’inverse, les Winamax Series correspondent à une période de grind et de réfléxion intensive. En plus d’être une belle opportunité de gonfler sa bankroll, c’est le meilleur entraînement possible pour mettre en place des stratégies, réfléchir à un grand nombre de spots qui reviennent régulièrement ou encore prendre un maximum de notes sur le jeu de nos adversaires dans différentes situations. Si l’intensité des Series peut s’avérer épuisante avec un grand nombre de soirées à enchaîner (douze au total), il n’y a pas de meilleur moyen pour faire progresser son poker que d’envoyer un gros volume, puis d’analyser après coup ses décisions.

C’est également une excellent façon de tester son mental. En effet, il arrive souvent que l'on ressente une grande frustration en cas de série de mauvais résultats ou de places décevantes (notamment les demi-finales rapportant quelques buy-ins seulement, à deux doigts des gros payouts…), jusqu’à ce que la variance soit finalement de notre côté. A ce moment-là, il s’agit alors d’être prêt à dégainer son A-game en oubliant tout ce qui s’est passé auparavant. N’oubliez pas la fameuse maxime que... Lire la suite

[Blog] Retour sur un Vegas raté

Par dans Tournois Live il y a 4 mois.

Sylvain_Main
J’ai récemment participé à une session de coaching mental avec Elliot Roe, désormais célèbre pour sa collaboration avec Fedor Holz sur l’application « Primed Mind ». Alors que nous évoquions mes derniers WSOP, il m’a demandé mon évaluation de la part de variance et d’erreurs dans mes mauvais résultats. Ma réponse ? 80% de variance, et 20% d'erreurs. Forcément, je m'étais déjà posé la question, mais sans avoir pris le temps de l’analyser en profondeur. Allons-y !

Sur le papier, tout était en place pour que mes WSOP se déroulent de la meilleure façon possible. Dans l'optique de changer de décor, j’avais décidé cette année de louer une villa avec plusieurs amis du Team Winamax et quelques autres grinders. Dès lors que l'on reste six semaines dans un hôtel à Las Vegas, il est difficile de se sentir véritablement chez soi et le sentiment de solitude peut vite devenir pesant vu notre rythme de vie. Afin d’éviter ces écueils, j’ai veillé à ce que l’organisation de la villa soit la mieux réglée possible. Nous avions notamment une intendante aux petits soins : petits déjeuners tous les matins et gestion des tâches ménagères. Cela nous a permis de nous concentrer au mieux sur notre préparation et nos tournois. Les fins de journées étaient également le moment idéal pour décompresser autour d’une partie de billard, d’un match de FIFA ou d’une discussion technique. Si l’un d’entre nous doutait sur une main jouée ou sur la manière dont il avait bust d’un tournoi, demander l'avis du groupe représentait la meilleure façon de passer rapidement à la suite.

Grand_Canyon
Notre colloc' des WSOP 2017


Du côté de ma préparation personnelle, je me sentais d’ailleurs au top depuis quelques temps, avec une bonne routine sportive, une solide... Lire la suite

[Blog] L'overbet : un outil indispensable

Par dans Analyse de mains il y a 5 mois.

Sylvain Loosli
Pour faire suite au très intéressant article d’Alexandre Luneau sur les sizings, j’ai décidé de consacrer ce billet à l’overbet, et vous donner quelques pistes pour l’inclure dans votre stratégie.

Si miser plus cher que la taille du pot est un move encore peu utilisé en tournoi, en raison des profondeurs des tapis moyens, il l’est beaucoup plus en cash-game. Il peut notamment s’avérer très utile en live, où les joueurs sont régulièrement cavés à 300 blindes ou plus : il est en effet possible de jongler avec la taille de ses mises en créant des situations complexes pour nos adversaires, particulièrement face à des ranges dites « cappées » (c’est-à-dire un éventail de mains ne contenant pas les jeux max.)

En début d’année, une équipe de joueurs considérés comme faisant partie des meilleurs mondiaux a essuyé une cinglante défaite contre Libratus, une intelligence artificielle développée par une université. L’un des facteurs qui a mis à mal les joueurs humains ? Je vous le donne en mille : l’utilisation de l’overbet par l’ordinateur. Les pros se sont retrouvés dans beaucoup de situations délicates, faisant face à des mises de deux fois à cinq fois la taille du pot. Difficile, dans ces conditions, de s’adapter rapidement et de jouer ses ranges de manière optimale.

2009 : l’invention de l’overbet

Tom Dwan
Souvenez-vous du match épique entre Viktor « Isildur1 » Blom et Tom « durrrr » Dwan en 2009. Ces deux terreurs s’étaient affrontées en ligne sur des blindes 500$/1 000 $ pendant plusieurs jours d’affilée et au cours du match, massivement suivi par la communauté, les deux joueurs ont abusé des gros sizings et étaient capables de « dépolariser » leurs ranges d’overbet. C’était probablement la... Lire la suite

[Blog] Vegas calling

Par dans Tournois LiveTournois Online il y a 7 mois.

SylvainL
Moins de quatre semaines me séparent désormais de mon départ pour Vegas et les World Series Of Poker 2017. Comme à l'accoutumée, mon excitation est palpable à l'idée de pouvoir rejouer des énormes fields au niveau bien inférieur à celui des tournois européens. Comme chaque année, je me sens très bien et plus prêt que jamais pour décrocher le Graal, ce fameux bracelet doré WSOP que je ne porterai jamais autour du poignet mais qui sera le bienvenu sur mon étagère de trophées...

Après un début d'année sans gros résultat sur le circuit, Vegas est résolument mon principal objectif de 2017. Si mon séjour au PSC Monaco a été très satisfaisant avec une troisième place sur le High-Roller Pot-Limit Omaha à 10 000 euros et une seizième place sur le 25 000 euros, il me manque toujours un titre cette année.

SylvainAladin
C'est donc l'occasion de faire un point sur les objectifs que je me suis fixés en début d'année pour vérifier que je mets en oeuvre le maximum pour les atteindre :

  • J'ai la volonté de travailler mon jeu sur les variantes "exotiques". A moins d'un mois des WSOP, force est de constater que je n'ai pas eu assez de temps, notamment pour travailler les jeux de Stud. Je vais donc m'y atteler ces prochaines semaines et essayer de profiter des séries online du .com pour engranger de l'expérience.
  • Mes résultats online sont très satisfaisants depuis le début de l'année, en cash-game ainsi qu'en tournois où j'ai atteint plusieurs tables finales, surtout grâce à une belle régularité sur les tournois de PLO (confirmée à Monaco !).
  • J'ai recommencé à travailler avec un coach pour ma préparation physique ce qui a logiquement boosté ma progression ces derniers mois. J'ai également changé d'appartement, et j'ai désormais accès à une salle de... Lire la suite

[Blog] Où va le circuit professionnel ?

Par dans Tournois Live il y a 9 mois.

Sylvain Gaëlle Davidi Bahamas

Les trois fantastiques aux Bahamas

Si vous suivez l'actualité du circuit live de poker, grâce notamment aux coverages de nos chers reporters Winamax, vous devez donc savoir que l'EPT, le prestigieux circuit européen, a désormais "disparu" à l'issue d'une dernière étape à Prague en décembre dernier. En réalité, il s'agit surtout d'un changement de marque qui correspond à une nouvelle stratégie chez PokerStars. Si leurs récents changements de politique et de stratégie online, principalement autour de leurs programmes VIP, ont été mal reçus par une majorité des gros joueurs - un mouvement de boycott a même été lancé - il nous tardait de savoir quelle réorganisation allait être opérée sur le circuit live. D'autant que la marque European Poker Tour était très forte et appréciée au sein de la communauté.

Le rendez-vous était donc pris début janvier pour le premier de ce qu’il va désormais falloir appeler PokerStars Championship, dans le cadre idyllique de Paradise Island aux Bahamas. Cette étape bien connue des joueurs américains, qui a vu passer de nombreux succès à sept chiffres, avait déjà changé en 2016, avec un buy-in divisé par deux passant à 5 300 dollars. Sur le papier, ce droit d'entrée réduit peut permettre d'attirer plus de joueurs, mais dans les faits, les frais exhorbitants du séjour rendent le voyage difficilement profitable si vous n'avez pas une grosse bankroll pour jouer la majorité des Side Events et tournois Highrollers.

PSC Bahamas Trophée

Résultat : l'affluence n'était qu'en très légère hausse sur le Main Event, mais donc avec un prizepool considérablement réduit. La première erreur de cette édition 2017 était donc de ne pas tirer les leçons de ce qui ressemblait un an plus tôt à un semi-échec.... Lire la suite

[Blog] Une bien belle année 2016

Par dans Général il y a 11 mois.

Avant toute chose, je tiens à profiter de ce nouveau billet de blog pour vous souhaiter une bonne année 2017 et vous adresser tous mes meilleurs voeux de réussite dans tous les domaines ! En ce qui me concerne, je suis très motivé pour attaquer cette nouvelle année, avec des objectifs et des priorités quelque peu redéfinis par rapport à l’an dernier.

Crédit photo : Caroline Darcourt

2016 : année positive

J'ai continué sur ma lancée de 2015, en jouant un volume de jeu en live assez élevé, avec toujours pour but principal de remporter un titre majeur sur le circuit. Pour la première fois, j'ai enchaîné le PCA aux Bahamas et les Aussie Millions et je suis également parti explorer une nouvelle destination poker, en disputant le Seminole Hard Rock Hollywood Poker à Miami (photo ci-dessus). J'y ai d'ailleurs obtenu mon meilleur résultat de l'année en me classant deuxième du Highroller à 25 000 dollars, pour environ 480 000 dollars de gains. Avec un tout petit peu plus de réussite, j'aurais donc pu atteindre mon objectif assez tôt dans l'année.

Après un autre succès, bien moindre mais toujours bon à prendre sur le Super Highroller du SISMIX à Marrakech, j'attendais donc les WSOP avec impatience, pour profiter de ma confiance à son plus haut. Malheureusement, le "run" n'a pas suivi et j'ai une fois de plus connu un Vegas décevant niveau résultats, mais très satisfaisant niveau moral et motivation, que j'ai su garder intacts jusqu'au bout. Vous pouvez d'ailleurs en voir un aperçu sur l'Event 6-Max à 5 000 dollars grâce aux caméras de Dans la Tête d'un Pro.

J'avais donc à coeur de décrocher une grosse perf' avec la reprise du circuit EPT, dans une ville où je me sens vraiment bien : Barcelone. Ce fut... Lire la suite

[Blog] Plus loin, plus haut, plus fort ?

Par dans Life Style il y a plus d'un an.

Joué à haut niveau, le poker peut aisément être qualifié de sport mental. Cette expression n'est que peu utilisée dans nos contrées, mais chez les Anglais, le terme mind sport fait partie du langage courant pour définir des jeux tels que les échecs, le go, le bridge... La concentration, la capacité d'analyse ainsi que l'endurance mentale sont des facteurs clés pour être performant dans ces jeux, et au poker. Que ce soit en tournoi ou en cash-game, les enjeux financiers sont parfois plus importants que dans certaines compétitions de sport ultra-médiatisées. Des compétitions où, ce n’est pas un secret, le dopage est présent... Dans une moindre mesure, et avec beaucoup moins d'impact médiatique, on retrouve aussi le dopage dans le poker.

La nouvelle mode des smart drugs

Selon ce que j'ai entendu sur le circuit ou autour de moi ces dernières années, l'Adderall serait la substance la plus utilisée par des joueurs de poker désireux de booster leurs performances. Ce médicament est assez facile à se procurer aux États-Unis, car largement prescrit pour traiter l'hyper-activité et les troubles de l'attention (attention deficit disorder, ou ADD) De nombreux étudiants américains y auraient recours, notamment en période d'examens, pour rester concentrés pendant de longues heures. C'est justement ce que recherchent la plupart des grinders : pouvoir jouer de très longues sessions sans baisse de concentration, avec un stress moindre. Si sur le papier cela semble attirant, il ne faut pas oublier que ce produit contient des amphétamines, pouvant entraîner des risques importants d'addiction, avec des effets secondaires assez inquiétants.

Autre exemple qui laisse songeur, celui de Martin Jacobson. Vainqueur du... Lire la suite

[Blog] Mon WPO en quatre mains

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a plus d'un an.

Le 24 septembre dernier, le Winamax Poker Open de Dublin septième du nom touchait à sa fin. Encore une fois, cette grande fête du poker fut une franche réussite. J’y participais pour la quatrième fois et je ne m’en lasse toujours pas ! Que ce soit grâce aux multiples animations sur place avec un Beer Pong Open toujours aussi survolté – mention spéciale à la paire Michel Abécassis/Antonin Teisseire qu’on aurait aimé aller voir jusqu’au bout – ou aux nombreux tournois – quel plaisir de jouer en 6-Max en live ! – le WPO est définitivement le tournoi le plus fun d’Europe, avec une ambiance unique en son genre.

Maintenant, parlons poker. Durant ces quelques jours de festival, j’ai joué le Highroller et le Main Event. Pas de résultat notable sur ces tournois à me mettre sous la dent, mais quelques mains intéressantes.

Main #1

Highroller - 1 200€

Je limp en bataille de blindes avec J6 contre un bon joueur régulier sur des blindes 400/800, ante 100. Nous avons tous les deux un tapis équivalent de 40 000, et la BB check son option.

Flop : 873
Pot : 2 200

C’est un flop que je vais check avec une bonne partie de ma range, ce que je décide d'ailleurs de faire. Je m’attends à ce que mon adversaire « stab » (miser pour tenter de remporter le pot rapidement) souvent ici. Il envoie 1 000 assez vite, et deux options s’offrent alors à moi : je peux check/call ou check/raise. Je choisis la deuxième option, car j’ai tous les brelans et combinaisons de double paires dans ma range. Mon adversaire en a moins que moi, et je peux toucher pas mal de cartes qui amélioreront mon équité au turn, pour continuer à semi-bluffer si je suis payé.

Je check/raise à 3 000 et mon adversaire paie. Sa range est composée... Lire la suite

[Blog] Jeu optimal contre jeu exploitable

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a plus d'un an.

Depuis que je consacre pleinement mon temps au poker de tournoi au lieu du cash game, j'entends souvent autour de moi la phrase suivante: "Ce n'est pas grave si je joue de manière exploitable dans ce spot là. C'est un tournoi et il y a très peu de chances que je rejoue une situation similaire contre le même joueur". Même si elle contient une part de vérité, ce genre de déclaration m'a toujours hérissé le poil. Il est temps de mettre les choses au clair.

Rappels de base

Jeu optimal : On définit le jeu optimal par l'application d'une stratégie qui, par nature, se veut supérieure à toutes les autres. Aucune autre stratégie ne peut être gagnante contre la stratégie GTO (Game Theory optimal), qui consiste à jouer à l'équilibre dans toutes les situations, avec le bon ratio de value bets et de bluffs. Elle est inexploitable. Si deux joueurs jouent l'un contre l'autre optimalement, ils atteignent ce que l’on appelle un "équilibre de Nash," où aucun des deux n'a intérêt à dévier de cette stratégie optimale.

L'ensemble des décisions possibles en No-Limit Holdem étant tellement importantes (en fonction des différents flops/turn/river, et surtout de tous les sizings possibles), qu'il n'est pas possible aujourd'hui de résoudre complètement le jeu, c’est-à-dire de jouer toujours de manière inexploitable. Et même si cela était possible, la solution serait tellement complexe en termes de données qu'aucun humain ne pourrait l'appliquer. L'idée est donc d'avoir une bonne compréhension de cette stratégie et d'en appliquer une approximation.

Jeu exploitable : On joue de manière exploitante (et donc exploitable) car on suppose que nos adversaires ne jouent pas de façon optimale, et que nous pouvons... Lire la suite