Loosli

En 2013, Sylvain est rentré dans l’histoire du poker tricolore en accrochant la 4e place du Main Event des championnats du monde. Le début d'un parcours d'exception au sein du Team Winamax.

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[Blog] La poursuite du rêve

Par dans Tournois Live il y a 3 mois.

La poursuite du rêve

Ça y est : Las Vegas 2018, c'est déjà terminé ! Et si on en profitait pour revenir sur un été riche en émotions, au cours duquel j'ai eu la chance de deeprun une nouvelle fois le Main Event ?

Faisons d'abord un petit comeback en 2013. Je me déplace pour la toute première fois dans la capitale du poker pour participer aux championnats du monde. Je jouais à l'époque quasiment exclusivement en cash-game online, en short-handed et head's up, naviguant entre la 5/10 $ et la 50/100 $. Je ne jouais alors de tournois que très ponctuellement le dimanche ou en live, mais je savais que mon niveau technique était déjà bien meilleur que celui d'un joueur de MTT lambda. C'est pourquoi jouer le Main Event, avec sa structure deepstack et cet extraordinaire mélange d'amateurs et de professionnels, me faisait très envie depuis de nombreuses années. J'ai donc décidé de le direct buy-in, en vendant 12 % de mon action à des potes, pour qu'ils vibrent. Et ça a été le cas !

J'ai débarqué à Vegas une semaine avant le début du Big One, mon objectif principal, et n'ai joué que deux autres tournois en guise d'échauffement. Je suis donc arrivé aussi frais que motivé à taper une perf'. S'en suivra un run exceptionnel durant sept jours qui m'a permis d'atteindre la table finale la plus prestigieuse de la planète... pour ma toute première participation ! J'étais bien entendu sur un petit nuage au terme de ce marathon, et les mois qui suivirent, dans l'attente de la finale en novembre, avaient tout du rêve éveillé, avec les projecteurs des médias braqués sur moi et, bien sûr, mon entrée au sein du Team Winamax. Si mon rêve de devenir champion du monde s'est interrompu en quatrième place, je garde un souvenir unique de ces quelques mois, de... Lire la suite

[Blog] Mental & Variance

Par dans Général il y a 5 mois.

Sylvain Loosli
La variance est quelque chose que beaucoup de joueurs ont du mal à réellement apréhender. En ligne, nombre de joueurs peuvent aisément lancer 8, 16 ou même 24 tournois dans la même soirée et enchaîner les éliminations sans pour autant en être affecté : ils vont continuer à jouer normalement leur meilleur poker sur les tournois restants.

En live, les choses sont différentes : toute votre attention, votre concentration et votre énergie sont dévoués à un seul et unique tournoi, au buy-in généralement beaucoup plus élevé que votre buy-in moyen online. Souvent, vous avez parcouru pas mal de kilomètres pour vous rendre sur place et disputer le tournoi en question. Etre éliminé d'un tournoi live est donc par définition plus "coûteux", à la fois pour votre bankroll et votre mental.

Le poker live nécessite donc une approche et une préparation différente du poker sur Internet. Enchaîner 15 ou 20 tournois online sans ITM online, c'est certes une mauvaise série, mais ce sont des choses qui arrivent et vous pouvez généralement l’encaisser sans trop de soucis. Le même bad run en live prend une toute autre dimension. On joue rarement 15 tournois différents au cours d’un même festival live (hors Vegas) : une mauvaise série de ce type sera donc étalée sur une durée beaucoup plus longue qu'une soirée de grind online.

Le poker étant par nature un jeu où vous prenez des décisions basées sur des informations incomplètes, il n'est jamais évident a posteriori de savoir si vos mauvais résultats sont uniquement dûs à la variance, ou à autre chose (mauvaises décisions, tilt, manque de motivation et/ou de concentration, etc). C'est pourquoi il est important de faire des "reviews" de vos tournois, en revenant sur les mains clé... Lire la suite

[Blog] Optimisez votre grind online

Par dans Tournois Online il y a 7 mois.

Blog Sylvain Loosli

Le sujet n’est que rarement abordé lorsqu’on parle poker, pourtant la préparation et l’organisation de vos sessions de grind online sont très importantes, si ce n’est essentielles, pour maximiser votre qualité de jeu et votre espérance de gain.

Avant toute chose, vous voulez démarrer votre session dans les meilleurs conditions mentales et physiques, en forme et prêt à vous concentrer au maximum sur l’instant présent, sur les décisions que vous avez à prendre, et ce pendant le plus de temps possible. N’oubliez pas que la différence se fera en fin de tournoi, après de nombreuses heures de jeu. Réussir à jouer un jeu proche de votre A-Game en fin de session s’avèrera donc crucial.

Mais ne brûlons pas les étapes. Avant de lancer votre session, une bonne préparation s’impose :

Échauffez-vous physiquement

Sport, méditation, yoga, relaxation : chacun fonctionne différemment mais, si vous souhaitez être performant, il est important d’avoir une routine de préparation avant de jouer. Est-ce que vous avez déjà vu des sportifs de haut niveau démarrer leur compétition sans s’être échauffés auparavant ?

Sélectionnez vos tournois avec soin

Même si vous multi-tablez avec aisance, vous devez faire des choix certains soirs sur les tournois que vous lancez ou non. Ceci est particulièrement vrai pour les dimanches soirs ou pour les Winamax Series. Si vous lancez trop de tables, vous risquez de prendre de moins bonnes décisions en début de session. Mais si vous en jouez trop peu, vous vous privez de certains tournois identifiés comme EV+ et donc de potentiels deep runs. Encore une fois, chacun est plus ou moins à l’aise avec un certain nombre de tables, certains formats… Ne négligez pas les tournois... Lire la suite

[Blog] Mes huit commandements pour 2018

Par dans Général il y a 9 mois.

Pour mon tout premier article de l'année sur le blog, et pour faire honneur aux traditions, j'ai décidé de vous présenter mes résolutions, en espérant qu'elles puissent être utiles à vous aussi (aux tables comme en dehors), et que ma motivation soit contagieuse !

I. Mes objectifs pour 2018, j'écrirai

ToDoList
Être capable de coucher sur le papier les buts que vous souhaitez atteindre l'année à venir est la première étape indispensable pour vous donner les moyens de réussir. Tâchez de raisonner votre ambition : fixez-vous des sous-objectifs, qui joueront le rôle d'étapes plus faciles à atteindre que vos objectifs de long-terme. Par exemple, si vous souhaitez devenir un expert de la stratégie GTO, commencez par décomposer la tâche qui vous attend en plusieurs segments : être capable d'analyser une stratégie préflop, puis au flop selon les textures, etc...

Il s'agit de prioriser vos résolutions, en réfléchissant au degré d'importance que vous y accordez et les bénéfices que vous espérez en tirer. Derrière, il faudra mettre en place le plan d'action dont vous aurez besoin pour vous y tenir. En ce qui me concerne, mes principaux objectifs poker en 2018 sont au nombre de deux :

Gagner un titre majeur.
Terminer l'année avec un profit supérieur à un million de dollars.

Forcément, il va me falloir participer à un maximum d'évènements et de festivals en live, ce qui sous-tend un sous-objectif d'organisation et d'optimisation de mes déplacements sur le circuit.

II. Mon jeu, je travaillerai

WorkWorkWork
Vous êtes probablement déjà au courant : en 2018, si vous souhaitez gagner de l'argent grâce au poker, il vous faut mettre les mains dans le cambouis et travailler un peu votre jeu. Entre les contenus... Lire la suite

[Blog] Le plus gros bluff de ma carrière

Par dans Général il y a plus d'un an.

Blog Sylvain Loosli Facebook

Avec ce titre, je suis sûr d’avoir attiré votre curiosité. Je vous vois déjà en train d'imaginer un énorme bluff contre Fedor Holz lors du 111 111 € High-Roller for One Drop que je viens de disputer à Rozvadov. Désolé de vous décevoir, mais il ne sera ici pas vraiment question de poker. J'ai choisi une anecdote qui remonte à déjà près de dix ans ! Je me la suis rappelée suite à un entretien pour une interview pour Capital.

Nous sommes en 2008, et je suis alors étudiant en école de commerce en année de césure, c’est à dire en année de « coupure » pour effectuer un stage en entreprise. Je passe la première moitié de l'année en stage dans une startup londonienne qui développe des applications mobiles (au passage, mon tout premier déménagement à Londres), et je travaille sur la partie business development et marketing. Le stage ne se passe pas aussi bien que prévu car le dirigeant de l’entreprise est très spécial et "exploite" plus ou moins ses employés et stagiaires, tout en faisant preuve d’un comportement détestable. Cependant, le fait d’être dans une petite structure de moins de dix personnes offre l’avantage de recevoir plus de responsabilités.

Dès que j’ai du temps libre, je multi-table la NL50 / NL100 et cela se passe plutôt bien, même si j’aimerais pouvoir consacrer plus de temps au poker et monter une meilleure bankroll. C’est d'ailleurs pendant cette période que j'entrevois pour la première fois l’idée d’une carrière de joueur de poker.

Après quelques mois de stage au sein de l’entreprise, le boss doit partir rencontrer de potentiels investisseurs et partenaires lors d’une conférence à San Francisco. Il veut lancer une application mobile pour commander un taxi depuis son téléphone, une sorte de... Lire la suite

[Blog] Aller de l'avant

Par dans Général il y a plus d'un an.

Loosli1
Lorsque l'on vit de sa passion, on n'a jamais vraiment l'impression de travailler. C'est un des principaux avantages de la vie de joueur de poker professionnel. En revanche, il est plutôt compliqué (et surtout rare) de parvenir à se couper complètement du poker, même pour juste une semaine. Afin de rester au meilleur niveau et d'être compétitif, il faut jouer et « penser poker » de manière presque quotidienne. La seule période de répit pendant laquelle on parvient réellement à « déconnecter » dure un mois, juste après la fin du Main Event des WSOP et avant la reprise du circuit à Barcelone.

A l’inverse, les Winamax Series correspondent à une période de grind et de réfléxion intensive. En plus d’être une belle opportunité de gonfler sa bankroll, c’est le meilleur entraînement possible pour mettre en place des stratégies, réfléchir à un grand nombre de spots qui reviennent régulièrement ou encore prendre un maximum de notes sur le jeu de nos adversaires dans différentes situations. Si l’intensité des Series peut s’avérer épuisante avec un grand nombre de soirées à enchaîner (douze au total), il n’y a pas de meilleur moyen pour faire progresser son poker que d’envoyer un gros volume, puis d’analyser après coup ses décisions.

C’est également une excellent façon de tester son mental. En effet, il arrive souvent que l'on ressente une grande frustration en cas de série de mauvais résultats ou de places décevantes (notamment les demi-finales rapportant quelques buy-ins seulement, à deux doigts des gros payouts…), jusqu’à ce que la variance soit finalement de notre côté. A ce moment-là, il s’agit alors d’être prêt à dégainer son A-game en oubliant tout ce qui s’est passé auparavant. N’oubliez pas la fameuse maxime que... Lire la suite

[Blog] Retour sur un Vegas raté

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

Sylvain_Main
J’ai récemment participé à une session de coaching mental avec Elliot Roe, désormais célèbre pour sa collaboration avec Fedor Holz sur l’application « Primed Mind ». Alors que nous évoquions mes derniers WSOP, il m’a demandé mon évaluation de la part de variance et d’erreurs dans mes mauvais résultats. Ma réponse ? 80% de variance, et 20% d'erreurs. Forcément, je m'étais déjà posé la question, mais sans avoir pris le temps de l’analyser en profondeur. Allons-y !

Sur le papier, tout était en place pour que mes WSOP se déroulent de la meilleure façon possible. Dans l'optique de changer de décor, j’avais décidé cette année de louer une villa avec plusieurs amis du Team Winamax et quelques autres grinders. Dès lors que l'on reste six semaines dans un hôtel à Las Vegas, il est difficile de se sentir véritablement chez soi et le sentiment de solitude peut vite devenir pesant vu notre rythme de vie. Afin d’éviter ces écueils, j’ai veillé à ce que l’organisation de la villa soit la mieux réglée possible. Nous avions notamment une intendante aux petits soins : petits déjeuners tous les matins et gestion des tâches ménagères. Cela nous a permis de nous concentrer au mieux sur notre préparation et nos tournois. Les fins de journées étaient également le moment idéal pour décompresser autour d’une partie de billard, d’un match de FIFA ou d’une discussion technique. Si l’un d’entre nous doutait sur une main jouée ou sur la manière dont il avait bust d’un tournoi, demander l'avis du groupe représentait la meilleure façon de passer rapidement à la suite.

Grand_Canyon
Notre colloc' des WSOP 2017


Du côté de ma préparation personnelle, je me sentais d’ailleurs au top depuis quelques temps, avec une bonne routine sportive, une solide... Lire la suite

[Blog] L'overbet : un outil indispensable

Par dans Analyse de mains il y a plus d'un an.

Sylvain Loosli
Pour faire suite au très intéressant article d’Alexandre Luneau sur les sizings, j’ai décidé de consacrer ce billet à l’overbet, et vous donner quelques pistes pour l’inclure dans votre stratégie.

Si miser plus cher que la taille du pot est un move encore peu utilisé en tournoi, en raison des profondeurs des tapis moyens, il l’est beaucoup plus en cash-game. Il peut notamment s’avérer très utile en live, où les joueurs sont régulièrement cavés à 300 blindes ou plus : il est en effet possible de jongler avec la taille de ses mises en créant des situations complexes pour nos adversaires, particulièrement face à des ranges dites « cappées » (c’est-à-dire un éventail de mains ne contenant pas les jeux max.)

En début d’année, une équipe de joueurs considérés comme faisant partie des meilleurs mondiaux a essuyé une cinglante défaite contre Libratus, une intelligence artificielle développée par une université. L’un des facteurs qui a mis à mal les joueurs humains ? Je vous le donne en mille : l’utilisation de l’overbet par l’ordinateur. Les pros se sont retrouvés dans beaucoup de situations délicates, faisant face à des mises de deux fois à cinq fois la taille du pot. Difficile, dans ces conditions, de s’adapter rapidement et de jouer ses ranges de manière optimale.

2009 : l’invention de l’overbet

Tom Dwan
Souvenez-vous du match épique entre Viktor « Isildur1 » Blom et Tom « durrrr » Dwan en 2009. Ces deux terreurs s’étaient affrontées en ligne sur des blindes 500$/1 000 $ pendant plusieurs jours d’affilée et au cours du match, massivement suivi par la communauté, les deux joueurs ont abusé des gros sizings et étaient capables de « dépolariser » leurs ranges d’overbet. C’était probablement la... Lire la suite

[Blog] Vegas calling

Par dans Tournois LiveTournois Online il y a plus d'un an.

SylvainL
Moins de quatre semaines me séparent désormais de mon départ pour Vegas et les World Series Of Poker 2017. Comme à l'accoutumée, mon excitation est palpable à l'idée de pouvoir rejouer des énormes fields au niveau bien inférieur à celui des tournois européens. Comme chaque année, je me sens très bien et plus prêt que jamais pour décrocher le Graal, ce fameux bracelet doré WSOP que je ne porterai jamais autour du poignet mais qui sera le bienvenu sur mon étagère de trophées...

Après un début d'année sans gros résultat sur le circuit, Vegas est résolument mon principal objectif de 2017. Si mon séjour au PSC Monaco a été très satisfaisant avec une troisième place sur le High-Roller Pot-Limit Omaha à 10 000 euros et une seizième place sur le 25 000 euros, il me manque toujours un titre cette année.

SylvainAladin
C'est donc l'occasion de faire un point sur les objectifs que je me suis fixés en début d'année pour vérifier que je mets en oeuvre le maximum pour les atteindre :

  • J'ai la volonté de travailler mon jeu sur les variantes "exotiques". A moins d'un mois des WSOP, force est de constater que je n'ai pas eu assez de temps, notamment pour travailler les jeux de Stud. Je vais donc m'y atteler ces prochaines semaines et essayer de profiter des séries online du .com pour engranger de l'expérience.
  • Mes résultats online sont très satisfaisants depuis le début de l'année, en cash-game ainsi qu'en tournois où j'ai atteint plusieurs tables finales, surtout grâce à une belle régularité sur les tournois de PLO (confirmée à Monaco !).
  • J'ai recommencé à travailler avec un coach pour ma préparation physique ce qui a logiquement boosté ma progression ces derniers mois. J'ai également changé d'appartement, et j'ai désormais accès à une salle de... Lire la suite

[Blog] Où va le circuit professionnel ?

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

Sylvain Gaëlle Davidi Bahamas

Les trois fantastiques aux Bahamas

Si vous suivez l'actualité du circuit live de poker, grâce notamment aux coverages de nos chers reporters Winamax, vous devez donc savoir que l'EPT, le prestigieux circuit européen, a désormais "disparu" à l'issue d'une dernière étape à Prague en décembre dernier. En réalité, il s'agit surtout d'un changement de marque qui correspond à une nouvelle stratégie chez PokerStars. Si leurs récents changements de politique et de stratégie online, principalement autour de leurs programmes VIP, ont été mal reçus par une majorité des gros joueurs - un mouvement de boycott a même été lancé - il nous tardait de savoir quelle réorganisation allait être opérée sur le circuit live. D'autant que la marque European Poker Tour était très forte et appréciée au sein de la communauté.

Le rendez-vous était donc pris début janvier pour le premier de ce qu’il va désormais falloir appeler PokerStars Championship, dans le cadre idyllique de Paradise Island aux Bahamas. Cette étape bien connue des joueurs américains, qui a vu passer de nombreux succès à sept chiffres, avait déjà changé en 2016, avec un buy-in divisé par deux passant à 5 300 dollars. Sur le papier, ce droit d'entrée réduit peut permettre d'attirer plus de joueurs, mais dans les faits, les frais exhorbitants du séjour rendent le voyage difficilement profitable si vous n'avez pas une grosse bankroll pour jouer la majorité des Side Events et tournois Highrollers.

PSC Bahamas Trophée

Résultat : l'affluence n'était qu'en très légère hausse sur le Main Event, mais donc avec un prizepool considérablement réduit. La première erreur de cette édition 2017 était donc de ne pas tirer les leçons de ce qui ressemblait un an plus tôt à un semi-échec.... Lire la suite