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EPT, WPT, WSOP : pas un circuit majeur n’a résisté à l’appétit de victoire du Belge du Team Winamax, qui n’est pas pour autant rassasié.

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[Blog] Short Stack Ninja

Par dans Tournois Live il y a 9 jours.

Davidi Kitai
J’ai toujours prôné une stratégie « play to win » : en tournoi je ne recherche rien d'autre que la première place, ce qui m'amène à prendre des risques aux moments que je juge opportuns.

La période de la bulle est toujours un excellent moment pour mettre en application cette approche. Je m'y montre souvent agressif... Quitte à parfois tout perdre avant d'entrer dans l'argent ! Mais le jeu en vaut la chandelle : la plupart des joueurs ne voulant pas se faire éliminer, on peut facilement accroître son tapis en mettant un maximum de pression sur les joueurs en danger, ou en plaçant des bluffs contre les autres gros tapis de la table.

En revanche, lorsqu'on se retrouve shortstack à l’approche des places payées, on ne vise plus la victoire ! Car rentrer dans l’argent représente une récompense immédiate plus importante que la première place. L’espérance de gain qu'offre notre tapis étant peu élevée, on peut (on doit !) être capable de se contenter d’une simple place payée. Ensuite, une fois in the money (ITM), comme on dit dans le milieu, la maxime « a chip and a chair » prend tout son sens : même avec un seul jeton en guise de tapis, on peut encore croire au miracle. On a déjà vu des joueurs remonter des tapis minuscules pour gagner le tournoi au final. Et pas qu'une seule fois !

J’ai justement vécu un début d’année 2017 particulier : sur nombre des tournois live que j'ai disputés, je me suis souvent retrouvé avec un petit tapis à l’approche des places payées. J’ai dû batailler avec peu de jetons pendant de longues périodes, en adoptant une approche différente du calcul de range habituel. Revenons sur ces phases "short-stack ninja" qui se sont multipliées au cours des six derniers mois...

Main Event PSC Bahamas 2017

Le... Lire la suite

[Blog] Bis repetita

Par dans Tournois Live il y a 4 mois.

Davidi Kitai WPO 2016

Comme je le fais depuis plusieurs années, et parce que mieux vaut tard que jamais, voici l’heure de dresser le bilan de mon année 2016. Pour m’inspirer, j’ai voulu retrouver le bilan que j’avais fait l’année passée, et j'y ai trouvé énormément de similitudes dans mes résultats.

Il y a un an, je résumais ainsi les douze mois qui venaient de s'écouler : « Mon année 2015 c’est 16 places payées, 6 tables finales, 1 victoire et 913 000 dollars de gains. Je termine 8e du classement Global Poker Index, en 28e position sur le Player of the Year, et second du classement Livepoker. »

À titre de comparaison, mon année 2016 c’est 17 places payées, 7 tables finales, aucune victoire et 921 000 dollars de gains. Je termine 24e au GPI, 45e au Player of the Year et… second du classement Livepoker.

Le volume est plus ou moins similaire, les gains bruts sont proches, mais le rendement n’est pas le même. Mon total de buy-ins fut plus élevé en 2016 parce que j’ai joué trois tournois Super Highroller : le One Drop des WSOP à 111 111 dollars et les deux SHR des EPT Barcelone et Prague, à 50 000 dollars chacun. Je n’ai malheureusement fait aucune place payée sur ces trois événements, passant tout de même très proche sur le One Drop (à neuf places de l’argent) et à Barcelone (deux places seulement). C’est certain que si j’avais fait ne serait-ce qu’un petit peu mieux sur un de ces tournois, le bilan aurait été bien plus positif.

2016 reste une année gagnante pour moi, et malgré quelques déceptions, je ne peux qu’être satisfait de ce que j’ai accompli l'an passé. Néanmoins, cela me semble important de revisiter plus en détail les résultats de cette année, pour voir si j’ai tiré les leçons de 2015 et trouver les points sur lesquels je dois encore... Lire la suite

[Blog] Complot, vous avez dit complot ?

Par dans Général il y a 6 mois.

Internet et les médias sociaux offrent aujourd'hui une plus grande place et de meilleurs outils à tous les sympathisants des diverses théories du complot - et il y en a. Le milieu du poker n’est pas épargné avec bon nombre des joueurs n’hésitant pas à accuser les sites de poker d’être truqués, d’utiliser un algorithme précis destiné à les faire perdre. Des accusations vieilles comme le jeu online.

Même s'il vaut mieux en rire, et ignorer la plupart du temps ces allégations rarement pertinentes et peu subtiles, je ressens néanmoins le besoin de m'exprimer à ce sujet et d’offrir une réponse d’ordre général. Le tout, en sachant pertinemment que j'aurai du mal à convaincre qui que ce soit avec des arguments rationnels, tant ces "attaques" dépassent parfois l’entendement.

Il faut admettre qu'accepter ses propres erreurs n’est évident pour personne. Lorsqu'on perd, il est plus facile de rejeter la faute sur un facteur qu’on ne contrôle pas, plutôt que de remettre en question son propre jeu. Les conspirationnistes ont une vision binaire simpliste selon laquelle "le hasard n’existe pas." Si le facteur chance ne peut être blâmé, le seul coupable possible est donc l’organisme qui contrôle le site.

Sur le papier, il est évident qu’un site de poker pourrait tricher s’il le désirait. Il y a une dizaine d’années, des preuves confirmant la présence de superusers (comptes frauduleux pouvant notamment voir les cartes des autres joueurs) sur certains sites ont éclaté, tandis que plusieurs plates-formes de poker ont fermé avant même de rembourser leurs joueurs. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Un secteur très réglementé

En France, le poker est désormais régi par l’ARJEL et soumi à de strictes réglementations. Afin de... Lire la suite

[Blog] Six ans de online à la loupe

Je suis un joueur autodidacte qui favorise la pratique à la théorie. J’ai commencé au début de l’ère du online quand les livres, les vidéos, et les programmes n’existaient pas. Et même si, pour m’adapter et rester au niveau, j’ai parfois dû travailler mon jeu, je reste convaincu que la meilleure manière de progresser est de jouer. Plus on joue, plus on accumule de l’expérience et on parvient à reconnaitre ce que l’on fait de bien ou de mal.

On dit que le facteur chance peut être combattu. C’est vrai. La variance inhérente au poker peut devenir insignifiante sur le long terme, mais elle peut se ressentir beaucoup plus intensément en ligne, selon les compétences de chacun et le volume de jeu que l’on effectue. Le online a été une révolution à ce niveau-là, grâce à la rapidité à laquelle les mains se jouent, la possibilité de jouer 24h/24 et la facilité de multitabler.

J’ai toujours considéré le online comme une sorte d'entrainement pour le live, un moyen :

 d’analyser de plus près notre propre jeu, de se remettre en question 

 d’expérimenter des moves et des patterns profitables 

 de repérer les tendances de ce qui se fait et d’observer ce qui fonctionne ou pas

 de s’inspirer des bons réguliers du site

 de prendre la température sur son niveau de jeu en fonction de ses résultats 

Au départ, le online était pour moi un moyen de gagner de l’argent de manière régulière, avant de devenir un tremplin pour avoir accès à des parties plus faciles mais plus chères, en cash game ou en tournoi. Un joueur gagnant en ligne a beaucoup de chances de le devenir en live, alors que l’opposé est plus rarement vrai.

Avec le temps je l’ai compris : mon truc c’est les MTT. C’est ma passion, et depuis dix ans j’y... Lire la suite

[Blog] WSOP 2016 : bilan et analyses

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a 10 mois.

Pour la première fois depuis bien des d’éditions des WSOP, je suis arrivé très tard à Las Vegas cet été : lorsque mon avion s’est posé, les épreuves avaient débuté depuis déjà trois semaines. Ce retard était volontaire et réfléchi :

Je voulais retrouver mon état d’esprit de 2014 où, après avoir gagné le SISMIX, j’ai débarqué à Vegas pour le 6-max à 3 000$ frais comme un gardon, et je l’ai gagné. Cette année, je voulais arriver en forme afin de débuter par des tournois short-handed (un format que j'apprécie et où j'ai beaucoup perfé) et jouer contre des adversaires qui seraient forcément un peu moins en forme que moi.

J’ai voulu éviter de me retrouver en situation de burn out au moment où arrivent le One Drop et le Main Event, les deux tournois les plus importants de mon programme et qui étaient placés tout à la fin des WSOP.

Je n’ai malheureusement plus l’endurance d’une jeune de vingt ans : l’énergie nécessaire sur le plan mental (et même physique) est tellement intense qu’il m’est devenu difficile d’enchaîner un trop grand nombre de tournois tout en conservant mon A-game. Il est important de se préserver afin d’être capable de rester concentré dix heures par jour plusieurs jours de suite.

J’ai (enfin) fini par le comprendre : il n’y a pas que le poker dans la vie ! Après tous ces étés passés à jouer aux cartes dans le désert, j’ai cette fois passé du temps avec ma copine et maté quelques matchs de l’Euro à Bruxelles en compagnie de mes amis d’enfance.

10K$ 6-max : une dernière main en forme de casse-tête

Ma décision allait s’avérer judicieuse : dès mon deuxième tournoi, j’ai atteint la table finale et terminé à une belle deuxième place sur un tournoi très prestigieux au field super solide, le 6-max à... Lire la suite

[Blog] GPL, Series : dix jours au top !

Par dans Tournois Online il y a plus d'un an.

Global Poker League : des débuts réussis

Le 26 février passé, j’ai eu le privilège d’être sélectionné par Fabrice Soulier pour faire partie de la franchise des Paris Aviators, dans le cadre de la Global Poker League. En plus de FabSoul, capitaine/joueur, notre équipe est composée de Bertrand ‘ElkY’ Grospellier, du Canadien Mike Leah, de l’Allemand George Danzer et de mon coéquipier du Team Winamax Alexandre Luneau, choisi en tant que wild card.

La GPL, c’est une compétition entre douze équipes qui représentent chacune une ville différente, avec la possibilité pour les fans de suivre tout ça de tout près, puisque tous les matchs sont diffusés en streaming live. Trois types d’épreuves distinctes sont au programme : tout d’abord des affrontements online, suivis par des épreuves live dans un studio à Las Vegas en parallèle des WSOP, et pour finir une Finale live entre les quatre meilleures équipes dans le fameux Cube à l'Arena de Wembley. Au sein des épreuves, on retrouve des SNG à six joueurs et de bon vieux duels mano a mano.

À bloc juste avant le début de la compétition. 

Pour les joueurs qui y participent, au vu des enjeux financiers très faibles, cela revient en quelque sorte à disputer un freeroll. En clair, la seule chose à perdre, c’est du temps ! Cela constitue en tout cas un bon moyen pour nous les joueurs de nous rapprocher de la communauté de passionnés à travers le monde, tout en partageant un peu de nos connaissances et en faisant découvrir le talent et la personnalité de chacun.

Le fait de considérer le poker comme un sport et les joueurs comme des sportifs de haut niveau est également quelque chose de nouveau. Les habitués de rencontres de jeux vidéo de haut niveau (League of Legends,... Lire la suite

[Blog] 2015 : régularité et mental

Par dans Tournois Online il y a plus d'un an.

Bilan chiffré

Mon année 2015 en live, c’est 16 places payées, 6 finales, 1 victoire, et 913,000 dollars de gains. Je termine l’année en 8ème position au classement Global Poker Index, en 28ème position sur le Player of the Year, et second du classement Live Poker des joueurs Francophones.

Une belle année, malgré un ROI (retour sur investissement) moins élevé que lors des deux années précédentes, car en 2015 j’ai joué plus de tournois mais mon taux de finales et victoires a baissé, tandis que mon record de places payées est battu – j’ai réalisé un ITM lors de chacun des déplacements que j’ai effectués, à l’exception du BPC à Namur où je n’ai joué que deux tournois.

Remise en question, expérience et mental 

Cela fait plus de huit ans que je saute d’étape en étape, de festival en festival : petit à petit, je deviens un ancien sur le circuit des tournois. Pour rester au niveau, il est primordial de constamment remettre en question sa stratégie et de trouver comment s’adapter. Face aux jeunes joueurs issus d’Internet, très rigoureux sur les maths et toujours en train d’innover, on peut être très vite dépassé si l’on ne fait pas ce travail.

J’ai vu passer beaucoup de joueurs, considérés comme très bons à une époque, se retrouver complètement perdus face aux nouvelles modes et tendances, pour petit à petit disparaître. A l’inverse, des mecs beaucoup plus « vieux » que moi comme Eric Seidel, John Juanda ou Daniel Negreanu me rassurent sur le fait que l’on puisse rester compétitif avec le temps.

Pour garder un edge sur les jeunes requins, qui sont souvent plus précis en termes de technique pure, il est essentiel de savoir profiter de son expérience en live. Un autre aspect crucial est le mental. Notre coach... Lire la suite

Un sacré mal de crâne

Par dans Tournois Live il y a plus d'un an.

©Danny Maxwell - PokerNews

Pour ce nouveau billet de blog, j’ai décidé de tester une nouvelle formule et de vous raconter, non pas mes dernières performances en date sur un tournoi, ou de vous faire part de mes objectifs à venir mais d’analyser une main jouée durant l’EPT Barcelone.

L'avant-main

L’action se déroule lors du Jour 2 du High Roller à 10 300 euros, disputé en 8-Max. Nous sommes en cours de Niveau 12, et les blindes sont de 1 500 / 3 000, ante 400.

 Mon tapis : 260 000
 UTG+1 : 180 000
 UTG+2 (Dani Stern) : 160 000
 Small Blind : 100 000
 Big Blind : 100 000

Je ne vais pas trop m’attarder sur le profil des autres joueurs car, hormis Dani Stern, tous vont abandonner dès le flop. La metagame n’a pas non plus beaucoup d’importance puisqu’il vient juste d’arriver à la table.

Dani 'Ansky' Stern. Je l'ai découvert comme beaucoup via l’émission de télé-réalité 2 months $2 million, lancée en 2009. Le show suivait quatre joueurs de poker en ligne qui partageaient une maison à Las Vegas, et qui avaient comme objectif de rassembler, ensemble, deux millions de dollars de gains en l’espace de deux mois. Objectif finalement non atteint puisqu'ils n'ont collecté "que" 676 700 dollars.

Stern est donc un pur joueur issu du online. Il fréquente les tables de high stakes et les tournois à haut buy-in. Il a style très solide, et un jeu énormément basé sur les mathématiques. En live, il est également très performant avec plus de 2,6 millions de dollars amassés en tournoi depuis 2007.

Dani Stern - ©PokerNews

On s'est déjà joué quelque fois. J’ai notamment le souvenir d’un tournoi où il m’avait sorti. J’avais 4-bet puis payé son 5-bet all-in avec une paire de 6. Il a montré une paire de 7. Il doit... Lire la suite

Projet Heads-up WSOP ou SISMIX ?

Par dans Tournois Live il y a plus de 2 ans.

Certains joueurs se plaignent parce que je prends beaucoup de temps lors de certaines de mes décisions. J’ai en effet beaucoup de mal à me décider, que ce soit au poker ou dans la vie en général. Alors ici, le choix est cornélien : vais-je aller au SISMIX ou directement aux WSOP pour le tournoi Heads-up à 10 000$ ? Un dilemme qui s’apparente à un coin flip dans ma tête. Un long tank est donc nécessaire.

 Les arguments qui favorisent le call pour le SISMIX :

- des bons DJ’s internationaux,

- boire une tequila au bord de la piscine,

- savourer un tajine d’agneau,

- fumer une chicha avec un thé à la menthe à la terrasse d’un café,

- disputer un tournoi de poker en 6-handed,

- remettre mon titre en jeu,

- garder le karma de l’an passé...

 Les arguments qui favorisent le fold :

- cela va être difficile de faire mieux que l’an passé !

- à Las Vegas aussi, il y a des DJ’s internationaux et des piscines,

- rien de tel qu’un bon burger ou un rib eye steak,

- me donner toutes les chances pour remporter un nouveau bracelet WSOP,

- difficile de manquer un 10 000$ Heads-Up Championship...

L’avantage que je peux avoir est sans doute plus important au SISMIX mais le gain potentiel est plus attrayant aux WSOP. Le time bank est demandé.

La décision est très "close" et cette fois je n’ai pas de tell ni de reads particuliers sur mes adversaires pour m'orienter. Dans ce cas-là, la seule solution est d’écouter son instinct. Et vous savez quoi ? J'ai le sentiment que ce premier tournoi à Vegas est peut-être pour moi ! Et mon subconscient a raison d'y croire car remporter un tournoi en heads-up aux WSOP face à une petite centaine de joueurs est un objectif réalisable. Certes,... Lire la suite

Cuts, Manu, ACF, Deauville : le temps des adieux

Par dans Général il y a plus de 2 ans.

Le début d’année

J’ai joué cette année trois tournois aux Bahamas à l’occasion du PCA, quatre tournois à l’EPT Deauville et deux tournois au Winamax Poker Tour à Paris. Sur ces neuf tournois, j'ai atteint à cinq reprises les places payées, participé à trois finales et remporté un titre.

Je n’ai jamais été un joueur réalisant beaucoup de places payées. D'une part parce que je suis assez irrégulier et assume volontairement mes erreurs, et d'autre part car ma stratégie de « jouer pour gagner » implique de grosses prises de risques lors des phases de bulle dans les tournois, dans le but de me mettre dans des conditions idéales pour aller chercher la victoire, étant donné que les structures de paiement avantagent beaucoup les premières places. 

Depuis un certain temps, je suis plus constant dans mes résultats. Et il y a des raisons à cela :

L’accumulation du facteur « confiance » engrangé ces dernières années.
L’expérience de plus de huit ans sur le circuit live.
L’image d'un joueur imprévisible.
Des objectifs fixés en termes de résultat et de classement et non plus en termes financier
Un « run good » qui ne me lâche plus !

Mon classement

Je suis actuellement premier du classement de Joueur de l’année EPT et troisième du classement Global Poker Index  (400 points me séparant de la première place occupée par l’Allemand Ole Schemion)

J’ai là une réelle opportunité de remporter ces deux classements. L’objectif est évidemment très difficile, mais il est réalisable ! Il faudra pour cela accomplir de belles performances lors des deux derniers festivals EPT de la saison (à Malte et à Monte-Carlo). Je compte donc y jouer les Main Event, le Super High-Roller à 25 000€... Lire la suite