Another one bites the dust

Par dans

Au moment où le croupier a retourné la dernière carte du board ces paroles de la celèbre

chanson du groupe « Queen » me sont venues à l’esprit et curieusement j’ai souri.

Chaque tragédie comporte un peu de comique en soi...

Another one bites the dust
There are plenty of ways you can hurt a man
And bring him to the ground


You can beat him
You can cheat him
You can treat him a bad beat

And leave him lose a coin-flip

But Im ready, yes Im ready for you
Im standing on my own two feet
Out of the doorway the bullets rip
Repeating the sound of the beat

Je venais de perdre KQ contre JJ. Confrontation classique pendant le dernier niveau du day1, j'étais short stack et j’ai attendu longtemps avant d’avoir une main légitime et j’ai envoyé mon tapis au cut-off. Le joueur en grosse blind sans m’en demander la hauteur a mis la pile de ses jetons au milieu de la table, ce qui n’est jamais un bon signe et le board n’a affiché que des petites cartes scellant mon élimination.

Je suis venue à Londres avec une soif de jouer. Depuis les World Series je n’ai pas eu d’occasion de jouer les tournois live, et je dois admettre que j’ai passé pas mal de temps dernièrement à tester les tournois « Double or Nothing », une nouveauté sur le site Winamax et qui me réussissait plutôt bien, mais qui ont eu un petit effet pervers sur ma vision de la gestion des tournois multi-tables.

Elky et moi sur la première table

Ma première table de l’EPT de Londres comportait beaucoup de joueurs agressifs, dont Elky en personne qui était assis à ma droite. Je savais qu’il allait relancer beaucoup de coups et j’ai décidé de me discipliner et de jouer de façon très classique en utilisant beaucoup la position.

Je montais mon tapis progressivement et pourtant mes deux meilleures mains pendant les trois premiers niveaux étaient une paire de 5 et AQ. La table a cassé quand j’avais 15 700 jetons.

Je me suis assise à ma deuxième table juste à coté de William Thorson, et à peine eu-je le temps d’observer les joueurs qui s’engageaient dans des coups interminables où l’appel au TIME a été utilisé deux fois, la table casse. Je n’ai même pas eu le temps de poster les blinds !

J’arrive à ma nouvelle table et je retrouve … Elky, cette fois à ma gauche, Katja Thater (les deux pros de l’équipe Pokerstars étaient short stack et ont sauté assez vite), Philippe Dauteuil (finaliste de cet EPT), Peter Jetten (4ème du High-Rollers) et quelques jeunes joueurs scandinaves avec des tapis importants. C’est d’ailleurs un mythe qu’ils les obtiennent avec un jeu agressif, la scène où l’un d’eux a éliminé un joueur avec la paire d’As s’est répété trois fois (!) devant mes yeux et le second rôle a toujours été joué par la paire de Dames.

Je n’ai pas eu grand-chose pendant les niveaux suivants et les seules fois où j’ai tenté de relancer j’ai été sur relancée (avec mon image à la table le bluff de mes adversaires ne faisait pas partie des hypothèses que j’ai envisagé et je me suis couché à chaque fois).

Voici une petite démonstration : blinds 150/300, anté 25. Deux joueurs limpent au milieu de parole, j’ai AQ au cut-off, je relance à 1500, le finaliste du Main Event Ylon Schwartz suit au bouton (il joue au poker avec beaucoup de fantaisie et son éventail des mains est assez large), la petite blinde sur-relance à 5000, le premier limpeur passe et le deuxième suit les 5000. La profondeur des tapis est à peu près équivalente chez tous les joueurs ( entre 16000 et 18000). Je passe bien évidemment, Ylon Schwartz passe après une courte réflexion.

Le flop affiche trois petites cartes rainbow, le joueur en petite blind annonce «  I am all in » et il couvre le joueur en face qui a le profil pur d’un gambler qui n’arrive pas à lâcher sa main.

Il décide d’engager son tapis pour des raisons inconnues à tous les êtres plus au moins raisonnés et montre AK de pique contre les KK de son adversaire.Les rois ont tenus.

Le joueur qui le remplace n’est autre que Barry Greenstein avec son livre à la main. Il s’agit de l’« Ace on the river » qu’il signe au joueur qui l’élimine (Ludo alias Sir Cuts en sait quelque chose). Malheureusement son tapis était supérieur au mien car j’ai réussi à doubler sur lui avec KQ en le piégeant avec mon brelan de rois touché au turn.

En position sur Barry Greenstein

J’ai remarqué qu’il relançait souvent en ayant la position , puis envoyait le continuation bet de 2/3 de pot et puis checkait au turn et souvent misait à la river quand le board était favorable à l’arrachage. Un joueur conservateur à cette table de fous, un miracle !

Je suis monté à 24 000 et je perds immédiatement le coup suivant où je paye le tapis de 6000

d’un jeune joueur qui enlève ses lunettes et révèle les 7 et 8 de cœur. J’ai AK off-suit et pour la première fois de la journée je me dis que le day 2 n’est pas si loin. Il ne faut jamais baisser la garde ! Flop 3, 8, 9 rainbow, turn 4, river un autre 8.

Puis j’ai très mal joué un coup en ayant la paire de 6 en petite blind contre le finaliste du tournoi, le canadien Philipe Dauteuil. Je me suis déconcentrée et j’ai payé une mise assez importante de ce joueur sans avoir de raisons valables pour le mettre sur un bluff à part notre profondeur de tapis. La suite, vous la connaissez déjà…

Pour la première fois à Londres notre équipe était au complet (merci à Julien, notre manager de s’occuper de nous au fil de longues journées!). Je pense que cela nous a permis de se motiver encore plus et surtout de soutenir encore plus fort tous ceux qui continuaient à tracer leur chemin vers la victoire. J’ai pu vivre tous les moments d’exaltation et de joie avec les joueurs du Team qui ont joué le day 2 quand ils gagnaient leurs mains et avançaient progressivement dans le tournoi. Un grand bravo à Alexia, qui s’est hissée vers les sommets et qui, j’en suis sûre, ira plus loin un jour ! Et merci Antony, de nous avoir permis de nous approcher et d’effleurer l’état de grâce d’un génie du poker.