Le coup charnière...

Par dans Tournois Live il y a plus de 10 ans.

Parfois, le destin vous envoie des signes.

Main event des WSOP 2008, jour 2. Revenu avec 32000 jetons, je tombe rapidement à 12000 suite à quelques coups mal négociés. Je découvre AJo au bouton en 300/600, ça folde jusqu'à moi, je relance à 1600... Le joueur de petite blinde, un sexagénaire américain, plus tight tu meures, me sur-relance à 4000. J'ai envie de vomir... Mon main event va-t-il s'arrêter là? Je peux encore passer, théoriquement c'est un fold, mais quelque chose me dit que si je passe cette main je ne reviendrai jamais en course. Il ne me reste qu'un espoir: transformer mon AJ en bluff en essayant de faire passer AQ (ce joueur est-il capable de sur-relancer our info?) ou jouer un flip contre TT- ... Je prends mon courage à deux mains, j'envoie tout au milieu. Mon adversaire se paralyse un instant (qui me paraît une éternité) et finit, à l'agonie, par jeter sa main en annonçant "ace jack"...

Huit heures plus ard, j'ai toujours ces 12000 dans mon stack. Mais avec deux piles de 100K pour les accompagner...

EPT Prague, DAY1

Après avoir mal débuté mon tournoi et perdu KK contre QQ, me voici tombé à moins de 3000 jetons en 100/200. Je suis de big blind, et ça folde jusqu'à la small blind qui prend un jeton de 500 et le jette à côté de son jeton de 100 pour relancer à 600. Je regarde mon minable J8o et décide de ne pas tenter le diable, je fait le geste pour folder mais le croupr m'arrête: en ne lançant qu'un seul jeton, mon adversaire a fait une fausse relance et est condamné à call. Flop gratuit... AJ7. Et mon adversaire checke? Il sait que je n'ai certainement pas un as et il checke... Ca sent très fortement le slowplay de top pair. Je check derrière. Turn J! Il checke encore, je mise... Lire la suite

Et c’est Paris l’espoir ...

Par dans Général il y a plus de 10 ans.

Il y a à peine une semaine, Paris accueillait le plus grand tournoi d’Europe de poker. Plus de 1200 joueurs participaient à cette étape grandiose du France Poker Tour, organisée au sein du mythique Stade de France et j’ai été très fière d’y participer. Paris, ma ville… et nous tous joueurs, organisateurs, journalistes, spectateurs écrivions un petit chapitre de notre histoire.

Quand je joue au poker, j’ai toujours ces vers de Baudelaire qui me reviennent: «  Il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. »

Les tournois de poker m’enivrent, me font rêver et comme un enfant j’éprouve une joie indescriptible à chaque coup gagné. Et je soupçonne tous les membres de notre équipe de passer par les mêmes états d’âme, ils étaient presque tous là!

Et souvent, on nous pose la même question « Comment trouvez-vous la motivation de jouer les petits tournois ou les tournois gratuits quand vous avez participé aux plus grandes compétitions du monde ? » Question qui peut paraître innocente et quelque part naïve au premier abord mais dont la réponse peut révéler les raisons très profondes de notre passion pour le poker.

L’argent seul pourrait-il vraiment définir notre quête ? Ou l’essence même du jeu ne se cacherait-elle plutôt pas parmi ces verbes : comprendre, calculer, bluffer, prendre des risques, encaisser, se relever, aller au bout de soi-même, jubiler et finalement triompher ?

Certes la présence du facteur financier est importante au poker car il sert à discipliner et à responsabiliser le joueur, mais pour moi il ne pourra jamais être une fin en... Lire la suite

EPT Varsovie : Compte-rendu -FrenchKiss-

Par dans Tournois Live il y a plus de 10 ans.

Varsovie, un jour avant le day1 A. J’arrive à l’aéroport, et je demande au taxi de m’emmener à l’hôtel ou se déroule le tournoi : Au moins, je serai sur place.

Le lendemain, bonne surprise : je suis assis à une table peuplée de joueurs inconnus (certains sont polonais, ce qui est bon signe, les chances que ce soit de véritables fines lames sont rares si je ne connais pas leurs noms). 2e bonne nouvelle : la ravissante et néanmoins joueuse de poker Kara Scott est à ma gauche directe ;)

La partie peut commencer, « shuffle up and deal ! »…

La table est relativement docile, je fais monter mon stack de 10 000 à 32 000 rapidement grâce à de nombreux coups joués contre des adversaires timides. Après ça, l’ image de maniaque me collant fermement à la peau, je n’ hésite pas à sur relancer un joueur agressif suivi d’ un payeur avec mon AK dépareillés, le premier relanceur envoie tapis, l’ autre passe, je paye dans la foulée, je joue contre QQ, et je perds le précieux coinflip qui m’ aurait fait monter à 42k (chip leader) alors que la moyenne était encore de 13K… Pas très grave, on va recommencer à essayer d’accumuler des jetons.

Je floppe par la suite un brelan de 2, et élimine malheureusement ma charmante voisine de gauche Kara Scott (j’aurai préféré éliminer un gros polonais à la place :D )

Il ne se passe pas grand-chose après ça, et je finis la journée à 27 000, un peu décevant par rapport à ce coinflip perdu, et aussi par rapport au niveau de la table qui était, à mon avis, en dessous du niveau des tables typiques d’ un EPT, mais je suis tout de même au dessus de la moyenne pour me consoler.

Le 2e jour sera une autre... Lire la suite

Elysium

Par dans Général il y a plus de 10 ans.

Il n'y a que deux tables dans le Kool Klub à Budapest.
Côte à côte, au fond de la boite, dans un coin sombre. La première est légèrement surélevée et séparée par un petit cordon rouge. Trente ans plus tôt je pense que j'y aurais vu des agents du KGB, deviné des dealers, salué des militaires, méprisé des milliardaires, souris à des prostituées, ou ignoré des cadres du parti communiste.
Ce soir j'y distingue des entrepreneurs locaux, prenant des shots de vodkas pendant que les plus belles filles du monde, trop jeunes pour avoir manifesté contre l'étau russe en 89, rient aux éclats assises sur leurs genoux.

Moi je suis à coté, à la deuxième table, celle des hommes de main et gardes du corps je suppose. Davidi s'est occupé de tout, il connaît quelqu'un là-bas. On trinque à ce qui pourrait être l'anniversaire de ma dernière place payée, les "un an" de l'EPT Dublin.

Pour fêter ça dame chance a eu un cadeau bienvenu, un day deux, une cinquantième place entraînant automatiquement petite enveloppe, rapides félicitations, grand soulagement, et bonne raison de faire la fête avec mes amis.

Davidi, Anthony, Julien, et Vinz lèvent tous leur verre de vodka-quelque chose à ma santé.
"Cheers, Santé, Kampaï, Li Jaïm.."
J'ajoute un "Na zdrowie" sachant très bien que c'est du polonais, ça sonne local.
Je souris pour une fois, je souris à la chance, question de politesse. Je sais de toute façon que notre relation restera compliquée, elle est trop volage, inconstante, sans cesse un nouveau boy-friend. Elle peut vous briser quand elle vous abandonne, qu'elle vous oublie un peu trop longtemps. J'ai tenu bon, un an à tout faire pour attirer son attention, grâce à ma famille, à mes amis, à mon sponsor, à ma... Lire la suite

Oops! I did it again...

Par dans Général il y a plus de 10 ans.



Grind  . . . . . . . .  TILT  . . . . . . . . . . . .  Grind



Je me confesse : j'ai tilté !


Un bon gros tilt, comme au bon vieux temps... En fait même plus exactement deux tilts. Le premier début novembre, le deuxième à Namur dix jours plus tard.


Les deux fois le même scénario : j'ai joué la nuit en rentrant très tard. Crevé et avec l'envie de jouer, mais pas vraiment l'envie de gagner...


Les deux fois, il n'y avait quasiment personne sur Winamax, alors je suis allé jouer les meilleurs. En jouant mon Z-game... et ce qui est sur, c'est que mon Z-game envoie du lourd...


Bref je ne vous dirai pas combien j'ai perdu sur ces deux sessions. Je ne tiens pas à ce que mon banquier soit foudroyé par une crise cardiaque, ni moi à la relecture d'ailleurs. La bonne nouvelle c'est qu'en terme de buy-ins perdus en une journée je suis encore loin de mon record de 35. Oui j'étais encore plus sick avant, il y a longtemps... Mais ce mois-ci avec un petit -18 et -10 en deux fois j'avoue je suis déjà bien calmé.


J'ai l'impression d'être comme tous nos sportifs français, capable du meilleur comme du pire. Et malheureusement au poker on perd beaucoup plus vite en jouant très mal qu'on ne gagne en jouant très bien...

Cela dit le bilan des trois derniers mois reste très bon malgré tout, et je suis plus optimiste et motivé que jamais. Ca faisait un moment que je n'avais pas ressorti le Z-game du placard. Et je sens qu'il va y rester enfermé un bon moment.


Je suis lent à comprendre, mais je finirai par y arriver :

Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter
Je ne dois pas tilter

High Stakes Paname

Par dans Général il y a plus de 10 ans.

J’avais pensé écrire un article détaillant la préparation physique et mentale qui précède les tournois et cash-games à enchères élevées… Mais le truc, c’est qu’à part m’abstenir de faire la fête la veille, et manger léger le Jour J, je n’observe aucun rituel ni règle particulière.

Le sport ? Mis à part quelques sets de tennis où je me fais laminer, aussi bien techniquement que financièrement (35,000 dollars rien que pour 2008), rien à signaler. J’ai ce petit problème de toujours tout repousser au lendemain…

Un seul truc me semble essentiel : prendre une douche glaciale avant chaque grosse partie de cash-game, pour être sûr d’être bien réveillé dès le début.

Laissons donc tomber ce brouillon d’article technique, et plongeons nous plutôt dans le monde relativement inexploré du poker « high-stakes » à la sauce parisienne...

Je n’avais que rarement eu l’occasion de dévoiler en public le parcours qui m’a mené là où j’en suis aujourd’hui : voilà qui sera désormais chose faite. Cependant, pour respecter la vie privée de certaines personnes que j’ai croisées et croise encore autour des tables aujourd’hui, vous comprendrez bien que je resterai discret sur certains chiffres et détails.

24 février 1999. Ca y est, j’ai dix-huit ans !

Arrivés à la majorité, beaucoup de jeunes gens vont prendre une cuite, ou faire la fête en famille. Pas moi. J’ai foncé directement au cercle, où l’on allait enfin me laisser rentrer. J’étais surexcité.  J’ai commencé par jouer aux plus petites tables du CIC (désormais fermé, snif) et de l’Aviation Club de France. Cave : 200 francs de l’époque. J’y allais tous les jours. Enfin, quand j’avais assez... Lire la suite

FPT Lyon, FPT Paris, GT GSOP et HU Challenge

Par dans Général il y a plus de 10 ans.

Que d'acronymes, me direz-vous! Cette semaine fût plutôt chargée en événements. En voici l'essentiel tel que je l'ai vécu.

FPT LYON: Vous m'gardez une gache?

Pour cette troisième étape FrancePokerTourienne après Dijon et Lille, je revenais cette fois dans mon ancien bercail Lyonnais. Bien qu'habitant Paris depuis bientôt 5 ans, je me considère toujours comme un gone! J'ai fait mes études et la majorité de mon parcours professionnel à Lyon, où réside encore une partie de ma famille. Après quelques péripéties SNCFiennes, je retrouve mon compère Vikash pour un déjeuner en famille. J'ai un frère (joueur et futur journaliste sportif) et un père (entraîneur de foot) mordus de football et ils n'ont pas été déçus de la rencontre... Un peu fanboys sur les bords, sans doute, mais Vikash possède la faculté de se laisser approcher sans toiser ni mordre ses interlocuteurs - ce qui est un atout humain indéniable pour une célébrité de son statut.

Direction le Stade de Gerland pour le tournoi. La foule en délire nous accueille comme les champions que nous ne sommes pas encore, et j'y retrouve une nouvelle équipe du FPT débordante d'énergie et d'efficacité. Totu au long de cette manifestation, j'ai été très impressionné par leur professionnalisme et leur dévouement à leur passion, Antoine Dorin en tête, épaulé de Guillaume Gleize, Bruno LeScribe, les ravissantes Marion et Lucille au coverage et tous les autres qui m'en voudront sans doute de les oublier.

Au niveau du tournoi, je m'en suis sorti à peu près honorablement en montant mon stack jusqu'à environ 9000 avant d'enchaîner les coin flips perdus puis de céder avec AJ face au AQ de Mister Olive, représentant... Lire la suite

Je dois me perfectionner à « Qui est-ce ?!!! .. »

Par dans GénéralTournois Live il y a plus de 10 ans.

A Amsterdam, j'ai tenté d'expliquer à certains membres du team (Arnaud, Talixx, Jonnhy,..) ainsi qu'à Benjo et Julien, l'edge qu'on peut avoir au jeu 'Qui Est-ce'.
Ce jeu de société qui consiste à deviner le personnage de l'autre parmi 40 personnages différents (femmes, hommes, moustachus, blonds, chapeaux, ...) en posant 1 question, chacun à son tour, la plus stratégique possible.
Je conseille ce jeu à tous les joueurs de poker, ce jeu nous permet de travailler la gestion du risque, la psychologie de l'adversaire, et la stratégie.



Sur le circuit européen, on retrouve des joueurs réguliers souvent sponsorisés, mais aussi des joueurs qualifiés online ou encore les joueurs locaux.
La plupart du temps, on ne sait donc pas qui se trouve en face de nous, et à partir de ce moment on essaie de répondre à la question suivante : Qui est-ce?

Amsterdam, Masters Classic, Day 3, 8ième tapis (165300 jetons), 37 joueurs restants,

Sorel Mizzi, Freddy Deeb et deux jeunes suédois de qualité : Nikolas Liakos et Daniel Larsson se retrouvent à ma table.
Le niveau est donc de haute qualité, je suis conscient que je dois jouer mon A-Game pour m'en sortir.
Je joue un jeu solide de type 'tight agressive' en position à chaque fois, en essayant de gagner les pots preflop.
Soudain arrive un nouveau joueur de +ou- 40ans d’origine danoise. Directement une question m'interpelle, mais qui est-ce?
J'ai beaucoup de mal à savoir à quel type de joueur je dois faire face. Je le sur relance avec AQ il m'envoie son tapis, je passe.
Il gagne plusieurs pots avec chaque fois des mains de qualité (AA,QQ,88), et en gagne d'autres sans devoir montrer ses cartes.
En 3 tours de tables, il participe à 50% des coups en les... Lire la suite

EPT Varsovie : En route vers le titre

Par dans Tournois Live il y a plus de 10 ans.

Ils l'ont fait ! Après un Day 3 ébouriffant et grâce à un poker hyper agressif, Arnaud Mattern et Ludovic Lacay ont réussi à se hisser jusqu'à la table finale de l'EPT de Varsovie. Les deux représentants du Team Winamax partiront pratiquement à égalité avec le chipleader, le jeune prodige italien Dario Minieri.
Arnaud Mattern et Ludovic Lacay lors du 3ème jour

Reportage exclusif de Benjo, Yuestud et Régis à partir de 14 heures. Encouragez nos Français, donnez de la voix, sortez les superlatifs... mais réservez-en tout de même quelques-uns pour la victoire finale.

Davidi, veux tu m'épouser?

Par dans Tournois Live il y a plus de 10 ans.

Will you marry me?

Pendant que je sautais du tournoi à Amsterdam a la deuxième main (QQ contre KJo, tout par au turn sur un board avec deux tirage couleur et QTX/9 contre -hélas- KJ), Davidi commençait son bonhomme de chemin.

A l'heure ou j'écris ces quelques lignes, il est dans les chip leader, en table télé, il ne reste qu'une 40aine de joueurs... Quelle force!

Ça vous dirait un p'tit bracelet?

Pour ma part j'étais évidemment frustré de ne pas rester sur ma chaise au moins 3 mains, l'herbe coupée sous le pied trop vite. Elky venait a peine de s'asseoir à ma gauche. Si ce n'est pas une bonne nouvelle sur le plan comptable, je me réjouissait à l'idée de combattre à haut niveau et avec une belle structure. Hélas j'ai disparu en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "ArchiSick!" sur un coup du sort.

Non, rien de rien, je ne regrette rien ;) (Sur le port d'Amsterdam les marins je les ai pas vu par contre?

Demain ou plutôt dans quelques heures démarre le side event a €2500. Je suis tout frais étant donné que je reviens de vacances et ce n'est pas le main évent qui m'a épuisé... Si je saute lors de la toute premiere main, je paye ma tournée à toute la table!