[Blog] L'ego, un ami qui nous veut du mal

Par dans Général il y a 2 mois.

AladinReskallah
J’ai toujours trouvé étonnant qu’il soit si difficile pour beaucoup de joueurs de poker de reconnaître qu’un adversaire puisse être meilleur qu’eux. Que celui qui ne s'est jamais fait traiter de fish à une table de poker me jette la première pierre ! Pourtant, dans d’autres disciplines comme les échecs ou l’athlétisme, par exemple, ce genre d'aveu semble poser moins de soucis. C’est peut-être parce qu’avec de l’argent impliqué, il est plus délicat d’avouer son infériorité par peur de passer pour le pigeon de la table ? Peut-être aussi que la part de hasard inhérente au poker empêche de distinguer le niveau réel des joueurs ? Ou est-ce tout simplement un refus inconscient de se sentir moins bon que l’autre ?

Déjà, que signifie exactement être le meilleur ? Parle-t-on de tournois ou de cash-game ? S’agit-il de celui qui maîtrise le mieux le jeu GTO ou au contraire de celui qui exploite le mieux ses adversaires ? À moins peut-être qu’on se place simplement du côté des gains purs, ou du plus gros one-time ? De mon point de vue, toutes ces nuances rendent la question floue et prouvent qu’elle n’est pas forcément pertinente, car pas si cruciale dans le fond. C’est sur cette idée que je voudrais m'attarder.

J’ai plongé de plain-pied dans le poker principalement à cause de son aspect compétitif. Lorsque j’ai mis un terme à ma carrière sportive (qui fût, soit dit en passant, largement moins brillante que celle dont je rêvais en regardant les Jeux Olympiques de Barcelone à la télévision), je me suis retrouvé orphelin de l’adrénaline que procure une compétition importante et l’entraînement qui l’entoure.

En effet, je suis véritablement habité par l’envie de gagner, et j’exècre donc la défaite. Je fais partie de cette... Lire la suite

[Blog] Prends-en de la graine, fiston

Par dans Général il y a 2 mois.

Ivan Deyra
- Ecoute bien ce que je vais te raconter, petit. Si tu veux un jour devenir un champion de poker, il va falloir suivre mes conseils. Je te fais une petite intro, histoire de mettre les choses en place.

- Balance la purée, coach !

- Même si il faut disposer de base de quelques qualités, et que certaines capacités sont innées, le travail reste l’élément le plus important pour réussir. Quand tu vois Messi et Ronaldo, par exemple, les mecs sont déjà des génies de base. Mais c’est grâce à un énorme travail en parallèle qu’ils ont pu atteindre l’excellence. C’est ce qui fait la différence entre eux et des mecs comme Marvin Martin, Benoît Pedretti, Sébastien Puygrenier… T’as envie de finir joueur de Ligue 2, ou tu veux disputer la Champions League ?

- Honnêtement, j’adore Pallois, Jourdren, Diabaté…

- Arrête-toi là tout de suite, ça suffira. Bon, on dirait que la tâche s’annonce compliquée. Tu saurais me citer quelques exemples de qualités indispensables pour réussir ?

- Yes. Patience, concentration, compréhension du jeu, gestion de ses émotions…

- Ha, là tu me fais plaisir. OK avec tout ça. Il existe une part d’inné qui fait que certains disposeront de plus de facilités que le commun des mortels. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas possible de s’améliorer en travaillant. Au-delà du talent naturel, il faut bosser son jeu, étudier les stratégies, et perfectionner en permanence son mental : il n’y a pas d’autre moyen pour réussir, et perfer régulièrement dans le milieu du poker. Tiens, dis-moi : toi qui joues maintenant des tournois à gros buy-in et te confrontes aux meilleurs, tu as remarqué quelque chose ?

- Je me suis rendu compte que pour parvenir à les battre, il faut bosser à mort. Ça se voit que... Lire la suite

[Blog] Aller de l'avant

Par dans Général il y a 2 mois.

Loosli1
Lorsque l'on vit de sa passion, on n'a jamais vraiment l'impression de travailler. C'est un des principaux avantages de la vie de joueur de poker professionnel. En revanche, il est plutôt compliqué (et surtout rare) de parvenir à se couper complètement du poker, même pour juste une semaine. Afin de rester au meilleur niveau et d'être compétitif, il faut jouer et « penser poker » de manière presque quotidienne. La seule période de répit pendant laquelle on parvient réellement à « déconnecter » dure un mois, juste après la fin du Main Event des WSOP et avant la reprise du circuit à Barcelone.

A l’inverse, les Winamax Series correspondent à une période de grind et de réfléxion intensive. En plus d’être une belle opportunité de gonfler sa bankroll, c’est le meilleur entraînement possible pour mettre en place des stratégies, réfléchir à un grand nombre de spots qui reviennent régulièrement ou encore prendre un maximum de notes sur le jeu de nos adversaires dans différentes situations. Si l’intensité des Series peut s’avérer épuisante avec un grand nombre de soirées à enchaîner (douze au total), il n’y a pas de meilleur moyen pour faire progresser son poker que d’envoyer un gros volume, puis d’analyser après coup ses décisions.

C’est également une excellent façon de tester son mental. En effet, il arrive souvent que l'on ressente une grande frustration en cas de série de mauvais résultats ou de places décevantes (notamment les demi-finales rapportant quelques buy-ins seulement, à deux doigts des gros payouts…), jusqu’à ce que la variance soit finalement de notre côté. A ce moment-là, il s’agit alors d’être prêt à dégainer son A-game en oubliant tout ce qui s’est passé auparavant. N’oubliez pas la fameuse maxime que... Lire la suite

[Blog] Voyage initiatique

Par dans Général il y a 3 mois.

Guillaume Diaz Voyage Initiatique

Au moment de partager le dernier blog hilarant de Gaëlle Baumann - courez le lire si pas encore fait ! -, Stéphane a choisi un proverbe souvent attribué à tort à Montaigne [issue en fait du Dictionnaire universel de Furetière, voilà pour le cours de littérature, NDLR] et auquel j’adhère complètement : « Les voyages forment la jeunesse. » Je crois en l’idée que découvrir des cultures différentes, parler et échanger avec des personnes qui ont un vécu différent du nôtre est un des meilleurs moyens de se développer intellectuellement. Tout en permettant d’améliorer la compréhension et la tolérance envers l’autre en général.

Mes premiers souvenirs de voyage remontent à mes 5 ans, quand mes grands-parents maternels m’embarquaient pour un road trip entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche à bord de leur caravane. Depuis, j’ai toujours rêvé de pouvoir parcourir le monde, de découvrir des paysages autres que mes montagnes natales, avec l’envie de ressentir le plus souvent possible ce sentiment de liberté totale propre au voyage.

L’évidence pour moi était donc de trouver un travail qui me permette de voyager au maximum. Vous l’avez compris, c’est une des raisons, parmi tant d’autres, qui m’a donné envie de devenir joueur de poker. C’est d’ailleurs durant un voyage en particulier, que j’ai imaginé pour la première fois vivre un jour du poker. Clairement un des un des événements qui a eu un impact majeur sur le début de ma carrière. Séquence nostalgie…

Vegas Calling

Le Bac en poche depuis peu et alors que je n’ai pas encore 18 ans, je pars rejoindre pendant trois semaines ma sœur et son mari à Vancouver, où ils sont expatriés depuis près d’un an. C’est la première fois que je vais sur le continent américain très heureux à... Lire la suite

[Blog] Bad Beat en BlaBlaCar

Par dans Général il y a 3 mois.

Bad Beat en Blabla Car

Pour aller à Barcelone, j'ai décidé d'utiliser l'option co-voiturage. Cinq heures de trajet entre Montélimar et la ville catalane pour m'épargner de l'attente aux aéroports et de bien trop nombreuses correspondances. Mon compagnon de route s'appelle Marc, la trentaine bien tassée, barbe de neuf jours, calvitie non assumée et noté 3,4 étoiles sur BlaBlaCar (site n°1 de covoiturage en France). « Ponctuel et bon chauffeur » selon un premier commentaire publié sur le site. « Tout était parfait mais prévoyez des écouteurs » conseille un autre.

Alors qu'il passe fièrement à pleine balle sur la gauche de la zone de péage - « Regarde-moi tous ces cons qui n'ont pas le télépéage, » se marre-t-il -, le voilà qui engage la discussion.

- Tu fais quoi dans la vie ?
- Je joue au poker.
- Ah ouais, en attendant de trouver un boulot ?

J'ai regardé le GPS. 4h36 avant l'arrivée à destination. À cet instant, j'aurais pu choisir l'option facile et répondre quelque chose comme « Oui, j'espère vite trouver un emploi. » Mais non.

- Non, c'est mon métier. Je suis joueuse de poker professionnelle.

Il n'a pas répondu. Mais alors qu'il passait frénétiquement de Chérie FM à Skyrock en passant par Rires et Chansons - « Ils mettent toujours un mec pas drôle puis Coluche pour rattraper le coup », analyse-t-il -, je sentais qu'il bouillonnait intérieurement. Puis le couperet est tombé.

- Mais de toute façon le poker, il faut beaucoup de chatte non ?

Temps de trajet restant : 4h24. L'étau s’était déjà refermé sur moi.

- Il y a une part de chance, c'est sûr, mais c'est avant tout beaucoup de travail pour minimiser ce facteur.

Ma réponse, il... Lire la suite

[Blog] Full sentimental

Par dans Général il y a 3 mois.

Beaucoup de choses se sont passées depuis mon dernier article, en mai, où je vous laissais sur un récit de mes excursions à Macao et Monte Carlo (pas des grandes réussites), juste avant de partir à Las Vegas pour les World Series of Poker. Du coup, j’ai pas mal de trucs à vous raconter. Pas spécialement à propos de poker, car entre temps la vie, avec ses aléas et ses épreuves, est venue s’immiscer dans mon quotidien. Au moment d’écrire le récit qui va suivre, ma seule prétention est de vous décrire avec sincérité, simplicité et (j’espère) humour les sentiments et émotions qui me traversent alors que j’avance dans ma vie de jeune adulte. Mais pour cela, un petit flashback est nécessaire. Nous sommes à Barcelone, il y a presque un an, jour pour jour.

Pierre4

Tout commence lors d’une belle soirée d’août, sur le port olympique de Barcelone. Cela fait maintenant quatre années que je me rends chaque été en terres catalanes afin de participer à l’European Poker Tour et rendre visite à mon frère qui y habite. 2016 ne faisait pas exception. Mon festival débutait bien mal, mon frère chéri ayant eu la brillante idée d’inviter une dizaine de ses potes pour faire la bringue. Je me voyais donc contraint de dormir à même le sol durant toute la quinzaine, dormant à peine car réveillé à l’aube chaque jour que Dieu faisait par une bande de trentenaires avinés. C’est donc avec une mine fatiguée et la rage au coeur que je sautais de chacun de mes tournois sans jamais atteindre ne serait-ce que la pause-dîner.

Barcelone est une destination particulièrement compliquée à gérer pour quelqu’un comme moi : le casino est situé au coeur de l’action, comprenez au milieu d’un océan de boîtes de nuit nulles et chères dont je suis friand. Nous étions... Lire la suite

[Blog] Toujours plus...

Par dans Tournois Live il y a 3 mois.

Romain1
Dans ce billet de blog, je vais vous raconter mon entrée (relativement récente) dans le cercle très fermé des tournois highrollers, là où les liasses de billets représentent plus souvent un pourboire qu’autre chose. Je vais tâcher de vous retranscrire mon état d’esprit lorsque je plonge au milieu des requins de ces tournois peu médiatisés.

Avant de faire partie du milieu du poker, j’aurais juré que jamais je ne miserais 10 000 €, 25 000 € ou même 100 000 € sur une partie de cartes. Le jeune Romain de 18 ans était bien plus sage et soucieux de ses sous. Ahhh, mes amis, les temps ont bel et bien changé !  Enfin, ne vous inquiétez pas : je ne me déplace pas encore en jet privé entre deux suites royales des plus beaux hôtels du monde.

Je me rappelle d’un échange avec mon grand-père anglais il y a huit ou neuf ans, alors que je disputais des parties gratuites sur Facebook avec mes potes :

Grandpa : « Je te fais confiance Romain, mais promets-moi de ne jamais mettre un pound sur un jeu de hasard ! »
Jeune Romain : « Bien évidemment Grandpa, je ne fais ça que pour m’amuser avec mes amis. De toute façon, je n’ai pas l’âge pour jouer et je ne vais quand même pas devenir un gambler (lol). »
Grandpa, pas franchement convaincu, mais souhaitant éviter la dispute : « Ok son, viens aider ta mamie à mettre la table, roast dinner is on its way ! »

Partie stoppée, dîner avalé et discussion oubliée… Mais quelques années plus tard, alors que je réfléchissais à franchir le pas et devenir un joueur pro, cette conversation m'est revenue en tête. Aujourd’hui Grandpa me regarde fièrement de là-haut, j'en suis certain. Comme moi, il a dû avoir un peu peur au début, puis il a dû essayer de comprendre et d’apprendre pour effacer cette peur.... Lire la suite

Alexonmoon : l'heure des adieux

Par dans Général il y a 4 mois.

Alexandre Luneau
Si vous aviez dit à ce jeune étudiant glandeur et fauché de 19 ans que les cinq dollars déposés en ligne un jour d’été en 2007 le mèneraient  à une carrière de joueur de poker professionnel aussi longue, passionnante et lucrative, il ne vous aurait pas cru.

Impossible d’imaginer que le poker m’aurait fait autant voyager autour du monde : Londres, Las Vegas, la Thaïlande, Macao, Monte Carlo…  La liste est longue et avec chacune de ces destinations, son lot d’expériences et de rencontres exceptionnelles.

Impossible d’imaginer non plus ces longs affrontements en tête à tête contre les plus grands joueurs de poker du monde.

Impossible d’imaginer les montants vertigineux mis en jeu et les swings quotidiens, tous les jours, toutes les nuits.

Pendant dix ans, j’ai vécu un rêve.

Et pourtant, cette partie de ma vie est maintenant derrière moi.

Ma décision a été prise il y a plus de six mois. Depuis, je n’ai quasiment plus joué au poker, hormis les six semaines passées à Vegas pour les WSOP.

Cet interlude décevant n’a pas eu d’influence sur ma décision : quel qu’aurait pu être le résultat, elle était déjà prise.

Daniel Negreanu et Alex Luneau
Aux côtés de Daniel Negreanu lors des WSOP 2017

Dans un monde parfait, j’aurais gagné un bracelet cet été, offrant une conclusion rêvée à ma carrière. Ce ne fut pas le cas. C’est évidemment frustrant de terminer sur un échec. Je pourrais probablement me lamenter un peu sur mon run lors de cette dernière ligne droite de mon parcours de joueur pro, mais je ne pense pas avoir beaucoup de raisons de me plaindre en ce qui concerne l’ensemble de ma carrière, avec notamment LE run good parfait au moment de mon premier dépôt : celui qui a tout déclenché, et probablement celui sans qui rien n’aurait été... Lire la suite

[Blog] Retour sur un Vegas raté

Par dans Tournois Live il y a 4 mois.

Sylvain_Main
J’ai récemment participé à une session de coaching mental avec Elliot Roe, désormais célèbre pour sa collaboration avec Fedor Holz sur l’application « Primed Mind ». Alors que nous évoquions mes derniers WSOP, il m’a demandé mon évaluation de la part de variance et d’erreurs dans mes mauvais résultats. Ma réponse ? 80% de variance, et 20% d'erreurs. Forcément, je m'étais déjà posé la question, mais sans avoir pris le temps de l’analyser en profondeur. Allons-y !

Sur le papier, tout était en place pour que mes WSOP se déroulent de la meilleure façon possible. Dans l'optique de changer de décor, j’avais décidé cette année de louer une villa avec plusieurs amis du Team Winamax et quelques autres grinders. Dès lors que l'on reste six semaines dans un hôtel à Las Vegas, il est difficile de se sentir véritablement chez soi et le sentiment de solitude peut vite devenir pesant vu notre rythme de vie. Afin d’éviter ces écueils, j’ai veillé à ce que l’organisation de la villa soit la mieux réglée possible. Nous avions notamment une intendante aux petits soins : petits déjeuners tous les matins et gestion des tâches ménagères. Cela nous a permis de nous concentrer au mieux sur notre préparation et nos tournois. Les fins de journées étaient également le moment idéal pour décompresser autour d’une partie de billard, d’un match de FIFA ou d’une discussion technique. Si l’un d’entre nous doutait sur une main jouée ou sur la manière dont il avait bust d’un tournoi, demander l'avis du groupe représentait la meilleure façon de passer rapidement à la suite.

Grand_Canyon
Notre colloc' des WSOP 2017


Du côté de ma préparation personnelle, je me sentais d’ailleurs au top depuis quelques temps, avec une bonne routine sportive, une solide... Lire la suite

[Blog] Un carré et le temps s'est arrêté

Par dans Tournois Live il y a 4 mois.

gaelle1

J'ai le cœur qui bat. Il faut que je masque mes émotions. « Ne bouge pas. Réfléchis à comment rentabiliser cette main. » Je viens de faire un carré au Day 1 du Main Event des championnats du monde. Et en plus, c’est contre Vanessa Selbst. Elle qui aime tellement faire grossir les pots pour mettre la pression... Je vais miser ce turn, elle abandonnera rarement après avoir misé sur un flop monocolore. Elle peut croire que je possède une top paire ou même un semi bluff. Whaou ! Elle check-raise et envoie un overbet river. Mais... C'est dingue ! Je n'ai plus qu'à envoyer mon tapis. 

Je vois son visage qui se décompose. Peut-elle vraiment avoir ce qu'elle représente ? Un full aux As ? Cette rencontre serait complètement dingue. Là, sur la table télévisée, les deux nanas viennent de s’envoyer des relances et des sur-relances, jusqu'à ce qu'il y en ait une à tapis. Et maintenant Vanessa hésite.

Forcément, je me sens bien. Avec un carré, c'est plus facile d'être à l'aise me direz-vous. Mais il y a autre chose : je connais l'atmosphère de cette table. Je l’ai découverte en 2012, lorsque je me suis hissée jusqu'à la dixième place. J'ai goûté de nouveau à ses joies l'an dernier, lorsque j'étais la dernière femme du tournoi encore en piste. Et, aujourd'hui, me voilà à tapis sur le Day 1 du Main Event avec un jeu absolument imbattable.

Lorsque je prenais mon petit-déjeuner le matin-même, j'avais pourtant assuré qu'il y avait très peu de chances de me voir à tapis durant le Day 1. Les jetons valent tellement chers et le tournoi est tellement long que mon plan était de garder les pots le plus petit possible.

Mais voilà, je me suis retrouvée à table avec Vanessa Selbst et Noah Schwartz. Une... Lire la suite