Dans la cour des (très) grands

Par dans Tournois Live il y a 16 jours.

Mes vacances coupées du poker furent relativement courtes mais nécessaires. Après un long séjour à Vegas très décevant en termes de résultats, j'avais besoin d'une bonne coupure. Pas de destination particulièrement exotique pour cette fois. N’ayant rien à envier aux autres destinations à la mode en été, le sud de la France et le nord de l'Italie ont parfaitement fait l’affaire.

Lors de l'EPT Barcelone 2014

Hauts enjeux pour motivation accrue

À peine rentré, je n’ai pas perdu beaucoup de temps avant de reprendre le travail et les sessions de jeu, avec une motivation de nouveau au plus haut. La raison ? La reprise de la saison EPT à Barcelone, dans un cadre idéal, et surtout quelques gros tournois excitants en ligne de mire. Car oui, j'ai décidé de disputer le Super High-Roller de l’EPT ! Je jouerai pour la première fois de ma carrière un tournoi à 50 000 euros de buy-in, entouré des stars du circuit et probablement de quelques businessmen fortunés. J'ai également prévu de jouer le "Single Day" High Roller à 25 000 euros ainsi que l'habituel HR à 10 000 euros en marge du Main Event.

C'est donc un investissement financier important, mais je me sens aujourd'hui totalement prêt à affronter ce genre de fields relevés. Mieux, ces enjeux importants me motivent davantage, et je pense réussir de meilleures performances dans ces conditions.

Jouer ces tournois High-Roller m'apparaît comme une suite logique au sein de mon évolution dans le monde du poker. J'ai en partie délaissé depuis deux ans les grosses parties de cash-game que je disputais auparavant, pour parcourir le circuit et me concentrer davantage sur les tournois live. Jouer ce type d'events n'est donc rien d'autre qu'une transition... Lire la suite

Coucou, tu veux voir mon come-back ?

Par dans Général il y a 23 jours.

"Tu vas faire quoi maintenant ?" Cette question, je l'ai entendu à maintes reprises depuis l'arrivée de mon enfant au printemps. Mais la vie ne s'arrête pas ! Bien au contraire. Après deux mois consacrés à la mise en place de cette toute nouvelle maternité (vive les Expresso et les Deglingos pendant les biberons !), il est temps de se remettre en selle. Je n'ai jamais été aussi excitée à l’idée de me farcir les aléas des voyages. Vive le train bondé jusqu'à l'aéroport ! Vive le contrôle de sécurité ! ("Oui Monsieur, j'ai bien sorti mon ordinateur du sac. Et oui, j'ai bien vidé mes poches") et vive le trajet à côté d'un voleur d'accoudoirs ! Tout ça pour arriver sur le lieu du sacre (c'est toujours ce qu'on se dit quand on arrive) : Barcelone.

Mais se contenter de dire qu'on va gagner n'est pas suffisant. Ainsi, avant de débuter la nouvelle saison, il me semble judicieux de dresser un bilan des derniers mois passés à parcourir le circuit et de réfléchir à mes objectifs. C'est chaque année un passage obligatoire afin de savoir où l’on va. Comme à l'école, chaque joueur fait son propre conseil de classe. Il faut donc être à la fois le proviseur attentif qui se contente d'écouter et prend la décision finale, le professeur de mathématiques méchant qui ne voit que les défauts, la prof d'arts plastiques qui met des fleurs à côté des notes ou encore le délégué qui était à vos côtés tout au long de l'année et est finalement celui qui vous connaît le mieux. En gros, savoir être objectif tout en gardant un brin de folie, de la démesure, un rêve auquel vous pouvez ensuite associer le travail nécessaire pour qu'il devienne de l'ordre du possible.

Une table finale WPT au compteur

Qu'a donné mon conseil de classe... Lire la suite

Mon abécédaire du poker (3ème partie)

Par dans Général il y a 1 mois.

N comme Nouveau

De temps à autre lors d'une session, après un coup où j'ai pris un peu de temps pour me décider, me vient quasi inconsciemment à l'esprit cette réflexion : cela fait maintenant plusieurs années que je joue à ce jeu, j'ai joué des millions de mains, vu des centaines de fois des situations similaires... et pourtant il y a encore énormément de coups que je ne peux pas jouer de façon automatique. Lorsque j'explique à un non-initié les règles du jeu et qu'il me demande "Mais qu'y a-t-il de tellement complexe, le nombre de cartes et de combinaisons étant limité ?", j'ai souvent du mal à donner une réponse totalement claire et convaincante.

Ce jeu a l'air très simple, et pourtant plus j'avance, plus j'ai le sentiment d'avoir de nouvelles choses à apprendre et à travailler, de nouveaux paramètres à prendre en compte dans des situations qui semblent se répéter. Il y a d'un côté la technique, les nouveaux moves à la mode, les nouvelles tendances, la nouvelle génération et par conséquent les nouvelles armes à utiliser pour jouer de façon optimale. Après mon décevant Vegas, Davidi me prédisait (dans un élan de compassion probablement Belge) que je gagnerais un bracelet un jour et il était prêt à parier que ce serait pour... mon premier tournoi Senior. (Pour information, je ne serai éligible pour y participer qu'aux alentours des années 2030). On s'amusait à se demander si dans ces années-là, ce n'allait pas être les seniors qui allaient 3-bet et 4-bet light à foison contre des jeunes joueurs jouant très sérré. Et d'un autre côté, il y a notre situation perso, qui évolue en permanence : l'état d'esprit du moment, des objectifs qui changent, les résultats récents qui nous influencent, les choses qu'on... Lire la suite

Travailler encore...

Par dans Tournois Live il y a 1 mois.

Une dizaine de jours se sont écoulés depuis la fin des World Series of Poker. Une dizaine de jours, c’est le temps qu’il m’aura fallu pour prendre le recul nécessaire pour analyser le plus objectivement possible les causes de mes résultats plus que décevants lors de ces quarante jours de poker intensifs.

C’était la deuxième année que je participais au plus grand festival de poker au monde. Et comme l’an dernier, j’avais décidé de faire un programme très chargé : de nombreuses épreuves WSOP bien sûr, comprenant tous les tournois en no-limit hold’em au buy-in égal ou inférieur à 5 000$ ; quelques tournois en pot-limit omaha ; évidemment le Main Event, mais aussi un certain nombre de tournois dans les casinos voisins, comme le Venetian, le Wynn ou l’Aria.

Comme je le disais plus haut, mon bilan est extrêmement décevant : vingt-cinq tournois joués, deux places payées (et pas les plus belles…) et un bilan financier largement négatif. Alors évidemment je sais que je n’ai pas vraiment été du bon côté de la variance. Mais je sais aussi que face à ce long bad run, mon mental, et par conséquent mon niveau de jeu, ont été touchés au fur et à mesure des busts à répétition. Cela m’a fait prendre des décisions-clés pour la survie de mon tournoi, qui étaient en totale contradiction avec la stratégie globale que j’avais adoptée.

L’exemple le plus frappant qui me vient à l’esprit est le coup qui m’élimine du Main Event. J’avais décidé de jouer low variance étant donné la structure hyper lente de ce tournoi et le niveau de jeu très faible. Malgré cela, je finis par mettre cent big blinds au niveau 3 (!!!) avec bottom paire + flush draw, soit le coup le moins low variance au monde… La dernière semaine fut sûrement le moment où je pense avoir... Lire la suite

Lost Vegas

Par dans Tournois Live il y a 1 mois.


Clap de fin sur ces World Series of Poker édition 2015. Si de nombreux Français ont brillé durant ces WSOP (certes pas de Graal décroché mais tout de même six secondes places, bravo !) mon séjour à Vegas ne fut pas auréolé du même succès...

Je dois dire que ces dernières semaines ont été parfois éprouvantes, pour moi comme pour les autres membres du Team d'ailleurs. Les « busto » se sont succédés sur des Day 1, les bad beats ou coins flips perdus se sont enchaînés à un rythme inquiétant, et au bout d’un moment je ne semblais plus en voir la fin.

C’était la première fois que je vivais les World Series comme un vrai « grind » : j’ai fait beaucoup plus de volume que l’an dernier. L’important était donc de garder le même cap à chaque nouveau tournoi, de repartir avec la même envie et la même énergie, en oubliant tout ce qui avait pu se passer dans les tournois précédents. S'il y a bien une particularité à Vegas en été - mis à part le prestige associé aux WSOP - c'est la quantité de beaux tournois offerts un peu partout sur le Strip et Downtown. Le programme de MTT sur place est considérable, et tous les jours, on peut s'inscrire dans un nouveau tournoi dès qu'on a fini le précédent...

Sur le papier, c’est génial : avant le grand départ, on est excité et motivé en pensant aux prizepools et aux beaux tournois qu'on va pouvoir disputer. Mais une fois sur place, si les résultats n'arrivent pas rapidement, la routine commence à s'installer, la fatigue également, et c'est là que notre force mentale est mise à l'épreuve. 

Pour en revenir à mes résultats proprement dits, le bilan comptable est simple : 15 tournois disputés aux WSOP pour 1 seul ITM (sur le 3000$ 6-max), et un deep-run sur le WPT500 de l'Aria. C’est de loin mon plus... Lire la suite

Pourquoi Vegas va me manquer

Par dans Life Style il y a 2 mois.

Comme vous le savez peut-être, j’ai donné naissance à une petite Léa le 29 mai dernier. Il n'y aura donc pas de Vegas et de WSOP pour moi cette année. C'est néanmoins la seule pause que je vais m'accorder : vous me retrouverez sur le circuit dès la reprise de la nouvelle saison EPT, pour l'étape barcelonaise qui aura lieu en août.

Alors que tous mes coéquipiers du Team  sont déjà arrivés (ou en passe d’arriver) à la Mecque du poker, je vais donc, comme beaucoup d'entre vous, me contenter de suivre leurs exploits via la radio Winamax sous la houlette de Jaypee et le reportage de nos chers couvreurs Benjo, Kinshu et Florence.

Mais je dois bien vous avouer que c'est avec un petit pincement au cœur que je suivrai les pérégrinations de mes camarades outre-Atlantique. Parce que Vegas, c'est ça :

Des fields incroyables et les prizepools qui vont avec... 1500 dollars pour gagner un million, je veux bien jouer tous les jours !
Le Venetian et ses tournois deepstack, où on aime aller se ressourcer. Oui, à Vegas, quand tu veux oublier un casino, tu vas dans un autre.

Le Main Event, parce que je n'ai pas oublié, que je veux vivre à nouveau ces émotions. Et faire mieux.

Même si je ne suis pas très bijoux, je dois bien avouer que j'ajouterais bien une petite breloque dorée à mon poignet.
Les spectacles du Cirque du Soleil de Guy Laliberté, où je me dis que les 150 dollars que je dépense par billet seront récupérés un jour par Davidi sur le One Drop.
Les dîners chez Robuchon, où j'ai honte de ne jamais me souvenir des desserts à cause de ces énormes verres de vin accompagnant les douze plats.

Les courses chez Walmart où il faut choisir entre un paquet de M&Ms de 2 kilos et un pot de mayonnaise de... Lire la suite

WSOP : Comment se préparer ?

Par dans Tournois Live il y a 2 mois.

Le rendez-vous poker le plus excitant et le plus attendu de l’année est déjà de retour ! Que vous vous soyez qualifié online pour disputer les WSOP ou que vous ayez choisi de vous y rendre par vos propres moyens en puisant dans votre bankroll, une chose est sûre, vous devez attendre ce moment avec impatience. Pour mettre toutes les chances de votre côté et passer un bon séjour, voici quelques conseils qui pourront s’avérer utiles.

1/ Soyez professionnel dans la gestion de votre programme de tournois

Si vous avez prévu de passer un long séjour à Las Vegas, ce sera probablement l’une des clés de votre réussite. Y jouer peut s’apparenter à un véritable marathon. Les journées sont longues, les tournois s’enchaînent, notamment si vous disputez beaucoup d’évènements à 1 000$ ou 1 500$ l’entrée où la structure est relativement rapide. Vous pouvez passer un grand nombre d’heures aux tables en enchaînant les contre-performances si la variance n’est pas de votre côté. Autant dire qu’après plusieurs tournois consécutifs sans ITM et la fatigue qui s’accumule, vous pouvez vite être lassé et démotivé pour la suite.

Il est donc important de prévoir quelques jours de récupération dans votre programme pour éviter le fameux « burn-out » de fin de séjour. Essayez de faire votre programme à l’avance, et n’oubliez pas de consulter la liste des tournois prévus en marge des WSOP, souvent  avantageux (droit d’entrée et participants plus faibles).

Crédit photo Vdara.com

2/ Choisissez judicieusement votre lieu de séjour

Prendre une chambre dans un hôtel ou partager une villa avec des amis ? Les deux options ont leurs avantages et leurs inconvénients. La seconde peut sembler la plus cool mais n’oubliez pas... Lire la suite

Le rêve Américain

Par dans Tournois Live il y a 3 mois.

Il ne reste que quelques jours avant le grand départ, cet envol d’une douzaine d’heures qui nous sépare d’un doux rêve. Las Vegas, un endroit mythique où, pour moi joueur de poker professionnel mais surtout grand passionné de ce jeu, il me tarde chaque année de retourner.

En fait non c'est même plus que ça. Il ne se passe plus une seule journée sans que j’imagine les premières sensations du toucher de jetons, de la vue incroyable sur les centaines de table de l’Amazon Room.

Je me souviens quand j’ai découvert le poker il y a sept ou huit ans, je passais tellement d’heures à regarder un maximum de vidéos sur Internet et notamment celles des épisodes du Main Event, ce tournoi si particulier qui résume à lui tout seul le titre de ce blog. Pour l’anecdote, à cette époque je commençais seulement les petites parties privées à 5 euros mais j’affirmais déjà à mon acolyte Matthias - pour ne pas le nommer - qu’un jour je participerai à ce tournoi a 10 000 dollars l’entrée ! Ce n’était même pas une envie ou une croyance, juste une certitude.

Je n’avais aucun doute, c’était comme un but à atteindre pour moi. Même si j’avais bien conscience du monde qui séparait ma petite partie poitevine du Main Event de Las Vegas.

Prêt au combat

Aujourd’hui je me retrouve à écrire ces mots pour vous transmettre cette petite histoire alors que je m’apprête dans quelques jours à prendre part pour la troisième fois consécutive aux Championnats du Monde et pour la seconde fois à ce tournoi mythique et sa garantie exceptionnelle de 10 millions de dollars au vainqueur.

Certains le savent ou s’en souviennent peut-être mais, l’an dernier, j’avais eu l’immense plaisir de pouvoir aller à Las Vegas accompagné de mes quatre amis de Poitiers, grâce à... Lire la suite

Projet Heads-up WSOP ou SISMIX ?

Par dans Tournois Live il y a 3 mois.

Certains joueurs se plaignent parce que je prends beaucoup de temps lors de certaines de mes décisions. J’ai en effet beaucoup de mal à me décider, que ce soit au poker ou dans la vie en général. Alors ici, le choix est cornélien : vais-je aller au SISMIX ou directement aux WSOP pour le tournoi Heads-up à 10 000$ ? Un dilemme qui s’apparente à un coin flip dans ma tête. Un long tank est donc nécessaire.

 Les arguments qui favorisent le call pour le SISMIX :

- des bons DJ’s internationaux,

- boire une tequila au bord de la piscine,

- savourer un tajine d’agneau,

- fumer une chicha avec un thé à la menthe à la terrasse d’un café,

- disputer un tournoi de poker en 6-handed,

- remettre mon titre en jeu,

- garder le karma de l’an passé...

 Les arguments qui favorisent le fold :

- cela va être difficile de faire mieux que l’an passé !

- à Las Vegas aussi, il y a des DJ’s internationaux et des piscines,

- rien de tel qu’un bon burger ou un rib eye steak,

- me donner toutes les chances pour remporter un nouveau bracelet WSOP,

- difficile de manquer un 10 000$ Heads-Up Championship...

L’avantage que je peux avoir est sans doute plus important au SISMIX mais le gain potentiel est plus attrayant aux WSOP. Le time bank est demandé.

La décision est très "close" et cette fois je n’ai pas de tell ni de reads particuliers sur mes adversaires pour m'orienter. Dans ce cas-là, la seule solution est d’écouter son instinct. Et vous savez quoi ? J'ai le sentiment que ce premier tournoi à Vegas est peut-être pour moi ! Et mon subconscient a raison d'y croire car remporter un tournoi en heads-up aux WSOP face à une petite centaine de joueurs est un objectif réalisable. Certes,... Lire la suite

Mon abécédaire du poker (2ème partie)

Par dans Général il y a 3 mois.

[Si ce n'est déjà fait, on vous conseille bien entendu la lecture de la première partie de cet abécédaire avant de vous attaquer à ce second chapitre]

H comme Hasard

Le poker est un jeu technique, mais également un jeu de hasard. C'est ce qui rend ce jeu si particulier par rapport aux échecs ou au sport et contribue à son charme ou à sa cruauté, selon que vous soyiez ou non du bon côté lorsque la pièce tombe et surtout selon le côté "gambleur" de votre personnalité. Cela permet également à des novices de jouer contre les meilleurs joueurs du monde et même d'espérer pouvoir les battre sur du court-terme. À cette notion de hasard se rajoute celle d'incertitude car à moins de payer un tapis avec les nuts, on ne peut jamais être certain d'avoir pris la meilleure décision au poker.

En réalité, je connais peu de domaines où l'on est en prise aussi directe avec le hasard et l'incertitude et surtout où on en a conscience à ce point. Jouer c'est expérimenter le hasard.

Or il y a également beaucoup de hasard et d'incertitude dans la vie : un recruteur qui n'aime pas votre tête lors d'un entretien d'embauche, une bourrasque de vent qui ramène votre passing à l'intérieur du court sur une balle de match ou la sélection cruciale de vos premiers mots dans votre panel élargi de 3 phrases d'approche sur Tinder en sont autant d'exemples.

En ce sens-là, le poker, avec ce rapport direct au hasard et à l'incertitude, me semble un bon indicateur et outil de réflexion sur nos différents traits de personnalité. On ne prend pas toujours en compte ces facteurs de la même façon. Parfois, par ego, manque de lucidité, d'honnêteté vis-à-vis de nous-mêmes ou des autres, on minimisera l'aspect hasard en période de réussite et... Lire la suite