[Blog] Sept mois en demi-teinte

Par dans Général il y a environ 10 heures.

Les World Series of Poker 2016 sont définitivement terminés, mettant fin à la période de poker live la plus excitante de l’année. La fin des championnats du monde sonne aussi l’heure de la trêve de mi-saison, puisque le circuit ne reprend que mi-août avec la nouvelle saison European Poker Tour, qui débutera, comme d’habitude, par la magnifique étape de Barcelone – pour laquelle vous pouvez d’ailleurs vous qualifier sur Winamax.

Il est donc temps, comme chaque année, de faire le point sur mes résultats de ces six premiers mois, à la fois online et en live. Le but est de vérifier si je suis sur la bonne voie pour atteindre les objectifs que je me suis fixé en début d’année et, si ce n’est pas le cas, de mettre en place rapidement de nouveaux moyens pour les atteindre.

Un début d'année exceptionnel online...

Tout sourire au SISMIX !

En ce qui concerne le online, le moins que je puisse dire c’est que le début d’année a dépassé toutes mes espérances. J’avais décidé en janvier de faire moins de volume que les années précédentes, pour consacrer plus de temps à travailler avant et après les sessions, mais aussi pour pouvoir jouer davantage en live tout au long de l’année. J’ai effectivement fait beaucoup moins de volume qu’auparavant (500 tournois en sept mois, soit deux fois et demi moins qu’en 2015 sur la même période) mais c’est le meilleur début d’année que je n’ai jamais fait : un bénéfice de près de 70,000 euros, pour une mise moyenne de 89 euros et un ROI (retour sur investissement) total de 180%. J’ai même enregistré mon meilleur gain jusqu’ici sur Winamax, avec la victoire du Main Event pour 25,000 euros en direct du dernier SISMIX !

J’ai évidemment run très good pour obtenir ces résultats sur un... Lire la suite

[Blog] La tête dans les étoiles (chapitre 2)

Par dans Tournois LiveAnalyse de mains il y a 28 jours.

Résumé du chapitre précédent : après un hiver difficile qui l'a vu perdre près de 100,000 euros, Pierre Calamusa retrouve ses coéquipiers du Team Winamax pour leur mise au vert annuelle. L'occasion de recharger les batteries avant de se diriger vers Monaco, où va bientôt commencer le plus gros tournoi Européen de l'année...

Day 1 : A Kid With A Dream

Au même titre que le Main Event des World Series of Poker et le PCA des Bahamas, jouer la grande finale de l’EPT à Monte Carlo était pour moi un rêve de gamin. Jamais je ne remercierai assez mon sponsor de me donner l’opportunité de vivre ce rêve. En amont, j’ai bien préparé ce tournoi, en limitant mes frasques nocturnes et en achetant énormément de quinoa et de lait d’amande dans des magasins bio. Je profite du Day 1A, que je ne joue pas, pour humer l’atmosphère des lieux : le field n’a pas l’air si relevé que cela. Certes, le gratin du poker mondial a fait le déplacement, mais il semble noyé dans le flot de qualifiés live et online. Les tables semblent bonnes, et je suis prêt. En rentrant me coucher, j'implore dernière fois le Dieu du Jinx de ne pas faire tomber sur moi la foudre du bad-beat. Le run pour les gentils one time please : j’ai très envie de siroter des petits cocktails à 25 euros durant tout l'été.

A l’aube du Day 1B, je me réveille en pleine forme. Le temps d'avaler un combo omega3/oeufs/courgettes/pain complet et il est déjà temps de prendre la route. Pas question d'arriver en retard. Les petits poissons qualifiés via les sats de type Expresso seront tous à l’heure, et le requin qui sommeille en moi ne raterait ce festin pour rien au monde. Je retire mon ticket au desk, rentre dans la mythique salle des Etoiles et m’installe à table. Il... Lire la suite

[Blog] Le revers de la médaille

Par dans Général il y a 1 mois.

L’année 2016 avait pourtant très, très bien commencé : j’avais gagné le privilège de faire partie d’une des meilleures équipes de poker au monde, et de côtoyer le gratin de la planète poker pendant les douze mois à venir. Mais c’est pourtant à partir de ce moment-là que la période noire a commencé. Tout d’abord avec la bulle à l’EPT Dublin, mon premier au sein du Team Winamax. Puis : la dégringolade.

Cette petite erreur que je fais à dix places de l’argent à Dublin m’aura beaucoup appris. La frustration de la bulle, surtout en live (qui plus est dans un gros tournoi), provoque un  sentiment d’impuissance que je n’avais jamais connu auparavant. C’est là que j’ai commencé à prendre de travers le bonheur qui m’arrivait : j’ai commencé à jouer pour les mauvaises raisons. Au lieu de prendre du plaisir en jouant, je me suis mis une pression supplémentaire à cause de mon nouveau logo « Team Pro » et du sigle « W » désormais affiché en permanence sous mon pseudo en ligne. Puis, début mars est venu Paris avec la finale du WiPT (aucune perf), et les Winamax Series (pareil).

Mais suis-je seulement malchanceux ? La variance serait-elle la seule responsable de cette mauvaise période ? Je ne le pense pas, en fait je suis même certain que non. Certes la variance y est pour quelque chose, mais soyons honnêtes : le principal responsable de ce downswing, c’est bien moi.

Au poker, la perte de confiance en soi est cruelle. Lorsque l’on perd confiance, on se met à jouer différemment, même si c’est la plupart du temps de manière inconsciente. On ne prend pas les bonnes décisions, car on s’imagine toujours les pires scenarios : on se dit que l’adversaire a toujours le jeu max  (ou simplement, une meilleure main que la nôtre) Les... Lire la suite

[Blog] Stratégie : quatre mythes déconstruits

Par dans GénéralAnalyse de mains il y a 1 mois.

Actuellement au beau milieu d'une quête acharnée d'un bracelet aux World Series of Poker (déjà une demi-finale en heads-up et une finale en Deuce to Seven en dix jours : on vous raconte tout ici), Alexandre Luneau n'en continue pas moins de nous éclairer sur sa stratégie et le travail qui lui a permis de devenir l'un des joueurs les plus respectés du circuit. Dans cet article, Alexonmoon s'attache à détruire quelques mythes...

Tout le monde aime bien les principes stratégiques tout faits et faciles à retenir : ils peuvent grandement aider lorsque l’on est débutant. Le problème, c’est qu’ils peuvent aussi limiter votre progression et votre compréhension structurelle du poker.

Voici quatre de ces concepts/mythes que j’ai eu l’occasion d’entendre à de nombreuses reprises, notamment lors des tournois live Winamax que j’ai récemment disputés.

1/ « Si tu paies au turn, il faut payer sur la rivière. »

Variante : « Ta décision doit être prise dès le turn »

Probablement que les premiers joueurs à avoir formulé ce genre d’axiome étaient des amateurs de Limit Hold’em. Dans ce format, les mises et relances sont plafonnées: on aura donc toujours de meilleures cotes sur la rivière que sur le turn de par l’inflation du pot. Il est donc logique de très souvent payer sur la rivière après avoir payé le turn. Néanmoins, ne jamais abandonner sur la rivière était un leak assez évident chez pas mal de regs de l’ancienne école, qui ont tôt ou tard fini par en payer le prix.

Au poker, il faut toujours réévaluer sa situation : souvent, la rivière change le board et la façon dont les ranges interagissent entre elles. Certaines cartes vont tuer l’action. D’autres vont équilibrer les équités des deux ranges, voir même... Lire la suite

[Blog] Les clubs m’aident

Par dans Général il y a 1 mois.

Sur le circuit, il m’arrive d’avoir envie de distribuer quelques paires de baffes, essentiellement aux joueurs nonchalants, ceux qui ne respectent pas le travail d’autrui et sont persuadés que tout leur est du sous prétexte qu’ils sont les plus forts et/ou les plus riches. Un sentiment de superpuissance se traduisant régulièrement par un dédain envers ceux qui bossent ardemment pour mettre en place les tournois de poker auxquels nous participons. Car quand on met les pieds dans une salle et qu’on récupère nos jetons en échange d’un ticket de tournoi, vous imaginez le travail qu’il y a derrière ? Du graphiste qui a fait le design des jetons, au croupier qui a trié son paquet de cartes, en passant par le responsable chargé de la bonne tenue de la salle au gérant de la sécurité, c’est souvent un travail de plusieurs mois qui se conclue à l’heure où un joueur soulève le trophée.

Je suis de ceux qui apprécient ces instants et je pense que cela m’aide à donner le meilleur de moi-même sur chaque tournoi. Me dire qu’il est unique et qu’on se doit de respecter le tournoi. Vous allez me dire, à juste titre, que c’est leur métier, qu’ils sont professionnels et payés pour ça. Alors, pour aller encore plus loin, rien de tel que de se replonger dans un milieu qui fait la même chose, mais tout à fait bénévolement : le poker amateur. Après mes premières parties entre potes en Australie, j’ai trouvé, une fois rentrée en France, que c’était le meilleur moyen pour débuter ma progression. J’ai ainsi rejoint la Darshan Team dans l’ouest parisien. Ce que j’aimais, c’était la convivialité et surtout la possibilité de faire ses armes gratuitement, de ne pas se mettre en danger mais tout de même de toucher des jetons comme dans les grands... Lire la suite

[Blog] La tête dans les étoiles (chapitre 1)

Par dans GénéralLife Style il y a 2 mois.

L’hiver a enfin cédé sa place au printemps. La période s’étalant de décembre à mars est toujours délicate pour moi : ce sont chaque année les mois durant lesquels je perds le plus. L’hiver 2016 restera à ce titre comme un cru exceptionnel, avec des pertes avoisinant les 100 000 euros.

Le 24 avril au soir, je boucle ma valise. Direction les Alpes-Maritimes et Opio pour le séminaire annuel du Team Winamax – mon premier. Le train est à sept heures du mat’, et ça ne loupe pas : je suis tellement fracasse après une nuit quasi blanche que je me goure de train. Huit heures me seront nécessaires pour faire le trajet Grenoble-Nice… A peine arrivé, je rejoins Gaëlle, Michel et Guillaume au bord de la piscine. Bonne nouvelle : au Club Med, l’open bar est de mise. On se relaxe en sirotant quelques verres de vin blanc, le moment est agréable. Les nuages ont progressivement laissé place à un soleil radieux. Je profite de l’instant en compagnie de mes coéquipiers qui sont maintenant devenus des amis chers. Les downswings et soucis divers semblent déjà loin.

Après une bonne nuit de sommeil, on rentre dans le vif du sujet, avec une initiation au golf durant laquelle j’ai perdu toutes mes balles dans la forêt. Ce sport est absolument nul : soit tu loupes la balle, soit tu l’envoies dans les bois. Et bonne chance pour la retrouver au milieu des ronces et orties. L’après-midi est consacré à un debriefing d’une grosse table finale jouée en ligne. Les échanges sont vifs et constructifs. Quelle chance de pouvoir bénéficier de l’expérience des meilleurs. J’en profite pour critiquer toutes les mains jouées par Fedor Holz que je déteste depuis que je l’ai vu faire la bise à Gaëlle durant une pause de l’EPT Barcelone. True... Lire la suite

[Blog] Pura Vida

Par dans Life Style il y a 2 mois.

Pura Vida. Traduisez par « La vie est belle ». Cette expression est incontournable au Costa Rica, un pays que je souhaitais visiter depuis quelques temps déjà. C'est la terre d’expatriation de nombreux joueurs de poker américains à la suite du Black Friday, mais surtout un pays reconnu pour sa beauté exceptionnelle et la richesse de sa biodiversité.

Avec mes nombreux déplacements sur le circuit international, il ne m’était pas facile de trouver un créneau pour aller voir un ami à moi qui s’y est installé depuis deux ans, un joueur que vous avez pu croiser sur les tables de Winamax puisqu’il est l’un des WIP « sportifs » sur la room : Raphaël Brunis, skater de haut niveau ayant fait la transition vers le poker pro ces dernières années. Alors quand j’ai commencé à préparer mon déplacement à Miami pour aller jouer une série de tournois, je me suis rendu compte que San Jose, la capitale du Costa Rica, n’était qu’à trois heures de vol de la Floride. Pour sûr, c’était l’occasion parfaite de passer deux semaines chez lui - le minimum pour pouvoir vraiment en profiter. Le calendrier s’y prêtait parfaitement puisque les Winamax Series tombaient aux mêmes dates : j’allais donc pouvoir grinder avec le meilleur créneau horaire possible (huit heures de « retard » sur la France).

Après avoir déjà pris une semaine de vacances au ski, je comptais bien me remettre au jeu online, tout en profitant un peu du décor. Le plan était simple : essayer de faire une session de surf par jour et faire un volume conséquent de poker, notamment sur les Series.

Surf

L’un des objectifs de mon voyage était de pouvoir enfin consacrer un peu de temps à améliorer mon niveau en surf, un sport que j’ai commencé à pratiquer il y a... Lire la suite

[Blog] Ces temps de réflexion

Par dans GénéralTournois Live il y a 2 mois.

Pour ceux d’entre vous qui suivent l’actualité des grands circuits de tournois internationaux comme l’European Poker Tour ou le World Poker Tour, vous avez peut-être remarqué que leurs organisateurs expérimentent ces temps-ci sur la mise en place d’une nouveauté de taille : la « shot-clock ».

Une shot-clock, qu’est-ce que c’est ? C’est grosso modo la généralisation du concept de « time » à l’intégralité des coups disputés dans un tournoi, avec un chronomètre imposé à tous les joueurs pour se décider sur chacun des tours de jeu (préflop, flop, turn, rivière), et avec une poignée de jokers utilisables à tout moment, lorsqu’ils jugent que leur décision est un poil plus compliquée. 

Ainsi, sur le Tournoi des Champions du World Poker Tour qui s’est tenu en Floride la semaine dernière, les joueurs avaient trente secondes, pas une de plus, pour se décider sur chaque tour d’enchères, plus cinq réserves de trente secondes supplémentaires. En table finale, les compteurs sont remis à zéro avec quatre réserves données à chaque finaliste. (Cliquez ici pour le règlement complet de la shot-clock en anglais)

Vous l’avez compris : le but de ce système, inspiré de l’horloge aux échecs, est de fluidifier le rythme des tournois, mais aussi d’empêcher les joueurs de faire exprès de réfléchir cinq bonnes minutes au moment de la bulle. Au passage, cela pourrait permettre de rendre les retransmissions TV et webcasts plus attractifs et divertissants, tout en améliorant le confort des participants et l’équité de la partie.

Le débat sur le temps de décision et l’instauration d’une règle en réaction aux joueurs plus lents que la moyenne dure depuis plusieurs années déjà : le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’est toujours pas réglé,... Lire la suite

[Blog] Des pistes pour progresser

Par dans Général il y a 3 mois.

J’ai commencé à jouer au poker en 2007. Il n’y a pas si longtemps, donc, mais depuis, le jeu n’a cessé d’évoluer par vagues : les standards stratégiques ont changé à plusieurs reprises au cours de cette période. Cela s’explique en grande partie par le fait que le poker reste un jeu très complexe. La richesse de ce jeu le rend très difficile à étudier et à résoudre. Il est très rare de pouvoir donner LA décision parfaite pour une situation donnée : le nombre de paramètres qui rentrent en jeu est trop important !

Psychologie et metagame
Ranges perçus / Ranges théoriques
Le board / L’action / Votre main
Les tells


Devant tant d’informations à traiter, il est facile de se perdre, et de tirer des conclusions erronées. Pas étonnant, donc, que le jeu ait tant évolué en si peu de temps !

Comme dans toutes les disciplines, on peut utiliser son temps de travail de manière efficace et pertinente… Ou pas. Se torturer l’esprit sur un sport rivière dans un 5-bet pot pour savoir si on était bien au troisième niveau de réflexion lorsque l’on a payé un check/raise avec hauteur Roi ne va pas nous aider beaucoup pour affronter des futurs spots à problèmes...

Le plus important est de bosser les situations qui reviennent souvent ! Ce sont celles où l’on a le plus de marge de progression. En revanche, travailler à exploiter son adversaire par la psychologie, par exemple, me semble assez difficile : de ce côté, je préfère laisser l’expérience me guider.

Les principaux axes de travail, selon moi, sont...

1/ La Théorie des Jeux (Game Theory)

C’est la première marche, la plus indigeste pour certains, mais elle est je pense indispensable en 2016. Travailler la théorie pure, c’est comprendre pourquoi on bluffe, pourquoi... Lire la suite

[Blog] GPL, Series : dix jours au top !

Par dans Tournois Online il y a 3 mois.

Global Poker League : des débuts réussis

Le 26 février passé, j’ai eu le privilège d’être sélectionné par Fabrice Soulier pour faire partie de la franchise des Paris Aviators, dans le cadre de la Global Poker League. En plus de FabSoul, capitaine/joueur, notre équipe est composée de Bertrand ‘ElkY’ Grospellier, du Canadien Mike Leah, de l’Allemand George Danzer et de mon coéquipier du Team Winamax Alexandre Luneau, choisi en tant que wild card.

La GPL, c’est une compétition entre douze équipes qui représentent chacune une ville différente, avec la possibilité pour les fans de suivre tout ça de tout près, puisque tous les matchs sont diffusés en streaming live. Trois types d’épreuves distinctes sont au programme : tout d’abord des affrontements online, suivis par des épreuves live dans un studio à Las Vegas en parallèle des WSOP, et pour finir une Finale live entre les quatre meilleures équipes dans le fameux Cube à l'Arena de Wembley. Au sein des épreuves, on retrouve des SNG à six joueurs et de bon vieux duels mano a mano.

À bloc juste avant le début de la compétition. 

Pour les joueurs qui y participent, au vu des enjeux financiers très faibles, cela revient en quelque sorte à disputer un freeroll. En clair, la seule chose à perdre, c’est du temps ! Cela constitue en tout cas un bon moyen pour nous les joueurs de nous rapprocher de la communauté de passionnés à travers le monde, tout en partageant un peu de nos connaissances et en faisant découvrir le talent et la personnalité de chacun.

Le fait de considérer le poker comme un sport et les joueurs comme des sportifs de haut niveau est également quelque chose de nouveau. Les habitués de rencontres de jeux vidéo de haut niveau (League of Legends,... Lire la suite