Mon abécédaire du poker (1e partie)

Par dans Général il y a 14 jours.

A comme addiction

Mettons les pieds dans le plat dès la première lettre de l'alphabet !  Bien entendu, le problème de l'addiction n'est pas négligeable, surtout lorsque l'on parle d'un jeu d'argent, et je ne suis pas un médecin spécialisé sur le sujet.

Néanmoins, cela m'agace quelque peu de constater que lorsque l'on parle de poker, ce mot revient un peu trop systématiquement et sans aucune réelle finesse d'analyse, notamment dans les médias généralistes.

Pour les joueurs pratiquant ce jeu comme un loisir, voire une passion, certes le poker peut être addictif, mais n'en est-il pas un peu de même pour chaque passion ? Va-t-on aussi systématiquement entendre revenir le terme d'addiction lorsqu'un cinéphile passe 20 heures par semaine à regarder un film ou qu'un amateur de ballon rond passe 30 heures par semaine à penser au football?

Pour les joueurs dont c'est le métier ou du moins une source de revenus, peut-on leur reprocher de passer beaucoup de temps à jouer ou à parler de poker ? Parle-t-on d'addiction à un banquier d'affaires travaillant 80 heures par semaines ou à une personne créant son restaurant et y pensant 24 heures sur 24 ?

Alors certes, il est probablement plus dangereux d'être passionné de poker car c'est un jeu d'argent, il est probablement meilleur pour la santé de passer 20 heures à lire que de passer 20 heures devant son PC.

Mais je pense que l'on peut quand même de temps en temps passer 10 ou 20 heures par semaine à jouer ou penser au poker sans avoir le sentiment d'être un acteur potentiel pour la prochaine saison de Confessions Intimes. Et avoir ce minimum de finesse d'analyse me semble primordial si l'on veut traiter sérieusement ce problème grave qu'est l'addiction.

Lire la suite

Un pour tous, tous pour un !

Par dans KING5 il y a 14 jours.

On dit que la pire journée de l'année pour un joueur de poker, c'est celle de son élimination du Main Event des WSOP. Ce n'est pas faux, mais je dois vous avouer que cette petite mort, je l'ai également ressentie lors de la récente élimination du Team Pro du KING5, la seule compétition gratuite qui me fasse bondir à chaque pot gagné. Il y a une magie et une atmosphère spéciale autour de cette épreuve. Le poker est un sport très individualiste et avoir la possibilité de prendre part à un tel marathon en équipe ajoute énormément de fun à la compétition. Quand l'un des coéquipiers est à tapis, c'est toute l'équipe qui vibre avec lui, qui appelle les cartes et pousse des cris dignes d'un PSG-OM des grands soirs. Je me suis par exemple surprise à être plus concentrée sur les tables de mes coéquipiers que sur la demi-finale de mon Deepstack Hold'em.

Et je ne suis pas la seule. Durant le Stade 1, Davidi Kitai nous a tous fait mourir de rire en lâchant sur le WinaChat : « j'ai fait un fold que je n'aurais pas fait sur le One Drop à un million de dollars l'entrée ». La main en question ? Un dame valet qu'il a décidé de coucher en début de parole. Là où il aurait relancé contre Dan Colman, Ole Schemion ou encore Vanessa Selbst, le Génie a simplement passé contre les représentants des Poker Rangers, des mères Denis ou encore de la Shark Agency. La raison ? Notre tactique commune on ne peut plus claire en début de tournoi : jouer serré !

C'est que nous avons un professionnel du KING5 dans l'équipe. Monsieur Michel Abécassis, chef des opérations. Chacun de nos faits et gestes étaient observés par le Doc' depuis son quartier général, où il avait en permanence la calculatrice à portée de mains pour nous dire s'il fallait se laisser... Lire la suite

L'ascension des High-Rollers

Par dans Tournois Live il y a 19 jours.

Une huitième place dans le High-Roller du dernier EPT à Malte, ça vaut le coup d’en parler ! Petit préambule si vous ne savez pas ce qu'est un "High-Roller": ce terme désigne tout simplement un tournoi au buy-in plus élevé que celui du Main Event, en général le double. Sur le circuit EPT, on retrouve donc à chaque étape un évènement au buy-in de 10,000 euros (avec un re-entry possible), et il y a aussi parfois des tournois à 25,000, 50,000 ou 100,000 euros... Inutile de préciser que seul un nombre restreint de joueurs peuvent se permettre de jouer des buy-in aussi élevés, en particulier lorsque ceux-ci atteignent les six chiffres... On y reconnaît les mêmes visages, avec des stars du poker, quelques businessmen fortunés et de temps en temps de nouveaux "jeunes talents" d'Internet ne jouant toutefois que pour un faible pourcentage de leur action. Gagner un de ces tournois est donc assez prestigieux: le field est rempli d'excellents joueurs, les médias poker y prête une attention toute particulière et les enjeux en font rêver plus d'un.

Lorsque j'ai commencé à parcourir le circuit professionel sous les couleurs de Winamax, en septembre 2013, ce format m'a tout de suite séduit. Après tout, j'étais en pleine confiance suite à ma qualification pour la table finale du Main Event des WSOP, j'étais certain d'avoir un edge conséquent et j'avais l'habitude des gros swings du cash-game online. Jouer des tournois à 10,000 euros de buy-in ne me posait pas de problème particulier.

En réalité, je sous-estimais probablement le niveau de pas mal de réguliers de ces tournois et je surestimais certainement le mien sur un format de jeu dans lequel je n'étais pas forcément si à l'aise à l'époque (la structure étant bien plus rapide... Lire la suite

Cuts, Manu, ACF, Deauville : le temps des adieux

Par dans Général il y a 1 mois.

Le début d’année

J’ai joué cette année trois tournois aux Bahamas à l’occasion du PCA, quatre tournois à l’EPT Deauville et deux tournois au Winamax Poker Tour à Paris. Sur ces neuf tournois, j'ai atteint à cinq reprises les places payées, participé à trois finales et remporté un titre.

Je n’ai jamais été un joueur réalisant beaucoup de places payées. D'une part parce que je suis assez irrégulier et assume volontairement mes erreurs, et d'autre part car ma stratégie de « jouer pour gagner » implique de grosses prises de risques lors des phases de bulle dans les tournois, dans le but de me mettre dans des conditions idéales pour aller chercher la victoire, étant donné que les structures de paiement avantagent beaucoup les premières places. 

Depuis un certain temps, je suis plus constant dans mes résultats. Et il y a des raisons à cela :

L’accumulation du facteur « confiance » engrangé ces dernières années.
L’expérience de plus de huit ans sur le circuit live.
L’image d'un joueur imprévisible.
Des objectifs fixés en termes de résultat et de classement et non plus en termes financier
Un « run good » qui ne me lâche plus !

Mon classement

Je suis actuellement premier du classement de Joueur de l’année EPT et troisième du classement Global Poker Index  (400 points me séparant de la première place occupée par l’Allemand Ole Schemion)

J’ai là une réelle opportunité de remporter ces deux classements. L’objectif est évidemment très difficile, mais il est réalisable ! Il faudra pour cela accomplir de belles performances lors des deux derniers festivals EPT de la saison (à Malte et à Monte-Carlo). Je compte donc y jouer les Main Event, le Super High-Roller à 25 000€... Lire la suite

Global Poker Masters : la Coupe du Monde de poker

Par dans Tournois Live il y a 1 mois.

Si vous suivez régulièrement l’actualité poker, vous avez sans doute dû entendre parler des Global Poker Masters, qui se dérouleront le 21 et 22 mars prochain en marge du festival EPT. Si ce n’est pas le cas, laissez-moi vous présenter le concept de cette nouvelle compétition qui s’annonce très excitante !

L’idée vient d’Alexandre Dreyfus, un entrepreneur français bien connu dans l’industrie pour avoir fait notamment partie des fondateurs de Winamax puis de Chilipoker. Il est aujourd’hui propriétaire de Hendon Mob, célèbre base de données des résultats de tournois live, et de Global Poker Index, qui s’est imposé  comme le classement de référence des meilleurs joueurs du circuit live. C’est en quelque sorte notre classement ATP à nous si l’on devait faire une comparaison avec le tennis.

L’idée de cette compétition est de réunir cinq des meilleurs joueurs des huit nations les plus performantes au classement GPI, et d’organiser l’équivalent d’une « Coupe du Monde » du poker (ou d’une coupe Davis au tennis). Les huit pays sélectionnés ont donc été les suivants : Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Allemagne, Russie, Ukraine, Italie, et notre chère France.

J’aurai l’immense plaisir de défendre les couleurs de notre pays aux côtés de Patrick Bruel, Bertrand « ElkY » Grospellier, Erwann Pecheux et Paul-François Tedeschi ! Autant dire que nous avons une belle équipe, constituée d’icônes du poker français et de talents de la nouvelle génération, ce qui semble idéal pour promouvoir l’événement en France.

Une compétition crédible

L’évènement est tout nouveau, mais le concept ne l’est pas tout à fait. Plusieurs tentatives similaires ont vu le jour par le passé. On a ainsi eu le droit à la World Cup of... Lire la suite

Un premier rendez-vous idyllique

Par dans Tournois Live il y a 1 mois.

Une paire de chaussettes par-ci, un caleçon par-là, la valise est en train de se remplir et pendant  ce temps-là, je rêvasse… J’imagine tous les scénarios possibles pour ce premier voyage à Deauville et donc les premiers tournois joués sous les couleurs de Winamax. Je me sens bien, je suis prêt en fait, et j’ai vraiment hâte d’entendre le bruit des jetons sur les magnifiques tables bleues de l’EPT.

La valise est maintenant bouclée. Il est temps d’embrasser ma femme et de serrer très fort ma fille dans mes bras, puis de vite monter en voiture. D’ici cinq bonnes heures de route, j’entrerai dans la danse ! Pendant le trajet, je pense forcément à la semaine de tournois qui arrive, à la façon dont je vais gérer tout ça. Mais je n’ai pas le temps de trop gamberger, car le GPS m’annonce tout à coup qu’il ne reste que quelques mètres avant l’arrivée à mon hôtel situé en plein centre de Deauville. Je jette les valises dans ma chambre et hop, direction le casino. Au loin, les tables de roulette me font les yeux doux, mais je ne suis pas là pour flamber et je fonce donc m’inscrire à un beau tournoi turbo à 1100€ qui devrait vite me mettre dans le bain !

Le tournoi a déjà  débuté quand je prends connaissance de ma table : je vois que Laurent Polito, récent vainqueur du WPT National Paris et runner-up du Main Event des Winamax Series XI, est assis quelques sièges à ma gauche.  Je ne risque pas de m’ennuyer.  Et cela ne loupe pas : j’attends une poignée de mains et je vois Laurent s’embarquer dans un coup où il squeeze puis se fait cold 4-bet à tapis. « Ah mince madame, je suis désolé, je suis trop engagé, c’est donc payé ». Et le voilà qui abat 52 assortis. Le bougre joue contre As-Dame et touche deux paires au flop ! Cette... Lire la suite

2015, me voilà !

Par dans Tournois LiveTournois Online il y a 2 mois.

Comme l’an dernier, je profite de mon retour de Deauville pour dresser un bilan de l’année écoulée et établir par la même occasion mes objectifs pour 2015, avant d’attaquer plusieurs semaines sur le circuit qui s’annoncent intenses.

Un bon cru

J'ai disputé 34 tournois en live pour environ 82 000€ de droits d’entrée et  121 000€ de gains, soit un bénéfice de 39 000€ et un ROI de 47%. J'ai effectué 9 places payées, avec notamment une victoire dans un tournoi à 600$ au Venitian devant 169 joueurs.

Il est dangereux de tirer des conclusions sur les seuls chiffres d'un échantillon de 34 tournois : il faut donc essayer d'analyser ce qui se cache derrière ces chiffres.

Tout d'abord, je réalise une année positive avec un ROI très satisfaisant. J'ai un taux de places payées plutôt élevé, preuve d'une certaine régularité, avec en prime une victoire. Même si cette victoire a eu lieu sur un tournoi au prix d’entrée moyen, c'est toujours bon à prendre. Il n'est pas si fréquent d'aller jusqu’au bout d'un tournoi live !

J'ai par ailleurs effectué 3 places payées d'affilée sur des étapes de l’EPT, ce qui contraste fortement avec les années précédentes où je n’avais accompli aucune performance sur ce circuit. En revanche, je n’ai pas réalisé l'objectif que je m'étais fixé, à savoir remporter un titre majeur. Si l'année 2014 a donc été globalement bonne, je ne peux néanmoins m'en satisfaire. Il est important de bien disséquer les douze mois écoulés afin de me donner les moyens de remplir cet objectif en 2015.

J'ai le sentiment d'avoir mis du temps à trouver le bon rythme en live. Notamment au cours des tournois du circuit européen où il est difficile de s'adapter aux structures lentes, surtout lorsque vous avez l'habitude de... Lire la suite

No man's land

Par dans Tournois Live il y a 2 mois.

Thierry Derkx : c'est le nom du vainqueur du tournoi Ladies de l'EPT Deauville 2015 qui a enregistré 83 entrées dont celles de 22 hommes. Cherchez l'erreur... Si le temps où les seules femmes présentes dans une salle de poker étaient les serveuses est bien révolu, il n'est pas si lointain. La part des femmes sur les principaux tournois live dépasse rarement les 5% du field. La promotion du poker féminin me semble donc être un point important, bonne pour l'économie du poker en général, mais aussi pour l'image que peut véhiculer ce jeu. C'est précisément l'objectif des tournois Ladies : encourager les femmes à participer à des festivals de poker.

Je ne comprends pas les personnes qui critiquent ce type d'épreuves sous prétexte de discrimination. Faites un tournoi réservé aux hommes si vous le voulez, mais ne venez pas gâcher leur tournoi ! Les tournois Ladies attirent de plus en plus de joueuses. S'il y a de la demande, c'est tout simplement que ces épreuves plaisent et qu'elles représentent un moment agréable pour beaucoup de femmes que les démonstrations de testostérone à table peuvent rebuter. Et si vous êtes une femme et que ces tournois ne vous intéressent pas, ne les jouez pas. Mais n'allez pas vous battre pour bannir un événement que d'autres attendent impatiemment.

Pour être honnête, la première fois que j'ai joué un tournoi Ladies, je me souviens avoir trouvé un peu ridicule de proposer une épreuve spécialement réservée aux femmes. Je suis arrivée sur le circuit live avec très peu d'expérience en tournoi live, mais aguerrie grâce aux millions de mains jouées en cash game online. Avant d'évoluer dans ce milieu très masculin, je ne saisissais pas bien l'intérêt de ce genre de tournois. Puis je me suis remémorée mes premières... Lire la suite

Finale WiPT : les conseils de Volatile38

Par dans Tournois LiveWinamax Poker Tour il y a 2 mois.

Dans quelques jours débutera la finale du Winamax Poker Tour au cercle Clichy Montmartre. Le plus grand circuit live de France a réuni plusieurs milliers de personnes, qui ont bataillé au cours de 43 étapes qualificatives disputées à travers tout l'Hexagone, pour décrocher gratuitement une entrée pour cette grande finale où 100 000 euros sont promis au vainqueur.

Parmi les 1200 joueurs attendus, ce sont donc 150 qualifiés, s’ajoutant aux 150 joueurs ayant gagné leur place au sein de leur club respectif, qui participeront, pour certains, à leur premier gros tournoi live, avec la pression et l’adrénaline qui vont avec.

Afin de vous permettre d’arriver dans les meilleurs conditions dans un tournoi de cette envergure, je vais essayer d’identifier quelles ont pu être mes erreurs lors de mes premières expériences en live, ainsi que celles que j’ai pu observer sur d’autres joueurs peu expérimentés :

L’impact physique : un tournoi comme la finale du Winamax Poker Tour dure 5 jours, avec en moyenne 9 heures de jeu quotidiennes. Si vous avez fêté votre arrivée à Paris en finissant à 6 heures du matin au Moulin Rouge la veille du Day 1, il vous sera plus compliqué de prendre des bonnes décisions en fin de journée, voire même dès le début si vous n’avez pas du tout dormi !

La structure : si vous avez l’habitude de jouer en ligne ou en club, les structures sont généralement assez rapides, alors que durant cette épreuve, vous allez être confronté à une structure lente, avec des niveaux de 40 minutes le premier jour et d'une heure par la suite. Ne soyez pas frustré de jeter des mains pendant plusieurs tours, cela ne représente que quelques mains et vous avez largement le temps d’attendre les spots... Lire la suite

Voyages, voyages

Par dans Life Style il y a 2 mois.

On me demande souvent si je n’en ai pas marre de passer mon temps à voyager. Certes, au cours de ces derniers mois, j’ai eu l’impression de ne jamais me séparer de ma valise plus de quelques jours, enchaînant les avions (notamment deux allers-retours en Asie) et les trains. Mais la réponse est pourtant non. Je crois avoir la chance rare de ne pas connaître la routine (en tout cas, pas pour l’instant) et cette vie de hobo des temps modernes me plaît bien. Après tout, qui a les moyens de vivre de sa passion au fil des voyages ? Les exemples qui me viennent en tête sont les suivants : sportifs de haut niveau, rock stars, acteurs de cinéma et donc joueurs de poker professionnels !

D’où me vient ce côté nomade ? Je crois avoir attrapé cette maladie lors de mes années étudiantes. J’étais en école de commerce à l’époque, un peu las de la météo maussade et de l’ambiance morose de la banlieue parisienne. J’ai alors décidé de saisir l’opportunité qui m’était offerte d’effectuer un séjour Erasmus. J’avais hâte de quitter Evry, cette ville sans âme, même si notre grand campus était en quelque sorte une ville miniature dont nous n’avions pas besoin de sortir trop souvent.

Nous sommes donc en janvier 2008 au moment où je m’apprête à partir pour un semestre d’échange à Ljubljana… Pardon, où ça ? Oui, Ljubljana, la capitale de la Slovénie ! Pourquoi là-bas ? Je dois vous avouer que j’avais fait mon choix en me basant sur très peu de critères, faisant surtout confiance aux témoignages de quelques connaissances. J’avais surtout besoin de changer d’air. Et le cocktail Europe de l’Est / Erasmus me semblait plein de promesses (pour faire la fête évidemment, pas pour les études). Et puis, l’université où j’ai passé un semestre était assez réputée. J'y... Lire la suite