Mon abécédaire du poker (2ème partie)

Par dans Général il y a 9 jours.

[Si ce n'est déjà fait, on vous conseille bien entendu la lecture de la première partie de cet abécédaire avant de vous attaquer à ce second chapitre]

H comme Hasard

Le poker est un jeu technique, mais également un jeu de hasard. C'est ce qui rend ce jeu si particulier par rapport aux échecs ou au sport et contribue à son charme ou à sa cruauté, selon que vous soyiez ou non du bon côté lorsque la pièce tombe et surtout selon le côté "gambleur" de votre personnalité. Cela permet également à des novices de jouer contre les meilleurs joueurs du monde et même d'espérer pouvoir les battre sur du court-terme. À cette notion de hasard se rajoute celle d'incertitude car à moins de payer un tapis avec les nuts, on ne peut jamais être certain d'avoir pris la meilleure décision au poker.

En réalité, je connais peu de domaines où l'on est en prise aussi directe avec le hasard et l'incertitude et surtout où on en a conscience à ce point. Jouer c'est expérimenter le hasard.

Or il y a également beaucoup de hasard et d'incertitude dans la vie : un recruteur qui n'aime pas votre tête lors d'un entretien d'embauche, une bourrasque de vent qui ramène votre passing à l'intérieur du court sur une balle de match ou la sélection cruciale de vos premiers mots dans votre panel élargi de 3 phrases d'approche sur Tinder en sont autant d'exemples.

En ce sens-là, le poker, avec ce rapport direct au hasard et à l'incertitude, me semble un bon indicateur et outil de réflexion sur nos différents traits de personnalité. On ne prend pas toujours en compte ces facteurs de la même façon. Parfois, par ego, manque de lucidité, d'honnêteté vis-à-vis de nous-mêmes ou des autres, on minimisera l'aspect hasard en période de réussite et... Lire la suite

Confiance en soi, good run et détermination

Par dans Général il y a 10 jours.

Une nouvelle étape EPT vient de se terminer sur le rocher monégasque, et ce fut de nouveau un séjour fructueux après Malte ! Mais revenons tout d’abord sur les évènements qui ont précédé le début de l’EPT.

Direction le Country Club de Sophia-Antipolis le 28 avril pour presque tout le Team, et un nouveau séminaire.

Ces séminaires sont devenus des évènements incontournables, que j’attends toujours avec impatience car je sais que l’ambiance sera au top, qu’on aura tout un tas de discussions intéressantes avec mes chers amis et coéquipiers, et qu’on ne verra pas le temps passer car on ne s’ennuie jamais ! C’est vraiment agréable de pouvoir se retrouver dans une ambiance détendue, mais aussi studieuse lorsque l’on parle poker. Je pense que c’est une réelle chance que l’on a de pouvoir partager ces moments privilégiés, grâce aux moyens que Winamax met à notre disposition.

Un Nicolas Escudé inspirant

Le programme des ces quelques jours était plutôt simple mais très efficace : sport le matin (ultimate, football, basket, VTT, padel…), puis place à des intervenants l’après-midi avant des débats techniques sur le poker, le tout dans un cadre exceptionnel. Nous avons eu la chance d’avoir comme intervenant l’ancien champion de tennis Nicolas Escudé pendant 2 jours, accompagné de Pier Gauthier, qui nous a retracé sa carrière et nous a parlé en particulier de la Coupe Davis qu’il a remporté avec l’équipe de France en 2001.

Son discours a été très inspirant, et un certain nombre d’expressions qu’il a utilisé ont eu une résonance particulière avec mon expérience et ma carrière de joueur de poker :

 La puissance du rêve (à ses débuts dans une discipline)

 L’acceptation de la défaite et... Lire la suite

Trouvez votre avantage concurrentiel

Par dans Général il y a 16 jours.

Cela fait maintenant plusieurs mois que je travaille avec Pier Gauthier, ancien tennisman professionnel désormais reconverti dans le coaching mental. Vous avez déjà du entendre parler de lui si vous lisez régulièrement le blog du Team puisqu’il travaille et a travaillé avec la plupart des membres ou ex-membres du Team, pour ne pas dire tous.

Durant cette période, nous avons eu l'occasion d’aborder de nombreux sujets liés à la préparation mentale (la compréhension des émotions, l’acceptation de l’erreur, etc.) et je dois dire que ce travail est extrêmement enrichissant, que ce soit pour ses applications au poker ou à n’importe quel autre domaine et je le conseille à tous. Mais le sujet qui me fait m’interroger depuis quelques semaines et que j’ai choisi de développer dans ce blog, est celui de la recherche de son avantage (edge en anglais) sur ses adversaires, que ce soit au poker ou dans n’importe quelle activité.

Pier Gauthier lors d'un séminaire du Team

Nous en sommes arrivés à discuter longuement de ce sujet car j’ai été bercé étant plus jeune, dans les sports que je pratiquais et dans lesquels j'espérais atteindre le haut niveau, par des phrases de mes entraîneurs qui croyaient bien faire en me répétant : « Il n’y a que le travail qui paye » ou « Si tu craques dans les moments importants, c’est que tu ne t’entraînes pas assez » ou encore « Si tu veux être le meilleur, tu dois être celui qui travaille le plus ».

Or, je m’entraînais de plus en plus chaque semaine et mes résultats n’évoluaient pas, voire parfois même régressaient. Ces personnes étant des figures d’autorité importantes pour moi à l’époque, j’ai pris ces phrases pour vérités absolues et je suis resté persuadé que les... Lire la suite

Mon abécédaire du poker (1e partie)

Par dans Général il y a 1 mois.

A comme addiction

Mettons les pieds dans le plat dès la première lettre de l'alphabet !  Bien entendu, le problème de l'addiction n'est pas négligeable, surtout lorsque l'on parle d'un jeu d'argent, et je ne suis pas un médecin spécialisé sur le sujet.

Néanmoins, cela m'agace quelque peu de constater que lorsque l'on parle de poker, ce mot revient un peu trop systématiquement et sans aucune réelle finesse d'analyse, notamment dans les médias généralistes.

Pour les joueurs pratiquant ce jeu comme un loisir, voire une passion, certes le poker peut être addictif, mais n'en est-il pas un peu de même pour chaque passion ? Va-t-on aussi systématiquement entendre revenir le terme d'addiction lorsqu'un cinéphile passe 20 heures par semaine à regarder un film ou qu'un amateur de ballon rond passe 30 heures par semaine à penser au football?

Pour les joueurs dont c'est le métier ou du moins une source de revenus, peut-on leur reprocher de passer beaucoup de temps à jouer ou à parler de poker ? Parle-t-on d'addiction à un banquier d'affaires travaillant 80 heures par semaines ou à une personne créant son restaurant et y pensant 24 heures sur 24 ?

Alors certes, il est probablement plus dangereux d'être passionné de poker car c'est un jeu d'argent, il est probablement meilleur pour la santé de passer 20 heures à lire que de passer 20 heures devant son PC.

Mais je pense que l'on peut quand même de temps en temps passer 10 ou 20 heures par semaine à jouer ou penser au poker sans avoir le sentiment d'être un acteur potentiel pour la prochaine saison de Confessions Intimes. Et avoir ce minimum de finesse d'analyse me semble primordial si l'on veut traiter sérieusement ce problème grave qu'est l'addiction.

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Un pour tous, tous pour un !

Par dans KING5 il y a 1 mois.

On dit que la pire journée de l'année pour un joueur de poker, c'est celle de son élimination du Main Event des WSOP. Ce n'est pas faux, mais je dois vous avouer que cette petite mort, je l'ai également ressentie lors de la récente élimination du Team Pro du KING5, la seule compétition gratuite qui me fasse bondir à chaque pot gagné. Il y a une magie et une atmosphère spéciale autour de cette épreuve. Le poker est un sport très individualiste et avoir la possibilité de prendre part à un tel marathon en équipe ajoute énormément de fun à la compétition. Quand l'un des coéquipiers est à tapis, c'est toute l'équipe qui vibre avec lui, qui appelle les cartes et pousse des cris dignes d'un PSG-OM des grands soirs. Je me suis par exemple surprise à être plus concentrée sur les tables de mes coéquipiers que sur la demi-finale de mon Deepstack Hold'em.

Et je ne suis pas la seule. Durant le Stade 1, Davidi Kitai nous a tous fait mourir de rire en lâchant sur le WinaChat : « j'ai fait un fold que je n'aurais pas fait sur le One Drop à un million de dollars l'entrée ». La main en question ? Un dame valet qu'il a décidé de coucher en début de parole. Là où il aurait relancé contre Dan Colman, Ole Schemion ou encore Vanessa Selbst, le Génie a simplement passé contre les représentants des Poker Rangers, des mères Denis ou encore de la Shark Agency. La raison ? Notre tactique commune on ne peut plus claire en début de tournoi : jouer serré !

C'est que nous avons un professionnel du KING5 dans l'équipe. Monsieur Michel Abécassis, chef des opérations. Chacun de nos faits et gestes étaient observés par le Doc' depuis son quartier général, où il avait en permanence la calculatrice à portée de mains pour nous dire s'il fallait se laisser... Lire la suite

L'ascension des High-Rollers

Par dans Tournois Live il y a 1 mois.

Une huitième place dans le High-Roller du dernier EPT à Malte, ça vaut le coup d’en parler ! Petit préambule si vous ne savez pas ce qu'est un "High-Roller": ce terme désigne tout simplement un tournoi au buy-in plus élevé que celui du Main Event, en général le double. Sur le circuit EPT, on retrouve donc à chaque étape un évènement au buy-in de 10,000 euros (avec un re-entry possible), et il y a aussi parfois des tournois à 25,000, 50,000 ou 100,000 euros... Inutile de préciser que seul un nombre restreint de joueurs peuvent se permettre de jouer des buy-in aussi élevés, en particulier lorsque ceux-ci atteignent les six chiffres... On y reconnaît les mêmes visages, avec des stars du poker, quelques businessmen fortunés et de temps en temps de nouveaux "jeunes talents" d'Internet ne jouant toutefois que pour un faible pourcentage de leur action. Gagner un de ces tournois est donc assez prestigieux: le field est rempli d'excellents joueurs, les médias poker y prête une attention toute particulière et les enjeux en font rêver plus d'un.

Lorsque j'ai commencé à parcourir le circuit professionel sous les couleurs de Winamax, en septembre 2013, ce format m'a tout de suite séduit. Après tout, j'étais en pleine confiance suite à ma qualification pour la table finale du Main Event des WSOP, j'étais certain d'avoir un edge conséquent et j'avais l'habitude des gros swings du cash-game online. Jouer des tournois à 10,000 euros de buy-in ne me posait pas de problème particulier.

En réalité, je sous-estimais probablement le niveau de pas mal de réguliers de ces tournois et je surestimais certainement le mien sur un format de jeu dans lequel je n'étais pas forcément si à l'aise à l'époque (la structure étant bien plus rapide... Lire la suite

Cuts, Manu, ACF, Deauville : le temps des adieux

Par dans Général il y a 2 mois.

Le début d’année

J’ai joué cette année trois tournois aux Bahamas à l’occasion du PCA, quatre tournois à l’EPT Deauville et deux tournois au Winamax Poker Tour à Paris. Sur ces neuf tournois, j'ai atteint à cinq reprises les places payées, participé à trois finales et remporté un titre.

Je n’ai jamais été un joueur réalisant beaucoup de places payées. D'une part parce que je suis assez irrégulier et assume volontairement mes erreurs, et d'autre part car ma stratégie de « jouer pour gagner » implique de grosses prises de risques lors des phases de bulle dans les tournois, dans le but de me mettre dans des conditions idéales pour aller chercher la victoire, étant donné que les structures de paiement avantagent beaucoup les premières places. 

Depuis un certain temps, je suis plus constant dans mes résultats. Et il y a des raisons à cela :

L’accumulation du facteur « confiance » engrangé ces dernières années.
L’expérience de plus de huit ans sur le circuit live.
L’image d'un joueur imprévisible.
Des objectifs fixés en termes de résultat et de classement et non plus en termes financier
Un « run good » qui ne me lâche plus !

Mon classement

Je suis actuellement premier du classement de Joueur de l’année EPT et troisième du classement Global Poker Index  (400 points me séparant de la première place occupée par l’Allemand Ole Schemion)

J’ai là une réelle opportunité de remporter ces deux classements. L’objectif est évidemment très difficile, mais il est réalisable ! Il faudra pour cela accomplir de belles performances lors des deux derniers festivals EPT de la saison (à Malte et à Monte-Carlo). Je compte donc y jouer les Main Event, le Super High-Roller à 25 000€... Lire la suite

Global Poker Masters : la Coupe du Monde de poker

Par dans Tournois Live il y a 2 mois.

Si vous suivez régulièrement l’actualité poker, vous avez sans doute dû entendre parler des Global Poker Masters, qui se dérouleront le 21 et 22 mars prochain en marge du festival EPT. Si ce n’est pas le cas, laissez-moi vous présenter le concept de cette nouvelle compétition qui s’annonce très excitante !

L’idée vient d’Alexandre Dreyfus, un entrepreneur français bien connu dans l’industrie pour avoir fait notamment partie des fondateurs de Winamax puis de Chilipoker. Il est aujourd’hui propriétaire de Hendon Mob, célèbre base de données des résultats de tournois live, et de Global Poker Index, qui s’est imposé  comme le classement de référence des meilleurs joueurs du circuit live. C’est en quelque sorte notre classement ATP à nous si l’on devait faire une comparaison avec le tennis.

L’idée de cette compétition est de réunir cinq des meilleurs joueurs des huit nations les plus performantes au classement GPI, et d’organiser l’équivalent d’une « Coupe du Monde » du poker (ou d’une coupe Davis au tennis). Les huit pays sélectionnés ont donc été les suivants : Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Allemagne, Russie, Ukraine, Italie, et notre chère France.

J’aurai l’immense plaisir de défendre les couleurs de notre pays aux côtés de Patrick Bruel, Bertrand « ElkY » Grospellier, Erwann Pecheux et Paul-François Tedeschi ! Autant dire que nous avons une belle équipe, constituée d’icônes du poker français et de talents de la nouvelle génération, ce qui semble idéal pour promouvoir l’événement en France.

Une compétition crédible

L’évènement est tout nouveau, mais le concept ne l’est pas tout à fait. Plusieurs tentatives similaires ont vu le jour par le passé. On a ainsi eu le droit à la World Cup of... Lire la suite

Un premier rendez-vous idyllique

Par dans Tournois Live il y a 2 mois.

Une paire de chaussettes par-ci, un caleçon par-là, la valise est en train de se remplir et pendant  ce temps-là, je rêvasse… J’imagine tous les scénarios possibles pour ce premier voyage à Deauville et donc les premiers tournois joués sous les couleurs de Winamax. Je me sens bien, je suis prêt en fait, et j’ai vraiment hâte d’entendre le bruit des jetons sur les magnifiques tables bleues de l’EPT.

La valise est maintenant bouclée. Il est temps d’embrasser ma femme et de serrer très fort ma fille dans mes bras, puis de vite monter en voiture. D’ici cinq bonnes heures de route, j’entrerai dans la danse ! Pendant le trajet, je pense forcément à la semaine de tournois qui arrive, à la façon dont je vais gérer tout ça. Mais je n’ai pas le temps de trop gamberger, car le GPS m’annonce tout à coup qu’il ne reste que quelques mètres avant l’arrivée à mon hôtel situé en plein centre de Deauville. Je jette les valises dans ma chambre et hop, direction le casino. Au loin, les tables de roulette me font les yeux doux, mais je ne suis pas là pour flamber et je fonce donc m’inscrire à un beau tournoi turbo à 1100€ qui devrait vite me mettre dans le bain !

Le tournoi a déjà  débuté quand je prends connaissance de ma table : je vois que Laurent Polito, récent vainqueur du WPT National Paris et runner-up du Main Event des Winamax Series XI, est assis quelques sièges à ma gauche.  Je ne risque pas de m’ennuyer.  Et cela ne loupe pas : j’attends une poignée de mains et je vois Laurent s’embarquer dans un coup où il squeeze puis se fait cold 4-bet à tapis. « Ah mince madame, je suis désolé, je suis trop engagé, c’est donc payé ». Et le voilà qui abat 52 assortis. Le bougre joue contre As-Dame et touche deux paires au flop ! Cette... Lire la suite

2015, me voilà !

Par dans Tournois LiveTournois Online il y a 3 mois.

Comme l’an dernier, je profite de mon retour de Deauville pour dresser un bilan de l’année écoulée et établir par la même occasion mes objectifs pour 2015, avant d’attaquer plusieurs semaines sur le circuit qui s’annoncent intenses.

Un bon cru

J'ai disputé 34 tournois en live pour environ 82 000€ de droits d’entrée et  121 000€ de gains, soit un bénéfice de 39 000€ et un ROI de 47%. J'ai effectué 9 places payées, avec notamment une victoire dans un tournoi à 600$ au Venitian devant 169 joueurs.

Il est dangereux de tirer des conclusions sur les seuls chiffres d'un échantillon de 34 tournois : il faut donc essayer d'analyser ce qui se cache derrière ces chiffres.

Tout d'abord, je réalise une année positive avec un ROI très satisfaisant. J'ai un taux de places payées plutôt élevé, preuve d'une certaine régularité, avec en prime une victoire. Même si cette victoire a eu lieu sur un tournoi au prix d’entrée moyen, c'est toujours bon à prendre. Il n'est pas si fréquent d'aller jusqu’au bout d'un tournoi live !

J'ai par ailleurs effectué 3 places payées d'affilée sur des étapes de l’EPT, ce qui contraste fortement avec les années précédentes où je n’avais accompli aucune performance sur ce circuit. En revanche, je n’ai pas réalisé l'objectif que je m'étais fixé, à savoir remporter un titre majeur. Si l'année 2014 a donc été globalement bonne, je ne peux néanmoins m'en satisfaire. Il est important de bien disséquer les douze mois écoulés afin de me donner les moyens de remplir cet objectif en 2015.

J'ai le sentiment d'avoir mis du temps à trouver le bon rythme en live. Notamment au cours des tournois du circuit européen où il est difficile de s'adapter aux structures lentes, surtout lorsque vous avez l'habitude de... Lire la suite